‹ La théologie affectiveChapitre 5 sur 63 · I. Considérez que le Sacrement de la Confirmation consiste · texte numérisé non relu

I. Considérez que le Sacrement de la Confirmation consiste

en une onction qui se fait ordinairement par Tévêque , en <

forme de croix , sur le front d'une personne baptisée , avec le -^

chrême qui est composé d'huile et de baume , bénits par l'é- -:

vêque , et la prononciation de ces paroles : Je t'imprime le signe ^

de ia croix , et je te confirme du signe du salut , au nom du Père , du i»

Fils et du Saint-Esprit^ pour fortifier la grâce que tu as reçue :ji

dans le Baptême. La Confirmation est appelée Sacrement, comme h

Ta déterminé l'Eglise dans ses Conciles généraux, parce qu'il y a 'i;

une multitude de signes visibles institués par Jésus-Christ pour :

signifier et conférer la grâce , c'est à savoir l'onction avec le >ï

chrême, quî'est la matièr» du Sacrement, et les paroles qu'y ^i

prononce l'évêque en l'administrant , qui en sont la forme , parce ^

qu'elles dénotent plus expressément Tefi'et de la grâce qui y est i;^

conférée , pour rendre une âme plus forte. Le second Sacrement, y^

dit le Concile de Florence, est la Confirmation, dont la matière >|

est le chrême fait d'huile, qui signifie la netteté de la conscience, ^

et le baume qui signifie l'odeur de la bonne réputation , béni par ^,

l'évêque. Mais la forme est : Je te signe du signe de la croix , et je ^

te confirme du chrême de salut , au nom du Père , du Fils et du Saint- -j.

Esprit. Le ministre ordinaire est l'évêque ; quoique le simple ]

prêtre puisse faire toutes les autres fonctions , l'évêque seul doit ^

faire celle-ci , parce qu'il se lit des Apôtres seuls , dont les évê- $

ques tiennent la place , qu'ils donnent le Saint-Esprit par l'im- i

position des mains (1). Il se lit toutefois qu'un simple prêtre ' ]

(1) Il y a, parmi les théologiens catholiques, trois opinions sur la matière du

Saeremeut de Confirmation : la première, qui la fait consister dans rimposition des ^ mains qui a lion avant l'onction du saint chrême; la seconde, qui la fait consister

avec dispense du Siège Apostolique , pour cause raisonnable et urgente , a administré quelquefois le Sacrement de Confirmation, avec un chrême béni par l'évêque. Or, l'effet de ce Sacrement est que le Saint-Esprit est donné pour la force , c'est-à-dire pour fortifier, comme il fut donné aux Apôtres le jour de la Pentecôte, afin que le chrétien confesse hardiment le nom de Jésus-Christ. Et pour ce sujet , celui qui doit être confirmé est oint au front , où est le signe de la honte , afin qu'il n'ait point honte de .confesser le nom de Jésus-Christ , et principalement sa croix. Ces paroles de l'Eglise , qui est la colonne et le soutien de la véritéj afin de ne pouvoir errer , nous donnent à connaître ce qui appartient à l'essence de ce Sacrement, et nous font entendre que tout cela doit avoir été ordonné par Jésus-Christ, auquel seul appartient de déterminer ce qui est nécessaire au Sacrement; si bien qu'il en aurait instruit les Apôtres , soit avant sa mort , dans la cène de FAgneau Pascal, où il enseigna à faire le saint chrême, ainsi que l'écrit le pape Fabien , soit après sa résurrection , lorsqu'apparaissant à ses Apôtres, il les entretenait du royaume de Dieu y c'est-à-dire de l'Eglise , de sa constitution et de son gouvernement, et surtout de l'administration des Sacrements. De là vient que , par une tradition perpétuelle , elle a conservé la matière et la forme de ce Sacrement , et l'a toujours regardé comme étant institué pour fortifier la grâce du Baptême. Car ce qui se passe dans la naissance et dans la vie du corps se remarque dans la naissance spirituelle et la vie de l'âme. Et comme dans la vie corporelle l'homme est premièrement engendré , et qu'ensuite il croît jusqu'à ce qu'il ait atteint la force d'un âge ferme et robuste, qui le rend capable d'exercer les actions qui lui sont propres , ainsi , par le Baptême., Thomme est engendré à la vie , et par la Confirmation , il reçoit de Taccroissement , et est fortifié dans la faiblesse de sa nouvelle vie , qui ne fait que commencer au Baptême , afin qu'il puisse mener une vie chrétienne parmi les tentations qui l'attaquent. Ainsi , par ce Sacrement , il reçoit un surcroît de grâce qui corrobore celle du Baptême pour la rendre plus parfaite. C'est ce que dénote l'huile , qui s'é-

Ds l'onction da saint chrême ; la troisième, qui la place dans Fonction da saint dirème, et rimposilion des mains que nécessite celte onction même. — Ce dernier MDlimeDt est le plus communément admis.

lève au-dessus de l'eau ; car ainsi la grâce donnée dans la Con- .^ lirmalion s'élèTe au-dessus de celle qui est donnée par le Bap- ,, téme. C'est encore ce que dénotent les paroles qui lui servent de forme, et qui signifient que le chrétien, qui n'est pas des plus , assurés du monde contre les attaques de ses ennemis , par la « seule grâce reçue en vertu du Baptême , est confirmé et fortifié , pour être plus stable , plus ferme , plus robuste, plus raide, plus ' impitoyable et vraiment invincible par la Confirmation. C'est , pourquoi le prélat lui impose les mains sur la tête , comme pour ^' l'assurer et lui dire qu'il est sous la protection de Dieu , qui ne lui manquera pas au besoin.

Contemplei dans ce Sacrement l'immense Charité et la providence de notfe Dieu â l'égard de ceux qu'il a incorporés à son Eglise, et qu'il a attirés et appelés par le Baptême, pouf ^^ leur donner une nouvelle naissance et Une nouvelle vie. H ne ^ veut pas laisser son œuvre commencée sans l'accomplir; il n'a pas mis des enfants au monde pour les abandonner à leur M-^"^' blesse et à leur infirmité. Le prophète Jérémie déplorait la du-; ■ reté des pasteurs de la Synagogue , qui ne prenaient pas soin de ^' perfectionner les âmes laissées â leur conduite : Les Lamki l ont'dépouUlé leurs numelles, et ont allaiié leurs petits ; la fille de tnon '^■ peuple est cnielle comme V autruche du désert (Thren. 4) , qui y ^ délaisse ses œufs et ses petits. Il n'en est pas ainsi des pasteurs '^'' de l'Eglise, ils ont soin d'élever et de fortifier cellx qui sont nés^' dans les eaux du Baptême; ils les fomentent par Thuile de la^"*' Confirmation, et les fortifient par le signe de la croix pour les ?'^ faire subsister. 0 Jésus! que votre miséricorde est grande et^votre douceur paternelle à l'égard de vos enfants ! Oh ! qu'il * vous appartient bien de dire : Une femme peut-elle oublier son '^ enfant , et n'avoir pas pitié du fils de ses entrailles ! Et si elle Von- * blia'it , je ne l'oublierais pas, moi (Isa. 49). Oh ! vous le montrez ^' bien dans ce sujet, où vous pourvoyez, par un nouveau Sacre- "^ ment , à ce que ceux qui sont régénérés par les eaux du Bap- '^ tome , el qui y ont reçu la nouvelle vie de votre grâce , puissent ^ la conserver parmi tous Tes périls et les hasards de ce monde où ^^ ils sont exposés. Ainsi , vous n'êtes pas content de nous avoir '' donné les richesses de votre grâce dans l'enfance de notre ^ Baptême ; mais vous nous avez aussi donné le Saint-Esprit polir ^ tuteur et protecteur dans la Confirmation. Oh! quel soin vous *

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tvez du salut des hommes mortels , et que grand est le désir ip^ TOUS avez pour leur bien ! Loue , ô Jérmakm ! le Seigneur; fww, â Si&nf toH Dieu y parce qu'il a renforcé les germreê ie tes portes et a hém tes enfants (Ps. 147). Espère, ô âme! en sa proTidence. •

D. Considérez les effets de la Confirmation. Le premier est la ^âce sanctifiante, c'est-à-dire une augmentation de grâce par laquelle Tâme est plus enrichie et plus confirmée dans sa sainteté et dans le droit qu'elle avait auparavant à l'héritage la ciel. Car, comme ceux qui ont quelque droit aux héritages de la terre ou aux dignités de l'Eglise , peuvent y être confirmés par leurs supérieurs , et qu'alors leur premier droit est iccru et augmenté par celte confirmation , et les prétentions de leurs adversaires sont diminuées et affaiblies , ainsi les chrétiens qui ont reçu , dans le Baptême , droit à l'héritage du ciel et à toutes les dignités et les prééminences des enfants de Dieu , reçoivent par ce Sacrement confirmation dans ce droit , lequel y est accru et augmenté , comme la force des démons y est diminuée ; c'est pourquoi le surcroît et le nouveau degré de grâce que confère ce Sacrement doit être beaucoup estimé , et jusqu'à un tel point, dit un célèbre docteur, qu'il faut le préférer à teos les biens du monde, puisque toutes les richesses et lés pudeurs de la terre n'en égalent pas la valeur. Le second effet de ce Sacrement est la grâce sacramentelle , qui consiste en des secours plus spéciaux que Dicli donne au besoin pour défendre la Foi de Jésus-Christ , qui nous a été donnée par le Baptême , et la confesser hardiment devant les tyrans , fallût-il perdre la lie par un cruel supplice en la confessant. Car qu'y a-t-il de plus noble et de plus grande estime devant Dieu, devant les anges et devant les hommes, que de mépriser généreusement la tvrannie des rois et des princes conjurés contre Dieu, de professer hautement la Foi , et de dire comme David : Je parlais ie vos commandements en présence des rois , et je n'étais pas confondu (Ps. 118)? Or, c'est un effet de ce Sacrement d'armer le chrétien de force et de résolution, pour tenir ferme contre les ennemis de Dieu, et même jusqu'à souffrir le martyre. Nous sommes par le Baptême , dit un des anciens et des saints pontifes de l'Eglise , régénérés à la vie ; nous sommes par la Con- Srmation confirmés dans le combat; nous sommes lavés dahs

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le Baptême, nous sommes fortiflés après le Baptême. La gé- ^ nératiou sauve par soi-même ceux qui doivent être incontinent .3 élevés à la vie bienheureuse ; mais la Confirmation arme ceux ^ qui doivent survivre et être réservés pour les combats de^ce ^ siècle; c*est pourquoi les Apôtres , qui étaient si timides que de .^ renier leur maître ou de le délaisser avant la descente du Saint- -j Esprit , furent ensuite assez forts pour répandre leur sang et ; mépriser leur vie pour la confession de son nom. Au reste , il * ne /aut pas estimer que ce Sacrement opère seulement son effet quand la guerre est forte et quand la persécution est excitée contre TEglise par les infidèles. Comme nous avons toujours . des ennemis visibles et invisibles en ce monde , au dedans de ,, nous et au dehors , ce Sacrement nous munit aussi de force ^ pour leur résister. Nous recevons le Saint-Esprit, dit le même . pontife , afin que nous soyons spirituels , parce que l'homme . animal ne conçoit pas les choses qui sont de Dieu (i. Cor. 2). ^ Nous puisons dans le Saint-Esprit des lumières pour savoir dis- ] cerner entre le bien et le mal , et la force nécessaire pour aimer les choses justes et rejeter les perverses , pour combattre la malice et la superbe , et résister à la luxure et aux divers attraits des sales concupiscences. Nous prenons du Saint-Esprit l'amour de la vie spirituelle et Tardeur de la gloire , afin qu'étant ^ divinement enflammés , nous élevions notre esprit des choses ' terrestres aux sublimes et divines. L'évêque de Paris n'attribue pas moins d'eflicace à la Confirmation, qu'il dit corroborer la partie raisonnable , la partie irascible et la partie concupiscible de l'homme. La partie raisonnable , afin qu'elle ne ' soit pas livrée à tout vent de doctrine , atteinte et blessée ^ comme par les traits des philosophes et des hérétiques , comme aussi par les doutes , les fausses opinions , les infidélités ou l'ignorance des choses qu'il faut savoir , qui sont les blessures de la partie raisonnable. Elle corrobore aussi la partie * irascible , afin qu'elle ne succombe pas dans les injures , dans ' les calomnies et les affronts , et dans toutes les choses difficiles qui se présentent. Elle fortifie la partie concupiscible , afin qu'elle ne soit pas souillée par les mauvaises amours et les mauvaises haines , les mauvais désirs et les mauvais dédains , qui sont les plaies dont elle peut être affligée. Et si quelqu'un, dit-il, entend par la force de la Confirmation l'amour des vertus , par

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lequel elles nous sont plus fortement imprimées, et par lequel nous les pratiquons plus fermement, il ne l'entendra pas mal ou improbablement , découvrant dans ces paroles que Teffet de la Confirmation est l'amour des vertus et une plus grande union de notre âme avec elles ; ce qui fait qu'elles y tiennent mieux , et que nous les retenons aussi mieux, pour ne point les perdre on nous relâcher si aisément de leurs exercices. Le Caractère est le troisième effet de ce Sacrement , par lequel ceux qui l'ont reçu sont marqués intérieurement , et portent dans leurs âmes les couleurs de Jésus-Christ et de ses soldats, ainsi que ceux qui combattent sous un prince en portent les livrées. Ce Caractère demeurera éternellement imprimé en eux, et il n'est pas, comme l'ont pensé quelques-uns , une extension seulement du Caractère du Baptême, mais un Caractère nouveau et distinct , par lequel le confirmé a la puissance de professer publiquement la Foi comme une chose qui appartient à son office , à sa qualité et à son degré. Enfin la perfection du chrétien est un quatrième effet de ce Sacrement; d'où vient que , comme parle saint Denis , les princes divins de notre hiérarchie , qui sont les Apôtres , Tont appelé la perfection. Ce qu'il faut entendre sans préjudice des œuvres de conseil , parce que le chrétien , recevant deux sortes de perfections , l'une par les Sacrements dans la Confirmation, l'autre par les œuvres de conseil, il ne mérite pas d'être appelé chrétien parfait , si outre le Baptême il ne reçoit la Confirmation , laquelle plusieurs estiment donner une sainteté plus grande et une grâce plus abondante; ce qui a fait dire au pape Melchiade qu'il était digne d'une plus grande vénération que le Baptême , et au théologien d'Auxerre , que le Baptême donnait une plénitude de grâces suffisante , mais la Confirmation une plénitude de grâces abondante.

Reconnaissez par ces considérations l'obligation que vous avez â Dieu pour l'institution de ce Sacrement , dont les effets sont si grands et si admirables. Rendez-lui des actions de grâces , si vous l'avez reçu , sinon faites toutes les diligences possibles pour n'en être pas frustré. Compatissez à ceux qui en ont été privés jusqu'à présent. Demandez le zèle et la Charité dont ont besoin les prélats de l'Eglise pour visiter leurs diocèses, administrer ce Sacrement , et rendre les âmes

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rachetées par le sang de Jésus-Christ participantes d'un si grand bien. Hélas! qui pourrait dire tous les désastres qui arrivent aux peuples chrétiens par le défaut de ce Sacrement y quand la réception ne leur en est point rendue facile : La plme omverte y la meutiritsure et la plaie enflée n'auÈ poM été enveloppéeê, ni guériei par aucun remède, ni adoucies avee Vlmle (Isa. i). La plupart ont honte de faire en public les œuvres dignes d'oa chrétien , et peut-être que les dernières hérésies , qui ont causé et causent tous les jours tant de ravages et de désolations lamentables y n'eussent pas fait tant de progrès , si l'administra^ tioD de ce Sacrement eût été plus fr^uente. Demandez à Dieu qu'il ouvre les yeux des pasteurs , et qu'il leur donne du zèle pour ce Sacrement.

m. Considérez pourquoi les effets de ce Sacrement étant si excellents , il y a néanmoins tant de faiblesse et de langueur dans la plupart des chrétiens qui l'ont reçu. L'opinion des tbéO" logions est qu'ils mettent de l'obstacle , soit à la gréée saacti-* fiante que produit ce Sacrement , en le recevant sans Charité el en mauvais état , soit aux grâces sacramenklles qu'il donne droit de recev(»r an temps des tentations et des persécutions ; en retombant dans le péché mortel après l'avoir reçu. A celte opinion des théologiens se rapportent les quatre avertissements salutaires de Guillaume de Paris , le prélat le plus savant de son siècle. Le premier est qu'en vain ceux-là cherchent à être corroborés et consolidés par ce Sacrement, qui aiment leurs UAblesses et leurs infirmités, et ne veulent pas les quitter; ce sont leurs maladies et les plaies de leurs péchés, et pareillement les liens et les chaînes qui en proviennent, lesquelles sont ineom* pNtiMes avec l'accroissement spirituel. Car te moyen de devenir fort et puissant contre son agresseur et son enneiiH, si on de* meure toujours malade , blessé , lié et chargé ? L'homme sera ainsi inférieur à son adversaire ; il sera contraint de Ini céder et de se laisser marcher sur le ventre, et il ne sera pas armé et fortifié contre lui; au contraire, il l'armera plutôt et le fortifiera contre soi-même, en s'adonnant au péché et en faisant de ses membres des armes d'iniquité. Le second averti^ement est de s'approcher de ce Sacrement avec une grande révérence, et de le traitées dignement. Car, comme l'Apôtre le dit de la sainte Buciraristie, ptusieuvs sont faibles et âmnent du sonMneil' d'e^ la

mort» parce qu'ih ne dUcement pot le corpt^ au Seigneur (i. Goor, 11); ainsi la vertu et l'efficace de ce Sacrement est presque réduite au néant, parce qu'il n'est pas traité avec assez d'honneur et de véuération y ce que nous croyons devoir être imputé aux frélats et aux docteurs y auxquels il app^jrtient d'enseigner et l'avertir le peuple. Il semble qu'il ne reste plus d'honneur aujourd'hui à^ce Sacrement, sinon que Toa ne pera(iet pas qu'il soit administré par d'autres que les grands- prêtres , qui ipnt les évêques ; car nos yeux nous font foi combien sont ignorants et indévots ceux qui le reçoivent , et combien confusément et irrévéremiuent l'on s'en s^>proche; c'est pourquoi ce n'est pa« i&erveiUe ^ pour de telles personnes la vertu de la Confirmation est petite ou V>ut anéantie, ayant bonté des marques de religion et de $aiut0té ; car il y en a peu qui ne rougissent et n'appréhoadeut de bien faire et de dire la vérité en présence du monde et wésie des chrétiens. Le troisième avertissement est que le& e^^afirmés doivent mettra toute leur confiance et l'espérance de leur wtoire dans le crucifix et par le crucifix; c'est pourquoi (tt lour a impdmé une croix sur le front avec le chrême, afin (fk'w leurs tentations, ils pensent à celui qui a $oufferi une teik mira^ictîo^ 4e la fmi de m ennemi» (Héb. 12). Car Jésiu^Ckmi a seuffeti pour noue,, afin que vous rimitiez^ dit saint Pierre (l Ch. 2)^ JésuihChmt donc ayant ioufferi dam sa chair , armezr fHm tune, semblable pensée (i. Pierre^ 4). Il faut donc être infirme en soi-méjO^e eft eu sa pensée pour être confirmé en Dieu; car s'appuyer sur soi-même est s'appuyer sur une chose q^ii tombe et ne peut se soutenir, et c'est tomber et se perdre, mais s'appuyer SHf Dieu, qui est la force et le soutien de toutes choses, c'est vraiment s'affecnûr et devenir fort. Le quatrième avertissement est que les confirmés se ressouviennent qu'ils sont les porte^ensei^njes du Roi des cieux, el qu'ils portent sur le front sa ciToix et son étendard; quie celui-là est digne de mort, qui jette à terre son enseigne, et qu'il fait une grande injure à son roi, s'il se tourne du cdlé des ennemis a^ec l'enseigne qu'il poicte. Quelle contumélie donc e|i quel afiront est fait au Roi des rois par les chrétiens, dont la plus grande partie combaUent contre liû; ca* qui n'est pas ai>ec ïjoi, ditril, esi contre moi (Luc, H). l'enseigoa de In croix crie conloro toi, et crie que ta es traître et cmÂoei de lèse-Baajesté. Ce premier étendard que tu portes

au front, crie contre toi d^un cri qui monte jusqu'au ciel, et d'un cri si haut, qu'il n'a pas son semblable ; il crie que tu es porte-enseigne, et tes œu?res crient que tu es ennemi, et Tun et Tautre crient que tu es un pervers, un déloyal, et un traître très-méchant. Car ti^ a grande confiance dans la vertu et le courage de ceux à qui on donne les étendards pour les porter dans les combats; c'est pourquoi leur perfidie et leur lâcheté en ^st d'autan4 plus détestable. As-tu oublié , trattre contre- Dieu, ce qui a été dit aux autres : Tu vaincras par ce signe ? Car, par ce signe, la force est véritablement donnée pour emporter la victoire. Ce sont Jusqu'ici presque les paroles de ce docte prélat, plein de zèle et de dévotion à ce Sacrement ; c'est pourquoi nous n'iyouterons rien à ce qu'il en écrit, sinon que nous nous confondrons nous-mêmes, si ayant été confirmés, nous voyons si peu des bons effets que ce Sacrement a coutume de produire. N'en atlribuons pas la cause à d'autres qu'à nous-mêmes ; car ce Sacrement est véritablement grand et d'une plus haute vertu que plusieurs n'ont pensé jusqu'à présent: mais par notre mauvaise disposition, nous avons mis des obstacles et des empêchements à ses effets très-puissants ; c'est pourquoi nous succombons si aisément aux attaques des tentations. Hélas! nous étions armés suffisamment pour défier et combattre toute la rage et la fureur des enfers, et cependant un moucheron nous a épouvantés , un peu de vent et de fumée nous ont mis en désordre, nous qui devions résister par la vertu de ce Sacrement aux tortures, aux géhennes, aux flammes, aux glaives et aux épées de tous les tyrans du monde ; nous n'avons pu supporter, sans offenser Dieu, la piqûre d'une aiguilla ; nous n'avons pu endurer patiemment, pour Tanu^ur de Jésus-Christ, que l'on nous fit quelque petit tort, ou même que l'on nous piquât sourdement par une petite parole offensive; nous en avons voulu tirer raison, et nous nous sommes émus à l'encontre, et les moindres croix nous ont été insupportables. 0 Dieu immense ! est-il possible que nous fas^ons ordinairement un si grand abus de vos grâces et de vos Sacrements , par lesquels elles nous sont données ? 0 Seigneur ! que nous devons appréhender la rigueur de vos Jugements à l'heure de notre mort, puisque nous ne paraissons forts et confirmés que dans le mal pendant cette vie. Mais cependant il est en notre pouvoir.

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Qvec Yotre secours qui ne nous manque pas, de lever les obstacles que nous avons opposés à nts faveurs ; c'est en faisant pénitence et en nous repentant avec amertume de notre lâcheté et de notre perfidie. 0 Dieu infini ! en vue de ce que vous êtes infiniment aimable et honorable , je m*en repens maintenant. Plût à votre bonté, ô Dieu très-bon ! que je vous eusse été très-fldèle en toutes les œuvres de votre service ; je le serai à Tavenir et je le veux être dès maintenant. 0 bonté adorable I confirmez-moi puissamment avec des grâces plus victorieuses contre ma volonté inconstante , confirmez en moi , Seigneur , Vesprit principal, c'est-à-dire, un esprit généreux et magnanime. Confirmez en moi une sainte hardiesse contre la vaine crainte du monde. Confirmez-moi dans les combats de la mort par la puissance de votre amour. Confirmez-moi enfin dans le bonheur éternel de votre Paradis contre toutes les misères de cette vie, afin que je loue et que je confesse votre nom, et chante vos louanges en présence des anges et des Saints bienheureux en tous les siècles des siècles. Ainsi soit-il.

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