‹ La théologie affectiveChapitre 46 sur 63 · DE LETAT DES BIENHEUREUX · texte numérisé non relu

DE LETAT DES BIENHEUREUX

I. Considérez les biens extérieurs et sensibles qu'auront les justes après la résurrection de leurs corps. Ces biens consistent en quatre choses principales , qui sont l'habitation du Paradis, les perfections de leurs corps, la satisfaction de tous les sens extérieurs, et la douceur de leur occupation. Quant i leur habitation, il a déjà été ci-devant considéré que Dieu, dans le Paradis , qui est d'une immensité si grande et si vaste qu'elle ne peut se concevoir, avait déployé sa magnificence pour y produire toutes les merveilles et toutes les beautés ravissantes; c'est pourquoi, quand nous nous imaginerions des cités d'émeraudes et d'escarboucles , des montagnes de dia-

tmm H k» plw odortnlêft, «1 «n ininté i^i pelles, ce serait pee m prix de la virité. Ka efle!, ai Vkm a créi dans ce nende, fin s'est qu'âne éUUaeneoapandaoMy ptaùesn choses rsfss, et qm ceatentenl beaueeup cem qai les eoaaidèRÉ^ il faut estimer qtfil a fait toute autre cluise dans la patois éi sa ^eife et le lieu eé se découvre sa magnificence. C'est poer* fBsi saint Jean dobs le représente arec des riebeasea si sdnô* nbles et des édifices si somptuessy c)ne les pkoa belles msh sons des rois de la terre ne sost que da beae en eompanûssa. Et certainemeBt ^ paisqae Dieu assigne éss Uaaz à ehaqai créatare seleo sa dignité y les justes ajaat atleittl la plus sa^ Uima dignité d« monde y dMveaA avoir ua Bea tièp eicellast. Or^ que l'es appelle ce séjour le ciel enspyréa, la moads céleste ou astremeat y il importe peu y pourw que roi cea* vienne d'une chosa, qui est que les bienheuraax hebilant daas an ciel corporel, où ils respireat s'ils vealeat, et où: ils eal des spectacles ravissants et toujours renaiaaanls. Cm qêk as répugne pas plus que d'admettre, pour leur secand. . btaa , k perfection de leurs corps , qui sont revêtus des quatre qualités qui les mettent au plus haut point d'excellence qulls sont capables d'avoir. La première de ce^ ijaaUtés est l'immortalité , qui comprend aussi Fimpassibilité , au moyen de quoi ces corps ne peuvent être blessés , ou fatigués , ou mourir. S'ils passaient parle feu, ils n*en seraient point blessés , et s'ils passaient par les glaces , le froid n'aurait point d'atteinte sur eux, parce qu'ils sont invulnérables et immortels. La seconde est la clarté , qui les rend plus brillants que le cristal illuminé des rayons du soleil : Ui jusie^ étrilleront eomme le soleil (Mattb. 13) ; c'est pourquoi toutes les parties intérieures de ces corps paraissent dans leur propre et vive couleur y d'où résulte un éclat de beauté, qui fait admirer la sagesse du Gréa* teur dans leur composition et leur assortiment. Us ont encore l'agilité , qui est la vertu de se transporter avec une vitesse in* croyable d'un lieu à un autre fort distant, sans peine et sans lassitude aucune. Us ont enfin la subtilité, qui les fait pas* ser au travers des corps solides sans obstacle , ainsi que le rayon du soleil pénètre le cristal. L'âme se septant unie à un corps si beau et si parfait n'a pas de quoi se ^plaindre de lui,

€oam# «n« tSùt Mwveot #n eMIê ina , j^mc» qii*iii tH éiai tt m'MftbirFMM MICW6 iè 8<eft foMiions s^iritiieHe», Bi> sus hhki- Ytoi^nto pai» M teai^pofltr oà elle veut. EUe »» Fessent «u cenlranre une plus grande béatitude^ au moins en eiteasioa, fav salte unie» qui lui eauas nne joie que ne ressenleni pa» néme Wa auges y à cause de sa gloire et des diverses s^atisfosltons de tous ses sens , qui y sont rassasiés de leurs propre» plaisirs ^ teua j^laîsîrs trés^purs et itës-^onveneMea 4 l'état de la gloire; ter les ye«» y treuveni las objets les plus adM»irables du lAonde » Fhunaailé sacvée de Jésue-Cbrist , Va trèa^sainte Vierge , feus 1^ Sainte et le» Sainlee y et toutes les autres beautés du Paradîi. L'euïe y est délectée paf des Yoix IràsragréaMes et par une ùdflnîté de eeneerta , qtii célèbrent les louanges divines ; e'eal pourquoi ^ si la musique des hommes est fuel^uefois si char'» ■laftl^y et si la voil^ d'uâ rossignol demie tant de plaisir sur la terre ^ queltes déliées ne tecevront pas les Uesheureux dans le eialt L'odorat aura sou content6n>eB4; car les corps des Sainte rép«ftdA>nt de plus douces odeurs qae le lya^ à l'îmitatiou de celui de Jéaus*»Gbri8l ^ dont saint Dei^ dit (i) : Noue semnias persuadés que Jésus , le Pr]nee4>iett , y répand iee plue suaves parfuies. Le goûter aura sa volupté f biea 4«e r^ tt'y mange éi q«e l'on n*y boive pas , parce que Dieu répandra dans l'estomac et les viscères quelque liqneur trèa* suave f qui les tiendra toeiours dans leur embonpoint y et dont uAe très^douce suavili reviendra au palais et à la langue^ at leia eharmora de douceur. Le toucher reoevra sa satisfaction ^ tAnt par t'altonohénlent du dorps céleste que par la douceur el la tempérie de l'air, et par le sentiment de la très-bonne coropleaion du corps^ Enfin il n*y aura rien de contraire aux sens f et qui les puisse offenser* A toutes ces choses , si l'on ajoute là douceur ~da leur occupation, il n'y a état si ac*< cempli ^n tout soA extérieur; car les Saints ne seront plus occupés aux labeurs de cette vie, pour pourvoir à leurs né«< cessitéSi ni Sux Hgueuts de la pénitence, pour expier leurs p^hés, ni auK œuvres do miséricorde spirituelle ou temporelle^ peur assister les Hécessiteui. Ce qu'ils auront à faire sera de servir ^ par dent offices lrès«*sol«Qnols > le Dieu qui les a rem*

(i)DajMÉtauiiMnka.

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plis de tant de grftces. Cependant ils converseront dans \ grande douceur Tun avec l'autre, s'entre ahnant cordialemeni plus qu'une tendre mère n'aime son fils , et se réjouissant rédpro(|uemént de leur bonheur. Ils se transporteront où il leur plaira dans ce séjour de délices, où il n'y aura jamais de nuit et d'obscurité , ni de deuil , ni de cris , ni de larmes ; mais où tout sourira à leurs vœux.

0 vie douce I 6 vie véritable ! 6 vie heureuse ! ô vie aimable! ô sainte et céleste Sion! qu'à jamais mon cœur puisse jouir de tes contentements! 0 Eglise triomphante I qu'y a-t-il de souhaitable au monde que vous ne possédiez avec un grand avantage? Fi des grandeurs et des beautés de la tene , que le« mondains aiment si aveuglément ! Ce n'est qu'ombre et fumée , ce n'est que poussière et vanité au prix de votre éclat y au prix de vos beautés. Quel péché donc que je n'abhorre et ne baisse de tout mon cœur, pour n'être pas frustré de l'opulence de ces biens? Quelle vertu que je n'exerce? quelle peine que je nf porte patiemment? et quel cruel martyre que je ne souhaite affectueusement pour tant de biens accumulés l'un sur l'antre? 0 Dieu infini ! mon très-désirable Créateur, soyez béni en toute éternité pour m'avoir donné un être destiné à les posséder! Oh ! par toutes vos bontés, ne permettez jamais que je fasse It perte de tous ces avantages.

II. Considérez les biens spirituels et intérieurs des bienheureux, qui sont plus à estimer que tout ce qui parait au dehors; c'est pourquoi il est dit : Toute la gloire de la fille du roi at au dedans (Ps. 44). Ces biens spirituels doivent être dans la substance de Tâme, dans ses facultés, dans la soumission de l'imagination et de l'appétit sensitif à la raison. Quant à l'âme, elle est remplie de la grâce sanctifiante, consommée et accomplie, ce qui la rend belle et agréable à tous les yeux qui la contemplent. Cette grâce consommée est la gloire même, la splendeur de l'âme, et la source de tous ses biens et de tons ses avantages ; et premièrement de ceux qui sont dans l'entendement, lequel est enrichi, fortifié, et élevé par la lumière de gloire, qui le ravit à la vision claire et intuitive de l'essence divine, et de toutes ses perfections infinies ; ensuite l'entendement connaît clairement tout ce que l'âme peut raisonnablement souhaiter de connaître, soit de l'état des autres hienheiire«X) anges ou

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Itominesy soit des secrets de là natare, et des èfiéts merveilleux de la Providence divine. Et toutes ces connaissances sont sans erreur, sans incertitude , et sans opinion sujette à faillir , car Terreur est une imperfection de l'esprit , qui ne peut trouver j^ce dans un état de perfection, comme celui de la béatitude ; puis, s'ils avaient des doutes et des opinions fautives, il se pourrait faire que, sans aucune malice, ils eussent des avis contraires, et se trompassent l'un l'autre , ce qui est une chose trèsrépugnante à leur société très-parfaite. En vertu de la vision, qui est dans l'entendement, la volonté est ravie et emportée, par une suite nécessaire , à l'acte de l'amour béatifique ; car un objet tout aimable et tout ravissant étant présenté à la volonté, qui n'y a d'ailleurs aucun obstacle et aucun empêchement, il lui est nécessaire de s'emporter à l'amour, si bien qu'il est impossible à la volonté de se refuser à cet attrait. Aussi , est-elle remplie de la Charité qu'elle avait en cette vie, et cette Charité, n'étant point détruite par les occupations de la terre, ni appesantie par la masse d'un corps infirme et mortel, et son objet lui paraissant à découvert, sans voile et sans obscurité, produit des actes d'amour d'une excellence tout autre qu'elle ne le pouvait faire ici-bas. Ces actes regardent Dieu premièrement en lui-même, et sont des complaisances et des bienveillances indicibles ; ils regardent aussi les créatures en Dieu, et comme biens de Dieu, et choses de son domaine; c'est pourquoi, comme celui qui aime bien le père, aime ses enfants à proportion, il en est de même des bienheureux, qui aiment Dieu comme leur père très-aimable, et tous leurs associés comme ses enfants, et tout le reste du monde, comme ses créatures et choses à lui appartenant. Or, de cet amour naît la joie dans la volonté, et même, le principal acte de l'amour est la complaisance et la joie dont ils sont comme inondés et tout remplis. Leur joie est double, parce qu'ils en ont de la félicité de Dieu, et de le«r félicité propre. Ils ont de la joie de Dieu, de ce qu'il est si heureux et si parfait en son être suprême, et ils ont de la joie d'euxmêmes, de ce qu'ils sont si heureux et si parfaits. Et comme ils aiment Dieu plus qu'eux-mêmes , leur joie est plus grande de ce qu'il est très-heureux et très-parfait, que de ce qu'ils sont. Cette même volonté est embellie de toutes les vertus morales, bien qu'elle n'en produise pas tous les actes, et elle est si for-

MB Là

tmoA wsàê Mû attachée à k «oUnlé da fiiao, i^uCaHa M frii pécher, bob paa «éme Yéaiellement. Leur «énmfia'MltoaiNR remplie da souvenir de Dieu* das IraiHs laenpaiUaac 4a aa wiA Bicorde et de sa Pro¥idence à les appeler, à les préserver, à ta sanctifier, et à condnire à un tel peint raffarn de leur acAit. lai puissances sensitives sont encore très^-bioa ordoiuiéas, pam qu'elles sont sovmises entièrement sans rébellion, -et «au réflîi* tance aucune, à la volonté supérieure; rtmaginatioft n'a pôrit d'images et de représentations -indécenlea , et Tappétil iwnjMf aucune passion iuitulente; oe qui provîeut 4a ce que ^ea puii^ sances sont ravies et emportées par la vigueur avec laquaMi Fentendement contemple Dieu, et la volonté Taiina. Tailas om choses, jointes ensemble, et coonues par les bienheureux,^ se voient par ce moyen délivrés de toute chose fAchaiiae, 4t rie»» plis de tout bonheur, leur donnent un repos d?espri(-eC une caasolation non pareille, et les portent à remercier sans -cessa, avec de très-sublimes louanges, leur Créateur et leur Aéderaplear, Jésus-Christ, par la grâce duquel ils jouiasent d'uee «fruBilerftlicité que tous les hommes ne pourraient décrira iei->b9s,'flaBfiB même s'ils y employaient autant d'éciivains qu*il y a -d'il^ei au firmament, et autant de plumes qu'il y a de ohalumeasK-dans les campagnes labourées, et autant de parchemin que le -del art vaste et étendu, et autant d'encre qu'il y a d'eau dans 4ea 4Dan de rOcéan. Tous les géomètres de la terre ne aulBnéeiit pas A en donner les mesures, les philosophes ne les pourraient comprendre , et tous les .théologiens du monde ne les peumôeal raconter.

Kéjouis-toi dont en Ion Dieu , à Cité céleatel J^niarifa» , Afeae fc SeigiMfr^ jSiofi. loue (on /^i<if (Fs. 147). Qm tu et belle, mim Um^ ùàmff , qnf lu es MU « tes yfus $ont de cajoaifo, eêm te fai eU-eeéé m Minrns^ ^Cant. l^. 0 Jt^u$ ! béni soit vetre amour, ^ui 'veus a perlt^ À souffrir tant d*outrages, pour acquérir à de obétives oivatuit's un tSiat si sublime. 0 Jésus ! roetlei^Bous dans la droite voie, et dans les véritables moyens d'y arriver ; car .enfin nous voulons nous sauver al échapper à la désolation des enfers , pour arri\er à «.^ btwheur. Quoi qu il taille quitter, quoi quil^failie eudun^r ou act^oniplir. nous ^^uloiis nali« salut Toi , tei , céleste Sien, ma \ive$pleiudeur« la lttuiièi>edeuMttcoMr,je lefouraïuvrai ieiirei ttait.pardaa

DE 1.4 VâMmBMCXUm «dÈMÉiULE. 309

pp €0$ lâhrmuks Mité démroblu. Mon coBur^ ma chair en toi ram 1fetHMe4lfrè$im,Dieudematne(P%. 83).

SL Coôsidérez que lous cee biens de la béatitude , tant les «Uérieurs qu^ les intérieurs et les spirituelsi, dureront éternelle* vent y .et que jamais les bienheuraux ne les perdront. Jésus*fihiist Ta dit : EU câux^ iront au supplice éternel^ mais les juntes dan$ k vie éUtmelle (MAtth. 25). £t saint Paul : Ce qui, dans la vie ffésente^ u^tsi que passager, et ce qu*\l y a de léger dans nos tribu- Mons^, opère en nous un poids éternel de gloire (u. Cotr. 4). Ce poiol est souvent revenu dans les saintes Ecritures , afin que nous en concevions l'espérance , ^t que nous n'ayons pas d'occasion d'en douter. En effet , la béatitude doit rendre l'esprit tranquille et content» et le mettre hors de j^ines , d'inquiétudes , de crainte etile tristesse. Or, si la béatitude n'était éternelle en tous -am hianSy -elle se satisferait pas l'esprit, il y souffrirait des angoisaes BOA .paseilles, .voyant qu'il faudrait en être privé ; si bien qu'il en serait de» l>ienfaeureux ^comme d'un puissant monarque de la terre 9 qui Jouit de tout ce qu'il peut souhaiter, et qui., néanmoins I Mit qu'on lui ravira ses provinces .et son empire , «t qu'on le dépouillera de toutes ses grandeurs, peut-il être contentât .satisfait à cette pensée? U on serait de mémo des l>ienheureui, s'ils devaient un jour déchoir de la grandeur de leur état, ils en auraient «d'autant plus de peine et de tristesse, que le bonbour dont ils jouissent est plus grand. Car, dire qu'ils ne font pas rMeâon s'ils doivent perdre leur béatitude , c'est leur attribuer une ti^op grande stupidité ou une ignorance indigne d'eux, eux qui connaissent tant de choses, pourraient-ils ignorer que leur félicité serait périssable , s'il en était ainsi? De plus, la eréature raisonnable n'est pas parvenue à sa dernière fin, tant que son désir naturel d'être heureuse n'est pas satis£ait. Or, comme naturellement elle désire la félicité , elle en déaire au^si la perpétuité; et comme elle-même. est immortelle sa béatitude doit être étemelle. Enfin , ce qui tend de soimême vers un but, n'en peut être ampéché que par violence; ainûque la pierre qui tombe à terre, n'en peut être empêchée que par une force nmjeure. Or, les justes ont atteint la béatitude eomme la fin principale et le centne de leurs mouvemeolB 0t de leurs affections , et partant, ils n'en ^^euvent être laërés /que «par fiolMce ; ot «omme ils en îouisaeiit ,par lia

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puissance et la volonté de Dieu , que nul ne peut violenter, il n'est pas possible, à qui que ce soit, de les en priver. De plus, si quelqu'un contemple un objet , et qu'il cesse de le contempler, il faut que ce soit pour l'une de ces trois causes : ou bien, parce que la vue' lui manque , comme s'il devient infirme et qu'il meurt , ou bien parce qu'il ne veut plus le contempler, et qu'il se dégoûte d'y arrêter pfus longtemps sa vue , ou biBn , c'est parce que l'objet s'éloigne de lui , comme s'il contemplait un oiseau qui vînt à prendre l'essor et s'envolât, ou quelque riche palais qui vînt à se fondre et à s'abîmer en un instant. Or, les bienheureux ne peuvent , pour aucune de ces raisons , être privés de la vision de l'essence divine , car leur âme est immor* telle , la lumière de gloire est immortelle , et Dieu la conserve par un concours <^ui ne lui fera jamais défaut. Ds ne se dégoûtent pas aussi de regarder Dieu , car c'est leur souverain bien. C'est pourquoi , comme ils neyeuvent pas désirer de n'être pas heureux , aussi ils ne peuvent pas désirer de ne plus regarder sa beauté infinie. Ajoutons qu'il ne leur apparaît aucun mal ou difficulté que ce soit, ou chose qui leur déplaise en sa vision ; pourquoi donc s'en dégoûteraient-ils ? Le dégoût , le dédain que l'on conçoit dans la jouissance de quelque bien, procède toujours de quelque changement produit dans la personne qui en jouit , soit en altérant, soit en affaiblissant, soit en ruinant sa vertu. Pour ce sujet, notre esprit se lasse d'une trop longue lecture ou méditation, parce que notre puissance qui a besoin des organes du corps pour lire et méditer, se débilite peu à peu, et passe du plaisir de son occupation au dégoût. Or, l'essence divine contemplée par les bienheureux n'altère pas leur vision, mais plutôt l'accomplit, et comme les organes du corps ne contribuent en rien à cette vision, elle ne cause aucune lassitude ou dégoût, mais un contentement durable. Et puis, tout ce qui est considéré avec admiration, n'est pas ennuyeux, parce que le désir de voir persiste tant qu'il y a de quoi admirer. Or, l'essence divine ne peut être regardée par l'esprit créé qu'avec admiration, parce qu'elle n'est jamais toute comprise et épuisée par aucun entendement ; c'est pourquoi la volonté ne .s'en dégoûte jamais, et toujours la désire. Enfin, Dieu ne s'éloignera jamais d'eux, et sa présence leur sera éternelle, afin que la vision de ses beautés soit éternelle, et que l'amour en dure éternellement. Par ce moyen, les

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biens de l'tme seront éternels» et parce que les biens du corps en découlent, ils seront aussi étemels.

Heureux donc, 6 Seigneur! ceux qui habitent en votre maison^ ik tOM loueront en tom les tiècles d^s tiècles (Ps. 83) I Oh ! donc, attires-moi après vous, et que le désir de la félicité temporelle ne m'attire plus. 0 Seigneur! la vanité du siècle m'a trop longtemps attiré , que ce soit maintenant votre vérité étemelle qui m'attire ! Vous m'avez attiré , Seigneur , en me pardonnant miséricordieusement , attirez-moi en me glorifiant éternellement. 0 magnificence sans fin ! car les faveurs du monde sont passagères, et les vôtres, ô mon Dieu I sont éternelles I Oh I qui ne vous servirait pour ce sujet, éternellement, avec des résolutions invariables ! oh! gravez en mon âme les pensées de cette éternité bienheureuse, afin que je n'abandonne jamais le désir de vous servir et de souffrir pour vous.

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