DE L ETAT DES DAMNES
I. Considérez les peines extérieures et la situation des damnés. La première peine qu'ils souffrent est la descente jusqu'à li profondeur épouvantable de Tenfer; car l'espace qui est entre la surface et le centre de la terre étant environ de quinze cents et tant de lieues , ou la moitié du diamètre de la terre y les damnés ne descendent guère à moins de treize ou quatorze cents lieues de profondeur, ce qui est une chose si horrible^ que quand il n'y aurait ni flammes ni démons, l'enfer serait toujours trèshorrible pour cette seule considération. Mais il y a bien de pins grands tourments; car, supposant que l'enfer soit comme un autre petit monde, qui le cède de beaucoup à celui-ci, comme le Paradis est un grand monde qui le surpasse de beaucoup; supposant ce que nous estimons plus vraisemblable que Dieu ait bftti ce monde comme une maison à trois étages, et qu'il y ait une terre semblable à celle dont parle Job , qu'il appelle lerre de misères et de ténèbreSy où est romhre de la morty ^aùU n*y a ONfiifi ordre*, mais une horreur sempiternelle (Job, 10), terre divisée en plusieurs contrées ou régions, dont la pire est la contrée des danmés, qui est une terre de soufre, de flammes et de cendres ; Ws damnés descendent toujours jusqu'à ce qu'ils tombent en cette terre de feu, où ils brûlent tout vifs, et ne ressentent que dos flammes de quelque côté qu'ils se tournent, ainsi que ceux qui se noient dans quelque abîme , à droite et à gauche, audessus et au-dessous, de toutes parts ils ne rencontrent que des eaux. i>r, comme les péchés des damnés sont différents en quimtitô et on qualité, aussi leurs peines sont différentes, et il so tr\m\o on ootio contrée divers lieux, où ils sont détenus et divorsontont tournuMUos, contraints par les démons d'y demeunNr> pano quils sont les exécuteurs de la justice divine, et
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savent ce que chacun des damnés doit endurer selon l'énormité de ses péchés. C'est pourquoi il n'y a point d'absurdité à se représenter des étangs de feu et de soufre, où soient comme ensevelis ou enchaînés les exécrables blasphémateurs, et autres qui ont commis des méchancetés plus noires, d'y méditer aussi d'autre part des abîmes d'un froid intolérable, où quelques damnés soient quelquefois transportés par les démons, non pour y recevoir allégemrat de leurs peines, mais pour y ressentir de nouveaux tourments, passant d'une extrémité à l'autre, sans milieu, pour les ressentir toutes deux plus vivement par leur opposition : Ik poiierotUy dit Job, des eaux glacées à une trop grande ardeur (Job, 24). On peut aussi considérer que les superbes y ont des places plus ignominieuses^ que les envieux y sont mordus de vipères, les gourmands y sont forcés à goûter le fiel et l'absinthe, afin que s'accomplisse cette parole : Autant qu'elle a été iAfèê les dHieeSy autant donnez-lui de tourments et d'ennuis (Apoc. 18), et qu'il n'y a point de péché auquel la justice divine très-exacte n'ait appliqué sa peine particulière. Dans ces tourments, les damnés sont en toute sorte de postures : les uns y sont couchés par terre et la mordfipt de rage; les autres y courent comme des furieux; les autres y sont enchaînés; d'autres sont amoncelés les uns sur les autres, et tous y souffrent horriblement, sans pouvoir mourir, parce que leurs corps sont immortels, et sans pouvoir être entamés ou usés par les flammes, qui les brûlent sans rien consumer. Au reste, d'autres méditent l'enfer avec une autre disposition, et se représentent, dans le fond ou le centre de la terre, un étang de feu et de soufre dans lequel sont entassés tous les damnés les uns sur les autres, suivant ce qui est dit dans l'Apocalypse : Celui qui na pas été trouvé écrit au livre de vie a été envoyé dans Vétang de feu (Ch. 20), et la parole du père de famille, qui commande que l'ivraie soit ramassée et liée en faisceaux pour être brûlée. Là, dans cet étang de feu et de soufre, toutes sortes de pécheurs sont tourmentés, et comme il y en a plusieurs millions, ils ne sont pas tous à part, mais ils sont entassés les uns sur les autres, comme des poissons que l'on firit ensemble l'un sur l'autre dans la poêle. Là, chacun est d'autant plus profondément enfoui et plus accablé soqs le poids des autres corps, qu'il a plus offensé. Tout cet étang est en feu af6c la masse de tous ces corps qui y est brûlée, et qui est
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Gomnia un holocaatte et un sacrifice pour le péché : wciillCXe qui ne sera jamais achevé, mais qui se fera incessamment éevîtf\ ^^ Dieu el les Saints, ainsi que le péché sera toujours à expieT,Ar^" ne sera jamais expié. C'est pourquoi ils ne recevront pas h rafraîchissement, ni même de soulagement par la libre res|nration ou par leurs cris, qui servent dans cette vie à aUéiff les plus cuisantes douleurs. A cela se rapportent ces paroles: Les impies se iaironi dans les ténâres (i. Rois ,' 2). Tels seroiA peut-être ceux qui auront plus grièvement péché ; car ceux qn auront la tête au-dessus pourront crier et se lamenter, comitt feront peut-être les moins coupables. De ces deux représentitions, la première nous semble plus véritable.
Vois donc, âme immortelle, combien c'est chose amère que tu m délaissé Dieti (Jérém. 2). 0 pécheurs insensés! qui de vous foum habiter dans les flammes éternelles (Isa. 33)? 0 âmes obstinées, hélas! quel extrême désastre vous attend, si vous ne faites pénitenco et ne mettez ordre à votre vie libertine I 0 chrétiens! ne nous précipitons pas en ce malheur; e^est chose horrible ielomhtr entre les mains du Dieu vivant (Heb. 40). 0 Dieu immortel! par toutes vos bontés et vos miséricordes, délivrez-nous de cet état malheureux; faites que nous n'ayons plus d'aversion pour les austérités et pour les souffrances de cette vie, ni pour toutes les (Tuvros Inborieusrs, afin que nous en soyons exempts. 0 Jésus! nédomptcur du monde, par le mérite de votre sang précieux, faites-nous échapper à cette descente profonde, à ces flammes cl à ces tourments. 0 Vierge sacrée ! Mère de miséricorde, intercédez pour nous maintenant et à Theure de notre mort.
II. Considérez les peines intérieures des damnés, dont la premii^re est le ressentiment qu'ils ont d'avoir été dédaignés et méprisés ptir Jésus-Christ au jugement, tandis qu'il caressait les Justes avor des regards si gracieux et des propos si affables. Ce dédain a uloén» leur cuMir, el il leur eût été préférable d'être frappés d'un million de foudres que d'être repoussés par les yeux rayonnants du Prince glorieux. En outre, ils sont affligés do la poiih' du dam« qui est la privation des biens pour lesquels ils tMaiont oroos . s'ils eussent aecorapli leur devoir , lesquels biens sont la vision do Pieu, Tamonr béatifique, la société des arjtes et dos Sair.ts et toutes les douceurs de la vie étemelle, pa!>*o qu'il est juste, puis4|n*ils se sont retirés de Dieu, délais-
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'*MtiM Tôlontés et tes lois, qaa Dieu se relire anssi d'eux, et 'Wipri?e de sa face et de la Tue de tous les Saints et de tous les ^liges qui ont obéi à ses commandements. Cette peine est la plos horrible dans les enfers, d'autant plus qu'elle prive l'âme do plus grand trésor, des plus souveraines délices et de la plus haute gloire dont elle était capable ; si bien que, comme l'œil n'a pas vu, ni l'oreille entendu, ni le cœur conçu ce que Dieu a préparé à ceux qui l'aiment, ainsi en est^il du mal qu'il a préparé aux impies. Cette peine leur est une mort terrible entre toutes les morts, comme étant la séparation de Dieu, qui est la vraie vie de toutes les âmes. Et quoiqu'elles n'aient aucun amour pour Dieu , elles en ont pourtant pour elles - mêmes ; c'est pourquoi, connaissant que ce serait pour elles un contentement non pareil d'en avoir la jouissance, ce leur est un déplaisir indicible d'en subir la privation. Avec la peine du dam, elles souffrent intérieurement les morsures du ver de la conscience, qui est un regret inexplicable et qui les dévore sans cesse, d'avoir manqué les occasions de leur salut, d'avoir méprisé Dieu qu'ils pouvaient servir, d'avoir, pour des plaisirs de néant, encouru des misères éternelles; d'avoir, en évitant quelques légères pénitences, encouru des supplices très-cruels, et en somme, d'avoir commis des offenses dont elles pouvaient se préserver. Ce n'est pas qu'elles aient regret du péché en tant qu'il est péché et contraire à Dieu; car ce regret serait un acte d'amour divin , louable et vertueux , qui ne se rencontre pas dans ces âmes ; elles en ont donc seulement regret en tant qu'il est cause de la peine qui les tourmente , l'agréant cependant en tant qu'il est contre Dieu , contre qui leur haine et leur aversion est immortelle. Leura puissances intérieures sont encore toutes désordonnées et dans un état très- déplorable. Leur intellect est obscurci par Terreur, s'imaginant faussement qu'ils n'ont pas été assistés des grâces au besoin , que plusieurs commandements de Dieu étaient impossibles , que leurs péchés ne méritaient pas de tels châtiments , que Dieu a été cruel pour elles , et qu'il est perpétuellement occupé â regarder toutes les peines qui les tourmentent, et tout cela sans pouvoir s'en divertir par quelque autre pensée qui les soulage. Leur volonté est déchirée -d'envie et de haine contre les Saints et même contre Dieu, et tout les irrite. Ils se courroucent aussi horriblement contre
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ceux qui leur ont donné occasion de pécher» el génénk ils sont tous enragés les uns contre les autres, pour les ineoit^ modités qu'ils se donnent réciproquement, soit par leurs cm effroyables , soit par la pesanteur de leurs corps et leur proù* mité , qui fait qu'ils se communiquent leurs ardeurs l'un à l'aor tre. I^eur mémoire est remplie de l'image des biens passagen de leur vie , de leurs péchés et du mépris que Dieu a fait de leurs personnes en les jugeant. Leur imagination ne leur représente que l'excès des peines déjà souffertes et de celles qui sont à souffrir pour toute l'éternité; car ils se tiennent asr sures, dans leur réprobation étemelle, que jamais Jésus-Christ ne révoquera l'arrêt de leur condamnation, que jamais ils ne pourront faire aucun bien po«C l'apaiser, et que jamais ils ne pourront se défaire de la compagnie maudite des damnés , ni s'éloigner tant soit peu de l'enfer, pour ressentir le moindre soulagement qui puisse être. Leur appétit sensitif est le théâtre de la guerre de leurs différentes passions, de désir, de haine, de vengeance , de crainte , de désespoir et autres , qui les agitent sans fin. De la connaissance de ce misérable état, qui n'a pas de fin , naît dans leurs âmes une tristesse comme infinie , qui les noie et les absorbe , et ne leur permet pas d'être calmes un seul instant. De là viennent leurs plaintes, leurs gémissements « leurs blasphèmes contre le ciel qui leur a donné la vie, leurs malédictions contre les parents qui les ont engendrés, contre les compagnies qui les ont provoqués au mal, contre les créatures qui leur ont présenté les attraits du péché , et enfui contre eux-mêmes de ce qu'ils ont jamais été créés , et de ce qu^ils ne sont pas anéantis.
Eh bien, mon àme, quelle extrême désolation! quoi donc, tu demeura encon^ en ton assoupissement, ou plutôt dans Ion sommeil : la ne te recueilles pas an récit de tant d'horribles lounnonis ? Hèlas ! n avons-nous pas bien sujet de dèplone^r la coïKliliou de toutes les ci^atanp< humaines qui res- |ùwil eiK\w sur h lerw , qui peuvent lonaber eo cet abîme tW caUmiie:^? Helas! les chev;iux. les taureaux, les tigres et les lixvv» , el Khis les animaux de la lenv ue sont pas infortuues ju:^ues à c^ p^nl , que de p<Mivx!iir êli* daanês , et un Wmnie le peut ême. ^i ^ ueaMMÙeis si superbe et si insiH Vnm. et uuetmaie yeul ^tr» hmaJK ^ est si Aéticate. et qui
a tant de faste et dé pompe dans sa vie I Oh ! que le Sage nous dit à propos : Humilie grandement ton esprit , parce que la vengeance de la c/mtr de l'impie est le feu et le ver (Eccl. 7). Je m'humilierai donc profondément en présence de Dieu et des Saints par les exercices de la pénitence. Je m'humilierai audessous de toute créature , et je marcherai tète baissée, parce qu'il se peut faire que je tombe dans la damnation , si je ne vis d'une autre manière , et si je ne règle tout de bon mon intétérieur et l'extérieur de ma vie. Oh ! Seigneur très-miséricordieux, donnez-en moi la grâce; vous qui m'avez créé , ne m'écrasez pas des foudres de votre indignation ; vous qui m'avez racheté, ne me condamnez pas.
III. Considérez que les peiuea du péché tant extérieures qu'intérieures , seront étemelles et ne finiront jamais. Ces paroles sont redoutables, et ne peuvent être assez sérieusement considérées, aussi sont-elles incompréhensibles à l'esprit humain , que la pensée de l'éternité confond. Car qu'est-ce à dire , que les peines infernales sont éternelles ? C'est-à-dire qu'aussi longtemps que Dieu sera Dieu , les damnés seront damnés ; c'«st-à-dire qu'après qu'ils auront souffert autant de millions de siècles qu'il y a d'étoiles au ciel , de feuilles sur les arbres , de brins d'herbes dans les campagnes , de grains de sable sur les rivages, et de gouttes d'eau dans la mer, après tout cela il leur faudra recommencer tout de nouveau , ils n'auront pas avancé d'un pas dans l'éternité , elle sera aussi longue à parcourir que si rien ne s.'en était écoulé. Le lieu où ils seront , sera étemel , le feu qui les tourmentera , sera éternel , leur âme étemelle , leur corps immortel , le diable qui les tourmentera immortel , leur embrasement éternel , et Dieu qui se vengera d'eux étemel : si bien que toutes les choses qui contribuent à leurs peines étant éternelles et sans fin , ils souffriront sans fin et pendant toute l'éternité ; ils souffriront sans relâche et sans interruption; ils souffriront sans diminution de leurs peines , et après tout ils souffriront sans espérance de délivrance , d'interruption , de diminution ; car l'éternité emporte toutes ces choses. Au reste, ce qui travaille le plus les grands esprits , c'est la difficulté de concevoir comment Dieu a pu infliger des peines étemelles pour un péché passager , pour un homicide consommé d'un seul coup , pour un mauvais
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désir conçu en un instant , pour une détraetion de trois mril^l et pour les plaisirs illicites, qui ne sont pas plus tM lottUl* qu'ils sont passés. Le docte Origène ne pouvait comprendre ft avouer que ces peines fussent éternelles, mais au moins cos*^ fessait-il qu'elles seraient de longue durée , après quoi Oui ^ enfin , découvrant ses entrailles paternelles , prendrait qadqM pitié de ses misérables créatures. C'est pourquoi il disait que, comme Ton est blessé en peu de temps , mais que l'on n'eiA pas sitôt guéri , et qu'il faut passer par beaucoup d'indsioM et de remèdes douloureux avant que d'en venir à ce point; l'âme aussi était bientôt navrée de la plaie du péché , miii qu'il fallait bien du temps , et beaucoup de souffrances pour ta purifier du péché. Au reste , cette résolution obscurcit plot/it la difficulté , qu'elle ne la résout. Saint Augustin donc i dit (i) : Que ce n'était pas chose merveilleuse que la jnstici divine eût infligé une peine étemelle pour un péché passager, vu que la justice humaine privant de la vie les honûcides et les adultères , les punit autant qu'il est en elle pour une éternité , puisqu'elle leur ôte un bien qu'elle ne leur rendra jamais. Le grand saint Grégoire raisonne autrement et dit (i) : Que Diea considère plus le cœur que le fait, et que, si le péché est passager dans l'acte , il est étemel dans la volonté du pécheur : car les damnés ont mis fin à leurs péchés, parce que lear vis est arrivée à sa fin , et ils eussent été contents de tivre toujours , pour pécher toujours : il convient donc à b justice di juge , que ceux-li ne soient jamais sans peines , qui eussent voulu nt^tre jamais sans crimes. Ils ont ressemblé à des joueurs qui eussent joué toute la nuit « si la chandelle ne leur eût masqué. Mais ou pourrait répondre qu'il y a des pécheurs qui se pn^poseul « nu^me en péchant , de faire pénitence dans leur \ieiUosse « mais qui néanmoins étant prévenus de la mort , ne lais$tM)t pas d*étre damnés pour une éternité. Le Docteur angèlique apporte pour raison ^3>« que c'est à cause que le péché est commis contre Dieu« dont la grandeur est infinie, et que la cn'alure nVlant p.)s capable de paver une peine infinie en iulen^té « elle la paie infinie en extension. Alberi-le-6nnd dit
i%\ UK tt. il^ t>rtu c. tl. — ,Y rr. BU. e. U, L S«» floni c ft,— (i)la
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qu'une veodition momentanée donne droit à l'acheteur de posséder éternellement la chose qui lui est Tendue : ainsi une terre rendae . en un quarl'd'heure, et encore en moins de temps, appartient pour tûi^ours à celui qui en a pris le marché. Or, le péché est une Tendiliou de Tàme au diable , qui dès lors a droit de la posséder en toute éternité. Plusieurs de ces raisons, jointes à celles qui ont encore été méditées ci-*devant, justifient assez la conduite de Dieu devant les hommes. Mais, par-dessus toutes ces raisons, celle-ci est la plus forte , c'est que le pécheur s'est détourné de Dieu et des biens du Paradis , non pour un temps limité , mais pour une éternité : car, quand il a péché mortellement, il a repoussé les moyens qui étaient établis pour le faire jouir de Dieu , et éviter les enfers , non pour cent ou mille ans , mais pour une éternité , comme s'il eût dit en lui-même : Eternellement je ne veux pas de Dieu , et je repousse les moyens d'être à lui éternellement. Il est donc raisonnable queDieu.se ressente éternellement de ce mépris , et qu'il abandonne éternellement un pécheur qui l'a le premier rejeté de lui pour une éternité , quand , de plein gré , il a contrevenu aux moyens de l'avoir pour une éternité.
O misérable pécheur! tu seras done puni pour tes offenses morteUei y des mille et des nillions d'annéee et au deli , et alors il te faudra reeemmencer, eomne si lu n'avais pas commencé è souffrir; tout cela ne te sera compté pour rien, et rien ne te sera rabattu de ton obligation. Redoute donc le péché, porte lui une forte aversion , et compose tes actions et tes mceurs de telle sorte que tu évites l'éternité des peines. Redoute ton Dieu, ô mon &me ! qui peut etwêyer fémê et le corp» âan$ k torture (Matth. iO) d'un feu étemel. 0 Dieu admirable dans votre justice f qui a connu la puistance ie votre colère , ou qui pourrait raconter votre tndi^Mttion QVic 09961 de crainte (Ps. 89) , et l'éternité de supplices préparés Sux péchés? Qui pourra la méditer sans avoir horreur de ses offenses? Qui ne méprisera volontiers les honneurs et les richesses passagères de cette vie, pour se mettre en sâreté dans la voie étraite de la pénitence? Qui ne regardera comme une trè&*grandte folie de subir, pour des biens de néant, les hasards de cette éternité malheui*euse ? 0 Seigneur! je vous rends grâce de ce cpi'étant digne pour ma vie passée de eette peine étanselle^ voua m'avés supporté jusqu'à présent, et m'avez doimé
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le* temps de prendre garde à moi. Je vous en snpplie dmic par h- ,tre in^mense l>onté et par les mérites de votre sainte humamlé, illuminez mon entendement de votre sagesse , afin que rec naissant Ténormité du péché, et la grandeur de votre justice, je me mette en devoir de me préserver du péché, et de voa plaire avec autant de soin et de ferveur, qu'il est conv^nibie d'en avoir pour un fait de si grande importance.