SEPTIÈME MÉDITATION
DE LA PRÉSENCE RÉELLE ET SUBSTANTIELLE DU CORPS DE lÉSUS-CHRIST AU SAINT-SACREMENT DE L'EUCHARISTIE.
I. Considérez la première preuve de la présence de Jésus- Christ au Saint-Sacrement, tirée de la promesse que fit Jésus- Christ de donner son corps et son sang en ce Sacrement ; car, pour disposer les esprits des hommes à la croyance de ce mystère, par une sagesse spéciale il en instruisit auparavant ses disciples, et il leur fit la promes|^ de ce grand mystère en ces termes : Je suis le pain vivant, qui suis descendu du ciel ; si quelqu'un mange de ce pain , il vivra éternellement, et le pain que je donnerai, cest ma chair pour la vie du monde (Jean, 6). Ces paroles sont claires et expresses, et ne peuvent être interprétées de la figure
ib LA THÉOLOGIB ÀFflBCTlVE.
de son corps que par ceux qui s'éloignent de la vérité de son esprit et de son intention, coÀme font les hérétiques ; cnr il promet ici de donner quelque chose de grand et de sinj^ulier, qu*il n'appartient qu'à lui de donner, et qui n'avait pas encore été donné. S'il n'était question que de donner la figure de son corps, cela avait été fait auparavant ; car la manne, les pains de proposition et les pains multipliés au désert étaient autant de figures de son corps; il promet donc de donner quelque chose de plus grand, c'est à savoir, son corps précieux. Aussi les grands effets que Jésus-Christ attribue à ce pain qu'il promet de donner, et les louanges qu'il lui donne, téiuoi^ueut que c'est tout autre chose que la figure : Qui mange ma cluur et hit mon sanij, ajoute-t-il, a la vie éternelle^ et je le ressusciterai au dernier jour ; car ma chair est vraiment une nourriture^ et mon sang vraiment un breuvage. Qui mange ma chair et boit mon saug, iemeure en moi^ et moi en lui* Comme mon Père vivant m'a envmjé^ je vis pour mon Père, et celui qui me manfie, vit pour moi. C'est-à-diré comme je suis vivant de la substance de mon Père, qui m'a communiqué la même divinité, ainsi celui qui me mange vit à cause de moi et de ma propre substance que je lui communique. Fallait-il tant.de disômrs et tant de redites, s'il ne promettait que l'ombre et la figure de son corps ? Tant de choses grandes et relevées n'appartiennent pas à ce^ qui n'est que figurt. Et s'expliquast «noore davantage, il déclare que ce qu'il ve«l doni^er est cboM plue excellente que la maane que Dieu fit tomber miraculeusement du ciel pour la nourriture des enfants d'Israël, l'espace de quarante ans au désert. Bien que cette manne tombée du ciel fût un pain merveilleux, toutefois il dit du pain qu'il promet que c'est encore une chose plus admirable : Vos pèreSf dit-il aux Juifs qui Ticoutaient, ont mangé la manne au désert et sont morts ; celui qui mange de ce pain vivi'a éternellement, étant ressusSté far sa vertu. Si ce n'était qu'une simple figure, la manne vaudrait mieux, étant une nourriture céleste préparée par les anges mêmes; il faut donc estimer que Jésus-Christ parlait de dbnner son vrai corps réellement et substantiellement. Aussi les Juifs les pins grossiers, comme les Caphaniaïtes, comprirent bien, par ces paroles, qu'il parlait de donner son vrai corps ; c'est pourquoi, comme c'était la première fois qu'ils l'en entendaient parler, ils en demeurèrent
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surpris» se fireat plusieurs questions entre em, disant Vnn à Tantre : Comment peiit-il tiou» donner m chair à manger^ s*imaginant qu*il derait la lenr donner comme une ehair ordinaire, né comprenant pas encore comment il résiderait dans le Saint- Sacreaient. Et alors Jésus-Christ, loin de leur dire, pour calmer leurs esprits, que l'Eucharistie ne serait que la figure de son corps, confirme de plus en plus sa parole i Ceia vous sc^tndufUe ? Qve fera-^ donc ri vom voyez le F*h de CHomme montant oà il itùH' premièrement ? Voulant leur dire :Vons trouvez difficile ft croire que moi étant près de vous, je me donne à vous^ que ferez-YOUS donc quand je serai monté au ciel ? Je serai alors éloigné de vous, et cependant il faudra bien que vous croyiez que je me donnerai en nourriture, quoique assis à la droite de mon Père ; car je suis le pain descendu du ciel. Allez, la vhair ne terî de rien, é la manière grossière dont vous Tentendez, comme si j'avais intention de vous donner une chair morte et séparée de l'esprit de la divinité. En ce sens, la chair ne sert de rien; mais l'esprit de la divinité est joint et uni à ma chair, et qaaiid tous la recourrez, cet esprit de divinité vous donnera la Yle, c*«rt ftêfrii gui vivifie. Or, non-seulement les Capharnaftes moins spirituels se rebutèrent à la promesse du Fils de Dieu, mais aussi plusieurs de ses disciples, qui ne l'avaient point encore entendu parier il'un si étrange mystère, et il ne leur dit pas, pour les apaiser et les instruire, que ce n'était pas chose si étrange, puisqu'il n'entendait donner que la figure de son corps, comme il eût dû faire pour les instruire de la vérité et les préserver de l'erreur; mais il persista constamment en sa parole, et leur demanda, en les réprimandant, s'ils ne voulaient pas ausd le quitter. Ce qui donna sftjet à saint Pierre, le plus fidèle et le plus fervent des Apôtres, de lui répartir : A çiii irom^noui^ Seigneur ? Vous avez les paroles de la vie éteindle, Protestant par là qu'il croyait ce que disait le Sauveur, et confirmant les autres Apdtres.
Formez sur toutes ces réflexions un acte do ferme Foi : je le tiens pour indubitable, je le crois fermement, ô Jésus ! ô mon Rédempteur ! vous êtes véritablement et substantiellement sous les espèces du pain et du vin en cet auguste Sacrement. Vont ratez dit, tous l'avez pu faire par votre toute-puissance, «t TOttsfi^z ainsi toulu par votre bonté ineffalrie ; il est donc
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ainsi, ô Seigneur I et Je vivrai et je moarrai en cette croyance, appuyé sur votre parole , qui ne peut être que très-vraie. Vous, Seigneur, qui êtes la vérité même, auriez-vous voulu tromper votre Eglise, en promettant par une parole .expreâe de donner votre chair à manger et votre sang à boire, et ne lui en donnant que l'ombre et la figure ? Il n'en est pas ainsii vou* avez les paroles de la vie éternelle, et vous ne trompez personne. Je dois porter ce respect à votre parole et à votre promesse, et les croire simplement. Non, vous n'avez pas promis de donner seulement la figure de votre corps et de votre sang, mais vous avez promis de donner votre corps et votre sang même. Oh ! vos promesses sont vraies ! malheureux ceux qui le croient autrement, et qui se privent volontairement du trésor si grand qui est renfermé dans ce Sacrement. A qui irons-nous donc, Seipeur ? nous n'irons pas aux assemblées de ceux qui sont dans l'erreur, nous irons toujours à votre Eglise, qui nous donne vraiment votre corps, car vous avez les paroles de la vie éternelle
II. Considérez une seconde preuve de la présence réelle de Jésus-Christ au Saint-Sacrement, tirée des paroles de l'exécution de ce qu'il avait promis, et de l'institution de ce Sacrement dans la dernière cène de l'Agneau pascal ; car les Evangélistes remarquent qu'ayant alors pris du pain en ses mains, il le bénit et le donna à ses Apôtres, en disant : Prenez, mangez, eed esl mon corps (Matth. 26) ; pareillement il leur donna le calice, en prononçant ces paroles : Ce calice est le nouveau Tetttament en mon sang, qui est répandu pour vous (Luc, 22). Ces paroles sont expressives et significatives par elles-mêmes, et elles font connaître manifestement que Jésus-Christ s'y est acquitté lie la promesse qu'il avait faite, de donner son corps et son sang en ce Sacrement. Et les Apôtres reconnaissant que c'était l'exécution de sa promesse, n'y ont plus apporté de difficulté , obéissant simplement , et recevant son corps et son sang selon sa volonté. Et depuis, l'Eglise a toujours vécu en cette croyance, et les vVais chrétiens ont toujours cru recevoir non la figure et l'ombre de son corps, mais la réalité même ; c'est pourquoi ils ont adoré TEucharistie, et l'ont environnée de toutes sortes de respects. Et parmi les Pères , quelquesuns ont dit expressément que Jésus-Christ n'a point donné
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pour Iws !• figure oïl le signe de son corps, mais son corps même, et ils ont rendu témoignage de leur Foi en termes si elairs et si évidents , qu*il faut avoir perdu toute honte pour révoquer en doute ce qu'ils en ont cru (1). En effet , y a-t-il interprétation plus absurde des Ecritures, que celle des hérétiques, qui entendent ainsi les paroles de Jésus -Christ : Prenez, man^ gez y ceci esÈ , non pas mon corps , mais seulement la figure de mon corps. N'est-ce pas une altération manifeste des paroles sacrées de Jésus-Christ; et n'ont-ils pas sujet d'appréhender, s'ils persistent en cet aveuglement , d'éprouver les effets de sa colère , et de se voir terrassés au moment de leur mort , eomme de la foudre, par cette parole toute claire : Cen est mon corps ? S'il avait intention de donner seulement la figure de son corps , lui qui est la Sagesse étemelle , manquait-il de paroles pour exprimer nettement qu'il ne donnait que la figlire? on bien a-t-il parlé imprudemment? se peut-il rien penser de plus absurde? Certainement Jésus-Christ est Dieu et homme, il s'est fait admirer sur la terre par ses œuvres et par ses paroles , et personne n'a jamais fait tant d'actions héroïques , ni prononcé tant de sublimes discours que lui , au rapport môme de ses ennemis, et dès lors peuf-ii y avoir la moindre apparence qu'au moment où il allait se séparer du monde , il se soit écarté de sa façon excellente de parler et d'agir; aussi , en ce dernier temps de sa vie , il entra d'une façon royale en Jérusalem , et il fit de grandes actions dans le temple. Ensuite^ il se fit apprêter un banquet dans la ville , d'une façon toute prodigieuse, en une grande salle tapissée , témoignant qu'il avait quelque grand dessein , et cependant il aurait fait la clôture de tous ses miracles par le don d'un petit morceau de pain qu'il aurait laissé à ses Apôtres, en mémoire de sa Personne , et comme un souvenir de lui-même. Est-ce là penser dignement de la sagesse et de la grandeur du Verbe incarné ? Cette dernière de ses actions correspondrait-elle suffisamment à tant de merveilles qu'il a opérées dans le cours de sa vie? Il est bien plus digne de lui de penser que voulant se séparer du monde , il fut touché de deux dé* sirs : l'un, de se retirer dans le ciel , comme le lieu destiné à sa
(i) D. Damaseenns. 1. 4. de Fide c. 14. — Theophil. in Mal h. c. 26, et Marei. c. U.
frai4ettr^ 1 -attire désir» te dameiftifr mh let hipiim ptm» It grand amour qn'il lenr portail; al pour aalitfttrt à aea émm désirs , il s'avauce à la mori après ce demiar haaqaal» et laM ^ensemble il inslitue le Saint-Saerement » dans Vefval aan aef|M serait présent y afin qu il demeurât réallem^t tl de fait a^iae les hommes» jusqu'à la consommation des siècles, %aoiqt|*il fûl vivant et qu'il régnât dans le ciel à la droil#da son Përa; si bien que ce Ait Tamour qui lui inspira ee graad dasaein » al le désir qu'il avait de vivre parmi les «nfanls des hooime»,^ de les gagner tous à son amour par une bonté si adaûraUa* En effet y ce que la Fable raconte du fabuleux Cupidon» aa trouve véritable en ce Sacrement. Ce dieu , entreprit no joury dit-on, de porter à lamour le cœur d'un homme grossier at ruFtique, et pour ce sujet il tira de son carquois une , deux au trois flèches y dont il le frappa sans pourtant l'émouvoir; il vida ainsi tout son carquois » et usa toutes ses flèches , sans avoir rien produit sur ce cœur terrestre et sauvage; enfia , pour dernier expédient, il s'avisa de se jeter lui-méma à corps perdu sur ee misérable cœur, le flambeau ardent à la main pour l'embraser, et par ce moyen il en fit sa proie at sa eanqûéla- Il en est, de même du véritable Dieu d'amour : pour gaguar las cœurs humains à son amour, il leur a lancé autant da flèches qu'il leur a conféré de bienfaits divers, soit eu las eouaervaut , soit en les délivrant de mille maux , soit par la vocation , soit par les promesses d^une vie bienheureuse. Mais les CQiuni ne se laissant point pénétrer par ces traits d'amour, pouf daruiar efibrt il a pris la résolution de se jeter, comme à corps perdu « sur leurs cœurs , le flambeau brûlant de sa charité à la main^ at il s'est ainsi travesti sous l'espèce du pain et du vin en ce Saorament , pour les porter à son amour ; et ainsi il a dit ; Pr$net , tnangn , ceri esl tnen corpi , je ne vous dis pas la figure simplement, c'est moi-même qui veux entrer en vous, et qui ma vaux unir et conjoindre avec vous.
Je réitérerai, d'après ces considérations, les actes de Foi sur la vraie, réelle et substantielle présence da Jésua<Christ dans la sainte Eucharistie; c'est l'œuvre des œuvres de Jésus- Christ, elle est digne de sa puissance et de sa grandeur. 0 Dieu ! que les peujileê le confesgini que tous les peuples U confe$senl (Ps. 66)! Oui, l'Eucharistie, c'est votre corps, c'est votre sang, ce n'en
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est fw seulement la figure ni la re|urései|ti^tioii. L'hériûe en i) xnentii c'est vous-même, le Rédempteur du moudet qui vous prér sentez en ce mystère. 0 Père éternel I je m^ repféfeaterai donc, quand je verrai le prêtre sacrifiant,) tepa^t Vl^tie 6n ses ma^ns, que vous étendez vers moi , de votre ParatlU i votre puissante m.-iin pour me faire présent de yotre Fils. 0 tf^-admifa^e Jé« sus ! il n'a donc pas snt& i votre bciRté de nous donner le ciel fi\ h terre dans la création; vous vous êtes auss^i do^né vpiisrinênif) dans rincamation , conversait paroù QO^ ^ <^^\te vallée de mi^ sères Tespace de trentortrois ans , après quoi voulant retourner 4 votre Père , vous avez résolu de demeurer avec nous d'une ma-: nière admirable , vous cachant yom les espèces du Saint-Saçr^ mont. 0 bonté I ô libéralité ! â bépjgnité I ô puavité I A cbarit^ï ô amour! que ne puis^je vous mie.ux comprendre pour mie^Jf vous célébrer.
III. Considérez la troisiènie.. preuye de la réalité du corps de Jésus-Christ, tirée des parqles de ae^t Pa^li qvii> fidèle ifiterT prête des intentions de Jésus-Chris^ti a représenté Tusage q\ie l on devait faire de ce Sacrement. Que rkqmn^ i^'éprouyc soi-^m^ dit-il, et qtCaingi il mange de of pajn et hom iç ce ealiç$\ çfj qniçoitqtie mangera cê pain^ qu ^tra ce ealiçe iV^gneme^t, $€f§ coupable du corps et du sang dn Scignet^r (1. Cqr. 11), Parolof terribles et foudroyantes, par le^quelief; il donne à entendre qi}# ceux qui s'approchent du Sacrement augnste de Tflucharistie, s:ins au préalable s'être éprouvés eux*^mêmes« sont aussi cfimi* nels que les Juifs, qui n'ont pas épargné le corps de Jésus, maip qui Tout crucifié et épuisé de sang. Et saint Paul, ne se çon^ tentant pas de représenter 1^ grièveté du péché de ceu^ qui communient indignement, explique aussitôt la peine de ce péché^ et le supplice horrible dont il doit être puni, en disant : Car celui qui mangH et boit indi{^nemenl^ manga et boit son jugemer^tf il avale sa confia nination, il reçoit en lui la source de son toiifment. Il ne faut qu'un peu de réflexion sur ces terribles meni|ce( de TApôtre, pour avouer et confesser que ce n'est pa$ seulement un morceau de pain qu'on reçoit en comnouniant, et qu'il faut bien qu'il y ait autre chose que figure et représenta tipn 3 autrement, comment serait-il possible que, pour avpjr reçu ep mauvais état un petit morceau de pain qui ne serait que la figure du corps de Jésns-dhrisl , Dieu exerçât de si étranges
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et si redoutables chfttiments ; car la loi porte que fai mesttre dê$ eofip9 mt la metwre du délit , et ce ne serait pas un crime si atroce, et /pi méritât la rigueur de tant de rudes châtiments, si ce n'était qo*un pain ordinaire , comme les bons chrétiens ont coutume d'en prendre avec bénédiction et actions de grâces. Il faut donc convenir que saint Paul entendait qu'il y avait là plus que figure et représentation, et que c'était le corps même de Jésus-Christ, qui était traité injurieusèment par les communions indignes et sacrilèges. En effet, il rapporte là toute la cause de ce grand péché et de ce grand supplice : Il marige, dit-il, et boit son jugement, ne discernant pas le corps du Seigneur, et le traitant comme un pain ordinaire que Ton mange, n'importe en quel état on soit; et ensuite il ajoute que, pour ne pas faire le discernement du corps sacré de Jésus-Christ, et lui rendre Thonneur qui lui est dû, plusieurs Corinthiens furent exemplairement châtiés sans délai et sans remise : (Test pour cela qu*il y a parmi vous beaucoup de malades et de languissants qui périssent. Or, ces punitions ont continué depuis contre ceux qui se sont rendus coupables de ce crime. Saint Cyprien en raconte des histoires prodigieuses (1), comme celle d'une femme qui, ayant emporté et renfermé en son coffre le Saint-Sacrement, voulut l'en retirer et le prendre en mauvais état , mais aussitôt elle vit sortir une flamme qui l'épouvanta, et l'empêcha d'y toucher. Et d'une autre encore qui, ayant abandonné l'Eglise catholique, se mêla, dans sa vieillesse, parmi les autres femmes, pour recevoir la communion. Mais elle ne l'eut pas plutôt fait, que, comme si elle eût avalé un couteau ou un poison mortel, elle commença à palpiter et à ressentir les tourments de son péché, et mourut sur la place. Ainsi , le péché de ce sacrilège ne demeura pas longtemps impuni, et celle qui avait trompé un homme, eut Dieu même pour juge (à pour vengeur de sa conscience dissimulée; et pour montrer que ces punitions ne tombent pas sur les femmes seulement, il ajoute l'exemple d'un chrétien qui, ayant assisté au sacrifice des idoles, osa bien sans pénitence participer à ce Sacrement, mais il ne trouva que de la cendre en ses mains, Jésus-Christ s'étant retiré de celui qui l'avait renié; tant est vraie la parole du grand Apôtre, que
(1) Lib. 2, in Cœna Doroini.
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quiconque mange ce pain et boit ce calice indignement , en porte bientôt la peine, parce que Jésus-Christ, qui est la vie des bons, est la mort des méchants; et comme dans les uns il fait sentir sa présence par l'abondance des douceurs qu'il leur apporte, ainsi dans les autres il la fait sentir par les punitions et les supplices dont il chfttie leur irrévérence.
rapprendrai par ces paroles à respecter Jésus-Christ dans le Saint-Sacrement, et à m'en approcher avec toute la révérence qui me sera possible. Je me prosternerai humblement en sa présence , protestant de cœur et d'affection , et de la Foi la plus ardente qui me sera possible, que c'est mon Rédempteur, celui par qui seul je dois être jugé , celui par la miséricorde duquel j'espère parvenir au bien de la béatitude. Oh ! puissent tous les hommjBS lui rendre les honneurs qui lui sont dus ! périsse l'erreur qui en empêche plusieurs de l'adorer. Oh ! si tous les prêtres qui traitent ce mystère saint étaient saints et doués d'une pureté eonvenable! oh! si tous les chrétiens appréhendaient de s'en approcher indignement ! oh I s'il n'y avait en l'Cglise aucune communion sacrilège, qui attirât sur la terre la colère du ciel ! 0 Jésus ! faites-vous rendre les respects qui vous sont dus en ce Sacrement. Si ma vie chétive vous peut être utile pour ce dessein, je vous l'offre intérieurement , elle sera bien employée , si en se perdant elle pouvait faire cesser un seul acte d'irréligion et d'irrévérence à votre égard.
LA ntOM^Ii ArnWTITB.