‹ La théologie affectiveChapitre 51 sur 63 · SEIZIÈME MÉDITATION · texte numérisé non relu

SEIZIÈME MÉDITATION

3U GRAND NOMBRE DES DAMNES, DE LA MULTITUDE DE LEURS PEINES ET DE LEURS REGRETS.

I. Considérez la grande multitude des damnés : La voie qui wnduit à la perdition , dit le Verbe incarné , est large et spaàeu9e (Matth. 7). Représentez-vous, pour concevoir cette vérité, deux grandes armées , dont l'une, qui est la plus grosse et la plus nombreuse, combat sous l'étendard du péché ; Lucifer en est le général , et les autres esprits malins , qui portent les hommes aux plaisirs du monde, en sont les chefs inférieurs. L'autre armée combat sous le blanc étendard de la vertu, dont le chef est Jésus-Christ, et ses anges en sont les chefs, qui nous exhortent à la conquête de la terre sainte du Paradis. Et néanmoins il s'en trouve peu qui veulent s'enrôler dans leur milice, nonobstant les grandes promesses qu'ils font des biens éternels ; au lieu qu'une très-grande multitude prend parti pour Lucifer, qui ne promet à la fin que des supplices immortels. Car il n'y a que ceux qui veulent renoncer à leur propre volonté, et se coU" former en tout à celle de Dieu, qui se rangent sous l'étendard de là vertu, il n'y a que ceux-^là dont les noms soient écrits au livre de vie, leur nombre est bien petit, au prix de ceux (fbi ont résolu de suivre le parti de Lucifer et de l'amour-propre, lesquels sont enregistrés au livre de la mort en très-grand nombre. Et, quoique Dieu les sollicite amoureusement par ses divines inspirations, et que les bons anges travaillent soigneusement à les détourner de ce parti, que toute l'Eglise s'y emploie aussi par ses pasteurs et ses prédicateurs, afin qu'ils délaissent le noir étendard du péché, ils -s'obstinent néanmoins et résistent à toute bonne pensée, sans jamais faire une bonne et entière' conversion de leur vie et de leurs mœurs; c'est pourquoi, à la fin, ils vont se précipiter afoe les démons dans les enfers, séparés éternellement de Jésu»-

430 u ratoLOQu Amcnvi,

Christ, avec lequel ils ont fait divorce pendant leur vie. CeAV''^ pourquoi il peut renouveler aujourd'hui la plainte qu'il tiuiï sur la croix : Je mis étranger à mes frèreê (Ps. 68). Les homoMi m'ont dt'laissé, ils ont la croix en horreur; la vraie pénitence, qui est Tunique chemin du Paradis, leur est en abomiaitioB, toute mortification leur est insupportable. Si bien qu'il senil autant besoin de recommander Jésus-Christ aux hommes, afia qu'ils pensassent à lui, que de recommander les hommes I Jésus-Christ, afin qu'il eût pitié d'eux. Saint Jean-('«hrysostô(M épouvante le monde par cette considération, lorsque prêchant dans la {grande ville de Constantinople , peuplée de plusieurs milliers d'âmes, il dit qu'il ne s'en trouvera pas une sur cent qui soit sauvée, et encore en doute-t-il, ne l'osant assurer. D'autres ont eu des visions où il leur apparaissait que les hommes descendaient en enfer aussi nombreux que des flocons de neige, quand elle tombe sur la terre. Si bien qu'au jour du trépas de saint Bernard, de trente mille qui décédèrent, deux seulement furent vus monter droit au ciel, trois descendre en Purgatoire, et U reste aux enfers. C'est pourquoi le séraphique Docteur, traitant la parole de Jésus-Christ : Ne vous ai^e point choinia totf douze^ et l'un d'entre vous est le diable (Jean, 6)? Terrible exemple» dit-il, mais bien plus terrible encore, qu'entre douze qui sont appelés à lu Foi, quelquefois ify en a onze qui sont des démons. Aussi, dans la nature, les choses les plus viles sont plus nombreuses et plus fréquentes que les précieuses. Il y a plus de ploiub que d'argent; les pierres communes sont plus nombreuses quu les pierreries, les diamants et les saphirs, et les mauvaises herbes sont en plus gramie abondance que les bocmes. Donc, puisqu'il n'y a rien de plus vil que les méchants, ils sont aussi en plus lO'and nombre que les bons.

Appréiiendex et frémissez pour votre état à venir. Gar^ si Dieu avait révélé que de tous les enfants d'Adam, un, seulement, devrait i^tro damné, ce mal est si grand, que chacun devrait craindre qu*il ne iVit cet infortuné. Combien plus y a-l-il sujet de cnùiulro ol de trembler, puisque le nombre des damnés est si granil? Kusuite, ainijiez-vous vous-mêmes, et attristeat-vous de c«Ue multitude do créatures humaines destinées 4 ces taorribles ot épouvantables tourments , sans que jamais aiacii^ soub^ ukeui l^r MMi donné. Oh 1 ciioso vnii«Ml aftigeagut» el êniif^l

DE LA RÉSURKECTIOIf GÉMÉHALE. 4Si

è terrifalas jogements de Dieu ! que sera-ce donc au jour du îufftmMil universel , quand nous verrous iaiA de i^réatureif qui (mt été rachetées par le sang précieux de Jésini-Chi^ist » repoussées bers de la présence du juge, et frappées d*une ex* comnunicatîon étemelle^ qui n*aura jamais d'absolution! Que ce s^ra une chose horrible et pleine de terreur, de \^ voir pricipiler pèle mêle avee les démons, dans iei profondes et brûlantes prisons des enfers, avec Tassurance, que jamais elles s'auront part ii )a miséricorde de Dieu, et que jamais leur aentenee ne sera adoucie. Ouin'eB donc , .ja vous supplie ,. très^ pitoyable Fils de Dieu , ouvres les yeux de mon entendement, •t êm tcMis les pécheurs, afin que nous voyions clairement combien Il Mt important de vous servir, et de pouvoir être délivrés de M» (ourfflMits, que vous avez préparés pour les vases de colère, ^i n^iHit pas Toula user de votre miséricorde, quand il en était tompa.

il. Considères la mnltitude des tourments que souffriront les AftfBBés, suivant les menaces qne Dieu en fait : i'amawrnf des manm, 4t fê^pmmnA ma fMhn jar enx (Dent 33)» Car, par suite du péché d'Adam, Dieu décocha les traits de sa colère contre la nature humaine, qui sont sept peines différentes et comme HfKtoreltes à l'homme après le péché, la blm, la soif, le froid, le chaud, Tinfirmité, la lassitude et la mort Ces flèches exercent la fMwtérité d'Adam, durant l'état de cette tie, mais elles seront perfisctioRnées dans l'enfer, oA elles seront en leur pleine puissance ponir tourmenter les damnés à toute extrémité. Leur faim sera insatiable, et n^aura point de remède, cMnme elle en a dans cette vie, où l'on finit par trouver quelque nourriture. Ik cndurermi h finm wmmê des chien$ (Ps, 58). Eâ leur soif sera pareille, témoin l'exemple du mauvais riche, à qui une goutte d'eau sera éternellement refusée ; ce qui se peut entendre aussi bien du leumeRt corporel, d'une faim et d'une soif enragée qu'ils sentiront dans le corps, que d'une faim ou d'une soif spiriliella, qu'ils auront en l'àme après les biens qu'ils ont perdus pour jamais. Ils auront le tourment du froid, qui leur fhra grincer les dents, selon qu'il est dit en Job : 11$ passent Ae eflw glêtém à uns trgp grands ardeur (Cb. ii). Us sentiront le lewinent dn chand dans le feu brûlant où ils seront, et pesai kamédialeai^ d'une extrême chaleur i une extréne

froideur, afin qu'ils ressentent plus vivement les douleurs cuisantes de l'un et de l'autre. Et les métaux fondus à la fournaise n'ont pas plus de chaleur qu'ils n'en ressentiront. Ils auront aussi le tourment d'une continuelle défaillance, qui fera qu'ils seront en des langueurs et en des douleurs interminables : lU auront des convulsions comme des femmes qui accouchent (Isa. 13). Ils éprouveront parmi ces détresses et ces angoisses, une lassitude qui les mettra hors de tout repos, ils seront rompus de tous côtés, et comme roués de tourments. C'est pourquoi ils crieront, i comme il est rapporté dans le Sage : Nous nous sommes lassés dans les voies de l'iniquilé (Sag. 5). Enfin, la septième flèche que Dieu décochera contre eux, est la mort interminable. La mert des pécheurs est très-mauvaise (Ps. 33). Cette mort ne sera point la mort du corps, qu'ils souhaiteraient un million de fois pour pouvoir mettre fin à leur supplice; mais ce sera la mort de l'âme, par laquelle Dieu se sépare d'elle pour une éternité. Car, toujours Dieu leur paraîtra terrible en sa colère, et insupportable dans l'aversion qu'il aura d'eux , sans jamais vouloir se réconcilier avec eux, et les recevoir en son amitié. C'est la mort seconde des damnés, qui sera la plus terrible des peines éternelles, et d'autant plus que jamais elle ne les anéantira entièrement, afin qu'ils vivent et subsistent pour être capables de tourments. Ils sont mis dans Penfer^ dit David, comme des brebis la mort les repaîtra (Ps. 48) , parce que , comme les animaux broutent tellement l'herbe d'un pré, qu'ils y laissent néanmoins la racine, d'où ces herbes repullulent et reviennent incessamment, pour être toujours broutées, ainsi il en sera des damnés; la mort effroyable de leur dam et de leur séparation de Dieu les rongera sans les détruire, afin qu'ils soient conservés immortels, pour ressentir toujours les peines de cette mort et de cette séparation irrémédiable. En effet, quoique les damnés haïssent Dieu très-saigt et très-adorable, et qu'ils ne souhaitent pas de jouir de lui , en tant que cette jouissance serait honorable et glorieuse à Dieu, pourtant ils souhaiteraient cette jouissance, en tant qu'elle leur serait utile, et leur serait un moyen d'échapper à la peine, de laquelle ils voudraient être délivrés, s'il leur était possible. Mais, parce qu'ils sont certains que la séparation 1 1 est pour une éternité, et qu'il n'y aura jamais de réconciliation, h ils souffrent la mort sans ^mourir, et uoi^ mort jseiapitani^lllt; h

pleine de mille morts. Mais, à quoi bon exposer plus au long le nombre de leurs peines, qui ne peuvent être expliquées par aucune langue humaine, ou conçue par aucuu entendement?

0 flèches de la colère de Dieu! dont Tindignation épuise tout esprit y et surpasse toute pensée ! 6 tourments! 6 supplices! ô peines I ô douleurs! 6 angoisses! ô châtiments éternels! qui affligent encore plus cruellement les âmes chrétiennes que les infidèles , comme coupables d'une plus grande ingratitude , après tant de saintes illustrations de la grâce divine , et de plus grands moyens de salut. Où vas-tu donc , homme pécheur, où te précipites-tu, femme pécheresse? se peut-il faire que tu sois si stupide, de n'avoir aucune commiséiraiion de toi-même? rentre , rentre en toi par la considération de ces tourments ; convertis-toi à Dieu , mets fin à cette vie licencieuse et effrénée , mets fin à cette audace infernale et à cette dureté de cœur, par laquelle tu persistes en tes offenses. Redoute l'autorité de Dieu, et le pouvoir que tu lui donnes, en péchant, d'envoyer ton âme et ton corps dans les abîmes des enfers. 0 Dieu adorable et terrible en vos jugements sur les enfants des hommes ! sauvez-moi , délivrez-moi des enfers.

III. Considérez la multitude des regrets et des lamentations inutiles , que répandront sans cesse les damnés dans celte multitude de tourments. Car le Sage , représentant l'état où ils seront , dit qu'ils se lamenteront , entre autres choses , de s'être moqués de la bonne vie des autres : Ce sont ceux-ci dont nom nous sommes autrefois moqués (Sag. 5). Ils regretteront donc avant toutes choses de n'avoir pas estimé les personnes de vertu , qui s'adonnaient aux exercices de piété , de mortification et de pénitence. Ils regretteront pareillement de n'avoir point appliqué leur esprit à la méditation des vérités chrétiennes, et des jugements de Dieu, car plusieurs eussent été sauvés , si seulement ils eussent mis un quarl-d'heure, ou une demi-heure de temps , à méditer profondément sur quelque considération de l'enfer, ou quelque autre point propre à porter les esprits à la conversion et à la pénitence. Ils auront plus souvent ces cris lamentables à la bouche : 0 douleur ! 6 misère! ô mort ! ô enfer ! ô bannissement irrévocable ! ô mort sans mort! ô séparation cruelle ! ô gémissement interminable ! Nos yeux, donc,

ne verront plus jamais que misère , nos oreilles n'entendront v. 28

4o4 LA tntOLOGIE AFFECTIVE.

pluB jamais que des cris horribles 0 montagnes ! que TOUS y accablez-nous , renversez-vous sur nous , et que i n'ayons plus cet horrible spectacle ! Ah ! pourquoi avo été conçus, pourquoi nos mères nous ont-elles nourris de 1 portés sur leurs genoux, puisque nous étions destinés à de^ la pâture du feu? et pendant que les justes seront dans unettl perpétuelle , resplendissants comme des soleils , et qu'ils goÀ^i teront un bonheur infini à la vue de la divinité, nous, misénble^l nous en sommes privés pour jamais; la béatitude n*est ysà\ poumons! ah! privation amëre! ah! séparation lamentablell] plaisirs de la terre ! vous êtes passés comme un moment, et vott f ^'^ nous avez abusés et trahis , et notre sort est dans les tourmente. ] Mais , parce que saint Ephrem , entre les Père anciens, a eiceUi ^ ft bien représenter les lamentations des damnés , il vaut mieux que nous transcrivions ici quelques pensées de ces écrits à ce sujet, qui seront de plus grande autorité pour émouVoir quelque cœur endurci, que tout ce que nous pourrions apporter d'ailleon. Alors, dit ce saint et docte Père(l), pleurant et hurlant trèsamèrement, ils diront : Oh ! comment avons-nous passé le temps lie noire vie dans la paresse et dans la négligence! oh! comment nvuns-nous été déçus; comment, entendant l'Ecriture sainte , et luius eu rinnt, nous sommes-nous ris de nous-mêmes? Là, Dieo nous parlait par les Ecritures, et nous ne l'avons pas écouté; niaiiilonaiit nous crions vers lui , et il détourne sa face de nous. Do quoi nous servirait maintenant un monde entier? où est le pAro qui nous a on^onùrôs, la mère qui nous a enfantés? où sont ios oarauls? où sont los amis? où sont les richesses ? où sont les possessions? où les compagnies? où les festins? où les promenades? où les rois? où les grands? Comment, maintenant, pouvons-nous être aides d*aucune de toutes ces choses, et ne pouvons-nous nous aider nous-mêmes! et nous sommes entièrement abandouui^s , et de Dieu, et des Saints. Eh! misérables, que feivusnous? il nVst plus temps de faire pénitence, la prière ne seri plu> de rien . les larmes n'ont plus aucune utilité. Les pauxres el les mendiants ne paraissent plus pour nous vendre de Thuile. Nous lermivMîs nos oreilles quand ils nous exhortaient A eu tauv proxision, et mainlenant nous les cherchons- et ne

DE LA RÉSURREGTim 6É!IÉIiALE. 4S8

les iroQVOfls plas. x\h ! misérables et infortunés que nous somnés! 11 n'y a plus de rédenaption pour nous , plus de misérieerde, Msri en sommes-nous indignes, le jugement de Dieu est juste, nous ne verrons plus jamais l'assemblée des Saints, nous ne regarderons jamais la vraie lumière , nous sommes privés de tout. Que nous reste-t-il à dire : Adieu tous les Saints du Paradis ; adieu , Prophètes , Apôtres , [Martyrs ; adieu, troupe de Patriarches; adieu, troupe de religieux ; adieu, croix précieuse et vivifiante ; adieu , royaume des cieux , qui n'aura jamais de fin; adieu , céleste Jérusalem ; adieu , Paradis de volupté; adieu aussi, 6 Marie ! à vous, mère de Dieu, mère du Dieu qui a tant aimé les hommes. Adieu, père et mère, fils et filles , nous ne verrons jamais aucun de vous. Or , quoique ce soient là les plaintes que feront entendre les damnés à l'heure de leur séparation éternelle d'avec les justes , après la prononciation de leur arrêt, il est, toutefois , vraisemblable que plusieurs de ces plaintes continueront , et même augmenteront dans l'horreur de Tenfer , oA ils se verront pris et enfermés pour jamais. Car ils n'effaceront jamais de leur mémoire l'idée de ce qui se sera paftsé d*horrible au jugement, et ils auront un ressouvenir perpétuel de leurs péchés , et dei Dieu , qu'ils ont offensé , pour en recevoir une désolation inconsolable , d'où naîtra le ver spirituel de la conscience , qui les piquera et les mordra sans trêve et sans relâche , d'où procéderont des cris pitoyables , et des plaintes lametHables, qui s'entendront , pendant toute l'éternité , dans tous les endroits de l'enfer.

Eh bien! idolâtres du monde et de vous-mêmes , aurezvous toujours la volonté d'être du nombre de ceux qui formèrent à jamais ces regrets inutiles? où est donc votre raison et votre jugement , vous qui remettez de jour en jour à vous repentir de vos folies et de vos fautes? Maintenant , ces regrets vous poerraient être utiles pour apaiser la colère du Dieu tout*puissant que vous ne craignez point , et alors il ne vous profiteront de rien. Comment donc, étant en état et en proche péril de tomber en ce désastre , pouvez^tous reposer tranquillement dans *v«tre lit? comment, faisant réflexion et repassant ces choses, des larmes abondantes ne vous tombent'^lles pas des yeux? Gommenl ne regrettez-vous pas les erreurs de votre vie passée? EkM ^ous ne roules pas vous retirer datts^ifneHiielilirde

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pour faire pénitence; au moins comment ne comme point à vous mortifier en quelque chose ? Ab ! Dieu vivifiez la Foi dans les hommes, hélas! elle y est comme i et éteinte.

DIX-SEPTIÈRffi MÉDITATION.

DES ENFANTS QUI SONT DÉCÉDÉS AVEC LB SEUL PÉCHÉ ORfCIKEL*

I. Considérez en quel état sont les âmes de ceux qui son! morts avec le seul péché originel. Et, premièrement, e& quel état elles sont avant le jugement, pour voir ensuite en quel état elles seront durant et après le jugement. En ce point, d(mt la connaissance n'est point du tout nécessaire aux hommes , et qui n'est pas éclairci par les Ecritures, les théologiens sont divisés d'opinion ; les uns ont estimé que ces âmes brûlaient dans le feu , quoique beaucoup moindre que celui des enfers. Telle a été Topinion de saint Fulgence, et du théologien Grégoire de Rimini , surnommé , pour ce sujet , le bourreau des enfants. D'autres ont cru qu'elles seraient bien dans le feu des enfers, comme sont les damnés, mais sans y brûler, ainsi qu'étaient les trois enfants dans la fournaise de Babylone , au milieu des flammes, sans ressentir aucune douleur, mais y chantant à Dieu des cantiques de louanges ; et tout ainsi que la main est autrement dans le feu que le fer, qui ne souffre rien, ainsi ces âmes ne souffriraient aucune peine dans ce feu. Et telle a été la pensée d'Alexandre de Ilalès , le maître des plus grands théologiens. Pelage s'est jeté dans une autre extrémité , et a cru que ces âmes étaient bienheureuses, quoique ce fût en un autre lieu que le ciel , ce qui est une hérésie. L'opinion la plus commune des théologiens , est que ces âmes sont jusqu'au jour du jugement dans un lieu souterrain , appelé le limbe des enfants , où elles ne souffrent aucune peine de leur état , mais s'entretiennent ensemble à la faç<m que les écrits se par-

DE LA nÉSURnECTIOIf GÉNÉRALE. 4^7

lent, des choàes de la nature; et, quoique ces âmes voienl qu'elles sont privées du royaume du ciel à cause du péché originel y elles ne s*en attristent pas, d'autant que ce n'est pas une faute qui leur ait été volontaire , mais seulement à leurs pre* miers parents. C'est pourquoi, comme un homme qui n'est pas du sang royal ne s'attriste pas de ce qu'il n'est pas roi, ainsi les enfants morts avec le seul péché originel , sachant qu'ils n'étaient pas héritiers de ce royaume , ne s'en affligent pas . C'est autre chose pour les damnés, ils connaîtront qu'ils sont privés de la gloire par le péché mortel , qu'ils ont commis volontairement; c'est pourquoi ils en auront des regrets indicibles, comme celui qui , par sa propre faute , serait ici exclu de quelque riche héritage. Saint Vincent Ferrier a été de cet avis, lorsque f décrivant la descente de l'âme de Jésus-Christ dans tous les quartiers et les régions des enfers , après avoir dit qu'ils ne s'attristent pas de n'être pas bienheureux , non plus que vous, dit-îl, qui n'avez pas d'ailes, ne vous affligez pas de ne pas voler comme un aigle , il représente ces âmes , qui saluent ainsi celle de Jésus-Christ entrant dans les limbes : Gloire à vous. Seigneur, qui êtes mort pour l'amour de l'homme, et l'âme de Jésus-Christ leur dft : Comment , vous , vous trouvez-vous? à quoi ils répondirent : Tout va bien, nous avons une grande science naturelle , beaucoup de grâce et de vertus , (quoiqu'ils n'aient pas la ' grâce sanctifiante), nous conférons l'un avec l'autre , et nous* nous aimons réciproquement. Jésus-Christ leur dit : Rendez actions de grâces à Dieu , qui vous a préservés du feu de l'enfer , et leur montrant le lieu des damnés : Louez le Seigneur, et reposez en paix. Mais , parce que saint Thomas a plus d'autorité dans ces matières douteuses, il vaut mieux, pour la consolation de ceux ou celles qui sont en peine de Tétat de ces enfants, que nous proposions ce qu'il en dit. Traitant donc de la peine du péché originel (i), il dit qu'en ceux qui naissent d'Adam , la souillure du péché originel appartient à la personne à cause de la souillure de la nature, d'où vient qu'aucune peine n'est due à la personne , sinon celle qui appartient à la condition de la nature, qui est laissée et abandonnée à elle-même , dépourvue des faveurs

(i)In 2. Sent, ad Hanibal. dUt. 94. art. 41.

438 U THtOLOaiS AFFECmn.

surnaturelles de la grftce. Or, à une telle nature , appailieÉi] privation de la vision de Dieu, où les facultés naturelles ne vent arriver, comme aussi la mort et les pénalités de cette vie, prennent source dans les principes de la nature. Hais, la pu.. .,, sensible dans une âme séparée, n'appartient pas à la coniita|^^, de la nature; d'où vient que les enfants décédant sansBapttai n'en sont point tourmentés , mais seulement ils sont pri^te k la vision de Dieu. Le saint Docteur ajoute : Quelques-uns disvt que CCS âmes sont obscurcies de ténèbres, et ne connaisaot pas le dommage qu'elles ont encouru par le péché ori{^*, mais cela ne semble pas véritable , vu que les autres damnés, qui sont enveloppés de ténèbres , connaissent ce dommage , et s'en désolent. En conséquence, il faut dire qu'elles le connaisseat, et ne s'en désolent pas , parce qu'il n'a jamais été en leur puis* sance de posséder le bien dont elles sont privées , ainsi qu'on paysan ne s'aillige pas de n'être pas roi , quoiqu'il en fût affligé s'il eût pu être roi. Saint Grégoire de Nazianze (1) , l'honneur de l'Eglise d'Orient , a été de ce même avis , disant que ces enfants ne sont ni récompensés ni punis par le juste juge , qu'en* core qu'ils n'aient pas été baptisés, ils n'ont commis aucune malice , et qu'ils ont plutôt soj^fTert que fait cette perte. C'est pourquoi il les estime exempts , même des plus légères peines du monde ; et la raison qu'il en apporte , c'est que le tourment du feu n'est que pour punir la propre volonté , qui , d'ellemême , s'est détournée de Dieu , et convertie à la créature. Car, dit saint Bernard , contre qui servira ce feu , si ce n'est contre la propre volonté? Ce^ enfants donc n'ayant pas eu l'usage de leur propre liberté , le feu n'a rien à faire contre eux, et il n'y a rien en eux où il puisse prendre. Enfin , le Sage nous avertit de bien penser de la douceur de Dieu : Attribuez à Dieti la bonté (Sag. 1). C'est-à-dire, n'estimez pas qu'il soit sévère, et un tyran cruel, qui ne considère rien; estimez plutôt qu'il est doux et clément , équitable à l'égard de tout le monde , même des plus pauvres , des plus petits et des plus délaissés. Et partant , il ne faut pas estimer qu'il veuille tourmenter des innocents , comme le pensent ceux dont nous combattons ici les opinions.

(1) Orat. 40.

DE LA flÉSURRECTIOr^ jGÉNÉRALE. 43|P

De cette considération, les pères et les mères tireront un sujet de consolation dans la perle de leurs petits enrants , (j^uaud il leur arrive de mourir avant la grftce du Baptême. Pour nous, appréhendons aussi , à Timitation de Téquité de Dieu , de maltraiter les innocents , et de faire souffrir à un autre la peine du péché , quand sa propre volonté n'y est pour rien. Nous y admirerons pareillement la bonté de Dieu , oui a préservé de l'enfer ces âmes à qui le Paradis ne pourra être donné , selon les lois ordinaires de sa Providence. Ainsi , un passereau li'est point oublié devant lui , et il n'enveloppe jamais dans la ruine étemelle des grands, les petits innocents.

II. Considérez que ces enfants ressusciteront avec les autres , et que leurs âmes se rejoindront à leurs corps , qui seront de la grandeur et de la disposition des corp§ de tréitte ans, comme les autres , et iU assisteront au ju{>ement universel. Saint Paul donne sujet â cette considération, disant : Comme tous meurent en Adam , aïnA tous seront vivifiés en Jésus- Christ jji. Cor. 15). Où^ comme il pe fait point d'exception de ceux oui contractent par Adam l'obligation de mourir, aussi il n excepte personne de ceux qui doivent ressusciter par Jésûs-Christ. C'est pourquoi, $ain( Augustin même, qui a regardé comme douteuse celte vérité , dit néanmoins que les âmes des enfants ne demeureront pas toujours séparées de leurs corps. Le même saint Paul , parlant du jugement , dit en termes généra u)^ : Nous serons tous debout devant le tribunal de Jésus ^Christ (Rom. lA), n'exceptant aucune personne de la comparution devant le trône de Jésus-Christ. Afin , dit-il autre part , qu'au nom de Jésus tout genou fléchisse au ciel ^ sur la terre et dans les enfers (Philip. 2). Ce que saint Jean déclare plus clairement dans son Apocalypse : Et fai vu les morts , grands et petits , paraissant devant le trône (Apoc. 20). C'est pourquoi saint Thomas a suivi celle opinion. En effet, étant ressuscites sur la terre, en un nombre presque infini, et ayant l'usage de la raisou et dé l'esprit , voyant d'ailleurs les magnificences du jugement , ils seront tous rassemblés , par le ministère des anges, en (quelque lieu séparé, en dehors dè$ justes, et des pécheurs criminels par leur propre faute , parce qu'ils ne seront du nombre ni des uns ni des autres. En ce lieu ils verront la /majesté du juge, et l'adoreront, y reconnais-

440 U THÉOLOGIE AFFECtlTB.

sant une grandeur suprême. Ils verront les assemblées des | justes et des impies , et auront connaissance des bonnes œaYres de ceux-là, et des mauvaises de ceux-ci. Hs entendront, de leurs propres oreilles , l'arrêt de bénédiction prononcé en faveur des bons, et l'arrêt de malédiction foudroyé sur la tète des méchants , qu'ils verront aussi s'abtmer dans le sein de la terre , pendant que les justes s'élèveront au ciel , et suivront Jésus-Christ, qui remontera glorieux après le jugement fini. Bien qu'ils n'aient point la Foi, il suffit qu'ils aient des yeux et de ^ l'entendement, pour connaître par expérience toutes ces choses, s qui se passeront manifestement en leur présence. Alors ils seront s remplis de joie , et s'estimeront heureux de ce qu'ils ne seront pas du nombre des impies. Ils remercieront leur Créateur , de ce qu'ils ont été enlevés de la vie avant qu'ils eussent l'usage de la raison et la malice pour l'ofiTenser et se damner, ainsi qu'il fût arrivé à la plupart d'entre eux , s'ils eussent vécu longuement dans un monde perverti, où les occasions du péché sont fréquentes et où il y a beaucoup plus de tentations que de victoires. C'est pourquoi ils ne murmureront pas contre Diej, tant s'en faut , ils croiront lui être beaucoup obligés de ce qu'ils échapperont au feu de l'enfer. Ils entendront aussi leur sentence, mais douce et favorable , par laquelle ils se verront privés des biens surnaturels de la "gloire , mais conservés dans les biens de la nature, qu'ils auront avec avantage, dont ils demeureront contents et satisfaits. C'est ce que dit le saint Docteur, que les petits enfants comparaîtront au jugement, afm qu'ils reçoivent là peiiie due au péché originel , qui est la privation de la gloire , ou le prix du Paradis pour le Sacrement de Jésus-Christ , c'est-à-dire le Baptême. Cette comparution servira à la gloire de Jésus-Christ, qui sera reconnu et adoré de tout le monde , et fera voir plus évidemment la grandeur du péché d'Adam , qui a ravi la grâce qui lui était promise , en cas qu'il fût fidèle , à lui et à tant de créatures humaines. Cela fera connaître aussi le péché de ceux ou de celles qui étouffent les enfants , ou les font avorter , ou les empoisonnent dans le sein de leur mère , ou qui empêchent méchamment , par quelque voie que ce soit, que le remède du péché originel ne leur soit appliqué ; car en les voyant ressuscites avec un bel extérieur , et une grande perfection naturelle , on verra le tort qu'on leur a

DE LÀ HÉSimRECTION GÉNÉllALE. 441

fidt en les empêchant de recevoir le Baptême, qui les eût tanctifiéSy et enrichis des biens de la gloire, dont ils demeureront privés.

Admirez ce spectacle du jugement dernier, rSen ne se représente de plus merveilleux sur les théâtres de la terre. Considérez mentalement, et par la méditation de votre esprit, ce qu'ils connaîtront sensiblement , et adorez Jésus-Christ avec eux. Remerciez-le de ce que vivant encore sur la terre , vous n'êtes pas du nombre des damnés. Abhorrez le détestable crime de ceux et de celles qui , par malice et avec réflexion , tuent les enfants , et les privent du Baptême. Hélas ! s'ils savaient en quel état ressusciteraient ces enfants , et le dommage qui leur est fait ? Dé« testez le péché d'impudicité, qui, pour se cacher, couvre la terre de meurtres. Procurez le Baptême des enfants, et assistez-y de bon cœur, en considération du plus grand bien qui leur en doit arriver.

III. Considérez que le jugement étant achevé , et Jésus- Christ s'étant retiré dans le ciel avec tous les élus , les enfants qui n'auront que le péché originel , demeureront sur la terre éternellement en quelque lieu que la providence de Dieu leur assignera», où ils le loueront comme auteur de la nature , n'ayant aucune peine positive dans leurs âmes ou dans leurs corps , qui seront immortels et invulnérables , mais une peine privative qui est l'exclusion de la béatitude surnaturelle tant de l'âme que du corps. Pour mieux entendre cette vérité, il faut supposer que le monde sera renouvelé et remis dans un état beaucoup plus parfait après le jugement : c'est pourquoi saint Jean dit : J'ai vu un del nouveau , et une terre nonyelle (Apec. 21). Aussi le monde présent est dans une disposition convenable aux générations et aux corruptions par lesquelles il subsiste ; c'est pourquoi n'y devant plus avoir de générations ou de corruptions , il ne sera plus nécessaire que le monde demeure dans l'état où il est présentement; au contraire, puisqu'il n'est créé que polir les élus, selon ce que dit saint Paul : Toutes choses sont vôtres y et vous , vous êtes à Jésui- Christ (i. Cor. d), comme les Saints seront alors au plus haut point de leur perfection , il sera très-convenable que le monde , qui n'est que pour eux , soit perfectionné à proportion de leur excellent état. C'est pourquoi le même saint Paul dit que toute

créature gémit maintenant, et qu'elle attend la (loifs it^m^^tvo^ fants de Dieu , c'est-à-dire des Saints, et qu'elle eti «WW' contre son gré à la vanité (Rom. 8) : c'est-à-dire, à difeisà*' gemenls : mais qu'enfin elle sortira de cet état, dans lequel eWei^ mit, pour en avoir un autre plus relevé : Parce que la créaivrt te» délivrée de la corruption et mise dans la liberté de la gloire des «[«Il de Dieu (Wom.i). En effet, les cieux seront éclatants de louttt^^, parts d'une plus grande lumière, et la lunûère de la lune^ ditlsû»} sera comme la lumière du soleil^ et la lumière du soleil iera ufi 1* plus grande {ha. 30). C'est-à-dire que toutes les planètes elte étoiles seront rendues plus brillantes, tellement qu'il n'y aura plu de nuit en ce monde : Ton soleil ne se couchera plus , dit le même Prophète, et ta lune ne diminuera plus (Isa. 60). Or, le inonde étant ainsi disposé , il est plus vraisemblable que Dieu placera les enfants sur la terre , afin qu'elle ne demeure pas toute diserte et inhabitée ; en effet , comme les justes seront au ciel , les pervers aux enferç, ceux-ci étant dans un état mixte , il est raisonnable de conclure qu'ils seront aussi dans un lien mitoyen. Il est vrai pourtapt que les théologiens n'en parlent point avec assurance , parce que Dieu nous a tenu ce point ^ous le secret. C'est pourquoi quelques-uns ont cru qu'ils demeureraient dans un lieu ténébreux proche de l'enfer des damnés , ce qui n'est aucunement recevable. D'autres ne déterminent rien , ne voulant pas s'avancer sans Jour et sans lumière en ce sujet. Quelques-uns estiment pieusement et probablement que ce monde terrestre leur servira de demeure : ce que nous estimons avec eux plutôt par opinion que par assurance et certitude de science. Ce qui est plus constant , c'est que dans le lieu où ils seront , ayant des corps immortels et impassibles, par la providence de Dieu, ils ne souffriront pas, et n'auront aucun besoin de boire ou àh manger; ils ne sentiront pas aussi les rébellions de la cbair, ni les mouvements de diverses passions et concupiscences. Comme le foyer du péché , dit le Docteur subtil ^ ne leur a causé aucun mouvement désordonné en celte vie , de même il ne leur en causera pas en l'autre : et ainsi ils ne connaîtront rien dont la privation les puisse attrister. Ils ne seront donc pas si^'ets aux passions de la haine et de la vengeance , et n'auront pas de guerre ni rien qui puisse les rendre misérables. Au contraire , Dieu les enrichira de plusieurs perfections naturelles ,

DE LA RÉSUjElRECTIOIf GÉIfÉRALE. 443

parce qu'il ^st convenable à sa divine bonté, que dans cette commune rénovation de tout le monde il assortisse d'une excellente manière des biens de la nature, son image qui n'a point péché contre lui par sa propre volonté. Car, s'il orne admirablement les cieux, la terre et les éléments insensibles, pourquoi pas les âmes de ces petits, qui surpassent de beaucoup tous les corps , et que le péché originel ne rend pas indignes des biens inférieurs de la nature? Ils ont aussi été créés pour connaître , aimer et louer Dieu , et n'ayant point mérité d'être privés des moyens naturels de glorifier Dieu, il est à estimer que Dieu, qui assortit tous les êtres des moyens d'atteindre à leur fm , ne manquera pas d'illuminer leur entendement d'une excellente connaissance , par laquelle ils connaîtront Dieu par les choses créées , et ensuite l'aimeront et le loueront pour sa grandeur, et pour tant d'œuvres admirables de sa toute-puissance , comme aussi sa justice et sa sagesse , pour les grandes choses qu'ils auront vues au jugement dernier, dont le ressouvenir les portera à honorer Jésus-Christ dont ils auront quelque connaissance. Toutes ces choses jointes ensemble feront qu'ils demeureront contents de leur condition. Par ce moyen tous les hommes, après la résurrection^ étant divisés en trois bandes , les petits enfants tiendront le milieu , ils ne seront ni au nombre des boucs ni au nombre des brebis , ils ne seront ni de )a droite ni de la gauche , mais ils formeront une bande à part qui servira à la plus grande gloire de Dieu , quoique ce soit dans une position inférieure. Ainsi s'accomplira ce que dit le Prophète : Le ciel du ciel au Seigneur^ mais il a donné la terre aux enfants des hommes (Ps. 113) (1).

Admirez ces œuvres de Dieu , la rénovation du monde, et le sort des enfants après la résurrection générale. 0 Dieu ! vos œuvres sont admirables, et mon âme le connaît grandement (Ps. 138). 0 Seigneur ! que de grands desseins vous projetez encore dans ce inonde ! j'y adore votre puissance, votre sagesse, votre miséricorde et votre justice. 0 noble Jésus ! réparateur du monde, vos amis sont grandement honorés^ et leur principauté est fortement établie » je les compterai et je les verrai plus nombreux que les

(1) Celtfi opinion cUiTauleuresl peu conforme ^ ce qui c«l géuéralemcut enseigné^et forroeilcnicnl contraire au sciilimenl de saint X\iQ\i&{m{1iibliog, Cath. 6« an. p. 41).

444 LA THÉOLOGIE AmcnVK.

graine deiMe (Ps. 138). 0 Trinité adorable t A difimté tout cet ordre est pour Totre gloire, et après la fin de ce Jésus ne régnera au ciel que pour Vous tout rapporter, et lâl concourir tous les chœurs des Saints à vous honorer à toojoun. 0 Roi de gloire immortel ! vivez toujours ainsi, et failes-i&M miséricorde, afin que j'entre dans votre royaume étemel.

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