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DE CE QUI EST LK PLUS ESSENTIEL AU SACREMENT DE LA SAINTE EUCHARISTIE

}. Considérei que l*Eiiohâristie est ub Sacrement 4e la nouvelle loi y eeQWitaiit dans les espèces du pain et du yîq , et dans le corps %\ le sang de Jeans-Christ réelleineiit centenu sou^ elles t pour donner à rftme sa nourriture sptritiiielle. Premièrenenti rSocbaristie est appelée un Sacn^ment de la nouvelle hû j pour noua deinner ^ entendre qu'elle est instituée par Jér sus-Christ, et qiiHl y a des signes sensibles qui sif^ifient la griee divine , et la oonfèrent à ceux qui la recevront avec la disposition requise , oar tout cela don^vient à tous les Sacremônts de la nouvelle loi» et par 4à même à rEucharistie. Or, nous ajoutoi|s ici expressément y iê la nouvelle hi^ pour nous donner ocQfision de considérer que ce Sacrement n*a pas été donné dans la loi de nature ni dans la loi de Hojfse ; le monde était alors incapable de posséder un mystère si grand et si auguste , il était en son enfance e1 en ses commencements ; Dieu a voulu attendre la plénitude des temps , et comme son âge viril et plus parfait , pour l'en rendre participant , le temps de la loi évangélique. Secondement , il est dit que ce Sacrement consiste dans les espèces du pain et du vin , et dans le corps et le sang de Jésus-Christ réellement contenus sous elles j pour nous représenter par ces paroles la matière dont ce Sacrement est composé , en tant qu'il est formé et complet; car le Sacrement de l'Eucharistie , considéré comme formé et complet , a pour matière les espèces du pain et du vin , c*est-à-dire les accidents et les apparences du ;*.v pain et du vin comme sont la blancheur, la rougeur, la saveur et autres accidents, lesquels dénotent la nourriture , la corroboration, et la sustentation intérieure de Tâme, par le moyen de la grftce ; il a encore pour matière le corps et le sang de

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J^uMSimt » ou bien Jisu»*Cbrist ipérae i qui est téritaUeiof»! el de fait préseot souft les espaces; et comme il ii*est venu av monde que pour faire grâce et miséricorde , sa présence est un^ marque très-grande de la grâce « et d'une abondance de biens spirituels > ainsi que la présence d'un roi qui n'a jamais fait que du bien partout où il a été , dénote des grâces et des faveurs â regard de ceux qu'il daigne visiter en persorme ; ce qui montre de prime-<abord combien ce Sacrement est auguste et vénérable par-dessus tous les autres , dont la forme ou les paroles font toute la force et toute la vigueur, au lieu que dans ce SdcremeQt toute la force vient principalement de Jésus-Christ même y Dieu et homme , de son véritable corps et de son sang précieux , qui sont le fond et la substance de rEucliaristie. Au reste, pour concevoir ce point très- sublime, il faut distinguer trois états dans ce Sacrement : le premier état est celui de sa formation, en tant qu'il est encore è naître ou à être ; le second état est de son accomplissement ou de sa perfection , on tant qu'il est partit et complet Sacrement; le troisième état est de son application , en tant qu'il est appliqué et donné aux personnes qui le reçoivent en communiant. Tous ces trois états sont grande ^t a4roirablea , et ce Sacrement est partout trèa^digne de U copt^mplation des plus grands esprits du monde. Qr, laissant â une autr^ fois le troisième état de ce Sacrement, en tant qu'il est dgnné ^t appliqué aux fidèles par la communion appelée sacramentelle, nous ne le considérerons maintenant (]ue dans les deux premiers états , en tant qu'il se forme , et eu tant qu'il est formé ; or, dans l'un et l'autre état, ce Sacrement a sa matière propre et S9 forme propre, car, en tant qu'il se forme encore et qu'il est encore à naître , il a pour matière le pain et le vin, commun et naturel, et pour forme ces paroles sacramentelles : Ceci est mon corps, et : (jCcï 6$t le calice de mou any^ etc. (Matih. :2G). Mais eu tant qu'il est formé ^t complet, en vertu de ces paroles sacramentelles prononcées par le prêtre et avec intention, et sur la matière du pain et du vin, alors il a pour matière et pour forme, le corps et le sai^g de Jésus-Christ, qui succédant au pain et au vin, en vertu des paroles de la consécration, demeurent et persistent réellemapt fous leurs apparences. Enfin, on ajoute dans la définition, ppyr dernier a l'âme sa nourriture spirituelle, par laquelle il fapt •nlendre avec la grâce sanotifi^ut^ l'amour de Die», I0 goAt 4^

60 LA niùMQUE AFraCTITB.

Dieo, et la douceur de la dévotion à son égard, qui sont les trais fruits naturels de ce Sacrement surnaturel, et qui nourrissent et sustentent Târoe spirituellement, parce que sans les actes d*amour et de dévotion actuelle, elle ressemble à un corps qui manque de nourriture, lequel desséche tous les jours, et ne Tait que languir et s*affaiblir de plus en plus.

Je concevrai de cette première considération une très-haute estime pour ce Sacrement, dans la composition et Taccomplissement duquel entre l'Homme-Dieu Jésus-Christ, pour lui servir d'essence, et être comme son âme vivifiante ; car les composés sont d'autant plus excellents que leur être est plus sublime et plus relevé, ainsi que les plantes sont plus excellentes que les pierres, parce que les plantes ont un être plus noble, et Thomme est le plus digne sujet de tous les êtres corporels, parce que son âme raisonnable, atteint à un plus haut degré de dignité. Uuelle doit donc être Texcellence de ce Sacrement, duquel la substance est si éminente? et si les substances excellentes produisent les plus sublimes effets, que ne faut-il pas attendre et espérer de ce Sacrement? Quelles choses grandes et merveilleuses n'en procéderont-elles pas ? 0 très-digne et très-divin Sacrement rempli de Jésus-Christ, et enrichi de sa présence! que ne puis-je, en vous méditant, vous connaître parfaitement, et toutes vos singularités admirables, afin qu'en vous connaissant, je vous estime et vous affectionne, je vous vénère et tous loue, et que je porte les hommes â vous rendre l'amour et le respect qui vous appartiennent.

IL Considérez que Jésus-Christ est rendu présent en ce Sacrement par la vertu des paroles sacramentelles proférées par le prêtre : Ceci est mon corps : Ced est le caltce de mon sang^ e/c, et qu'il s'y fait une transmutation, ou un changement du pain et du vin au corps et au sang de Jésus-Christ. L'Eglise a toujours vécu dans la croyance et la persuasion de cette vérité. Toujours, dit le r.oncile, l'on a été persuadé, dans l'Eglise de Dieu, et ce saint Concile le déclare derechef, que par la consécration du pain et du vin, il se fait une conversion de toute la substance du pain en la substance du corps de notre Seigneur Jésus-Christ, et de toute la substance du vin en la substance de son sang, laquelle conversion est appelée proprement et convenablement parla sainte Eglise catholique, Transsubstantiation. La raison de

DK» ftAGESMSNTS. (H

cette grande vérité est que les paroles de Jésus-Christ : Ceci eU mon corps, ne peuvent être véritables, si au même instant qu*il les proférait, la substance du pain ne passait et ne se changeait en celle de son corps. Or, elles étaient très-véritables comme étant prononcées par celui qui est la Vérité même, et qui ne peut errer aucunement ; par conséquent elles opéraient et faisaient secrètement, par une puissante vertu, ce qu'elles signifiaient. C'est pourquoi, comme celui qui tiendrait en sa mais de la poudre à canon , et aurait une parole si puissante que de lui pouvoir faire prendre feu en disant : Cela est du feu; par la prolation de ces paroles : Cela est du feu, il changerait la poudre en feu, et parlerait exactement, s'il disait en tenant et en montrant la poudre : Cela est du feu. Ainsi, devons-nous entendre , par cette comparaison familière , que la parole de Jésiis-Ghrist : Ceci est mm corps, était une parole efficace ; car, dit le Prophète, la voix du Seigneur e$t toute magnificence (Ps. 28) ; par la vertu de cette parole, la substance du pain qu'il tenait en ses mains, sera convertie en celle de son corps, ainsi que la poudre serait convertie en feu. Au reste, il est bien raisonnable d'attribuer cette force et cette puissance à la parole de Jésus- Christ, car sa parole est du plus haut degré, et il lui faut attribuer plus qu'à la parole de Thomme et d'une simple créature. Or, celle-ci signifie toujours quelque chose : afin donc que celle-là eût l'avantage, elle ne doit pas seulement signifier, mais aussi elle doit effectuer ce qu'elle signifie; c'est pourquoi en vertu des paroles de Jésus-(Ihrist prononcées par le prêtre dans la consécration du pain et du vin, il se fait un changement admirable de substance en substance, le pain y devient le corps de Jésus- Christ, et le vin son sang, et l'un et l'autre cessant d'être ce qu'ils étaient auparavant, montent à un être meilleur et beaucoup plus relevé, qui est l'être de Jésus-Christ même. Ceci ne nous doit pas sembler incroyable, car une créature change bien une autre créature en sa substance, comme la chair de l'homme change en sa chair propre le pain qu'elle mange; pourquoi donc la parole d'un Dieu tout-puissant, qui a tout créé par sa parole, ne pourrait-elle point changer le pain en son corps, et le vin en son sang ? Il a bien changé dès le commencement du monde le limon de la terre dans le corps du premier homme, Adam, et une des c^tes de cet homme en une femme qu'il forma par une

M LÀ TÏStOLOGIB AFFECTIVE.

métamorphose mystérieuse ; et aux noces de Gana , il opéra un prodige semblable , en changeant Teau en vm. Pourquoi ne pourraît-îl pas faire une chose semblable en ce grand Sacrement ? Certes, la nature est toute remplie d'effets pareils? Les abeilles font leur miel des fleurs, la poule, sans changer la coque de l'œuf , en change le jaune en une chair Tive. Pourquoi Jésus-ChrisT, par un moyen admirable, ne pourrait-îl pas transmuer la substance intérieure' du pain en son corps, sans en entamer les accidents extérieurs? Si la nature fait ces choses à tous moments, que ne pourra faire l'auteur de la nature ? qui l'osera refuser à Dieu, et à sa parole toute-puis* sanle? mais que n'^a pas fait Moïse, aidé de l'assistance divine? jetant sa baguette sur la terre il la change en dragon, et le prenant par la queue, il revient à sa première nature. Il change les eaux des fleuves en sang, et le sang en eau, et fait plusieurs autres changements admirables. Cejiendant Moïse n'est que le serviteur, quelle sera donc la puissance du Mattre, s*il pro* nonce des paroles expresses pour changer une substance en une autre, comme il l'a fait dans la sainte Eucharistie ? Il frra^ dit le Sage, te qu^il voudra^ su parole est pleine de pumancey et personne ne lui peut dire : Pourquoi faites vous ainsi (Eccle. 8) t Enfln , représentons-nous la réproduction d'un corps en un lieu où il n'est pas : qui peut nier que Dieu n'ait ce pouvoir? Si je n'étais pas en France, personne ne doute qu'il ne pût me produire en Asie et en tel lieu qu'il lui plâtrait. Or, la présence de ma personne en France n'empêche pas la toute-puissance de Dieu, qu'il ne me reproduise s'il lui plaît autre part, pas plus que ma présence en un temps ne peut empêcher de me produire en un autre temps, car le lieu n'est pas plus pour lui un obstacle que le temps. Qui peut donc empêcher que le corps de Jésus-Christ aujourd'hui dans le ciel, ne soit reproduit sur les autels, et en tels lieux de la terre et du monde qu'il Voudra ?

Oli ! bénie soit infiniment la toute-puissance et la bonté de Eieu, qui change ainsi la substance du pain en celle de Jésus- Clirist pour mon amour, afin que, prenant les espèces du pain, je le prenne en moi, et le reçoive lui-môme. 0 Seigneur I en reconnaissance de ce grand changement^ je désire aussi faire un changement p«ur votre amour » un changemittt da md-

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même et de mon aneiefine yie en une ne pins céleste et plnè spirituelle; je désire changer tout ce qui est en moi du rieil Adam gâté et corrompu, dans tes saintes mœurs et les atrtions du nouvel Adam. Ce changement ne touche que les accidents seulement ; mais si, pour mon amour, vous changez une suIh stance basse et très-commune, en une substance la plus rare, la plus précieuse et la plus divine du monde, refuserai-je, peur votre amour, de changer mes accidents mauvais et pervers en d'autres plus louables et plus samts ? J'entrerai aussi en confiince, à b vue de cette transsubstantiation, que de très-^bas et de très-vil que je suis maintenant, je pourrai être changé en un état qui se rapproche de Tétat merveilleux de Jésus-Christ. Aussi, saint Paul dit : Il formera ntftre corps mr le modèle de son corps glùrieux {?h\\. 3). Car s*il fait ce changement d'une façon beaucoup plus haute dans le pain, pour l'amour de rhomme , l'homme n*a4-il pas grand sujet d'attendre d'être élevé, et de monter à un rang pins honorable et plus glorieux, où il soit divinisé et changé en Jésus-Christ par l'imitation et It ressemblance de sa gloire très-parfaite? 0 heureuse et mille fois désirable conversion f ConverHisez-^maj Smgntur^ et détoume% de vous voire colère (Ps. 84).

m. Considérez qu'en cette conversion il ne demeure rien de la substance du pain et du vin, elle cède entièrement au corps et au sang de Jésus-Christ, et il n'y a que les seuls accidents ou espèces qui denoeurent : savoir la blancheur, la rougeur et la saveur, sous lesquelles Jésus-Christ est présent tout entier et tel qu'il est dans le ciel, pour être le pain vivant et vivifiant de nos âmes, et il porte et soutient par sa vertu ces accidents destitués de leur propre substance et de leur soutien naturel. Cette vérité se doit conclure de la précédente, où il a été considéré qu'il y avait une transmutation de substance en une autre ; car partout où il y a une telle transmutation, la substance transmuée cesse d'être ce qu'elle Hait auparavant, et partant la substance du pain cesse d'être^ à la présence du corps de Jî^sus-lhrist dans lequel elle se change. Elle serait inutile, en effet, et ne serait propre k aucun usage spirituel ; car ses accidents qui restent sont insuffisants pour signifier Ti^et du Sacrement, et Jésus-Christ qui y est présent, est capable, par sa vertu im"* mense^ de les soutenir et de le faire agirtens leur substance,

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Cor f'eil lui , dit saint Paul, fut ioutient touta rham par ta parole tonte^pumonte (Héb. 1). Et comme dans Tlncarnation , dont ce mystère est une imitation , le Verbe divin soutient en soi-même l'humanité dépouillée de son suppôt et de son sou* tien naturel , qui est la personnalité ; ainsi y dans ce mystère » Jésus-Christ soutient par soi-même les accidents qui sont privés de leur substance , dans laquelle ils résidaient avec una union et une attache très-intime , et laquelle n'est plus , ayant cédé la place à l'arrivée du Fils de Dieu , car les moindres ce* dent avec raison à ceux qui sont notablement plus grands et plus illustres. Quoi qu'il en soit des hommes qui contestent souvent sur la préséance , c'est le droit du Créateur souverain , que toute créature lui cède et s'anéantisse autant qu'il lui est possible > en sa présence. Dieu apparut au commencement du monde au paradis terrestre, et Adam u cacha ^ dit le texte sacré, cAnn que sa femme à la présence du Seigneur, L'arche d'alliance fut portée au temple de Dagon, et son idole tomba par terre à sa présence. Jésus-Christ dit aux soldats qui étaient venus le garrotter après son agonie au jardin des Oliviers : C'est moi , et aussitôt ils tombèrent à la renverse , et ne purent subsister. Ainsi en est-il de la substance du pain en cet auguste Sacrement : sitôt que Jésus-Christ paraît , elle fait honneur à son Créateur , et lui cède la place , comme si elle avait le senti* ment de sa bassesse et de sa vilité, et qu'elle ne se réputât pas digne de demeurer avec lui. Toutefois elle ne perd pas à cette soumission, Dieu qui exalte les humbles sait bien la relever; car outre que ses accidents sont conservés en leur entier, il l'élève extrêmement , et de l'élévation la plus parfaite qui puisse être , car il la fait devenir son propre corps , il la change en soimême, et la fait ainsi monter au plus haut point de grandeur qui se puisse imaginer.

Je formerai des actes de Foi sur cette considération. Je le crois , ô Jésus I après les paroles sacramentelles , la substance du pain n'est plus, ni la substance du vin; c'est votre corps sacré et votre sang très-précieux qui a été répandu pour nous, et que vous avez repris dans la résurrection. 0 Jésus I que ce mystère est «convenable à votre grandeur, où les substances matérielles du pain et du vin vous font hommage, cessant d'être en votre présence et vous cédant la place, si bien qu'en

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ligueur on les pourrait dire vraiment anéanties, si vous ne succédiez à leur anéantissement. Oh! je me réjouis que les choses inanimées honorent votre pouvoir , je m'écrierai comme ceux qai vous virent faire la loi aux tempêtes : Qui est celui-ci, à qui la mer et les vmts obéissent (Hatth. 8) ? Qui étes-vous donc, ô Jésus! pain vivant et descendu du ciel , que le pain matériel se rend si souple à votre présence ? Oh ! si les créatures raisonnables et intelligentes , à l'imitation de ces substances inanimées , rentraient dans leur néant , et s'humiliaient profondément à votre vue et à votre sainte présence I 0 Seignseur ! je veux cesser d'être ce que j'ai été jusqu'à présent, je ne veux plus de moi en moi, afin que vous y soyiei tout seul , et si je suis , que je ne sois plus qu'en vous. 0 Tadmirable conversion de la droite du Très-Haut I il ne s'en peut imaginer une meilleure , et l'âme du chrétien ne peut espérer en ce monde une bonté plus parfaite et plus consommée , que ^'1 de se réduire au néant pour tout céder à Jésus , et n'être rien ^ qu'en lui , renonçant à toute propriété. 0 Seigneur! par toutes ^: les merveilles de cet auguste Sacrement, donnei-moi la grâce ** de m'anéantir de la sorte devant votre suprême Majesté , et f I V^^ J6 puisse dire à l'imitation de votre grand Apôtre : Je vi$, ^1 non pas mai, mais Jésus-Christ qui vit en mai (Gai. 2). Ou bien , comme disait David : Et ma substance est comme un néant devant vous (Ps. 38). Enfin, comme les accidents du pain et du vin ne laissent pas d'être et d'opérer sans leur appui naturel , parce que vous les soutenez par votre vertu, ainsi, faites, Seigneur, que privé du support des créatures , et n'y ayant plus aucune attache, je vive et j'opère par votre assistance , n'ayant aucune attache qu'à vous seul , qui donnez la force et la vertu i toutes choses.

LA rataLdêS AFPMTIVE.

JîÇVVlÈM^ MÉDITATION.

1^ Ooi^ùâires divers piotifa pour lesquels Diei^ a veuhi que Jli^ukC^ritt fàl présent ea cet ederaûe Sacrement , et pre- HttèreineBi eeli^ 4^ sa f Udre , qi|i eM l» fi» de toutes ses œuvrei|. Car oette présence lui precuve de la gloire en deux ma- BièMp prineipales. La pvemîère, en ce que sa gloire paraH dans k nanifMlalieft de sef atteikuts et de ses perfections, et ici il fiût paraître ditfaatage se puissanoe, sa sagesse et sa bonté. Sa piôasanc^ paiitt par la muUitiide des miracles qui se font ici, peur rendre sea Fils présent sous les espèces du pain et du vin ; ear 1% «niMlance d« pain est changée par la vertu des paroles em celle du eerps de Jésus-Christ, et celle du vin en celle de som sang. Les accidents du pain et du vhi demeurent sans leurs substances, ainsi que des nues dans Tair sans appui. Jésus-Cbrtst leut entier et selon toute sa grandeur, est contenu en une petite heatie, et une petite lîqneMtf ; il est tout à la fois en des lieux î^metthreUes, Le prêtre^ par les paroles sacramentelles, opère eee pi«r¥^l|M. Toutes ces choses grandes et étonnantes, et qui eontiBueront jnsqu'à la fin de^ siècles, sont les effets de la toutepuiesance divine, qui pavait ieî autant qu'en aucun de ses ouvrages. Sa sagesse ne parait pas moins en ce qu'il a trouvé un tel moyen de se communiquer à l'homme, et de déjouer les ruses de Satan, car comme l'homme a été perdu par un aliment, ainsi il est ici réparé par un autre aliment. Comme l'homme contracte le péché originel et les malheurs infinis qui y sont annexés par la participation à la chair d'Adam, chair pécheresse et damnable, qui appesantit l'âme et la courbe vers la terre par des affections terrestres; ainsi il acquiert la grâce et la sainteté par la participation à la chair de Jésus-Christ, chair virginale et immaculéoi chair rédemptrice et salutaire, qui élève l'âme au

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ciel par dés affûtions tontes célestes. Mais sa bonté ne paraît pas moine en ce qn*il fait tant de miracles qui interviennent en ce Sacrement, potir s'unir ati cœur de Tbomme, et se commnmqner à lui plcrs intimement. En ce qu'il met encore ici son nis en état d'humiliation, l'exposant sur les autels à la discré*^ tion des hommes, dont plusieurs traitent indignement : si bien que si l'amour parait à beaucoup entreprendre, à beaucoup donner, à beaucoup hasarder pour la personne aimée, ici Dieu fait paraître sa bonté dans la multitude des miracles qu'il fait pour le salut de l'homme, ainsi qu'autrefois il la 6î paraître aux enftmts dlsraêl, faisant tant d'œuvres prodigieuses pour leur délivrance de l'Egypte; il la fait paraître dans cette largesse immense par laquelle il donne son Fils, après qu'il est exalté à sa droite; et il le donne, non en général, mais en particulier, à quiconque le désire, sans exclure personne, et le donne aussi entièrement pour chacun, considéré à part, que s'il n'avait que loi à qui il voulût se donner; il la fait encore paraître en s'exposant à toutes sortes d'irrévérences et d'ignominies de la pari des pécheurs et des impies , comme il arrive souvent. Telle*' ment qu'il faut être plus qu'aveugle pour ne pas reconnaître son hnmense charité et sa bonté infinie. La gloire de Dieu paraît encore davantage en ce Sacrement, en ce qu'il y est adoré, ivmercié, aimé et servi par son Fils Jésus-Christ dans tous les endroits du monde où se célèbre ce mystère. Toutes les adorations et les services des autres créatures ne rendent pas de gloire à Dieu au prix de la gloire qu'il reçoit ici de son Fils, qui partout lui rend un honneur infini. Et comme un roi est beaucoup plus honoré par les hommages que lui rend un prince de haute condition, que de ceux d'une menue populace, quoique très-nombreuse ; ainsi, les adorations que Jésus-Christ rend à Dieu» le glorifient plus que celles de tous les hommes et de tous les anges, parce que c'est une personne infinie, c'est un Dieu qui adore un Dieu, qui ne peut être assez .dignement adoré que par un Dieu; c'est pourquoi Dieu se voyant dignement honoré dans ce mystère, dit par son Prophète : Mon ntm est §rmâ parmi les Gentih, parée que partout me obhtion sans tache est offkrte à mon nom (Malach. I). G'est-â(î-(fire, comme Pexpliqrrent les P§re» de l*Bglî8e, l'Agneau immaculé qui ôte lé pédné du nioinfo, iB est sacriiiv.

08 LA THEOLOGIE AFFSCTiVË.

Admirez en ce premier motif le dessein de Dieu, et réjouissez-vous de la gloire qu'il reçoit en ce mystère sacré. 0 Dieu infinij il vous appartient de paraître grand en puissance, merveilleux en sagesse, et ravissant en votre bonté. 0 Dieu trèssublime I il est bien raisonnable que vous soyez servi par des êtres plus grands que des hommes chétifs et rampants sur la terre; car ils sont encore moins pour vous que des fourmis comparées à l'homme ; c'est pourquoi, si un homme ne s'estimait pas assez honoré, quand toutes les fourmis du monde s'humilieraient devant lui, bien moins serez-vous assez glorifié de ce que les Sommes de la terre vous pourront rendre d'honneur. 0 noble Jésus I ô adorateur infini I il n'y a que vous seul qui pouvez dignement aimer et adorer le Dieu infiniment aimable et adorable. Je me réjouis donc de ce que pour la gloire de Dieu vous vous êtes renfermé dans ce mystère, pour l'adorer et l'aimer dans tous les lieux du monde.

II. Considérez que Jésus-Christ est encore présent en ce Sacrement admirable pour la plus grande exaltation de son humanité sacrée ; car quoiqu'elle y soit en état d'humiliation, sous quelques rapports, toutefois cette humiliation est compensée par tant de grandeurs et de merveilles qui se trouvent dans ce Sacrement, qu'elle y reçoit beaucoup plus d'avantages que de pertes et d'abaissements, et par ce mystère, Dieu, dont les secrets sont admirables, lui donne beaucoup plus de biens sur la terre, qu'elle n'a souffert de maux pour le salut du monde. Premièrement elle est rendue présente tout à la fois en des millions de lieux, privilège tout particulier qui ne convient à aucune créature ; car la créature est seulement en un lieu, et hors de ce lieu elle n'est rien, et elle ne vit pas. Hais l'humanité de Jésus-Christ, par le moyen de ce mystère, est tellement en un lieu, qu'elle est aussi et vit véritablement en un million d'autres lieux. En quoi elle approche quelque peu de l'immensité de Dieu, qui est partout à la fois et dans tous les lieux du monde ; et cette humanité n'ayant pas l'immensité et la toute présence, possède la pluralité de présence, et est en divers lieux, en divers royaumes et en divers quartiers de l'univers, où elle est la même dans son être, daim sa substance et ses puissances, dans ses qualités, dans sa vie et dans ses opérations intérieures, en quoi elle est autant favorisée de Dieu que si elle recevait de lui

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diverses fois Tétre et la vie. Or, comme la vie de cette humanité sainte est une vie bienheureuse, toute contente et toute rassasiée de plaisirs par la vision béatifique et la félicité dont elle jouit, à mesure que cette humanité est rendue présente en un nouveau lieu, sa vie bienheureuse y est produite avec elle, et ses contentements inénarrables, d'où vient qu'elle est autant de fois heureuse, que sa présence est multipliée de fois par la diversité des consécrations que font les prêtres, qui ont le pouvoir de changer en sa substance celle du pain et du vin. Ce point est grand, et contient une singularité admirable du bonheur de cette sainte humanité, du bonheur des prêtres et de ceux qui leur font offrir le sacrifice. Pour le concevoir davantage, il faut se représenter ce qu'enseignent les théologiens, de ce qui fût arrive, posé le cas que quelqu'un des Apôtres eût consacré les trois jours de la mort de Jésus-Christ, et quand son âme était séparée de son corps. Ils disent que le corps eût été sous les espèces du pain sans âme et sans sang, parce que le corps en ce temps était sans âme et sans sang, gisant au tombeau. Et qui leur demanderait ce qui fût arrivé, si quelqu'un eût consacré pendant que Jésus-Christ était dans l'agonie ou dans les douleurs de la croix, ils répondraient que Jésus-Christ eût été sous les espèces plein de douleur et d'amertume, comme il était véritablement durant ce temps. Disons donc que la consécration se faisant lorsque Jésus-Christ est plein de vie, et de vie bienheureuse, il est présent en divers lieux du monde avec ses joies et ses contentements, et que ce mystère multiplie d'une manière admirable la félicité très-parfaite dont il ne se prive pas pour être présent dans l'Eucharistie, vu même qu'il ne s'en est pas privé sur l'autel de la croix. Aussi, il n'y a pas de raison pour que sa douleur le doive accompagner dans l'Eucharistie, plutôt que sa joie et son plaisir. L'on pourrait ajouter le contentement singulier qu'a cette humanité d'adorer Dieu en divers lieux du inonde, et la gloire qu'elle reçoit d'y être chérie et vénérée des hommes fidèles. Mais il nous suffit de nous arrêter à la multiplication de sa béatitude, pour reconnaître son bonheur non pareil, et son avantage très-admirable, pour lequel elle a raison de dire par la bouche du Sage : Et mei délices sont d'être avec Us enfanté des hommes (Prov. 8).

0 humanité sacrée ! je me réjouis du bonheur que vous Vf'ce^

70 LA THeOLOOUfi ÀFFIGTIVB.

Tel w ce Sacrement» et de ce que to9 ceoeolatioM y fxcMent f t surpassent tout ce qui parait à nos yeux de vil et de contemptible. Oh! je vous révère, je vou» airne et je voua honore en cette vie bienheureuse que vous y recevez tant de fois; vous êtes en cet état un abîme de délices, un monde de félicités, un excès d'éminences et de raretés ; vous êtes véritablement le chef-d'œuvre de Dieu, où il épuise hors de soi*mèffle A puissance et sa bonté à vous combler de biens et d'excellences inouies. Oh I vives; toujours heureuse en ce Sacrement admirable. Oh ! puisque par votre grâce je suis élevé au pouvoir du sacerdoce, quoique très-indigne de cette faveur, je veux cou-* 9acrer pour cette intention , et en esprit d'amour de bienveillance envers vous, afin qu'étant rendue présente de nouveau sur les autels , vous ayez entre mes mains et par mon ministère votre vie bienheureuse et ses contentements trèsdivins. Oh 1 quelle confiance dois-je avoir dans une vie bienheu-* reuse, puisque tant de fois j'ai contribué à la sainte consécration par laquelle Jésus a été vivant de sa vie très-heureuse, en plusieurs lieux où il n'était pas auparavant. 0 chrétiens 1 faisons en sorte que ce Sacrement soit fréquenté davantage, afin que Jésus jouisse de sa vie et de ses délices en plusieura contrées de l'univers. 0 malheureux ceux qui s'y opposent et s'efforcent de le détruire i

III. Considérez que Dieu a encore voulu la présence réelle du corps sacré de Jésus-Christ dans ce Sacrement pour l'utilité des hommes et pour leur plus grand honneur ; car en premier lieu , il rend les hommes participants de son être divin , et il fait une intime alliance avec eux; c'est pourquoi ce Sacrement est une extension de l'Incarnation , car n'ayant , dans l'Incarnation , eomuniqué sa substance qu'à une seule humanité , ici il commu-* nique cette humanité à tous les fidèles , et comme l'humanité à laquelle il se communiquait était soutenue dans le Verbe , ainsi les fidèles sont soutenus dans ce Sacrement , selon ce que dit le Prophète : Et le pain conforte le eœur de l'homme (Ps. 103). En second lieu , Jésus-Christ supplée ici le bien qu'il a différé de nous donner dans la rédemption , car en mourant pour notre salut, et pour racheter de la mort nos âmes et nos corps, néanmoins pour le temps présent , il nous donne seulement une âme justifiée et vivante de la vie de 1^ grâce , et exemple de la mort

MS SAGMUaSlITS» Ti

du péché. Pour ce qui est du corps , il le laisse m sa misère et en sa mortalité jusqu'à la résurrection générale i où il se ressea^ tira du bienfait de la rédemption y par un état i^oneus qui lui sera alors donné ; c'est pourquoi Jésus-Christ nous donne seule* ment une âme maintenant , et ne nous donne pas de corps i maie il nous donne le sien en attendanti Troisièmement , son eorpa eet ici présent, pour obliger puissamo^eat tous les fidileo à une grande révérence , à la modestie et à la dévotiop dans toute leur conduite y sachant qu'ils sont en la présence du Fils de DieB» 4^ est à la droite de Dieu et qui est adoré des anges. Le peuple d'Is-* raêl qui était devenu insolent pendant que Moïse était sur 1a montagne > se remit à son devoir sitôt qu'il parut devant euit k son retour, ainsi que les disciples s'apaiseqt à la présence de leur maître , et une troupe séditieuse » à la vue de quelque per* sonne de respect et d'auteriié* C'était l'artifice du père de Aemille y qui pour remettre les vignerons i qui (avaient maltraité leS serviteurs, au devoir de l'obéissanoe « leuY envoja Nft filt^ croyant qu'ils seraient touchés de respect. pour sa personne ^tfl réaffecteront mon fih (Matth* 81)« Ainaî^ Pieu le Pèfe a estimé qu'en rendant son Fils présent en ce mystère 9 les ehrétîens loi rendraient 1^ honneurs que niérite sa grandeur : Jk retp^êroné mon Fils* En effet ) la plus grande dévotion de VKgUie est pour U sainte Eucharistie ; c'est pour elle qu'il y a des temples ai magai* fiques , des autels et des tabernacles si riches , des offices si lolennels , des prêtres si purs et si saints f des pénitences et des conversions en si grand nombre* Le Docteur subtil a compris ce motif de la présence réelle de Jésus-Christ dans le Saint-^acre^ ment , lorsqu'il écrivit ces paroles très-remarquables : Toute la dévotion de TEglise a pour objet ce Sacrement. Pour lui, le prêtre récite l'ofiice divin avec plus de dévotion afin de célébrer la sainte messe avec plus de piété. Pour lui f le peuple assiste plus révéremment à la messe qu'à tout autre office ; pour lui , chacun confesse ses péchés plus exactement, suivant l'ordon^ nançe de l'Eglise. De plus, la présence de Jésus-Christ anime téus les chrétiens à mieux combattre dans la guerre spirituelle de eett» vie contre les ennemis de notre salut* Ain^i le présence d'un roi dans une armée est un puissant aiguillon qui eicite les soldats à se comporter généreusement* Gennanicua en eembattant tevait SCO casque pour se faire voir è ses soMata< Las rois df 9mm

1% LA THÉOLOGIE AJ^FECTIVE.

combattaient la tète nue. Les Macédoniens vaincus par lears ennemis y remirent lear armée sur pied , et combattirent une seconde fois, en faisant apporter dans leur armée leur roi Europus, qui était enfant , dans les langes , et s'animant par sa présence, ils remportèrent la victoire. Les Juifs ayant autrefois un ange à cheval sous la figure d*un capitaine , avec un habit blanc et des armes dorées , ne trouvèrent plus rien de difficile à surmonter. Combien plus la présence de Jésus-Christ , qui épouvante l'enfer, doit-elle animer les chrétiens à surmonter généreusement tous les obstacles à leur salut? Enfin cette même présence donne le repos à nos âmes , qui étant créées pour Dieu , ne se rassasient que de Dieu , et fortifie Tespérance que nous avons de la gloire; car nous avens d'autant plus raison d'attendre de vivre avec les anges , et de contempler avec eux l'essence divine , que maintenant nous vivons avec Jésus-Christ , et de Jésus-Christ même. Celui qui se donne à manger, refuserait-il de se laisser voir et regarder? Toutes ces choses bien pesées , font que ce Sacrement doit être appelé le plus grand des Sacrements , non-seulement pour ce qui y est contenu , mais aussi parce que le Sacrement étant un signe de la grâce et de l'amour de Dieu ,> nous avons ici un plus grand et plus illustre témoignage de la bonne grâce et de la bienveillance de Jésus-Christ , qu'en tous les autres Sacrements.

Reconnaissons donc, à tous les moments de notre vie, la grandeur du don de Dieu dans la sainte Eucharistie , laquelle nous^ rend si glorieux et si honorables , et nous apporte tant de biens. 0 Seigneur ! que je ne demeure pas insensible et ingrat à un si grand témoignage de votre amour ! Père élemel , que je vous adore et que je vous loue en toute éternité , parce que vous nous donnez votre Fils tant et tant de fois , et pour nous causer tant de biens par ce Sacrement d'amour ! Car, quand je considère le prêtre tenant l'hostie entre ses mains , je me représente , 6 Père très-miséricordieux ! que vous étendez votre main du Paradis , et que vous me présentez votre Fils ; et quand je le vois élevant le calice , je me représente , ô très-aimable Sauveur! que vous me présentez votre côté ouvert, me conviant à. me rassasier de votre sang précieux. Quoi donc, ô Jésus! n'était-ce pas assez de vous être donné et employé l'espace de trente-quatre ans en votre vie souffrante , pour aider des créa-

tares mortelles et rampantes sur la terre? ne semblait41 pas qu'après cet excès > tous deviez demeurer dans l'état de TOtre gloire , sans plus Touloir regarder le monde , où vous avez reçu des traitements si indignes? Et cependai^t , ô excès d'amour! pour le continuer y vous renfermez et vous cachez autant toute Yotre grandeur dans la petitesse des accidents du pain et du Tin , qu'elle est immense et éclatante dans le ciel. 0 Seigneur très-bon ! mon esprit s'élève à vous dans la vue de ce grand témoignage d'amour , et de ce grand àon que vous faites de vous-même , pour lequel je veux être tout à vous ! Puissent toutes les âmes raisonnables s'appliquer à vous aimer et à Yous contempler , à vous rendre des actions de grâces , à s'unir et à se donner à vous en ce mystère , renonçant pour ce sujet à tout leur amour-propre , pour vous y servir et adorer purement !

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