DE LA BONTE, DE LA MALICE ET DE L INDIFFERENCE DES ACTES HUMAINS
I. Considérez qu'il y a certains actes humains qui ont de la bonté , laquelle est ou naturelle, ou surnaturelle. Ce point est difficile à comprendre, parce que la bonté surnaturelle par laquelle l'acte humain est rendu capable de la vie éternelle, est élevée au-dessus de la portée naturelle de l'homme , ayant pour objet ou motif quelque chose de sublime, qui ne se connaît que par la révélation et la foi, et pour principe la grâce de Jésus^-Christ ; car ces deux choses jointes ensemble font la vraie et la propre
iSO LA THÉOLOGIE AFFECTIVE.
surnaluralilé de Tacle humain, et le font passer de rhumain, du civil, du politique et du mondain au céleste et au surnaturel, le rendant propre à servir au salut éternel et à y avancer Thomme directement. Au lieu que la bonté seulement morale ou naturelle ne requiert autre chose , sinon que Tacte humain soit produit avec liberté, et se porte à un objet que la sagesse et la raison naturelle approuve, et par un motif d'honnêteté qui n'ait rien que de louable selon les principes de la philosophie naturelle, comme serait de secourir un pauvre pour soulager sa misère, ou de combattre pour la patrie par devoir. Aussi ces actes doués de la bonté morale, sont communs à toutes sortes d'hommes, fidèles ou infidèles. Les Juifs , les païens , les hérétiques et les ^ philosophes ont assez réussi en plusieurs actions morales , et leurs exemples peuvent confondre plusieurs, chrétiens qui, loin d'avoir la bonté surnaturelle dans leurs actions, sans laquelle toute action devient stérile pour le salut, font tant d'actions dépourvues même de bonté morale. Mais il n'y a que l'acte surnaturel qui mérite la vie bienheureuse. Et. quoique souvent les actes naturels, revêtus de la seule bonté morale, et les actes surnaturels paraissent tout semblables comme deux gouttes de lait ou deux gouttes d'eau, toutefois, au jugement de Dieu, l'un est sans estime et sans valeur pour le Paradis, et l'autre est agréé et accepté de Dieu, et attribué à l'homme pour lui donner en cette vie présente la grâce sanctifiante, et en l'autre la gloire. Grand secret, à la [vérité , qui met une si grande différence entre les actions des hommes ! La Théologie traite au long de la sumaturalité des actions, et en développe les plus grandes difficultés ; aussi nous nous abstiendrons maintenant d'approfondir davantage cette question, d'autant mieux que, dans la suite de ces Méditations, on y pourra apporter quelque plus grande lumière. Cependant parce que l'acte 'surnaturel est ainsi relevé par Dieu en faveur de Jésus-Christ et. du mérite de sa croix, par lequel Dieu agrée les hommes et leurs bonnes œuvres, selon ces paroles de saint Paul : Qui vous a gratifié en son Fils hien-^imé , c'est une pieuse pensée de savoir si l'action est faite selon Dieu, en Dieu, avec Dieu, après un Dieu, devant Dieu, près de Dieu et pour Dieu. Premièrement , l'on appelle une action faite selon Dieu, lorsqu'elle est conforme à ses lois ou à ses conseils. Secondement, en Dieu, quand, en la faisant, on est en bon état ; car, dit le bien-
DBS ACTES nUMAIIfS. i2i
aimé disciple : Qui demeure dan9 la eharitéy demeure en Dieu^ d Dieu demetire en lui (i. Jean, 4). Troisièmement avec Dieu, lorsqu'on la fait par le mouvement de la grâce excitante, laquelle relève le lustre des bonnes oeuvres. Quatrièmement, après un Dieu, lorsqu'on se propose d'imiter Jésus-Christ, qui nous en a donné l'exemple , afin que nous puissions marcher après lui, et que nous fissions nos œuvres avec le même esprit qu'il formait les siennes. Cinquièmement , devant Dieu, lorsque l'on agit dans la pensée de la présence de Dieu, qui est partout et qui voit tout. Sixièmement, près de Dieu, lorsqu'on fait quelque œuvre, comme si c'était la dernière de cette espèce que l'on dût faire en sa vie, qui est une chose fort recommandée, et qui sert beaucoup à la faire plus accomplie ; car qui peut douter que l'on ne se confessât beaucoup miemr, et que l'on ne communiât plus saintement, si l'on devait mourir incontinent après, et que l'on en eût la connaissance ? Or, cela s'appelle une action faile près de Dieu , parce ' que les hommes sont d'autant plus près de Dieu, qu'ils sont plus proches de la mort. Septièmement, enfin l'on appelle une action faite pour Dieu, lorsqu'on la dirige par une pure intention de la faire pour sa gloire et pour lui plaire. Ainsi quelques actes humains tirent leur bonté de leur objet, des circonstances et de ia manière dont ils sont faits. Il est vrai que l'Ecriture sainte dit quelquefois que personne ne fait le bien y et que tout vuvant ne sera pas justifié devant Dieu (Ps. 52 et 142). Mais ces choses se disent en comparaison de la multitude des méchants, qui est si grande auprès des bons, qu'ils ne paraissent quasi pas, et sont effacés sur la terre par le plus grand nombre des méchants ; ou bien cela s'entend des hommes comparés à la pureté divine, à l'égard de laquelle la pureté humaine n'a pas d'éclat et de perfection. Je sais, disait Job, que l'homme ne sera pas juslifié comparé avec Dieu (9). C'est la lueur d'une chandelle qui ne rayonne pas en la présence du soleil. Enfin, si Isaïe dit : Tous nous sommes immondes, et toutes nos justices sont comme un linge souillé (Chap. 64); et s'il appelle Tencens des Juifs une abomination, Tinlenlion de ce Prophète était de parler de ces choses pour le temps auquel elles seraient abrogées après la publication de la loi chrétienne ; après quoi les cérémonies de la religion des Juifs, qui étaient saintes auparavant, sont devenues mortes et nuisibles, ainsi que serait quelque ac*
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tion, après la défanse qui en aurait été faite par ceux qui ont autorité (i).
Je louerai Dieu d*avoir rendu l'homme capable de fiiire quelque bonne œuvre surnaturelle qui le rende digne de louange, de récompense et de joie. Je m'exciterai donc a produire des actes dune bonté surnaturelle. Que cette considération est bien plus utile et plus fructueuse pour l'homme, que celle des sectaires , qui affirment que toutes les actions humaines sont des péchés, et que l'homme en toutes ses œuvres ne fait rien que pécher, afin que le désespoir de pouvoir bien faire débauche tout le monde» quelle astuce de l'adversaire de notre salut! ennemis I ù pestes de la nature humaine! Est-ce ainsi que vous désimnorex votre espèce, d'accabler ainsi et de diffamer par le péché les corps, et les âmes de tous les hommes ? Quoi doncy à votre compte, tout ce que fait l'homme, n'est qu'offense; soit qu'il observe les commandements de Pieu, ou qu'il les enfreigne, il pèche jour et nuit? Quel cloaque d'immondices serait-ce donc que l'homme? où seraient donc les. âmes pures, plus blanches que la neige? où seraient les personnes saintes et religieuses? Autant vaudrait suivre le vice que la vertu, autant être Turc ou Juif, que Chrétien» si tout est péché. Oh! Dieu me garde d'avoir une si mauvaise opinion de mon prochain, et de porter des jugements si téméraires et si erronés sur leurs œuvres ! Je croirai donc avec l'Eglise, que plusieurs actions humaines sont bonnes i j'en remercierai Jésus-Christ et sa grâce , et le mérite de sa Passion , dont les. fruits sont si agréables â Dieu, Donc je m'encouragerai à les produire avec le plus de perfection et de la meilleure manière qu'il me sera possible. Courage , mon âme , nous pouvons faire des actions qui soient saintes, qui soient droites et agréables à Dieu.
II. Considérez qu'il y a plusieurs actes humains qui sont mauvais et entachés d'une double malice, dont la première et la principale est celle qui vient de l'objet, lorsqu'ils sont opposés à la nature humaine, en tant qu'elle est raisonnable et guidée par la raison : qu'ils soient tels, ou parce qu'en euxmêmes ils sont injustes, comme serait une injure faite à Dieu par pensée, par parole ou par action; ou bien parce qu'ils
H) P« BifroainiiMi,» e. «4. Iiaiv.
WM ACTES miNAins. lae
sont défendus par uno loi du supérieur, comme l'usage de la Yiande en certains jours. La seconde malice des actes humains, est celle qui leur vii^nt de la part des circonstances qui lea Hccompagnent» soit que les circonstances requises leur manquent, $oit que les mauvaises y abondent : car de Tune et de l'autre manière l'action bumaine contracte de la malice» comme si un prêtre administre le$ sacrements, étant hors de la gr&ie de Pieu, ou bien y mêlant des superstitions ; car dans le premier cas il fait une action mauvaise par le défaut d'une circonstance requise; et dans le second par l'adjonction d'une cir^ constance mauvaise. Cela provient de ce que, pour faire une action bonne , toutes les choses requises y doivent concourir , parce que le moindre défaut la rend mauvaise. C'est pourquoi CQ n'est pas asseis de faire le bien et de se porter à un ob-^ jet légitime, si on ne s'y porte, comme il convient, sans man^ quer en un seul point. P'oA vient, que, comme en tirant de l'arc, il e$t plus aisé de manquer le but, que de l'atteindre, le« Sommes font plus aisément des œuvres mauvaises et défectueuses que de bonnes ; car il est plus aisé de lafsser en arrière quel» que condition entre toutes celles qui y sont requises, que de lea assembler toutes. Or, entre ces circonstances, il y en a sept, qui peuvent augmenter la malice du péché ; et ces circonstances sont toutes indiquées par l'un des mots suivants, dont les théo-- Ipgiens ont composé un vers hexamètre, parce qu'on le retient plus facilement : Qiiis? Quid? Ubi? Qutbus anxilns ? Cur ? Quo-^ modà ? Quando ? Qui ? Quoi ? Où? Par quels tnoyem ? Pourquoi ? Comment ? Qumd ? 1° Qui ? circonstance de la personne, chrétienne peut-être, obligée à Dieu par mille titres, ayant toutes sortes de lumières et de bons exemples sous les yeux, El ils jugent que l'action est plus mauvaise à cause de ces qualités de la personne. â° Quoi? circonstance de l'olyet ; qu'a-t-elle fait en péchant ? elle a méprisé Dieu, elle a transgressé son commandement, elle a de-r laiasé le moyen qui lui était prescrit pour arriver au souverain bien , elle a réjoui les démons , et centriste les saints d'ici-bas. 3» Où ? en quel lieu? devant qui ? dans un lieu saint, en la présence 'de Dieu et des hommes, en Dieu même, qui est partout et dans qui nous vivons, comme le poisson dans l'eau, ou l'oiseau dans Tair. A^ Par quels moyens? ça été par la puissance nr>éme qu'elle* avait reçue de Dieu pour le servir; par son
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concours, dont il Tassiste poar les actions naturelles. 5* Pourquoi? c'est pour une fumée d'honneur, pour un plaisir de brute, pour une bagatelle d'intérêt. 6^ Comment? ça été sans crainte, sans retenue, d'une pleine science, par une pure malice. 7* Quand? lorsque Ton devait faire pénitence de ses fautes , lorsque l'on devait s'employer au bien, lorsque l'on recevait de lui sa vie et sa conservation. Sans doute, ces circonstances et plusieurs autres, que l'on pourrait remarquer, aggravent de beaucoup une action mauvaise, et la rendent plus exécrable; c'est pourquoi les actes humains tirent leur malice de deux sources, de leur objet, qui répugne à la droite raison, et des circonstances qui les accompagnent et en aggravent la malice.
J'apprendrai de là à veiller sur mes actions, afin qu'elles soient sans défaut. Je déplorerai ensuite la condition de l'homme, qui peut commettre des actes méchants et contraires à sa nature raisonnable. Encore les bétes ne sont-elles pas si malheureuses : leurs actions brutales sont conformes à leur nature, si bien que pour ce sujet les hoQimes seront plus sévèrement traités que les bêtes, ainsi que le déplore Hugues de Saint-Victor. Hélas! les hommes sont livrés à un feu perpétuel, et non pas les bêtes (i). J'apprendrai aussi à juger la gravité de mes péchés, et à m'exciter à en avoir la contrition, en pesant exactement les circonstances qui les rendent plus énormes. Qui a péché? Moi, qui ai de si pressantes obligations de servir mon Dieu purement. Quoi! qu'ai-je fait en péchant? Hélas! j'ai méprisé les attraits infinis de l'amour de mon Dieu, j'ai ruiné son empire en moi, et y ai fait place à ses ennemis. Où? en quel lieu ai -je péché? Dans la terre des saints, où il ne devait y avoir que sainteté. J'ai péché en Dieu même, dans le sem de son essence, comme si un enfant déchirait sa mère qui le porte dans ses flancs. Par quels aides? J'ai fait de mes membres des instruments d'iniquité , j'ai fait la guerre à Dieu avec ses propres biens, que j'ai employés à l'offenser. Pourquoi? quelle prétention en péchant? Pour satisfaire mes passions que je devais abhorrer. Comment ? Par pure malice, par une audace et une effronterie insupportables. Quand ai-je péché? Je n'ai pas même épargné les jours les plus saints, j'ai offensé mon Dieu à l'instant même ou il me soutenait
(1);L. 1. Missel. Cod. 2. Til. 156.
DES ACTES HUMAUfS. 125
sur rabtme du néant, comme celui qui outragerait un homme qui te tiendrait par les cheveux du haut d'une tour, suspendu aa-dessus d'un effroyable précipice. J'ai péché dans le temps qui m'était donné pour mériter la gloire, de laquelle je me suis au contraire rendu indigne. misérable que je suis! ô mon ftme! oh! si tu n'avais jamais péché!...
m. Considérez qu'il y a aussi quelques actes humains indifférents, et qui ne sont ni bons ni mauvais. La vérité de cette considération très - importante est grandement débattue par les plus célèbres théologiens. L'opinion du Docteur angélique, suivi par plusieurs autres (1), est que l'homme ne produit pas sciemment et délibérément d'actions qui soient indifférentes, parce que de deux choses l'une : ou bien en les faisant il y apporte toutes les circonstances requises, et vise à une bonne fin par une droite intention, et alors elles sont bonnes; ou bien il .manque d'y apporter toutes les circonstances avec droiture d'intention, et alors elles sont mauvaises, et partant elles ne sont pas indifférentes; car ceux qui tiennent cette opinion, estiment que l'homme est obligé de rapporter tous ses actes à une bonne fin, et que l'omission de cette obligation est tellement coupable, qu'elle infecte les œuvres où elle se trouve, parce que, disent-ils, c'est abuser de la raison que de manquer à ce devoir, la raison étant particulièrement donnée à l'homme pour le faire tendre à la béatitude par tous ses mouvements ; or , l'abus de la raison ne peut êlre sans péché. De plus, c'est une maxime dans la vie spirituelle, que celui qui n'avance pas recule : partant, si l'homme n'avance pas en faisant une action, il recule et en fait une mauvaise. De plus, ils prennent Jésus -Christ même pour défenseur de leur opinion , lorsqu^il a proféré cette étrange sentence : Les hom-^ mes rendront compte au jour du jugement de toute parole oiseuse qu'ils auront proférée (Matth. 12). D'où il suit que si une parole oiseuse, qui est celle qui n'est pas rapportée à une bonne fin, est justiciable au jugement divin, et si les œuvres oiseuses ne doivent pas êlre sans punition; dès lors il n'y en a pas une seule d'indifférente. Si l'on rend compte , dit saint Jérôme, d'une parole oiseuse, combien plus des œuvres (2) ? Ces raisons rendent cette considération probable.
(1) D. Thom. 1. 2. Q. 18. Art. 9. Andr. Duval. Q. Art. 9. —(2) In Ps. 16.
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Cependant le Doctear séraphique , soutenu par le Docteor subtil j et phisietirs autres , admettent des actions huitfaines indifférentes, qui ne sont ni bonnes ni mauvaises (t). En effet , il n'y a pas de précepte qui nous oblfgie A âdre toujours nos actions avec toutes sortes de circonstances bonnes; c'est seulement un conseil de perfection qui rend meilleurs ceui qui le pratiquent, et ne rend pas criminels ceux qui fomettent quelquefois. Aussi ne sommes-nous pas obligés de faire tous nos pas pour le Ciel, et de mériter le Paradis, qui est notre fin, par chacune de nos œuvres. Plusieurs des actions bumaines, quoique libres et non contraires â la loi, ne semblent contribuer en rien au culte de Dieu et à son honneur. A quoi sert d^employer une chose o& elle paraît inutile? Le nom de Dieu né doit pas être pris en vain, pas plus que sa gloire. Ce serait une chose ridicule et impertinente d'assujettir l'homme qui tourne son chapeau ou remue son manteau, qui monte à la chambre ou descend au jardin, qui lève un brin de paiHe ou met ses gants sur une table, de viser en totrtes ces choses à quelque grande fin ; il suffit bien qu'il les fasse sans mauvais dessein et sans malice, pouf é(ré sans péché. Et puis S'il était obligé d'asSemblér en Ses œuvres toutes les bonnes drconstances, ce précepte sei^it affirmafif, et ne l'obligerait pas pour toujours; alors il pourrait s^en dispensa quelquefois, et ferait une action indifférente qui ne serait ni mauvaise ni bonne. Au reste, ce n'est pas abuser de la raison que de ne pas rapporter toujours ses actions à une fin louable; mais c'est n^en pas toujotn*s user, en quoi il n'y a pas plus de crime qu'à croiser quelquefois les bras, ou à prendre i^ou repos après un pénible travail. C'est que DieU est indulgent poUr la nature humaine, fragile et infirme, et n'exige pas d'elle, dans l'état d'inflrmiié od elle eât, qu'elle lui rapporté toujours toutes ses actions, mais seulement en temps et lieu. Cest pourquoi il n'est pas vrai absolument que l'homme reculé toujours, s'il cesse d'avancer dans la voie de la vertu : céta est seulement vrai pour le temps auquel il est tenu d'avancer, dont il doit rendre compte jusqu'à un moment près, quoiqu'il soit difficile de le bien remarquer, parce que diverses personnes ont diverses occasions d'avancer, lesquelles ne se rencontrant pas toujours, et îl
(i)lQ 2. Dist. 4i. Art. i. Q. 0. Scolus. Ead. Dist. Camach. Q. IS, c. 4.
Mê ACTES HDMAlll». f t7
esl en leur poufoir de bire halte quelque peu, et de demenrer dans le môiHjB état. Qoe ai le Fils de Dieu use d'une A grande menace pour une parole oiseuse, que de Texaminer au Jugement, ptosieinv pensenl pourtant qu'elle n'est pas mauvaise pour cela, puisque au jugement dernier on doit peser le bien comme le 1 mal. Mais c'est choquer le sens commun de FÉgUse, que de ne pss interpréter en mal une parole oiseuse; c'est pourquoi un ancien Père (i) entend par là celle qui contredit la raison, qui est mensongère, qui invente des choses par plaisanterie, ou donne comme certain ce qui est incertam. Saint Bonaventure entend, par cette parole oiseuse, celle qui se dit sans aucune utdité pour le prochain, dans un temps oà on est obligé de lui être utile ; car, comme ce n'est pas être oiseux que de se reposer quand il le feut, mais de ne pas travailler quand on doit Iravarfler; mm ce n'est dire des paroles oiseuses , que lorsque , obligé de parler pour le bien du prochain, on parle, mais non pas pour cette fin ; c'est pourquoi, hors de cette occasion, les paroles qu'il prononce sans mauvaise fin, par civilité, geniHlesse et récréa*» tion, ae sont pas du nombre des paroles oiseuses, condamnée pff Jésus-Christ, et ainsi elles pourront être indifférentes. Enfin, si tous les actes humains étaient bons ou mauvais, sans aucun nnlieu, les consciences en seraient trop tourmentées, et le joug de Jésus^rist ne serait point léger, mats pesant et r!gonretn, puisque les âmes tombcÂraient en péché par le moin-* dre mouvemoit- de bras ou de jambes qui ne serait pas rapporté à une fin vertueuse. Quelle contrainte ne ressentiraient pas lesf âmes qui ont les moindres péchés en horreur? qnets scrupules n'aorakmt^les pas? quelles absurdités et quelles impertménces ne diraient-elles pas dans leurs confessroits pour s^y accuser exactoMent de tout? Or, les opinions qui imposent de lourdes chapes sor les consciences des hommes jfS»bles et fragiles, ne doivent pas être reçues pour véritables, si elfes ne sont fbrte^ ment et nettement démontrées par quelque aliment bîen certain. Donc, quand même ces deux opinions seraient également probables, si bien que Ton pût tenir celle que l'on voudrait, il serait néanmoins plus expédient d'adniettre des actions indifférentes, et de former là- dessus sa conscience ; alors ne croyant
(1) Yalerianus. Hom. 6.
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point mal faire en plusieurs pelites actions, selon l'avis de plusieurs grands personnages, on ne ferait point mal en effet; au lieu que si Ton tient qu'il n'y a point d'actions neutres et indifférentes, on s'oblige par sa propre opinion à une perfection de vie si haute, qu'on ne peut la soutenir longtemps ; et manquant toujours à quelqu'une des circonstances nécessaires à chaque petite action, on pèche autant de fois, parce que l'on en fait conscience.
Je formerai donc ma conscience sur cette opinion, qui admet la neutralité et l'indifférence de quelques actes humains, qui ne doivent être comptés , ni pour bons, ni pour mauvais. Dès lors, je ne me romprai pas la tète au sujet de plusieurs actions, qui se font sans mauvais dessein, comme s'il y avait partout du péché et de la malice, parce qu'elles seront faites sans la vue de Dieu et sans quelque grande considération. Je me considérerai comme un serviteur à qui le maître permet de prendre tel chemin qu'il voudra. Par telle voie qu'il aille, il va selon la volonté du maître, qui lui a laissé le choix. Ainsi, il en est des choses mdiffèrentes ; l'homme est selon la volonté de Dieu, quoi qu'il fasse. Je jrecevraî donc la consolation et la paix que peut apporter à une âme cette vérité de l'indifférence de plusieurs pensées , paroles et actions. Et, toutefois, puisque l'autre opinion du Docteur angélique ne manque point de vraisemblance et de probabilité, je ne la négligerai pas toujours, je prendrai garde souvent à la haute perfection qu'elle demande dans les âmes, et je rapporterai mes œuvres, en tant qu'elles peuvent en être capables, même les indifférentes, à la gloire de Dieu, pour tâcher d'y atteindre. Pour ce sujet, je consacre ma vie et l'entretien de ma santé à son service ; je proteste que je n'en veux que pour lui servir et lui procurer de la gloire. Ainsi, je prétends, en vertu de cette direction, que . tout ce que je ferai pour la santé de mon corps, et pour recevoir quelque honnête récréation , soit fait pour cette fin. mon Dieu , acceptez celte offrande et cette direction d'intention que je vous fais mamtenant, pour toutes les œuvres de ma vie, que j'entends ainsi rapporter et c(msacrer à votre seule gloire, de la meilleure façon qu'elles peuvent l'être.
DES ACTES UUMAIRS. 429
DIXIÈME MÉDITATION
DB lA BONTE ET DE lA MAUGE DES ACTES INTÉRIEURS ET EXTÉRIEURS»
I. Considérez que les actes extérieurs ont une bonté ou une malice morale, qui provient de la bonté ou de la malice des actes intérieurs de la volonté, desquels ils procèdent , et avec lesquels Us sont unis. Ainsi, l'aumône qui soulage le pauvre, est un acte externe, qui est bon et honnête ; ainsi, il en est de l'honneur que l'on rend à ses pères et mères, dont on a re^ la vie ; pareillement le vol par lequel on dépouille son procham , est on acte externe mauvais : ainsi l'insulte et la moquerie, par laquelle on le méprise ; c'est pourquoi les actes extérieurs nous sont commandés ou défendus, et sont suivis de récompense ou de punition. Aussi, ont-ils des principes de bonté ou de malice, qui sont la conformité ou l'opposition de l'objet avec la raison, ou les autres circonstances bonnes ou mauvaises. Au reste, comme la vie du corps dépend de Tâme, de même la bonté morale des actes extérieurs vient de l'intérieur qui les anime et les vivifie. La raison en est que la bonté morale est volontaire , et doit se porter à un objet honnête, connu comme tel, et conforme à la raison ; or, l'acte extérieur, à part soi, n'est pas volontaire, et ne tend pas à un objet raisonnable comme raisonnable, parce que la puissance qui le produit et le met au jour n'est point capable de discerner si l'objet est convenable à la raison ou non. Cela n'appartient qu'à l'esprit, et ensuite à la volonté, qui suit sa direction. C'est pourquoi l'acte intérieur seul de la volonté tend à l'objet raisonnable comme raisonnable, et l'extérieur ne s'y porte que par son intermédiaire ; dès lors, il reçoit toute sa bonté de l'acte intérieur qui le fait tendre directement à l'objet honnête. Cela parait davantage en ceux qui font des actes extérieurs , sans connaissance, comme quelquefois ceux qui dorment, ou qui sont privés de la u. 9
130 LA Tn£<M.aGlK AFFfiCnVfi.
raison. Quelles que soient les actions qu'ils fassent paraître au dehors en cet état, on ne peut dire qu'elles soient moralement bonnes, parce que l'acte intérieur qui est la source de leur bonté, y manque. Cela parait encore ââHâ les hypocrites^ el ceux qui font de bonnes œuvres en apparence par une intention corrompue ; on ne peut leur aUribuer tucuira bonté monde, parce if!% la «ouM^ de cette bonté, qui est l'acte intérieur, wt altérée en eux. Enfin, un même acte extérieur est tantôt bon, tantôt mauvais, par le seul changement de l'acte intérieur ; comme si un homme va à réglise pour y rendre à Dieu le cuite d'adoration, et qu'au milieu de son chemin, il change cette intention, et le continue dans l'intention d'y faire un lardn , ou li'y soIlicRvr aiiè créature au péché ^ car aiors^ comme M bâton moitié ÙMic, moitié noir, le voyage ée cet homme e«t tàiAtii bon «I moitié ttautfti». K, OMnme cda vient uiriqmnieifl 4e l'MSIè intérieur de «a i^«tontéy tantôt ^ire, maintenaAt aoniHéa , d llMt «oMittre qtA l'acle «t^ teneur est redevable de sa tenté à l'iméiieiif. Ce ^i eat emi** firme par k discoon de saint Ânguatin (1)) touchMt râlmorioa de Maiis-Christ entre les maim des Juift pow êM mMffié ; tttr DieH le Pire le livra, Jésus^hrfst M Hma k^naérnè, «t hièÊS pareillemeÉt le livra. Si, dit «aitH Auf^stin, tè P«fe l'a Kyré, ei le Fils s'est livré lui-même, ^uel est le pédhé de Inâtts ? LV bandon S'est fait par te Père, s'^st ait p» te Fils, s'est ftit p» Judas» Une même chose i été faiite par lous troftow Msriè ifH^Mfaib chose disoenie le Père livrant le Fils^ le fils se Hvmit soî^ «iême> et ikdas^ le disciple, limiftt sMi mettre. CTéSt qoè le Père et le Fib eut fait cette choee p» chMîté, et itàsÈ l'a ftRft p» trahison» Yoas voyei fi'il lie Artit p9» eonMéfer MriMaenI tè que fiMt t'bonnne, mais encore pkv ^ttel espfH «t par '^treSte vtnlonté il le fait. Nous trouvons Dten le Père ati même ftit upse •Judas : nous bénissons le Père, notis itMhidiisonft Judas. Qe qni nous âA connaître dairemêiM •qne 4lMcte mérlenr tire sa iNmté on sa malice de l'acte intérietir de la H^oièifté, avec lequel tm 1^ voutm exéctttfO*^ puisque le même acte extérieur e^ boù «n run> mtovais en l'autre, par cette seule raison, que l'tm l'a voulu per un acte înlérienr, qui était bon, et l'autre Ta vouhi par m acte intériew mauvais et désordonné.
.. (i^mSUV^iallSiikiSÉir
DES ACTES HUMAINS. 13i
Apprenons donc combien il est important de bien ordonner son intérieur devant Dieu, et de vouloir ce que l'on pratique au dehors par une intention pure et bien réglée : Toute la gloire de io fitte du roi, vient de l'intérieur (Ps. 44). Ses franges d'or, et h variété de ses habits, ne $ont pas son plus beau lusfre; mais c'est la pureté de son cœur, et de ses actes intérieurs ; car, no^ ire gMrej c'eàl le témoignage de notre conscience (i. Cor. 2), a dît saint Paul. J'examinerai donc mon intérieur, et Je lâcherai surtout de le régler saintement.
II. Considérez que l'acte intérieur par lequel on veut quelque bien, quand cette volonté est efficace et que ce bien est dans les limites de notre pouvoir, est bon et digne de récompense, comme si l'acte extérieur y était, et digne de punition en ce qui concerne le mal. Saint Paul semble autoriser cette considération : Si la volonté est prompte, elle eH reçue selon ce (fia M en etUy ^ non pas selon ce qui n'est pas en elle (il Cor. 8). Abraham n'a donc pas perdu de mérite , pour n'avoir pad en effet sacrifié Isaac, sa bonne volonté le lui a conservé tout entier ; et la pauvre veuve de l'Evangile fut plus estfanéOi pour ce qu'elle souhaitait d'off'rir, que pour ce qu*étle dirait. C'est sur la volonté avec laquelle vous aurez fait une bonne action que ^ra mesurée la récompense, dit saint Augustin (1), c'est sur elle aussi que sera mesuré le chàliment, quand vous aurez péché. Cela provient de ce que c'est la même boniè morale dans les deux actes intérieur et extérieur, et qui de l'intérieur se communique à Fextérieur. Cest pourquoi cette même bonté subsistera dans celui-là , si celui-ci est empêché , ainâ que le soleil est toujours lumineux , quoique ses ttiyons soient arrêtés par Tobscurlté des nues. Mais on objectera peut-être qu'au jugement de Dieu les œuvres extérieures, bonnes ou mauvaises, doivent être pesées ; qu'un bien, quoique petit, ajouté à un autre bien, le rend plus grand, et que Pacte extérieur est un bien au moins commencé. On dira que Tarbre a plus de bonté avec son fruit, que sans lui, et que l'acte externe est le fVuit de la bonne volonté. On dira que le corps M xm pins noble tout avec la forme qui T'anime et le vivifie ; «t que l'acte extérieur est comme un corps qui est animé
(1) Ipbt. iS. Q. 4.
et vivifié par l'intérieur , et que de leur assemblage il résulte quelque chose de plus parfait. Certes , ce débat est plus difficile à terminer, que plusieurs ne pensent, et les conséquences en sont très-importantes. Ce qui nous semble plus vraisemblable, •c'est que ce qui est essentiel à la bonté ou à la malice convient mieux à l'acte intérieur , qu'à l'extérieur ; et que , quand la volonté est efficace pour un bien qui est en notre pouvoir, il n'y a pas lieu à difficulté, parce qu'à moins d'un accident extraordinaire, les deux actes existent ensemble, et que, si le bien est hors de notre pouvoir, le bon désir intérieur de la volonté n'a pas autant de bonté et de valeur, que si l'acte extérieur était présent. Ainsi nous limitons cette considération à un bien qui est en notre pouvoir, car les volontés absolues qui se portent au-dessus de leur capacité, sont souvent déraisonnables, et dès lors moins acceptées de celui, qui fait tout avec poids, nombre et mesure. De là vient qu'un homme qui eût eu la meilleure volonté du monde de satisfaire pour les péchés des hommes, n'en eût point acquitté la dette, comme l'a fait Jésus-Christ, parce que ce bien excède la puissance d'une simple créature. Ainsi, celui qui aurait un grand désir d'aimer Dieu autant qu'un Sera* phin, ne mériterait pourtant pas à l'égal de cet ange, parce que la bonne volonté n'est réputée pour l'efiet, que quand elle se porte à un bien qui est dans l'étendue de son activité. De là nous voyons quel jugement nous devons faire de tant de soupirs, d'offrandes, de demandes, de remerciements, de louanges, et d'autres que font certaines âmes, les plus vaillantes du monde, pourvu qu'il ne faille que soupirer et former des projets. Elles offrent à Dieu tous leurs soupirs, et les battements de leurs poumons, comme autant d'actes de son pur amour; elles protestent devant le ciel et la terre, qu'en proférant des lèvres un mot de deux lettres, elles entendent lui donner à chaque fois autant de louanges et de gloire que lui en ont jamais donné les anges et les saints, et qu'ils lui en donneront en toute l'éternité; si elles souffrent une contradiction, elles souhaitent que ce soit avec toute la patience de tous les martyrs. Bref, en poussant et en retirant l'haleine, même en dormant, elles prétendent offi*ir, louer, demander, remercier et faire plus d'actes de vertu et de sainteté qu'il n'y en a eu dans le monde, et encore que ce soit pour chaque instant. Il y a des livres pleins de ces bonnes af-
DES ACTES HUMAmS. 135
fectionSy lesquelles nous estimons très-saintes ; mais à condition que Ton se gardera bien de les égaler en bonté ou en mérite au bien réel et véritable qu'elles se proposent, car ce serait un abus intolérable; à condition que les ftmes qui se seront quelquefois exercées en cette vaillance intérieure, se confondront davantage de leurs infidélités, par lesquelles elles démentent en effet leurs affections, et montrent que leur volonté est peut-être affective, mais non pas effective et efficace ; c'est pourquoi elles sont lâches dans les occasions; elles ressemblent à ces rodomonts, gai sont si braves en paroles, et qui ne font jamais aucun acte de bravoure, qui savent mieux dire que bien faire, et qui ne repaissent le monde que de vaines promesses et de discours étudiés.
n faut apprendre par là dans quels cas la bonne volonté a le mérite de l'effet, et il ne faut pas s'en faire tant accroire pour tant de souhaits que Von fait, sans pouvoir les exécuter. Il faut aussi reconnaître la bonté de Dieu, qui se contente du cœur, quand le corps est trop faible, et récompense souvent les bonnes et les sincères intentions. Il n'en est pas ainsi des monarques de la terre, quelque grande ardeur qu'aient les soldats de bien combattre, ils ne sont pas récompensés, s'ils n'en sont venus aux mains, et s'ils n'ont gagné la victoûre. bonté ! ô magnificence I qui ne s'efforcera donc de tout son pouvoir de former de généreuses résolutions pour son service? Mais, ô justice redoutable! nos seules intentions de mal faire, si l'occasion était présente, sont criminelles devant lui, et plusieurs seront damnés réellement pour des péchés commis par l'imagination seulement. Seigneur ! laites que je conçoive l'importance de ces vérités, afin que je ne consente en aucun cas, même imaginaire, qu'à faire votre volonté, et ce qui vous sera agréable.
ni. Considérez ensuite que les actes extérieurs sont de grande importance, en sorte qu'il est très-profitable à l'homme d'en Ëdre de bons, et de se préserver des mauvais. Aussi on dit communément que l'enfer est plein de bonnes volontés, et le Paradis de bonnes œuvres. Or, ici saint Thomas considère que les actes extérieurs rendent souvent la volonté pire ou meilleure en trois manières. Premièrement, en ce qu'ils servent à multiplier les actes intérieurs de la volonté, car c'est une chose ordinaire de dédrer plwdeurs fois, et à différentes reprises, ce que l'on met à
exécution. Sccondemeuf, en co quUU servent à les continuer par un plus long espace de temps ; car l'acte intérieur dure ordinairement jusqu'à ce que Teffet soit accompli. Troisiëmementi en ce qu'ils les rendent plus véhéments '^ car la volonté s'échauffe souvent dans Texécution» et fait des efforts pour accoinplir ce qu'elle prétend. Par ces moyens, l'acte extéiûeur ajoute à la bouté ou à la malice de l'acte intérieur. Il y a en outre trois sentes 4'actioQS, dans lesquelles l'extérieur est tellement nécessaire, que Fintérieur, quel qu'U soit, ne pourrait produire les mêmes effets. Les premières sont certaines actions plus vertueuses et plus difficiles, par lesquelles on mérite les auréoles et lea récompenses accidentelles du Paradis ; aillai les actions par lesquelles on conserve en effet la virginité, on fait les fonctions de docteur, et celles par lesquelles on souffre le martyre pour Jé^us-Çhrist ; car quand l'homme aurait toutes les lionnes volontés du monda d'être yiergOi d'être docteur ou martyr, il n'emportera pa3 le$ pallies et les lauriers que Dieu réserve à ces qualités excellentes» ai en effet il n'est vierge, docteur pu martyr. Les secondes sont les sacrements; il faut que l'hootme fasse ces actions externes ordonnées de Dieu pour produire la grâce. Un prêtre ne purifie point l'enfant du péché originel par la seule volonté de le baptiser, il n'absout pas noi^ plus le pénitent par la seule intention de l'absoudre, il faut effectivement qu'il prononce les paroles. Les troisièmes sont celles qui regardent le prochain ; par il est constant qu'on ne lui fait guère de tort, par la seule n^auvaise volonté , auprès de ce qu'on lui en fait par Tœuvre ei^térieure, non plus que l'on ne soulage le pauvre indigent par la seule volonté de lui faire du bien. Après tout cela, la bonne action extérieure est plus difficile, et parlant plus méritoire et plus satisfactoire; elle sert aussi à modérer les passions, et facilite, par l'habitude qu'elle laisse , l'exercice de la vertu ; comme au contraire la mauvaise fomente les passions et accoutume au mal; elle est plus injurieuse pour Pieii, et ensuite plus déméritoire et plus criminelle. Enfin l'œuvre extérieure est le garant des bonnes ou mauvaises conditions de l'aote intérieur de la volonté , et l'arbre ne se connaît pas mieux à ses fruitçi que l'acte intérieur par l'eijlérieur; car plusieurs consentent intérieurement à une mauvaise action, selon quelques-unes de se§ circonstances, et la désavouent intérieurement selon d'aiitres pour lesquelles ils n^ passent pas
BSft ACTES HUMilNS. f St}
oulre; mais Taclc extérieur est un témoignage évident que la volonté a été efficace sur toutes les circonstances de Faction, puisqu'on Ta voulu en effet telle qu'elle pouvait être. C'est une des raisons pour lesquelles l'acte extérieur doit être confessé et soumis aux clefs de F Eglise, parce que le confesseur connaît par là que la volonté a été Qbsoluiaçnt efBçi^ce. Ajputez qu'en plusieurs péchés il ne pourrait discerner si le cas est réservé, s'il y a peine de censure, s'il y a obligation de restituer, ou empêchement de mariage, s'il ne connaît l'acte externe auquel seulement toutes ces choses sont annexées ; il ne pourrait pareillement donner les remèdes convenables, s'il ne voyait jusqu'^ qwçl terme le mi ^st arrivé» c^r il faut Wn d'autres appareils à ceux q\ii oAt ^es abcès et des ulcère^ r^cé(é«| qq'i ceux qui les qnt k T^xtériei^r,
Je reçoQi)^îtr?ii (Ipnc quç çç n'est pas assp?: d'flvpir un bOB iûtérieur et (le bombes int^ntJQnp» (n^is qu'il est aq^si requis d'avoir un ^n extérieur çt de mettre à effet publiqqepfient se? bpDQes inteintioqs : P,ç^t8af{t provision d^ kten^t dit Sfiint P^uli fion-^^men^ devant Dieu^ tnais çiimi ^iivqntles hommçi (Rpo), \%). Il ne &ut donc point se fla|tersur t£mt de belles résolutions qq'p^i forme pt qu'oi^ lit^ ou qu'on écrit; il en fau( venir à la pr{lti(}vie et à l'exécution. Dieu éternel ! vous nous l'avez {npptré par votre exeqiple dans la création de cet univers ; car vous ne vpqs êtes point contenté de l'idée et du dessein de nous f^ire d\i bien, mais vous en êtes venu ^ l'œuvre, au temps qu'il vous fi plu de choisir; vpus ave? réalisé tout ce monde, et (pus )es jours Ypus glorifiez pn effet les saints que vous a^^z pj^destînés de toutp éternité. {It vous, Verbe inerte, splendeur imu^gçulép, qui f tes dans le spin du Père, vous ^vpz voulu par?iUr^ aU dphors, vous vpus êtes fait homme visible, et vous avp? fait à l'ei^térieur des çeuvres qui ravissent )e monde entier. Faites que j'imife, selon ma portée, ces productions extérieurps , et que j'açcp(nplisse cette parolp qui est la vôtre : Que yQfre l^mifTe hille de telle sorte devant les hommes, quils voierii fiçs bpnnt^ œuvres et en alorifient votre Père qui est au3p Çie^Jp (Maltl^. ^). Enfin, mon Dieu ! comme j'ai reçu de ypus l'esprit et le corps, je consunie l'un et l'autre dans le feu de votre arnour, peluilà par les actes intérieurs, et celui-ci par les extérieurs, où la bonté soit sans tache, et la vertu sans défaut. Ainsi soit-il,
i36 LA THÉOLOGIE AFFECTIVE.
ONZIÈME MÉDITATION
DE LA RÈGLE IMMÉDIATE DE LA BONTÉ ET DE LA MALICE DES ACTES HUMAINS, QUI EST LA CONSCIENCE.
I. Considérez que la volonté a diverses sortes de r^les pour se diriger dans ces bonnes actions, et que la conscience est la plus immédiate de toutes ces règles. Car les actes de la volonté sont bons ou mauvais par leur objet, par les circonstances, par la fin à laquelle elle les rapporte, par la conformité ou la contrariété qu'ils ont avec les lois humaines et divines, et surtout avec la volonté de Dieu , qui est la première et la plus haute source de toute bonté et de toute droiture. Toutefois, de toutes ces règles, la plus immédiate est la conscience actuelle, qui est une appréciation de l'esprit, qui juge si une chose est bonne ou mauvaise , commandée ou défendue, nécessaire au salut ou non nécessaire, soit pour le passé, pour le présent ou pour l'avenir ; de là vient cette sentence d'un ancien écrivain (1) ; Où il n'y a point de science, il ne peut y avoir de conscience, soit bonne, soit mauvaise; mais où la science précède, on discerne incontinent si la conscience est bonne ou mauvaise. Or, cette appréciation et ce jugement de l'esprit règle premièrement la volonté, et quand elle se porte à un objet que l'esprit lui a représenté comme bon et honnête, ou conforme aux règles de justice, son action est bonne et louable ordinairement; comme au contraire elle est blâmable, si elle se porte à mi objet que la raison lui a représenté comme défendu de Dieu et mauvais. C'est pourquoi la conscience nous a été donnée de Dieu, comme un moyen très-propre pour nous avancer dans la vertu. C'est une loi particulière, qui nous est donnée de Dieu pour noire conduite ; c'est comme l'interprète et la messagère de ses vo-
(1) OdoCanonie. regalaris.
DES ACTES nUBIAnS. iS7
à exécuter, sans qu'il nous soit loisible
. elle nous propose quelque chose à suivre
^ peut éclaircir par l'exemple d'un aveugle, qui
^# 1- le conduire et le diriger. Si cet aveugle suit
^ ^ue le guide lui déclare être bons et sûrs, et se
j ceux qu'il lui dit être dangereux , l'aveugle ne peut
aie de ce qui en arrive, il fait ce qu'il doit faire, il suit
^uide. n en est de même de la volonté, qui de soi-même
une puissance aveugle, et qui a pour guide l'esprit : si elle porte aux objets et aux désirs que l'esprit lui présente être is et selon Dieu, et si elle se retire et s'éloigne de ce qu'il
représente être péché, la volonté fait le bien, elle ne peut 3 blâmée de suivre ce que Dieu et la nature lui ont assigné ir suppléer à son aveuglement. Au contraire, si la volonté ire à ce que la raison lui dicte être mauvais et défendu de u, et repousse ce qu'elle lui dicte être honnête et obligatoire ir elle, elle fait mal, elle est repréhensible, comme un aveugle
voudrait marcher par des chemins que son guide lui fait endre n'être pas sûrs, et qui s'écarterait des autres qu'il lui ait être vrais et commodes. Tout cela vient de ce que l'objet i la volonté doit rechercher est le bien honnête, en tant qu'il
est suggéré et représenté par l'esprit ; et l'objet qu'elle doit r est le mal , en tant qu'il lui est manifesté par le même irit. C'est pourquoi le jugement de l'esprit sur la bonté ou la lice des choses , est le guide et la règle prochaine de la onté. Et comme ce jugement n'est autre chose que la consnce , il s'ensuit fort bien que la conscience est la prochaine ,4e de la bonté ou de la malice des actes de la volonté huline. Saint Paul confirme tout ceci, quand il dit : Ce qui n'est i de la foi est péché (Rom. 14) , entendant par la foi la loscience, selon que l'ont interprété plus communément les ères grecs et latins (i). '
le dois donc reconnaître ici l'obligation que j'ai à Dieu de n'avoir donné la lumière de la conscience , et je conclurai que e ne dois rien faire et entreprendre contre les suggestions de na propre conscience. Je la dois écouter avec attention , avec âlence, avec respect, avec obéissance. Car, puisque Dieu me l'a
(1)I>. Chryst. D. Ambros. Theodoret.
138 L4 mÉOLOGl£ AFFECTIVE
donnée (ipur guide et pour règle,, ce sfirait une témérité à m volonté de lui résister» en foirant le contraire de ce qu'elle m dicte et m'enseigne, Co 3erait s'exposer au péril de se perdra» et de faire un naalheurem naufrage , en m'éloignant de la rqute qu'elle nie montre. Qu'il ne ni'arrive donc janiais, ô u^qu gieu! d'agir contre vM conscience. Certainement, niou Pieu! s'il m \ue paraît clair qu'une oeuvre soit utile, je ne m'y porlçr^i jamais, et quand il me m% connu qu'il y 9 pécbé dausi un§ action , jeûnais je ne la ferai pour quoi que ce spitt
II. Çonçidére» jeçond^mept quelle est la conscience qui sert de règle pour la bonté QU la malice des actes humains. Q^r il j a diverses ?orie3 de cgnscienfies, qu'il est important 4e bien discerner, l'un^ çst appelée habituelle, qui n'est awire cl{m
que r{im§ même, d'Qiï vient que l'^n dit qu'il y 9 des çongicie.nç^ bonnes et mauvaises, des çonaeiences pure?, et des ppnscience? noires, L'autre conscience est appelée actuelle, ^quelle nous
considérons ici $^vec les théologiens, Or, cette conscience actqeJle, qui est le jugement de l'esprit sur les chq^a qui spnt bonnes ou mauvaises, est eqçare de deux sprtes^ l'une Qreite et Tâttlre
erronée pu fautive. Et, laissant ici la conscience erronée ou fautivci) qui nous représente le hien comme s'il était mal, et le mal comme s'il était hien, nous devons diviser la conscience droite et qui npus dinge droitement, en deu^ espèces. I# première fst l^ conscience droite et certaine, par laquelle nous jugeons av§c assurance de la bonté ou de la m^Ucp des choses que nous avons à faire, fondés sur un bon et solicle raisonnement , dont les principes sont tirés de la Fpi, pu des lumières de 1^ nature , claires et évidentes , comme si lîi conscience me dicte qu'il faut adorer Jésus-Christ au Saint-Sacrement^ parce que la Foi m'y enseigne sa présence. J^a seconde conscience, qui est encore droite, pst la conscience prpbabje, par laquelle nous jugeons de la bonté ou de V^ malice de§ choses que nous avpns à faire^ fondés sur une raison probable et digne d'être reçue par un esprit prudent, encore qpe la chose pe spit pas si assurée, que l'on ne puisse pvoir quelque sorte de crainte du contraire. Comme si la conscience me djcle qu'il faut fajre ou évitçr quelque action, parce que des hommes pieux et savants en ont dit leur avis; si je ne vois rien qui y soit contraire à r Ecriture, à TEglise et au sentiment universel de tous les
UtS ÀGT£ft flUMAWS. 130
docteS} oicoFe que je puisse avoir quelque appréhension da oontraire, pour quelque difficulté qui se présente dans œtte affaire. Cette conscience peut encore être appelée droite» puisqu'elle dirige bi^ In volonté, et l'exempte de péché dans aon action ; car oe sarà chose id)surde de demander en toutes sortes de matières des démonstrations évidentes, telles que sont celles des mathéniatiques, et la volonté peut suivre les suggestions de la conscience droite et certaine , ou de la conscience seulement probable ; c'est pourquoi elles sont des régies sûres de la bonté ou de la malice des actions humaines. U y en a qui ajoutent à ces consciences la conscience douteuse et scrupuleuse ; 'mais, pour parler proprement, la conscience douteuse n'est qu'une ombre de conscience, parce que, dans le doute, on ne forme pas de jugement de )a bonté ou de la nialice de l'action ; mais on tient l'esprit en suspens, sans se déterminer de part ou d'autre. Et quant i la conscience scrupuleuse, en tant que scrupuleuse précisément, elle n'est qu'un accident de la conscience droite , certaine ou seulement probable, c'est-à-dire la crainte qu'il n'y ait péché en ce que l'une 6t l'autre dicte être licite ; mais crainte qui est fortement imprimée, et qui^ donne de la peine, Quoi qu'il en soit, ni le doute ni le scrupule ne doivent régler la volonté , niais c'est )a conscience certaine ou probable.
Je tirerai de ce point des résolutions de suivre en toutes mes actions la conscience droite ou la certaine, ou du moins celle qui sera vraiment probable. Comme l'architecte ne peut édifier, s'il ne pose son niveau pour bien dresser son ouvrage , aussi je ne puis dresser mon édifice spirituel que par le niveau de l'une* ou l'autre des consciences droites, Je ne dois donc jamais faire une action dans le doute du péché ; mais auparavant je dois m'assurer par la droite conscience que la chose est licite. Seigneur, donnez^moi cette conscience droite. Crée:ii en moi m cœur pufj et renouvelez en mon intérieur un esprit droit (Ps. SO).
m. Considérez que si la conscience e^t erronée et fautive , c'est-à-dire que si Tesprit se méprend et juge mal| représentant le bien pour le mal, ou le mal pour le bien, elle n'est pas )a règle de la bonté, ou de la malice des actes de la volonté humaine, I^es théologiens éclaircissent cette considération par la distinction de deux sortes d'ignorance, l'une invincible, l'autre ïinciblo } ciir il arrive quelquefois que la coniicience est erronée
140 LA THÉOLOGIE AFFECTIVB.
et fauUve, et que Tesprit juge mal par une ignorance innocente, et à laquelle il ne peut reiQédier y c'est l'ignorance invincible , comme serait celle d'un pauvre barbare, qui habite dans des déserts, éloigné de toute la chrétienté, qui ignore les préceptes de se confesser, et d'observer les fêtes et les autres exercices de la religion chrétienne ; et alors la volonté qui se dirige selon les suggestions de cette conscience erronée par une ignorance invincible, et qui n'est pas criminelle, ne pèche pas ; elle pécherait au contraire, si elle agissait contre cette conscience. Au reste , il arrive le plus souvent que la conscience est erronée et fautive par une ignorance vincible, à laquelle on peut remédier en retranchant la cause de l'erreur, qui est souvent une volonté df^pravée, et une illusion d'amour propre et de propre intérêt; car la proximité et Talliance de ces deux facultés intérieures , Tentendement et la volonté, font qu*ils s'entre-communiquent facilement leurs propres défauts, en se défendant réciproquement, comme deux compagnons dont l'un débauche l'autre ; ou comme deux chambres voisines, la fiimée de Tune pénétrant aisément à l'autre ; ainsi l'esprit vicié par de mauvaises opinions pervertit la volonté et la porte au mal ; et réciproquement, la volonté dépravée incline l'esprit à porter son jugement en faveur de ses passions. Le feu est tombéy dit le Psalmiste, et ils n'ont point vu le soleil de la vérité (Ps. 57). Ainsi, en corrigeant les mauvaises mœurs, on remédie souvent à l'ignorance vincible, et on possède des connaissances salutaires, et l'on a des sentiments véritables. On peut encore guérir celte conscience erronée et vincible , en considérant plus mûrement les choses , en se faisant instruire de ce qui est de son salut, autant que l'on y est obligé, en recourant au conseil des personnes doctes, en se mettant en bon état par la pénitence , et en demandant à Dieu des lumières pour se bien conduire , ou par d'autres voies. Mais la volonté, qui suit la conscience erronée, pèche et est coupable ; et on peut dire que cette conscience erronée est l'origine d'un nombre infini de péchés, comme sont les schismes, les hérésies, les guerres injustes, les révoltes contre les supérieurs, les procès iniques, les sentences injustes, les divisions, les désobéissances manifestes , le mépris des lois de l'Eglise et des ordonnances du souverain pontife. Ceux qui commettent ces fautes, pour la plupart, le font par une conscience erronée, qui
DES ACTES HUHÀIKS. 141
ne les excusati pas. au jugement de Dieu. Ainsi , un hérétique pèche dans les exercices de sa religion prétendue, quoique peutêtre il suive ce que sa conscience lui dicte , parce que sa conscience est erronée et fautive par une ignorance vincible à laquelle il pourrait remédier , en considérant posémeiit et sans aversion la splendeur de l'Eglise catholique , la succession de ses prélats, le consentement de ses docteurs, l'autorité et l'antiquité de ses conciles, et cinquante autres motiÊ qui doivent porter toute personne de bon esprit et prudente à se ranger de son parti. Ainsi un chrétien pèche, qui pense que plusieurs actions mauvaises lui sont permises, parce qu'il n'assiste pas aux sermons et aux catéchismes, où il pourrait être guéri de son ignorance. Et il ne lui sert de rien d'alléguer qu'il l'a fait simplement et de bonne foi, car Jésus-Christ ne dit pas seulement que nous soyons simples comme la colombe, il ajoute aussi que nous soyons prudents comme le serpent. De là vient que celui qui a une conscience erronée est obligé de la déposer et de la changer en une meilleure et plus droite ; car il est souvent expédient à l'homme, qui est imbu de mauvaises maximes, d'en apprendre de meilleures, et de former sa conscience d'après elle. Même il arrive que ceux qui ont été les plus doctes et les plus vertueux, diangent avec l'âge les opinions qu'ils avaient étant plus jeunes, à mesure qu'ils découvrent plus avant la vérité. C'est pourquoi, comme cette conscience erronée est ou trop étroite et scrupuleuse, comme en ceux qui trouvent du péché presque partout, ou trop large et téméraire, comme en ceux qui, par témérité d'esprit, ne trouvent pas de difficulté en la plupart des mauvaises actions, il faut éviter ces extrémités, et juger sans erreur de la qualité bonne ou mauvaise de leurs actes. Ce qui leur est possible, puisque noas supposons que leur conscience trop large ou trop étroite est seulement erronée par une ignorance vmcible, de laquelle par conséquent ils peuvent se dépouiller, au lieu de s'engager dans des fautes continuelles, en suivant une règle défectueuse.
Apprends ici, ô mon âme ! combien il est important de bien foriâer sa conscience et de juger sainement selon la vérité, de la bonté, de la malice ou de l'indifférence des actes que tu as à produire. Délivrez-moi donc, 6 mon Dieu ! des erreurs et des jugements fautifs. Ne permettez pas que j'engage mon salut par de &usses opinions. Donnez-moi un esprit assez pénétrant, pour
14i LA TMOLOGU ÀPFEGYIVE.
ies apereetoir, afin que Je flnite le mi en lônt ee que J'ai ft dire, i penser, à d^rer, i consdller et à pratiquer ; t^ nsm êtes la vérité, et nous ne pcmvons aller à tous que par la vérfté. Enseignez^a nous donc, d mon Dieu! tous à qui nous avons recours dans nos perplexités. Pour ce sujet, je me porterai à l'étude^ si j'en suis capable, pour connaître la vérité ; si je A*en sois pas capable, je consulterai les plus savants et les plus pieux, pour suivre leurs conseils. Je ne cesserai, pour toutes tes choses, d'invoquer l'assistance céleste, afin que je sois délivré tte la conscience erronée, contre laquelle Je dois employer tous les moyens qui seront en mon pouvoir.
DOUZIÈME MÉDITATION