DE LA CONSCIENCE SCRUPULEUSE OU DU SCRUPULE
I. Le scrupule est un jugement porté à la légère qui fait tronyer le péché, là où il n'existe pas; ce jugement fait peine à rame, et la tourmente. D'abord, le scrupule est appelé un jugement, parce que c'est un acte de l'esprit qui juge mal de la vérité du péché, pensant qu'il est où il n'est pas. Ce jugonent est porté à la légère, c'est-à-dire, mal fondé sur quelques apparences ou conjectures, qui ne sont point assez fortes pour asseoir un bon et sain jugement, d'où vient que le scrupule est une espèce d'erreur, et la conscience scrupuleuse est une espèce de conscience erronée et fautive. Ce jugement léger et mal fondé consiste à voir le péché où il n'est pas. Ici le mot de péché se prend plus au large, tant pour le mortel, que pour le véniel, et même pour l'imperfection, parce que le scrupule comprend toutes ces choses. Il est encore dit que ce jugement léger fait peine à l'âme et la tourmente, par appréhension et inquiétude , en sorte qu'elle n'en est pas quitte sitôt, mais y demeure longtemps, et en est obsédée à diverses reprises. C'est pour cela que ce jugement est appelé scrupule, qui, en sa propre signification, n'est autre chose qu'un grain de gravier, qui fait mal au pied d'un voyageur, et le force à n'avancer que difficilement. Or, par toutes ces paroles, il paraît en quoi la conscience scrupuleuse est distincte des autres, et premièrement de la conscience droite, qui est un jugement non léger et téméraire, mais bien fondé sur de bons principes et un solide raisonnement, bien que quelquefois le scrupule soit uni à cette conscience, et l'accompagne dans quelques esprits. Secondement, la conscience scrupuleuse est distincte de la conscience probable et opinante, qui est encore un jugement non léger et téméraire, mais fondé sur des raisons considérables, et qui peuvent faire impression sur un esprit sage
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et prudent. Et, bien que celte conscience qui juge de la bonté d'une action, ait quelque appréhension du contraire, et craigne qu'il n'y ait péché , toutefois cette appréhension est fort modérée, et ne cause pas de peine et de tourment, comme le scrupule qui inquiète une âme en diverses manières. Troisièmement, le scrupule est encore distmct de la conscience dite douteuse, dans laquelle l'esprit est en balance, si une acflbn est bonne ou mauvaise, sans être déterminé à aucun des deux partis ; au lieu que le scrupule fait juger qu'il y a péché où il n'est pas. D'où vient que, quand il se rencontre avec la conscience droite ou probable, qui juge l'action bonne, l'âme est harcelée de deux cAtés, et se porte à tous les deux partis, étant ainsi divisée en elle-même, et tirée çà et là ; c'est une espèce de peine intérieure et d'affliction spirituelle qui la retarde dans la voie de son salut. Enfin, bien que la conscience scrupuleuse soit vraiment erronée et fautive, il y a pourtant cette différence, que par la conscience erronée prise en général, on juge faussement, tant du bien que du mal de Faction; et par le scrupule, on juge seulement du mal de l'action ; c'est pourquoi c'est une partie de la conscience erronée , étant vraiment une erreur de l'esprit. En outre, le scrupule n'est pas toujours un jugement arrêté comme la conscience erronée , mais bien souvent ce n'est qu'un soupçon de quelque mal imaginaire, pour de petites raisons et de légères apparences, joint à un tourment qu'il produit dans l'esprit, ainsi que le définissent les plus habiles théologiens.
Je reconnaîtrai par cette considération ce que c'est au vrai que le scrupule et la conscience erronée, afin que, si j'ai à y remédier, je ne ressemble pas au médecin peu expert, qui, prenant une maladie pour une autre, fait des ordonnances peu convenables et même nuisibles. Je reconnaîtrai pareillement l'abus de plusieurs personnes libertines et adonnées au vice , qui appellent scrupuleuses celles qui ne suivent pas leurs libertés vicieusl^, mais qui vivent plus modestement dans les règles de la vraie religion, et dans une crainte légitime d'offenser Dieu. Quel désordre ! un ivrogne appelle scrupuleux celui qui est plus tempérant ; un impur appelle scrupuleux celui qui est plus chaste et plus retenu; une religieuse, qui n'observe pas la règle, appelle scrupuleuse celle qui la garde mieux. Quelle dépravation parmi les chrétiens ! Il faut donc se garder de se méprendre ici, et ne
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point appeler loi choses autremont que par leur propre nom. La Yerfu n'est pas scrupule, ni la dévotion, ni la vraie piélé, ni an* cun acte de vertu. Corrigeona^nous donc de cette façon de parier, injurieuse au prochain et désagréable i Dieu, en Qonçeyant t^i^a la définiiion du squpule.
n. Considérez s'il est bon d'avoir des sorupulea, ou s'il vaut mieux en élre tout<-i^&it exenipt. Q'un côté , )ea scrupules semblent trèsT^utiles et trës^profitaÙes k trois sortes de femu^ nés (1), Les prepiières, cdles qui sont fort morti^éêsi l^s secondes, celles qui aont nouvelleinent sorties d'une vi4 trop libertine, et les troisi^ea, celles qui put la cooseienet» trop large, CaTi copaoïe ppur redresser m arbre tortu on te pencha d'un autre côté, afin qu'il devienne droit, ainsi il en aiTive i une àme irop portée au vice } |e scrupule la tournant dans un autre sepa , la fait revenir à un état droit et juste* Il lui pert aussi de frein et de retenue pour ne se point échapper si libre^ ment en plusieurs oS'enaes, et se retenir daps les impétuosités de ses passions, qui portent tpm'ours une ftme au péché. Il sert pour a'aSermir et s'enraciner dans la vertu, qui a coutume de devenir plus forte et plus constante après avoir tenu bon parmi les secousses et les agitations qu'elle a souffertes à l'occasion de ses peines et de ses angoisses scrupuleuses ; ainsi qu'un arbre tient plus ferme dans la terre , après avoir été battu et frappé des vents. Le scrupule aide aussi une âme à connaître sa propre faiblesse et son aveuglement, car un homme savant, qui décir* dera pertinemment les plus grandes questions de la Théologie, a bien sujet de s'humilier, lorsque, tourmenté de scrupules, il propose mille demandes extravagantes, qui font dout^ s'il n'a pas perdu l'usage de la raison» C'est pourquoi il n'a pas grand sujet de s'enorgueillir de ses études et de sa science, attendu qu'il ne peut pas s'éclairer lui-même sur plusieurs pointa oà les^plus ignorants sont très^ clairvoyants, Je n'ai pas de scrupule, dit MU bon écrivain de ce siècle, de mettre les scrupules au nombre des bienfaits de Di^u. Pieu montre ici sa grande sagesse, en procurant notre s^lMt par des moyens qui semblent de prime* abord contraires à notre salut, 11 permet que les âmes soient inquiétées et troublées de acrupule, pour les faire parvenir au
(Ipaililliui lUaa^ui, L, 0, 49 C^f ^ a« 8,
DES ACTES BUMADIB. llttt
Trai ropos» et pour qu'en endurant plus de souffinuMeii elki acquièrent de plus grandes récompenses. Si l'on peut devenir martyr sans répandre son sang en cette vie, c'est par le supplice des scrupules y de sorte que celui-là peut être estimé martyr, qui les supporte constamment pour obéir i la volonté de Dieu. Les scrupules sont des aiguillons qui stimulent un esprit pour l'empêcher de s'endormir au service de Dieu; afin que ses serviteurs marchent avec sûreté, Dieu les tient dans la défiance, et ainsi redoutant surtout de lui déplaire, ils s'écartent d'autant plus du péché, qu'ils appréhendent davantage d'y tomber. Enfin le scrupule purifie les ftmes et tient lieu de la pénitence et de la satis&ctiou, qui servent à expier les restes et les peines des offenses passées; si bien que cette peine est pour plusieurs comme un cruel Purgatoire en cette vie, pour les affranchir de celui de l'autre vie beaucoup plus rigoureux. Au reste, si on retourne la médaille , les scrupules ont beaucoup d'inconvénientt qui font que les âmes plus par&iles, et qui ne sont pas dans une via trop Iftche et trop libertine, doivent s'en affranchir de tout leur pouvoir; car ils arrêtent une àme dans la voie de la per^ foction, laquelle ne pensant inutilement qu'aux choses passées, ne regarde pas aux biens et aux vertus qui lui manquent encore, pour y faire quelque progrès à l'avenir. Ils font trouver la voie de Dieu si dure, si épineuse et si horrible, que quelquefois par désespoir de ne s'y pouvoir maintenir, les ftmes l'abandonnent. Us resserrent le cœur qui doit être dilaté pour aimer Dieu franchement, pour penser à lui, et travailler généreusement pour lui; si bien qu'il ne faut point espérer grande pratique de vertu dans une âme tourmentée de leur violence, parce que l'espérance lui &it défaut, elle qui anime à bien faire, aussi bien que la joie et l'allégresse intérieure, qui sert à perfectionner les bomies œuvres, et à les rendre plus accomplies. Ils agissent tumultueusement dans Tâme; de là vient que les inspirations de Dieu, et h voix secrète du Saint-Esprit y sont moins entendues, comme il arrive qu'une voix n'est pas entendue parmi les cris et les séditions populaires. Ils offusquent aussi la vive clarté de la raison, et étouffent ses lumières, la jetant sur le bord du préci* piee de la folie. Us rendent souvent un homme inhabile à assister le prochain, et à travailler au salut des autres, pour lesquels ils rfifiise de s'employer, à (Sause de ses scrupules. Néanmoins, bien
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qu'il ait une grande habileté et de beaux talents pour réussir, nonseulement ces talents demeurent enfouis et seront inutiles ; mais encore, il détourne les autres de s'y employer, comme un soldat timide qui jette la peur dans les rangs, et empêche ses compagnons de bien combattre. C'est pourquoi la conversation des scrupuleux est nuisible à quelques-uns. Après tout, Dieu qui choisit les lieux de paix pour y habiter, n'habite pas dans une ftme troublée; non qu'il se retire toujours par l'éloignement de sa grftce sanctifiante, mais parce qu'il ne se platt pas à s'y communiquer par l'efiusion de ses faveurs plus spéciales, avec lesquelles il caresse certaines âmes qqi sont dans le silence et la tranquillité. Toutes ces choses balancées de part et d'autre, il faut se borner à dire que les scrupules sont bons pour les trois sortes de personnes désignées au commencement de cette considération, jusqu'à ce que , par leur moyen, elles aient changé leur état en un meilleur, et s'y soient affermies l'espace de quelques mois ou d'une année entière. Pour les âmes mieux réglées en leur vie, il leur est plus expédient de se délivrer des scrupules, et si elles ne le peuvent, de vivre résipées en Dieu, les souffrant de telle sorte, qu'elles en ressentent le moins de dommage possible.
Ce sera le fruit de cette considération. le louerai ausa la providence de Dieu, qui a tant de sortes de voies et de moyens pour conduire les âmes à leur fin bienheureuse. Si je sens ma vie trop libertine et trop immortifiée, j'estimerai comme un bienfait secret et caché que Dieu me prodigue en m'envoyant des scrupules, qui me réveillent pour m'empêcher de trop m'assoupir sur l'affaire de mon salut. Je les prendrai comme des avertissements salutaires. Et néanmoins, puisqu'il est jugé plus convenable après quelque temps de chercher à s'en délivrer, j'aurai recours aux remèdes les plus faciles pour m'y soustraire , afin de chanter à Dieu pour action de louange : // m'a sauvé de h pusillanimité et de resprit et de la tempête (Ps. 54).
III. Considérez quels sont les remèdes des scrupules. La première chose à observer par celui qui entreprend de les guérir, c'est de les bien reconnaître, et de discerner l'âme vraiment scrupuleuse de la conscience douteuse ou opinante. Puis il doit examiner les sources du scrupule et de quelles causes il pro-
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vient; si c'est d'un naturel trop timide , froid et mélancoliquei c'est le scrupule le plus difficile à guérir ; si c'est de Tignorance, de la sui^estioQ du diable, de la difficulté de Taffaire, de la diversité des opinions entre les théologiens et les casuistes sur une même question, ou bien si c'est du grand amour de Dieu et du grand désir qu'a une âme de lui plaire, d'où natt quelquefois une certaine jalousie spirituelle de n'être pas assez avant dans son amitié. Car cet amour a la vue subtile et fait voir à une &me plusieurs choses imparfaites et défectueuses, qui pour d'autres sont de bon aloi et irrépréhensibles. Or, comme tous ces scrupules sont différents, ils demandent aussi divers remèdes I qui sont en si grand nombre, à cause de la variété infinie des choses morales, qu'il ne nous serait pas possible de les réunir en un seul point, comme il ne serait pas convenable à notre dessein de les étendre en plusieurs. Le remède le plus général qu'approuvent les théologiens (1) est que l'ftme scrupuleuse méprise le scrupule, et qu'elle agisse à l'opposé de ce qu'il lui suggère, se fondant sur divers principes extérieurs pour se rassurer contre lui; car il faut savoh* que quiconque fait ses actions de bonne foi pour plaire à Dieu, après une élude médiocre pour s'éclaircir s'il fait bien, ne pèche pas dans la pratique. Dans les matières morales, il ne faut pas rechercher une assurance exacte jusqu'au dernier point. Celui qui s'est confessé de ses péchés, après une attention ordinaire à s'examiner, peut demeurer tranquille, sans se troubler du doute de s'être suffisamment examiné. Le scrupuleux peut suivre l'opinion de son confesseur contre la sienne propre, en approchant de la communion (2), formant sa conscience qu'il fait bien de communier, puisque son confesseur le juge ainsi, quoiqu'il pense pécher selon sa propre opinion. Le scrupuleux ne pèche pas, quoiqu'il pense pécher dans des actions ou des omissions qui ne dépendent pas de lui, mais qui sont nécessaires, comme s'il pensait pécher d'avoir des pensées horribles contre la Foi (3), qu'il ne peut chasser, il ne pèche pas plus que le prisonnier qui croit pécher en n'assistant pas à la messe n'en ayant pas le pouvoir et la liberté. Le doute de pécher dans une action ne
(t) Saarex, in i* 2. Disp. 12. Sect. vit. — (2) loannei Sanchius, in Select. Disp. il. — (8) Layman. 1. i. Tract, i. c. 4.
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fidt ]>as fM la aorapûlem pécbe^ cmM&e feraient «eiix qui mi ïkm% plus tranquille, qui na peatafil tieitement fimre me action afeo le daate qu'B y ait péehé. Ce qu'il faut entendra de cehri qui est torapulem: ateo un tel excès, qu'il ne peut moralement se déAiire de ce doute, qui le tourmenta sur la plupart des actions qu'il fait. Il est sourent utile que l'homme se tienne potif assunS d'être en grâce avec Dieu, et ait cette confiance malgré la crainte qui lui vient du contraire. Mais le plus grand mal est que cette ftme scrupuleuse croit être raisonnable en ses craintes, pensant qu'elles sont très-justes ; où il n'y a que trois pieds d'eau, elle s'imagine qu'il y à un abîma pour la noyer. C'est pourquoi Gerson, le bon médecin et k consolateur des âmes, hii donne cet avis (1) ! Premièrement^ dit-il, que l'on mette en oubli le temps passé, si ce n'est pour an demander pardon k Dieu en général, sans rien spécifier, par une ccmtrilion complète, comme en disatit : Jusqu'ici, nen Dieu^ j'ai perdu mon temps par une mauvaise vie, pour laquelle je*Be vous puis ofiGrir <r autre expiation qu^m cœur contrit et humilié ; recevee-le, Seigneur, et ne le dédaignez pas, ne vous ressouvenes pas des butes de ma jeunesse et de mon ignorance» Secondem^t, si le temps passé se représente trop souvent à la asémoire, par mto crainte de n'en pas avoir feit une confessioQ entière, que l'on s'humilie, en disant : Je sais, mon Dieu, que, quand j'emploierais toutes mes forces, je fie pourrais feire ime confession telle que le réclament mes péchés. Vous connaissez ma Volonté et le désir que vous m'avez inspiré de ne rien cacher. Puisque mon confesseur se tient suffisamment informé de ma vie passée, c'est assez, A mon Dieu I j'ai mis en oubli le temps passé pour obéir à vos conseils, et mieux m'adonner dorénavant A votre service. Troisièmement, qu'une personne qui ^availle teus les jours dans la vie active, ne s^attende point ft avoir une paix et une sérénité de pensée, Comme une autre personne ptes solitaire et plus retirée; car, dani^ une telle ptétentiim, il pourrait y avoir ou trop d'orgueil, ou un vain effort, ou une grave mélancolie. Quatrièmement, celui qui veut don*^ ner son amoiur à Dieu, doit se garder soigneusement de trop attacher son esprit aux pensées des choses particulières, grandes ou petites ; mais il doit élever son cœur aux perfections de Dieu,
(i) Gersoo, 10, 4, ia Fine.
en disant : Dioa tris-bon, tris-misericordieiix I Ou bien i punie I è siiiitstél ô douceur de mon Dieul Par de telles peaaées «i d* tela tiana ^ une âme se préserte da danger des iaiagiaatîaas et dea appréhensiens qui peufmit arriver, pour s!inpriBMr et se figurer trop fixement les efaoses corporrtles. D'où Bsnt que* l'en défend quelqueféis la pensée trap continue de ses propres péebés» du feu de Tentor , du jugement et de h nmri Âa reata» le remède souTerain pour la personne scrupu-* leuse qui ne p«it pas prendre un parli conf enable, c'est de ne pis se fier & elle-même, mais à des personnes sagas et pieuses, et entre toutea, i celles à qui l'en se confesse. Ce remède comprend tous les autres, et les Mt appliquer en temps et Ueu. Les anges du Ciel le conseilleraient eux-mêmes, comme fit autrefois un saint du Paradis apparaissant à un scrupuleux ; car un eoii^ fesseur discret et non téméraire, qui est sat ant, et non aveugle, qui est expert, et non novice dans l'art d'assister les âmes; qm a eu ^u^eura fois des prises avec le tentateur des âmes et est aceeutuoié & lii résister fermement \ qui est patient el compa* tissaat et nm un tjftan sévère des conaciettces Mbles^ saura bien avee la tempa, ou chasser k scrupiite, ou liire en série qu'il M pMie auautt dommage aux pénilenla obéissant», qui en sont tourmoités. Il régira les examens de conseienee, de ma* niera qu'Us ne soient pas de trop longue durée » et t» confessions» de manière qu'eÛes ne soient pas trop IMqumites ; il leur eigoîadra parfois de communier sans confession, et d'autres fois, leur adressera dea reproches comme s'ils faisaient injure â la bonté da Dieu, en le regardant comme un juge sévère et san-* guNieiffa^ qui n'épierail que les oecasiona de perdra et de rui^^ aer, au- lieu de le regarder comme un père plein de bonté, qui ne désira que la Sakn des âmes. D'autres (bis il hi consolera et laa asaurera» que la rémission des péebéi par lés sacrements, est un article da Foi, qu'il fisiut eroire avec non moins d'asstt«* rance que les autres articles dû syMbetu des Apêtreàr. AprèH tout cela, il leur fera avoir recours à l'oraison, et dire avec David : Otez-moi ropprohre que je soupçonne; car vos jugements sont pleins de bonté (Ps. 118) / Et quand ils ne seront pas exaucés, il leur enseignera à se résigner à la volonté de Dieu dans ces perplexités, et à lui offrir les frayeurs et les angoisses de leurs cœurs, comme on ferait une affliction temporelle en sa-
tisfaction de ses péchés; et enfin à reconnattre que l'on ne mérite pas d'avoir du repos en ce monde, et qu'il faut l'espérer pour le Ciel. C'est peut-être le meilleur moyen de traiter ainsi les scrupuleux dans les remords dont leur conscience est incessamment déchirée, et encore plus si leur peine intérieure est augmentée par la vue du jugement de Dieu, et par des pensées de désespoir; car souvent Dieu a ce dessein de purifier un pécheur par ces peines et ces désolations intérieures. Qu'a donc à faire un sage directeur, que de tenir ce pécheur humblement résigné à la sagesse de Dieu, qui veut, par ces souffrances, le porter à une plus grande pureté, tâchant seulement d'en empêcher la perte, comme le sage pilote, dans la fureur de la tempête , se contente d'empêcher le naufirage de son vaisseau, sans s'amuser à rompre le vent et la vague auxquels il l'abandonne pour un temps, le garantissant mieux par cette industrie.
Il faut remarqua ces remèdes et ces avis pour soi et pour autrui Mais il &ut en même temps admirer et bénir la providence de Dieu, qui fournit les moyens de consoler les âmes découragées, de fortifier les faibles, et de rassurer les timides et les vacillantes, de manière à ce qu'elles prennent toutes confiance pour être soulagées en leurs inquiétudes et leurs peines intérieures. Seigneur, que votre esprit est doux et bon pour elles, que votre conduite est pleine de bonté et conforme à leurs faiblesses et à leurs infirmités ! Oh ! qu'elles croient donc et se soumettent aux conseils des excellents pasteurs que vous leur avez donnés, ne cherchant rien de plus. Que vos ravissantes paroles s'impriment en nos âmes, apjMrenez de moi que je suis doux et humble de cœur^ et vous trouverez le repos ; ear mon joug est doux^ et ma charge n*est point pesante (Matth. 11). Courage donc, âmes tourmentées d'angoisses intérieures ; satisfaites ainsi à la justice de Dieu, persistez avec résignation dans ce martyre de conscience, tant qu'il plaira à Dieu.
QUATORZIÈME MÉDITATION