II
184 LA THJËOLOGIE AFFECTIVE.
âmes, il en met dans les richesses, cUms la iM|i;^vrQté, d^ notie boire et notre mangers dans noU*e repos et Qol^ l,ça\ait et dlp nos œuvres (1) ; mavs vous, Sçigneur, faite^nouâ ^V^W 1^ Ô^ des chasseurs. Éclairefs mes yeux, ô lumière (JiJiviAy^I. afin qii^y voie ces filçts, et que je ne m.'î laijssç. pa% prçojdce QW ; V^^ B^ les éviter, sino^ celui qui les voit ; et qui peut, 1^ xoii;, siw)fi celui que you^ illuminez? Âpr^ ces élans ae saint Aug[U4tjft, écriez-vous iptérieurçm.ent : Ajb! mon Vjeul a'il n'y çxail p^ yous seul au mondç^ et mol seul^ de cr&^jtu;çe, je n'^isp^rm W que yous; poMrc[uoi donc ayaM mis au mop4e des cçéativKS a,vec moi poui; m'aider à vous aijaQier, vous ain^ra;-je ^ m^oin^ à cause d'elles? Hélas I faujt-ii que ce qui doit me donner 1%^ me. causç. la mort, que ce qui doit m 'enflammer de votre aiQOur me re&oidis^e, et que ce qui doit m'avancer me reculj^; ma propre volonté même', qui est ma plyi^ noble puissan/i^è,. est, la cause la plus directe d!e qua misère. 4b I Seigneijirl je sui^ peniii sans V0U3.
III. Coi^idérez que les causes et Les soui:ces prijici^^a du iglir ché sont dans» l'bQmmQ; mém.e>. dans ses puissance et seS: 4w^ tés naturelles, p^tipullèreofi^t Tentender^ent, la volonté et l'agr petit sensuel, qui spnt daos un état d'imperfi^çtioa , et dans p désordre qui donne lieu au péçhi^ et à la, trai^ression qh omîsr sion de la loi de Dieu, qui se trojiive dan^ T^te dU; péché. Pour bien^ comprendre celt,e vérité, il faut considérer que çeî puissances ayant de l'inclination pour le bieq, et étant les ppinjci pes des actes humains, jamais ces actes ne seraient çi^tacbéi de péché, si ces principes n'étaient auparay^t corrompu^. Jili effet, ces principes des actes humains et ces prmçipaL^ £af^ulté sont corrompus et défectueux. Savoir , rentenden^^L par liii gnorancQ , l'appétit sensuel par l'infirmité ,, et la vjoloi^té pa la malice qui consiste à moins aimei; ie& plus g^and^ bi^ et à plus aimer les moindres biens ou ce qui n'est, au cunement bien, car la volonté est enti;ajnée. par son ajodpur comme les choses pesantes par leur poids. De là vient que. M causes les plus immédiates et les plus proches, du péqhé soi rignorance, l'infirmité et la malice, qu| corrompent les principe des actes humains. Ce sont les trois sources les plus générale
(1) D. Aug. Som. c. 29.
K8 iicTE9 mmàmé. fOS
m9 pftii^* UioMStcî tst corrompu par rîgnomnco , rârreor, Il h flmsse opinion^ après qnoî il n'y a pas do bien à espérer ar fhoimne. L*hit^6ct bien éclairé est cet œil simpîe dont parte Il Téritf) qoî rend Phomme tout glorieux et éclatant par ses boriAes' actions. Si ton œil est simple, tout ton corps sera trit^ iM (latft. tf). Macr si cet œil est malade et gâté, il n'est capMft qoB it tsSn trébnclier Ffeomme â chaque pas, car il ne KNt poÂit 9M dtemin r'Si h lumiëre qnï est en toi n*est que ténè-insT, terni ton corps ura tênékreax (Matth. 6). Si ton entendement, qui est kr hmSre de nme, est Toflé par tes ténèbres ie Terreur et des flnsses' croyances, sHf est rempli d'ignorance pour le véritablB Nen sans savoir te discerner, que peut-il' en résulter autre chose que des offenses envers Keu et des œuvres de ténèbres ? L'ignonmce qor est lir première corruption de l'entendement, est donc aussi h première source du péché. Cette ignorance est ou affectée, comme est cdle des hérétiques, qui ne ventent pas se readre dbciles aux vraies instructions dis l'Eglise , et lui disent comme ces hnpies: dans' Job : Retirez-^ous de nous, nous ne voubns pas hf sdenee de vos voies (?t) ; ou bien elle esf réelle, comme dans ceux qui ne font rien pour éire instruits , quoiqu'il n'y rfeiistent pas expressément ; c'est pourquoi celte ignorance amoindrira leur enfer, mais ne les en délivrera pas, selon ce que dit saint Augustin (f). L'ignorance de ceux qui sont trop peu* stadSeux, ne tes excuse pas dti péché au point de les empêfhef dfe brM'er du feu étemel, maiis peut-être y brûleront-ils moinsi La seconde cause est Finfirmité , par laquelle on entend quellque passion un peu trop véhémente , qui empêche Tâme d'e réussir- dïinB tes actions vertueuses, conraie dans un corps infirme hr fislbcatiôn: des membres, ou te débordement dfes humeurs, empèchenl te puissance motrice de bien ftiire les actions naturelles. 6et0e véhémence des passiuns^ cause le mal de trois manières r *• par distraction, parce qtf'elle attache toute Tàme â son objef et^ la- distrait des pensées qui pourraient dissuader dh p^hé. 9. Par sa contrariété avec te raison, car là passion pense à son intérêt, et la raison à IMeu ; or, tes contraires se détruisent l'un l'autre ; 3. Par l'immulation du corps, car les passions l'altèrent comme les fièvres, si bien qu'il y en a qui deviennent
(1) De Grat. et Lib. Arbit. c. 4.
fous d'amour ou de colère. Et comme les dispositions du c refluent sur Tesprit , à cause de rhai'monie et de la corresj dance de toutes ses parties entre elles, Tâme est souvent o quée par les passions, elle est moins réfléchie et plus porté< péché. La troisième cause est la malice, par laquelle on enten la puissance libre de la volonté, laquelle, pour se sauver de < que mcommodité, ou arriver à quelque bien temporel, quoiqi ne soit nullement empêchée par l'ignorance, ou emportée la passion, se détermine de plein gré, contre toute con^ ration, à commettre le péché. lU te torU retirés de Dieu Job, comme à dessein, et n'ont pas voulu conntâtre ses (Gbap. 34). Â ces trois causes générales se lient encore < très causes qui font que les péchés inondent et couvrent la d'hommes pécheurs, de sorte que le péché règne presque tout. En premier lieu, les mauvaises habitudes font que 1 se porte au péché comme à une chose naturelle, sans beau de répugnance de la part de la raison ; c'est pourquoi ces chés sont plus volontaires, plus graves, et plus incurable sont appelés péchés de malice. Ensuite un péché qui n'est incontinent effacé par la pénitence, attire par sa pesanteur le grand saint Grégoire (1), Tàme à un autre péché, c'est Mme qui attire r abîme (Ps. 41). En effet, il en est sieurs , à qui il n'y a que le premier péché qui coûte , le mier larcin , la première débauche. Après cela le voile ( honte est levé, et les péchés se multiplient sans mesure. De un péché donne matière à un autre péché, l'avarice à l'inju l'ambition à l'oppression des autres, la débauche au larch meurtre et au mépris des choses saintes. Enfin, le péché tel prive l'homme de la grâce de Dieu et des vertus m( infuses; la grâce sanctifiante n'y est plus, et les grâces tueUes y sont en moindre abondance, en punition de l'infi commise. Par ce moyen, l'homme est exposé sans armes à taque de son ennemi. C'est une cité assiégée, qui n'a qi faibles remparts-, et qui doit bientôt capituler et se rend toutes ces raisons que les théologiens exposent plus au on peut ajouter l'oubli de la dernière fin pour laquelle c créé et des obligations que nous avons do servir Dieu, l'in
(1) L. 25. Moral, c. 0.
espi tmce à changer toutes les résolutions que Ton avait prises en
ék iFapprochant du sacrement de Pénitence ; et encore le peu de pra-
téei tique de la sainte humilité, qui est la vraie mère gardienne de la
^2 pke divine.
ï(ft faivisagerai toutes ces causes comme les vraies racines de
ja'i mes péchés, et plus je les reconnaîtrai réellement en moi, plus
6)1 je gémirai sur moi-même, qui porte avec moi la cause de ma
Bsià perdition. Mais comme il est plus important de guérir la source
I, i du mal, je formerai la généreuse résolution de couper ces raci-
và\ nés, et de faire tarir ces sources. Contre Tignorance, je me pro-
d'»| poserai de m'instruire plus exactement par les conférences spiri-
lem tuelles , par les saintes lectures et les prédications publiques.
pt Contre les passions, je prendrai la résolution de commencer par
rii les mortifier, en m'efforçant de les combattre de tout mon pou-
3co^ ' voir. Contre la malice et le péché déjà commis, j*opposerai sans
s pè délai la pénitence et le ferme propos de ne jamais offenser Dieu
is, i Tolontairement. Seigneur ! mon Dieu ! je vous offre toutes
;t pii ces résolutions, rendez-les efficaces par votre grâce , afin que Pédifice du péché étant ruiné en nous, jusqu'au fondement, nous vous servions avec sainteté et pureté de conscience. Ainsi soit-il.
DIX-NEUVIÈME MÉDITATION