DU PÉCHÉ ORIGINEL
I. Considérez une importante vérité de la Foi, c'est que tous les hommes sont conçus et naissent dans le péché originel, c'est-à-dire, dans la privation de la grâce sanctifiante, et dans une aversion habituelle de leur dernière fin, à cause de la désobéissance d'Adam. Les saintes Écritures attestent constamment cette grande et fondamentale vérité. Job jette les hauts cris de la douleur, et déplore amèrement la nuit dans laquelle il a été dit qu'un homme a été amçu (Job, 3). Le saint prophète David, dans
i98 LA THÉOLOGIE AFFECTIVE»
les angoisses de sa pénitence, se lameate sur le péché origind. Je mis conçu dam les iniqtàtéSt et ma mère m'a conçu dans le péché (Ps. SO). n parle du péché originel au pluriel, parce que bien qu'il soit un, il est pourtant la source de plusieurs autres péchés. Saint Paul en parle aussi en termes précis : Par m homme le péché est entré dans le monde, et par le péché la mort. Et peu après : Par le péché d'un seul , plusieurs soni pécheurt (Rom. 5). Les Pélagiens qui niaient autrefois cette vérité, se sont tournés dé tous côtés pour éviter la force de ces paroles ; mais eo vain, car ils ont eu ai&ire à saint Augustin qui les a réfutés entièrement (1), leur montrant que le baptême ne se donnait si soigneusement aux enfants, que pour les retirer du péché originel, et les rendre capables de la gloire éternelle ; que les exorcismes ne se pratiquaient également sur les petits enfants, que pour les délivrer du démon, qui les possédait par le péché originel \ que le péché n'avait pas été seulement introduit par Adam, comme ayant send d'exemple au péché, car alors on eût pu dire pareillement que le péché avait été introduit dans le monde par Gain, ou par Judas, qui n*ont pas fourni moms de mauvais exemples du péché qu'Adam. Enfin, si ces hérétiques venaient à dire que le Baptême se donnait aux enfants pour les purifier de quelques péchés personnels qu'ils avaient commis, il leur disait que l'infirmité des enfants, que leur ignorance, et l'incapacité où ils sont de recevoir des lois , prouvaient évidemment leur innocence , et que le défaut de sentiment, et le manque de raison, les exemptaient mieux de péché par le silence, que la parole et le discours ne sauraient faire; car les accuser de péché, parce qu'ils pleurent ', parce qu'ils ne peuvent se taire , parce qu'ils sont à charge à ceux qui les nourrissent, c'est plutôt un malheur pour eux, que malice et iniquité de leur part; c'est la très-profonde ignorance dans laquelle ils sont ensevelis à cet âge. Enfin, dit saint Augustin, que l'évidence du fait serve à sa propre preuve, car jamais je n'ai moins de choses à dire, que quand la chose est plus claire d'elle-même que tout ce qu'on pourrait alléguer pour l'éclaircir. De sorte que le Baptême est la preuve irrécusable du péché originel où naissent les hommes (isS). Il en est une autre qui ressort de la misère présente, dans laquelle on
' (1) L.'l; d« Pae. Meritis Remiu. c. 34 et SS, 6te. ^ (i) L^iii. In. c* 7 8ap.
tmre les créatarM htlmaines petidaht cette déplorable ^é ; car echtf qtA cèkisMéMra bien tes faotnmes, les verra de tout point et/ttmipm j ite n'ont pour la plupart ni amour , ni crainte , ni Iwtoheur, tA respect, ni obéissante envers leur Père et Créateur tottf-pùissant; Bs s^nt éloignés de leur devoir et deteùr obligation naturelle eh ce tjui le concerrie. En les coropat^ant l'un à l'autre, aii Mtttt A'êWfè uhis .d'iitaîtiè coittttie ils le devraiettl, j^tiisqu'ils ont reçu d'un même Dieu, Une âme par laquelle ils fraternisent, ils fiohl complètement divisés par des querelles e\ des aversions particttlîèriBs , par des séditions et des guerres publiques ; ils s'entre-haïssent, ils se déchirent l'un Tautre, se dépouillent, et ne se portent aucune biehveillance. Si bn les considère éh etix-haémes, iMÏ y est désordre , leurs sens se soulèvent contre leur inatsoh p^ur désobéir h Dieu , la partie inférieure se rend mattréssé ^ dominante dé celle qui déVrait commander. L'âme est ^ottVeilt dans les ehnùîsj le 'cOi*ps dans l^s langutsurs, dans les nlAladHès, IM dans thille sortes de peines, qui lui causeht la ttwrt aVtec de jgnlihlfe W^rtls. Or , il n'y a point d'apparmèJé ^^ Dieu eût icHé les homtiii^ dan^ un état si désblé et si IcOltèhipu; Nul ouvriéi^ yh)it daUS isbn airt Hë fait d'œuvre atissi gâté« et éui^i contrefaite qUé rhôlUmé dans l'état prëseiit; c'est fa ttiehe et le déshohhëur dé tout le monde, puisiitill ose se sbWteVêi^ ctmii* §en CHàleur. Dieu h'adira point créé l'homme eontWlrfe i U gloire-, à sa puls^ntèë, à sa sagesse et à isa bonté-, il ne l^aura point créé aVec la hâirte de loulfe sorte dé lééitimiè devoir ; cfeperidâHl l'homme est comme cela aujourd'hui, il faut dotic bien croire qii'il à été créé par Dieu dans un état plus parfait, mais tjù'il lui Sera arrivé qutelqUe malheur qui aura Wléré sa première feondition , quelque chute , qui l'aUra jeté dans l'état corrompu et déplorable où il est aujourd'hui. En effet , le chef des hommes est déchu de son bonheur , el a attiré datts sa l*uine toute sa postêt^llé , qui naît au rtlonde avec le péché originel, la sblirce fécbnde de soh malheur.
Je déplorerai donc tiion malheur, d'èlre coriçli dans le pé^ ché originel. Ô Irislé joUr que celui oi Thomnië est bonçiij et plus triste fceldl bù il est enfanté ! Qbël sUjet aui-a l'hdttittiS de se glorifier de son innocence et de sa pureté ^ puisqiié sort origine n'est que souillure et corruption ? Qu'il ne m'arrive donc jamais d'être si aveuglé, que de m'estimer Saint et innocent en
présence de Dieu. Je marcherai donc dans la connaissance de ma bassesse et do mon abjection, je me réputerai d'une trèsvile naissance entre tous les êtres qui ont vie dans ce monde, parce que je suis né dans la souillure du péché originel, que je suis entré en ce monde avec Taversion et l'indignation de Qion '■ Dieu, et détourné de ma dernière fin. Nous sommes égarés dès le sein de nos mères, damnés avant d'être nés, dit samt Bernard, parce que nous sommes nés en péché (1).
II. Considérez la grande multitude de misères que rhomme ressent à cause du péché originel. Jésus-Christ nous les représente dans l'Evangile par ce voyageur qui allait de Jéricho à Jérusalem , et qui tomba entre les mains des voleurs , letqueU le iipouillèrent , et Vatfanl chargé de plaieê , s'en allèrent^ le lausant là demi-mort (Luc, 10). Car cet homme est Adam , et toute la nature humaine , que les diables ont dépouillé des dons de la grâce et des vertus, qu'ils ont laissfi sur la terre plus mort que vif, à cause de ses plaies causées par le péché. En effet les théologiens disent conmiunément que le péché originel apporte quatre maux à l'homme , qu'ils appellent les quatre plaies de la nature humaine, savoir : l'ignorance dans l'entendement qui ne connaît ^oint les vérités nécessaires à son salut ; la malice dans la volonté, c'est-à-dire, peu d'affection pour les biens spirituels, et beaucoup pour les temporels, d'où proviennent mille désordres ; la concupiscence dans l'appétit concupiscible , c'est-à-dire, une plus grande ardeur pour les objets sensibles contre le gré de la raison; et l'infirmité dans l'appétit irascible, c'est-à-dire, un défaut de constance et de force, pour poursuivre le bien difficile à acquérir, et éviter le mal difficile à repousser. Car le pécheur étant destitué des dons surnaturels qui éclairaient son esprit, et fortifiaient sa volonté dans la recherche des objets spirituels et célestes, s'est vu affaibli, et comme paralysé dans toutes ses puissances. Au reste, ceux qui considèrent de plus près les suites du péché originel , font un plus grand dénombrement des tristes accidents qu'il a causés dans l'homme, qui est plus capable de les déplorer que de les raconter. Car, pour commencer par les derniers , après cette vie il prive l'âme de la vision intuitive de
(i)Serm. 2. InFest. Pentec.
Dieu, qui est sa suprême béatitude, et le corps des quatre qualités glorieuses, qui sont la clarté, Tagilité., rimpassibilité , et la subtilité, comme pareillement de la demeure royale du Ciel. U est vrai que quelques théologiens maintiennent assez probablement, que ces privations ne causent point de sentiments de douleur, d'autant que les enfants qui meurent dans le seul péché originel, n'ont point de connaissance des biens surnaturels, dont ils sont privés. Toutefois, un homme ne laisse pas d'être misérable, quand il est privé de grands avantages, encore qu'il n'en connaisse rien. Dans la vie présente, ce péché cause à l'homme des maux intérieurs qui le touchent réellement et l'aflOigent profondément. De tous les maux extérieurs, le principal est que les hommes ont Dieu pour ennemi dès leur naissance; nou$ naiisons totu enfants de colère , aux termes du grand saint Paul (Eph. 2) , et il nous regarde dès lors avec aversion, comme étant indignes de sa gloire. En outre, ils ont pour ennemis les démons qui possèdent quelquefois les corps des enfants et les tourmentent div^sement, et qui emploient mille moyens et mille artifices pour les solliciter au péché. Ils ont pour persécuteurs les hommes, qui sont très-cruels les uns pour les autres, comme sont les tyrans , les voleurs , les pirates , et ceux qui abusent de leur office et de leur autorité pour traiter cruellement les autres* Us ont encore pour ennemis les animaux de la terre et de l'air qui, comme absous du serment de la fidélité qu'ils leur devaient, ne respectent quasi plus la majesté de leur visage. Ils ont encore pour ennemis les éléments et les créatures insensibles, lesquels leur causent mille accidents imprévus. Tout cela, l'homme ne l'eût point ressenti sans la désobéissance d'Adam. Le péché originel cause des maux intérieurs , dont les uns affectent les puissances corporelles de la partie sensitive, et dont les autres travaillent son corps pendant le cours de cette vie. Son entendement est dans une grossière ignorance de toutes les choses qui lui sont nécessaires pour son bien, ne sachant pas seulement recourir à la mamelle pour y sucer le lait, comme font plusieurs bêtes qui vont chercher les mamelles de leur mère, quoique cachées en des lieux secrets. Avec cette ignorance, l'esprit éprouve une forte difficulté pour apprendre, non-seulement les choses surnaturelles, comme sont la fin dernière et les moyens d'y parvenir, mais encore tout ce qui est du ressort de la nature. Il a
901 LA ittUMLOQns AmscnfEt
néanmoins une curiosité imm^se de savoir ce ii|ui ne lui Mrt de rreM > et «Me extUftVajgelice itiAcibie dens la diversité As se^ ^nsK»». Àpuès to«t^ l'homÉie inécoÀnM ^ |M^re Misère 6t ses éffliires; éHHt dens l'étui le plus dett^renx dtt meMie, il s'en rit et fÊiim Vainement le temps, comme si tbut était en txm ot^tie. Sa vôfomé n*e$t pas moins Me^e par le péché oni^; die est remplie d'amoûr-propre jusqu^A Texc^^ «lie ressent ite difficultés sans fin è côB^battre Me vice et à Suivre h vl^u, pour fequelie elle est dans iltte négligêUii^ eittuème; elle «^ pleine de solikitudes immodérée pour les biens tenipèrél«> eUe est itteonstéi^te et vt^lage dans e«s i^ésolutioiM > (die né se co^ tente j«maig de réibt oA elle est 5 elle eh a fhcetttinent <)iieh|eë dégoût} et débife le «hatl^eitietît ^ elle a une graMe tl9ÉpWi§ancê et Uhe fmde indlpi^é, pUr rt^re A DIeti l'adiettr t^^i'elte lui doit, fiti^v ^^ elle né he$oit la Relise justifiante, élfê ne peut éviter le péthé moftèl, et si elle la reçoit) ^e uë se peut sauver de ^u^eurs péchés véniels; eufin elle he gt)Ûtë pas les choséd de bieu i|ui lui semblent insipide^; G'ést pb\ir^ quoi elle eoodeseeîid aisément à l'appétit intérieur, et i^îise ses iuiérèts dans le poursuite des objets sensuels et désordonriéâ. baUS Ift partie èehtf tive , le eohcupiscehcè se févoltè toUb^e M Hilièn, îê cèïi^gé màh^ue pour achever les g^aIldës ënH^sës. Léé âëns intérieure détournent souvent l^àme de \^ méditatioli ttéi ëhoSës SpiHldelle^. L'imagination en-" ihnte des Sottgès qiii lui ôteut le repos dé la htiit, et la rendent turbulente et amère. Lès sens ëttériélirâ mafiquënl â plusieurs, qui sont sourds, ou UiuetB, où àveUgléS^ ou hiulilé^ et défectueux» Enfin , le eorps endure ausSt les outhigës dû péché originelj car il endure ta faim et la sôifj il hé peut ^gnër sa vie qu'à la sueur de son Visage. Bà durée est èoiirtë et approche tous les jours de Sa fin qui e§t incertaine^ c'est polii^qddi il rë^ doute la mort dont il est tributaire, et à lâfjùelle il Se prépare par une plus grande multitude d'infirmités et de maladies j qdë tous les livres des médecins n'en ont encore décrit. Après cela, il est suffoqué par la mort, qui ëause la corruplioh, la ptlantcurj les vers, la cendre j et le réduit en poussière, et comme au néant. Tout celàj effets du pêéhé originel et de la désobéissance d'Adam, Sftns laquelle DiôU eût pdiirVu lés hbmmës, ^oit
par dë§ dons surnainrêW^ S6it par Une garde et une pwvidëueé
BBS Mstn Bnuiro. SOS
^Ui9kk% à ea «fi'is n'eussent pts été exposés i tasl de désas*^
Malheureitt donc est le féohé> qui «pfMrie tous eel denniM ges et eei^ étranges jpwMiioitt» Et si toutes ces peines «Mn semblent einèireS) peurquei la seuroe d'où eiles fmcèdetit ne nous semUenMreUe pas pies emére encore? Si ces fruits nous sont si aigrts, pou»|uoi leur racine, qui est la désobéissance et le pécbé, ne le sera-t-^eile pas davantage? Sadhe imc^ H vmt mMm céU ckêê$ mauvaim et amèrt d'ûvoir quitté h Se^gwa^r fim Dieu^ H de ne fOi aveir en tei ma orstn^e^ dit Diea h Sm^mm* du arméee <Jér. 2). Or, si le pédié d'Adam est aimt puni^ si un mereaau de pomme mangé contre l'obéissance) est suivi de tant de maUMurs, qui accompagnent tous les mortels an cette vallée de misère ; si pour le péché d'autrui, pour une faute qui est &ite sans vouS| tant de peines tous (ourmen(ent> quel sup-^ plice ne deves-vous pas attendre pour vos fautes personnelles f Hélaa ! quelle punition ne devez-vous pas craindre pour vos pro>* près transgressions et vos méchancetés ? Roi dés vivants ! ô Créateur des siècles, qui est celui qui n'appréhendek*B de contrevenir à vos ordonnances, et de vous offenser? Oh I certaine** ment, je tremblerai do crainte, j'appréhenderai de vous offenser^ plus que tous les maux de ce monde, et puisque la grâce do notre Rédempteur Jésus-^Christ est le remède de tant de mattx, et l'antidote de cette contagion du péché, j'y aurai recours, jo l'implorerai jour et nuit tivec confiance) disant après saint Paul : Homme infortuné que je euis^ qui me délivnra du corps de cette ^ mort ? la grâce de notre Seigneur Jënis (Rom. 7). Gloire lui en soit rendue en tous les siècles des siècles»
III. Goiisidéi*ez la çonduile et la sainteté de Dieu dans tout le progrès du péché originel. E(, parce que ce point est difficile h concevoir, pour en faciliter l'intelligence, il faut se représenter l'exemple d'un roi qui, par une bonté et une magnificence toute royale, ennoblit et enrichit quelqu'un de ses sujets et tèute SA famille ; mais il y met une certaine condition, c'est que ce sujet ainsi élevé au-dessus de ce qu'il était auparavant, lui sara fidèle dans un emploi qu'il lui veut confier, sous peine de décheoir, lui et toute sa postérité de l'état heureux où il l'a mis da son plein
(1)8. AU)^. L. aa.deCWit. 0. II.
gré. Dans tout Cela, il n*y a que bonté et magnificence du cMé du roi, et il ne peut être blâmé; de ce qu'élevant ce sujet par une pure feveur, il l'oblige à une condition. Car celui qui fait un don gratuitement, peut le faire conditionnellement , c'est pourquoi, tous les princes qui donnent des fiefs et des terres à condition de relever de leur couronne, et de leur rendre obéissance, n'en sont pas moins réputés bons et magnifiques. Si donc ce sujet ainsi agrandi, vient à refuser de faire hommage, et de rendre l'obéissance due à son roi, il encourt justement son ^ indignation, et mérite les mêmes peines que celui qui a commis un crime de lèse-msyesté ; toute sa postérité pareillement sera justement dégradée et privée des honneurs et des richesses qu'elle pouvait hériter de son père, et ^suite exposée aux ignommies et aux misères , qui proviennent de la perte de ces biens. Car, quoique les enfants ne concourent pas à la désobéissance du père, toutefois n'ayant droit à se^ biens qu'à condition de son obéissance, si elle manque, ils s'en verront privés légitimement, sans qu'ils puissent se plaindre du roi, qui, après avoir montré sa bienveillance, est justement porté à leur faire ressentir sa justice. Or, il en est de même dans le progrès du péché originel, car Dieu tient la place de ce roi, Adam et sa postérité celle de ce sujet agrandi et élevé, et avec lui toute sa maison, s'il se rend fidèle et obéissant au roi. Car, l'homme étant pauvre selon son état naturel, qui le rend sujet à la mort, le prive des lumières qui lui découvrent les objets surnaturels, et ne lui donne aucun droit au Paradis^, a été agrandi et ennobli de Dieu par une magnificence toute divine, lorsque, lui donnant l'être naturel qui comprend une âme immortelle et un corps mortel, il lui donne aussitôt l'être de la grâce, les vertus intellectuelles et morales, une protection contre la mort, et en somme tous les trésors de la justice originelle. Ce qu'il lui donne avec promesse d'en faire tomber la succession à tous ses enfants , à condition néanmoins qu'il ne mangerait pas du fruit défendu, abstinence trèsfacile à subir. Mais s'il venait à lui refuser cet hommage, et ce droit seigneurial d'obéissance, il déclare à Adam qu'il sera traité comme un sujet infidèle, et que toute sa race demeurera dans la pauvreté de l'état naturel, dégradée de la noblesse de la grâce, dépouillée des ornements des vertus, et sujette à la mort. Adam, malgré tout ce qu'il devait à Dieu, malgré la facilité de son obéis-
DES ACTES HUMADIS. 905
sance, a oublié son devoir, et a manqaé de satisbire à la condition à laquelle il tenait de Diea tant de biens qui étai^t aussi promis à ses descendants. Dès lors, il est condamné à la mort, et tous ses enfants naissent dégradés de leur noblesse, et dans la privation de la grâce sanctifiante, qui est proprement le péché originel. En ce cas, Dieu ^e fait rien d'injuste, non plus que ce roi qui en dégradant cet ingrat de sa noblesse^ déclare tous ses enfants roturiers. Cependant il ne s'est point arrêté là , pouvant laisser Adam et tous ses enfants dans cette ruine et dans cette désolation, il leur promet un Rédempteur , et . leur destine son propre Fils pour les relever de leur ruine, en réparant tous leurs péchés, s'ils veulent recourir aux moyens qu'il leur donnera pour cet effet. Gomme le pieux samaritain qui prit compassion du pauvre laissé demi-mort par les voleurs, c'est lui en effet qui répand Thuile et le vin sur nos plaies, par les sacrements qu'il a établis, et qui en montant au Ciel, recommanda aux pasteurs de l'Eglise de ne rien épargner pour guérir les plaies du péché, leur promettant de les en récompenser, lorsqu'il descendrait du Ciel pour le jugement final.
Admirez la conduite de Dieu en tout ceci, bénissez sa miséricorde , sa justice et sa providence sur votre salut après votre perte. mystère admirable ! 6 prodige d'amour ! è Dieu éternel ! vous avez été bon pour l'homme, votre miséricorde a été grande à son égard, mais il a violé votre pacte, et manqué aux articles de votre accord ; c'est pourquoi il doit encourir la rigueur de votre indignation, il ne peut plus prétendre à votre grâce, son droit demeure vicié dans sa source ; car qui vous imputera à faute la ruine de toutes les nations que vous avez faites (Sag. 12) ? Ce serait une insolence de vous taxer d'injustice, si vous laissiez ainsi cette nature humaine dans la perdition qu'elle a méritée par la désobéissance d'Adam. Si donc, vous avez encore soin d'elle dans sa misère , que puis-je faire autre chose que louer vos miséricordes, et vous bénir de tout mon cœur? Si Adam mérilant d'être anéanti pour son péché, vous le relevez de son opprobre, et si vous donnez votre Fils pour réparer ce qu'il a ruiné dans sa postérité, par une conduite toute pleine d'amour, que puis-je faire autre chose, que de magnifier éternellement la bonté et la douceur ineffable avec laquelle vous le traitez jpalgré son péché ?
LA
YESGTIÈMË MÉDITATION.
D^ TROIS SOUILLURES DU PEICHE MORTftfc.
h Çsmiiéim <p^ h péthé an^Mle iâm sovle» (te ssaîllsfes^ do0i k pffeoM^ef eti la phis, (prwacW Mwisté en ce' qa» jMr ki UII9 (diiéUfet oriaUwe s« Fi^oito ««Mhrd, Dieu^ «o hooMBe MaUè de bieûfl^ iwfoâe affiMse. sm hiaofMteur, el cetw (fii wlesl ç» terre e) ee^dre^, mteéraUe «éanà, dictee la guecte aw Tout- Puissant Cap il n*y a pas de lûdeu» el. di diffi^raiitéi (riitai grandb aMx yeiu. dins es^ite puvs que ceUe résistanee» il a'y » pis; di monstre plus horrible et plus épouvantaUe y \màê& les cfféoftures du 9wnde dépendant de la ^oloaté de Bieu^ efe ne* subaistaMCt que sdjoa SM bm plai^. Mais eaUe; SMiiliure parak plas hidsoBa^ qfàani 00. vient à eQOsidâres <|M0i la péeké s'élève aoiatiie la ptepcfft desi attributs^ et d^s perfectictts» da Diau^; il s'ékve conirai sa puissaoïoaiy m a^ qiU'ii hii eafiase k soaoïtssioii qui lui est due *^ il s'élàva cooiffe sa sa({^»aey^ en oe qwi'iL sa doona entréa aa mander coauna s'il m le voyait pas bieD^ ^t cpie Dieu ne coosiiiéBkiiMa de toujt ce quit se passa ; il s'élève coatre sa boniév paix»: qik'il eaipêcbe qfia:les 4mas ne< s'aniaseofti aiveo eUe paraffisctiori^; il^s^'è* liv^ conlca^sa joii3> an aa qu'il aaraîà eapable dfi> la dimmuer, el da lui caiis^ da^ la tiûaiasae da aa qu'il est mépsisé par una aréan l^re ; ili s^'élëve' coolKa squi repas, p«naa qa'ili sanail oapabte da la tiK)ublary. s'il a'étalt iounuablji) ; ^ s'éleva contca sai giràra, p^ïca qii'ilî an^ suspend les poogcàs^ af^ fait qu'il est» nmiis ra^ aonnu: efc moins adocé paK las> ceéatuvaa:; ib a^'élè^. ausâ^ conii» sa gnandeur et; sa souveraineté^ parca qu/il se- oompocte^ envers luit comma s'il n'en avaiti pas, et comme svil na méritait aucune crainta» auoua amour, et? aucun respect ; il veut la déshonorée et lui dtar. sa couiH)nne^ comme un sujefa félon, et. rebelle qui pnend les armes contre son roi ; enfin, il s'élève contre l'hoanaue quSil
MA 4^«» M/mm- wr
a i'Hj^ le soiLVfCiB» ^^% W^ V^i^x trwspMHttt mm tmè de loi à la créature, il le fait passer pomp u^ oMWck^^ bieo que h dm créée« à kqttelU il fait que l'ftme donne une Irèe-^in^itste. f rétoce, délaùsfiftot son Di^, comoM s'il était digne d'une wmdei^ eetime. Lea esprits aiigéliiC|ues qui ^amieent lee 0|^|^ siti(»& que W péct^ wêt eatr^ k Oipéejluipe et le Créateur, W regardent çoiQMe l^ chose la plus hovrible du moiMle^ Les fljnee sdiot^ agiçseirt de même ; elles ne peuvent le auppoffler , et l'abhorrent çf^autè^ une véritabln diKormité^ eu ^ne de huyieUe eUes forsK^nt les act^ d'une contrition doifiewreu^e poiw en èlre
J'agirai 4e pémfA» j'ahhorreraî le péché dana cette consUén^ iiouy parce qu'il me. rend contraire à mon Dieu ; ok I ijl «'y a rien de si déraisonnable, de si répugnant et de si difforme. Hilaa I c'est ce qpi doit ipe &ire horreur, et me plonger dans uq^ abîoke de ku^mes, pairce qu'étant ce qjUe je suis, j.'ai offensé ment DiM, et liBÛ «i xés^ étant ce qu'il est j^ car ,. de gr&ce, mon Dien,, mon hiea supréine, que sujusrje, moi, et ipl ébes-vous ? Mei qui ai ^ la l^diesse de \ou^ ofiSenser I Je suis homme, mon corps, n'est qjiA poiurrittt^e,. et mon âime est tirée du néant» où elle retouflaerail ew^ i|n momenji» si vous k délaissiez I Commenti donc peut^il se fi)ipe que le n^ani se révolte contre L'Etre infini» qiû est comblé dA toulbes perGictioua? Je suie hamm^ et j^al ceç« tout <(e 91e je pess^ de voire miséricorde, et j'ai offensé la source de tputJ^ieo.; je suis esclave, et j'ai offensé mon souveraia Seignenu, à qui tous lee auges ®t, les saifljs, et toiite la cour céleste rendent honuuage ; otkk qi^eUe l^rseuc I Je suis conçu iem le péché, je suis i^empii d<igp[U)rQ(V<0) d'iniii:mité et de malice,, et j'ai ofiensé la piuielé, la^boi#, \^ sainteté même, qui peut me déiiviier de> mes péchésir Enfin, je suis une chélive créatiare entre les» hommea, je ne suis lûent m prix de tank d'hommes, sages^ nobles et pujer saote qMJi sont sua la terre, je suis, encore bjeo moina en compa»cai^on de&. ueufj chours des anges et dea esprits bienheureux ; et étant sii v^l et si méprisable , j'ai résisté à la^ majesté infinie de mea Dieu». Oh^ I certes, je ne puis plus me: supporter moir méme^ «taucai^ donc honte de ma turpitude, je manche: plein de QonfM^ei) à. cau^ de mes péchés, et plein d'élonnement de cequeDi^^iQ^'a^supperté,, et ne m!a point anéanti; au contraire, i) est». tAUtCMu^' P^l ^ ^^ f^^^ miséricoi:de, si de bon codiir
je veux faire pénitence, et corriger ma vie. Oh I je le veux, mon Dieu, c'est une chose résolue.
n. Considérez que le péché apporle une seconde souillure , qui consiste en ce que par lui Thomme est privé de la grâce sanctifiante, qui est la splendeur et Tornement de la nature ; car, comme dit le Docteur angélique, la souillure anîve dans les choses spirituelles de la même manière que certains objets fecdent leur propreté par l'attouchement d'autres objets, comme il arrive à un habit neuf, à un vase d'or, ou à quelque autre chose semblable. Or, c'est ainsi que la souillure arrive aux choses spirituelles ; car l'âme humaine a deux sortes de nettetés, l'une qui provient de la lumière de la raison , et qui sert à la guider et à la conduire dans ses œuvres ; l'autre qui provient de la lumière de la grâce, et qui accomplit et perfectionne ses actions; si l'âme vient à aimer les choses du monde d'une manière désordonnée, cet amour est comme l'attouchement d'une chose sale qui lui fait perdre la netteté et l'éclat de la lumière de la raison et de la lumière de la grâce, et la souille ensuite, parce que la perte de la netteté est une souillure. En effet, comme un beau visage deviendrait difforme après la perte de son teint, l'altération des yeux, le retranchement des lèvres et toutes les choses qui rendent sa beauté plus parfaite ; ainsi, l'âme ayant une beauté toute ravissante par la splendeur de la grâce et l'ornement des vertus infuses, des dons et des fruits du Saint-^Esprit, qui lui sont comme autant de pierres précieuses, et cette grâce lui étant enlevée par le péché , comme aussi les vertus infuses , excepté la Foi et l'Espérance, elle en contracte une laideur et une difformité spirituelles, plus grandes que toutes les difformités corporelles ; et alors on dit â cette âme, comme â Salomon : Tu as donné une souUlure à ta gloire (Eccl. 47). On dit de ces âmes : Leur face est plus noire que les charbons (Thren. 4). Si bien que ce n'est plus cette âme en qui Dieu se complaisait : Voilà que tu es belle, ma bien-aimée^ et qu'il n'y a pas de souillure en toi (Cant. 4). Sa laideur surpasse celle des lépreux ; et les corps qui tombent en pourriture, ne sont pas plus horribles à la vue. Et ce qu'il est bon de considérer ici, c'est que ceux qui étaient les plus justes et les plus resplendissants des beautés spirituelles contractent une plus grande souillure, parce qu'ils perdent une grâce plus abondante et une beauté plus parfaite. Tels sont aussi ceux qui commettent des offenses plus
DES ACTES HCMALXS. S09
graves ou plus fréquentes^ parce qu*il8 méritent davantage d'en être privés^ et qu'ils la perdent à beaucoup plus de titres et de raison. D'où il suit que les plus grands pécheurs sont plus entachés de la souillure du péché, et il en est de même des âmes qui étaient à un degré plus éminent de sainteté ; c'est pourquoi leor peine doit être plus grande, comme elles ont été plus inf grates envers Dieu, qui leur avait accordé des faveurs plus signa» lées, et qu'elles ont été plus infidèles à son égard^ ayant abusé de dons plus exquis.
Comment donc les misérables pécheurs ne laveront-ils pas dans une mer de larmes la noirceur de leurs fautes et de leurs soufllures ? comment ne se lamenteront-ils pas de leur perte inestimable? âme pécheresse et mfortunée! par le péché, tu as perdu la grâce plus précieuse que le monde tout entier; c'est pourquoi tu es devenue pauvre; comme si un roi, après avoir possédé l'empire de l'univers, était dépouillé de tout, ou comme Job, sur un fumier, couvert de plaies et d'ulcères, assis comme le prince des misérables sur le trône de la misère, délaissé et honni de tout le monde. Enfin , ta lumière est obscurcie, ta beauté est disparue, et tu es horrible à voir, à cause de tes souillures. Hélas ! Comment le Seigneur a^t-il couvert de tendres la fille de Sion dans m fureur (Thren. S). Cette Sion,bienaimée, élevée jusqu'au ciel, brillante de splendeur et de gloire, est maintenant sans perles et sans joyaux, horriblement défigurée, obscurcie, l'horreur et la souillure du monde ; oh ! quel funeste changement! Hélas I Toute la beauté 8*est évanouie dans la fille de 'Sion , et les enfants de Sion les plus illustres , vêtus de Vor le plus précieux y ne sont plus considérés que comme les débris d'un vase brisé, qu'on jette à la tmrie (Thren. 4). Seigneur ! je suis plein de confusion à cause de la difibrmité de mon âme, comment pourrais-je lever la tète devant les hommes et paraître en public, moi qui devrais me cacher à cause des taches horribles dont je suis souillé? Dieu! ayez pitié de moi y selon votre grande miséricorde, vous me laverez y et je serai plus blanc que la neige (Ps. 50).
UI. Considérez que le péché cause une troisième souillure dans l'âme qui l'a commis; elle consiste en ce qu'elle est regardée comme immonde et infâme , pour avoir exercé l'action vile et honteuse du péché, tant qu'elle n'a point réti-acCé celte II. 14
210 LA TnÉOLOGlE AFFECTIVE.
action par une digne pénitence. Pour entendre colle vérUét il suiTit de remarquer qu'il y a certaines aelions qui, tant qu'eUn ne sont point révoquée» , qualifient diversement lev sqsd comme si elles laissaient diverses impressions. Si un hoônn nous reçoit une seule fois avec un visage agréable, et qu'il nw témoigne de la bienveillance, bien qu'ensuite il ne pense ptai à nous, tant qu'il n'a ri^ fiiit de contraire à ces apparsMi d'amitié nous l'appellerons notre ami et notre bienfaiteur. Si m soldat, dans trois ou quatre combats, se comporte généreuaemeuti bien qu'ensuite il ne porte plus les armes/ il est estimé vaillant et homme de cœur, tant qu'il n'a rien fait de lAche, et qu'il n'a ppint dégénéré de ses premières prouesses. Il en est de même d'un homme qui aura exercé quelque office inAme et détonèrent dans une ville , bien qu'il se soit démis de sa charge, il ne laisse pas d'être réputé inf&me parmi les gens d'honneur, et les fondions qu'il a autrefois exercées sont uoe tache pour lui. Ainsi devons-nous penser du pécheur ; il a itit une action honteuse pour une créature raisonnable, créée à l'im^e de Dieu et destinée à la dernière fin de la béatitude surnaturelle, car il n'y a point d'action plus Tile et plus dis* honorante pour l'homme que cdle du péché. Que tu l'es rvadue vile, dit tin Prophète, en réitérant teê wnee (Jérém. 3). C'est pourquoi, bien que cette action soit passée et ne soit pli», néanmoins tant qu'elle n'est point réparée par la valu de charité, pu lô sacrement de Pénitence, l'homme en demeure entaché : comme un soldat, qui s'est comporté Iftdiement à la guerre demeure déshonoré, tant qu'il n'a point réparé cette faute par un acte de bravoure. De là vient que le pécheur est méprisé de Dieu : Le méehmit par son êeul regard^ dit David, eU tétmi ou niaiU (Ps. 14). Les démons se moquent et se rient de son ignominie, et tons Itss esprits judicieux qui savent estiflier Téquité, font si peu de cas d'une âme pécheresse, qu'ib disent après Salomon : Un $eul juste craignant Dieu , vmt $niémx que mUk enfanté impies et méchants (Eccl. 16), parce qu'elle porte en elle une souillure qui la déshonore entièrement tant qu'elle demeure sans rétracter et sans réparer sa faute. C'est pourquoi dans cet état, elle est détournée de sa fin dernière , et est réputée indigne d'aspirer aux honneurs du Ciel, et à la gloire de la félicité. Par celte considération, on peut affirmer que c'est ne pas compren-
»BS ACTES nMAOlS. SU
éf h ki àt m du pédié, qoê da ne le raconoatlre poar louillim fatetiDl ip'il «I me prifvtioa de la splendeur de la grâce; or, même dans l'tot naturel, l'acte du péché eût été une touUlors four Tàmty quoiqu'il ne l'eût point privée en effet de k fiÉcei dont cet état ait incapable. C'est pourquoi il est néceasan de raoonaltre pluaieiirs souillures dans le péché, et en* d'afoaer que la péché est une souillure, tant qœ sa maliee al perséfèrt apiÂa l'acte, et tant qu'elle n'est pas effacée par rinftnion de la grûce, et les mouvements sacrés de la pém-* teooe, qui rapprociiant Time de Dieu , et la réunissent au principe da aa gtoire at de sa grandeur. En effet, dit snnt Thomas, comme celui qui s'est éloigné d'un autre, ne peut plus se trouver près de lui, bien qu'il cesse le mouvement qui l'en avait séparé, sans revenir sur lui-même au point d'où il était parti, par un mouvement contraire ; ainsi l'homme qui, en péchant, s'est éloigné de la hmière et de la splendeur de Dieu, ne possède plus cette lumière et cette splendeur, quoique l'acte du péché ait cessé ; mais il fisait qu'il y rentre par des mouvements de sa volonté, contraires et opposés à ceux par lesquels il s'en était retiré. Ainsi, dit le grand saint Grégoire (1), pour cesser d'écrire on I n'efface pas ce qui était écrit auparavant, et celui qui a injurié, i quoiqu'il se taise, n'a point pour cela réparé les injures, pas plus I que le débftear qui n'emprunte pliia rien n'est quitte pour cela du paaaé. Il en est de même du pécheur qui cesse de pécher, il est nécessaire qu'il se rétracte et se corrige par des actes ooor Irairee au péehé, pour revenir à sa première gloire, et effacer ropprobre de sa souillure, qui, autrement, le msôntiendra toi;yourg dans um Aat digne de la haine et de la ré^nrobation de tous lei eq^rha <pii en auroni connaissance.
Je vwmuiàUm donc qu'il ne me suffit pas de n'éloigner de l'acte da mon péehé, pour que mon âme n'en soit plus souillée, il fiuit ^ue je fasse pénitooce, et que je m'acquitte d'œuvi^ ooû^ trairea à mon péché, pour le rétracter suffisamment. Sans cela je Buii souillé, je suis abomiaable. Je produirai donc généneuaeraeni des actes de vwtu, je réparerai mon orgueil par un profond mépris de moi-même, je réparerai mon avarice par des œuvrea da miséricorde, l'impureté de ma vie par une constante chas«
(1) pjst. Ciirae,p.3. Admo. 31.
teté , mes délicatesses par des austérités , et la satisfoction que j'ai prise dans Tœuvre du péché» par de cuisants regrets, disant souvent : Ohl que je voudrais n'avoir jamais commis le péché! oh ! que je m'estimerais heureux, d'avoir plutôt souffert tous les tourments et les pemes imaginables, que d'avoir déplu à mon bien souverain! Oh! si j'étais à renaître, que je me garderab bien de faire injure à mon Dieu, lui si digne de respects infinis! Seigneur I en réparation de mon offense, je m'offre pour souffrir en cette vie ce que votre justice ordonnera, remettez-moi seulement mon péché. Je vous offre, mon Dieu, les satisfactions infinies de mon Rédempteur Jésus-Christ, acceptez-les pour suppléer aux miennes.
VINGT-UNIÈME MÉDITATION