‹ La théologie affective: ou, Saint Thomas en méditationChapitre 22 sur 45 · DE LA DISTINCTION ENTRE LE PECHE VENIEL ET LE MORTEL; DE SES EFFETS · texte numérisé non relu

DE LA DISTINCTION ENTRE LE PECHE VENIEL ET LE MORTEL; DE SES EFFETS

1. Considérez d'abord qu'il y a des péchés qui sont véniels de leur nature; c'est-à-dire légers et rémissibles , qui ne privent point rftme de la grâce sanctifiante, et ne Tassujettissent point à la mort étemelle des enfers , mais seulement à quelques peines beaucoup plus tolérables. L'Écriture sainte enseigne cette yérité, lorsqu'dle appelle certains péchés une paille, et d'autres une poutre : Pourquoi voyez-vous une paille dans VoM de votre frère , H ne voyez-vous pas une poutre dans votre ml (Matth. 7) ? Selon l'interprétation de saint Jérôme, c'est comme si Jésus-Christ disait : Pourquoi voyez-vous un petit péché dans votre frère, et ne reconnaissez-vous pas vos péchés mortels en vous-même ? Ces péchés sont distingués par Jésus-Christ, lorsqu'il dit : Quiconque se met en colère contre son frère^ mérite iêtre punt par k jugement. Quiconque dira à son frère Racay méritera d'être condamné par le conseil , et celui qui rappellera fou , sera digne du feu de l'enfer (Matth. 5). Saint Jean-Chrysostôme, et le grand saint Grégoire (1) interprètent ces paroles, de manière à faire reconnaître évidemment que les deux premiers degrés de colère, sont des péchés véniels qui ne méritent pas le feu de l'enfer; mais que le troisième degré où la colère s'échappe jusqu'aux injures, est un péché mortel, qui mérite le feu des enfers. Saint Paul fait aussi mention des péchés véniels, lorsqu'il dit : Que certains bâtissent sur le fondement de la foi^ avec du lois, du foin y de la paille (i. Cor. 3), qui sont consumés dans le feu; de sorte que celui qui en était chargé, est sauvé comme par le feu. Car

(i) Hon. 16. — la Mâtth. — Moral. 1. 21. c. 4.

DIS ACTES HDMAIIIS. ttt

saint Paul a eotéiida par ces termes les péchés vâiieby qui sont effacés par le feu da Purgatoire, de sorte que ceux qui en étaient convaincus, sont sauvés après une 'souffrance équivalente à leur faute. Saint Jean en parle de la même manière : Si nous diiont (fie nous n'avons pas de péMSy nous nous trompons j et la vériié n'est pas en nous (i. Jean, 1). Mais le Concile (1) est exprès sur ce sujet , en disant que, bien qu'en cette vie mortelle , les plus saints tombent quelquefois dans des foutes légères et quotidiennes, appelées péchés véniels, ils ne laissent pas pourtant d'être saints ; car cette parole humble et véritable de l'Évangile convient aux justes : Pardonnez-^Mus nos péchés (Matth. 6). En effet, un mensonge qui ne fait tort à personne, est un péché; un mouvement subit de colère, est un péché, ainsi que mille autres fautes ordinaires; cependant, ces fautes ne doivent pas damner une âme, et la rendre ennemie de Dieu pour une éternité. Ce serait une amitié extrêmement sévère et rigoureuse, qui punirait par le dernier supplice les moindres fautes commises contre elle. Les hommes qui sont amis l'un de l'autre ne rompent point leur amitié pour quelque légère offense ; Dieu donc qui a une bonté et une douceur beaucoup plus grande la rompra encore moins. Et puis, comme le Paradis est le bien de l'homme, le plus grand et le plus important, il ne doit pas tenir à si peu de chose, que pour des actions légères, et par quelque précipitation, il puisse venir à le perdre. Enfin, comme toutes les maladies ne sont pas mortelles, et qu'il en est plusieurs dont on est seulement l^ërement incommodé; de même tous les péchés n'apportent point la mort à l'âme. El comme dans un gouvernement bien réglé, certaines fautes sont punies par une peine civile et une amende beaucoup plus légère que la mort; de même les fautes que commettent les âmes devant Dieu, ne sont pas toutes punies par la mort étemelle, c'est pourquoi il faut dire que les actions légères des hommes faites sans délibération, ou dans des occasions de peu d'importance, ne les privent pas de la gloire, et dès lors que ce ne sont pas toujours des p^hés mortels, mais bien des péchés véniels, dont on est lavé par la souffrance d'une peine temporelle.

Je reconnaîtrai cette vérité, et puisque les plus saints se sont

(l)Se8i.S,c.ll.

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SM LA TlÉOtMIl AffBOn?E.

rtcontiiii pUtmn à iiauaê do cet fliiiles fénMke» (Doon à h Misérieorde de Dieu pour t'en délivrer» si par la fulee de Dieu il m'irrifaii de ne point eonimelti>o de grandee faute», je ne m'en compterai pes moins iu nomlm des pécheurs. Je los souviendrai de l'avenissement d'un mcien Geneilo de l'Eglise (l), que cette parole do l'Apôtre : Si nous diêam qm mm n'aeeuf pas iê péêhé , nom nom tramponêf ne doit pas asuleafteni être dam la bouciia des sainte par humilité , maie aussi en vérité ; c'esl pourquoi en quelque état que je me trouve, je dinû à Dieu sens feinte i Ardofinei-noiff n$8 fééhéê (Hatlh. 6). h confesserai de^ vant lui que je suis dans l'iniquité* /ai dil : Je (mfmêerai mee it^uêtm devant DkU, et 9onê atfex remie tinifuité de meti pMe» paurcdû leut êaini veui priera en temp$ eppertun (Ps. 31).

II. Considères en quoi le péché véniel est différent du péché mortel. Mais demandons auparavant les lumières du Saint-Esprit pour mieux entMidre l'explication de cette importante difficulté ; saint Augustin dit qu'il fout esdmer la gravité et la légèreté des péchés d'êprës les idées divines, et non d'après les pensées des hommes (S)* Nous avons reconnu précédemoent que la nar tiflre du péché consisteit dans la privation vdont«re de la pcf^ fection due à la créature et qui devait lui servir de moyen peur arriver à sa fin dernière. Cette définition supposée, il fout dis-' tinguer deux sortes de perfections dues à la créature* Les pre^ mières sont celles qui lui servent de, moyens pour la fin der* Bière » mais de moyens nécessaires , et sans lesquels elle n^ pourra parvenir ; or , la privation de cette première perieetioa est le péché mortel, qui peut lui fermer la porte du Paradis et la priver de la vie étemelle. Les secondes perfections sent edies qui sent aussi dues à la créature par la. loi de Dieu, et qui kd servent de moyens pour atteindre à sa fin dernière, mais non pas de moyens si nécessaires que les premiers, sans leaquds absolument die n'y peut parvenir , mais seulement de moyens pour y arriver sans délai et sans retard, si toutefois die n'en est pas empêchée d'ailleurs ; or, la privation de ces secondes perfections et de ces moyens sont les péchés vénids, qui pourtant ne privent point l'âme absolument de la vie éternelle , mais seulement éloignent d'dle cette vie bienheureuse, supposé même qu'dle

(1) Conc. Milevila. Can. 6. - (2) In Enchir. c. 78.

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fl'ail point d'autres empêchements d'aiUeurst parce qu'elle manque des moyens qui sont nécessaires pour y arriver sans retard* Il résulte de là premièrement, que le péché mortel et le péché véniel sont contre la loi de Dieu ; mais avec cette différence que le péché mortel est contre la loi de Dieu, qui détermine un moyen nécessaire pour arriver simplement et absolument à sa dernière félicité ; et le péché véniel contre la loi de Dieu, qui dé* termine un moyen qui est seulement nécessaire pour arriver sans délai ou sans retard, quand le poids du corps ou Tobligatioo de la peine n'apporte point d'obstacles. U résulte de là secondement que c'est à bon droit que l'on dit que, par le péché mortel ^ l'homme se détourne de sa fin dernière , comme celui qui tournerait le dos au soleil et marcherait dans le sens contraire, d'autant mieux que, par ce péché, méprisant les perfections et les moyens nécessaires à cette fin, il est réputé mépriser cette fin même, qui ne peut autrement s'obtenir. Mais par le péché véniel, l'homme ne se détourne pas et ^e renonce pas à sa fin dernière ; seulement il s'en éloigne quelque peu, comme celui qui, tenant toiyours la face vers le soleil, s'en éloignerait néanmoins, parce que, se maintenant dans les perfections et les moyens ordonnés par la loi de Dieu pour y avoU* droit, il manque dans les perfections et les moyens nécessaires pour y arriver sans délai (1) ; c'est pourquoi, par le péché véniel, la vie bienheureuse est différée poui* un temps, et c'est la plus grande peine dont puisse être puni celui qui le commet (3). Si le désir de connaître à fond les vérités chrétiennes nous porte maintenant à examiner d'où provient la difEërence de ces deux sortes de perfections et de moyens, et pourquoi l'absence des uns mérite une privation étemelle de la félicité, et l'absence des autres seulement le délai de cette même félicité i il faut considérer que les premières perfections et les pre» miers moyens sont des choses plus importantes et plus grandes ; c'est pourquoi l'abse&ce en est plus rigoureusement punie : et les secondes perfections et les seconds moyens sont choses plus légères ; c'est pourquoi Dieu qui sait proportionner toutes choses par une juste mesure, n'en punit l'absence que par un retard, et non par une perle totale de la félicité. En effet, comme ces dernières perfectioas sont plus légères, la privation n'en est pomt de

(1) Sttarez, de Pec. Disp. a Seol. i. — (S) L. de Vila Spirit. Leci. I.

si grande importance ; par exemple, le larcin d'un jeton est un défaut de justice, mais d'une justice bien minime; un petit excès dans le boire et le manger, sans qu'il en résulte aucune incommodité, est un défaut de sobriété, mais c'est peu de chose en soi; c'est pourquoi il répugnerait à la sagesse divine, et à sa bienveillante providence , de les venger par la perte entière du bien le plus grand du monde, et le plus précieux pour ses créatures, c'est-à-dire par la perte de la félicité. 11 est vrai néanmoins que si l'on avait égard seulement à l'infinité de sa grandeur et de sa toute-puissance, il eût pu imposer une peine éternelle et une privation totale de la félicilé pour un acte de désobéissance à ses plus légers commandements, comme il semble avoir agi à l'égard de la désobéissance d'Adam, au sujet d'une pomme. Gerson démontre, daos un passage de ses ouvrages, bien qu'ailleurs il ait été d'une opinion contraire, que tout péché, même véniel, dès qu'il est contre la loi étemelle de Dieu, est de sa nature mortel, et, selon la rigueur de la justice, suffisant pour faire perdre à une âme la vie de la gloire; car, dit-il, toute offense contre Dieu peut être justement punie de Dieu, juge souverain, de la peine de la mort, soit temporelle, soit étemelle, et même du néant, parce que la peine, quelle qu'elle soit, n'est jamais un mal si grand que la coulpe ; et d'ailleurs l'on devrait plutôt soufiTrir toutes sortes de peines et de morts, et même l'anéantissement et la privation de toutes sortes de biens, que de commettre quelque ofiense envers Dieu. Bien plus, toute ofiense, tant qu'elle n'est point remise et pardonnée , prive l'âme de la vue de Dieu, qui ne souffre rien de souillé, et toute rémission qu'il accorde à cette âme ne peut être attribuée qu'à sa bonté et à sa miséricorde; par conséquent, si vous n'admettez plus cette bonté et cette miséricorde qui remettent le péché, vous laissez

l'âme privée de Dieu pour une éternité Or, bien que nous

ne soutenions pas cette opinion, qui a été condamnée par le pape Pie V (1), et plusieurs souverains Pontifes ses successeurs, et mise au rang des propositions entachées de scandale et dangereuses, il est pourtant nécessaire d'en examiner les raisons, pour nous tmre voir jusqu'où va la gravité du péché véniel, et pour louer la miséricorde de Dieu et la bonté de sa providence,

(1) BuUa PU Y, ÂB.1567. — Gregorius l^HI. An. 1576.

qui a plus considéré notre imperfection et notre infirmité, que n grandeur infinie et sa majesté incomparable (1).

Je veux donc, 6 Dieu très-bon t rendre des actions de grftces A Totre douceur et à votre clémence, à cause des péchés que commettait journellement les âmes. J'adorerai et je craindrai votre justice, parce que vous punissez ces péchés par des peines temporelles et le délai de votre présence, qui sont mille fois plus pénibles aux ftmes, qui ont soif de vous, que toutes les peines de ce monde ; mais aussi je veux adorer et chérir votre miséricorde, parce que ces peines ne sont point étemelles, et que ces délais ont un terme. Ainsi, Dieu très-bon, je célébrerai votre misMcorde et voire justice (Ps. 100). Je dirai à haute voix : Sam le secours du Seigneur, peu s*en serait fallu que mon âme n'habitât Venfer (Ps. 93). Pourquoi donc appelons-nous nos péchés véniels de pelits péchés, puisqu'ils font injure à Dieu? Pénétronsnous bien de ces paroles de 'saint Jérôme ou de saint Paulin : Je ne sais, écrit-il à Calantia, si nous pouvons dire d'aucun péché commis au mépris de Dieu, qu'il est léger; et celui-là est très-prudent, qui considère moins la chose commandée que celui qui commande, et la qualité du commandement, que la qualité de celui qui commande. Dès lors, si vous ne commettez pas, par la grâce de Dieu, de ces péchés qui sont appelés mortels, ne vous en reconnaissez pas moins pécheur et grand pécheur, parce que les péchés véniels doivent paraître grands, puisqu'ils offensent la grandeur de Dieu. ^

m. Considérez certains effets plus remarquables du péché yéniel. Le premier est une tache imprimée dans l'âme qui le commet; car c'est un acte d'infidélité de la créature envers son Créateur, c'est un acte contre la loi et la raison, qui rend la créature digne de blâme. Par ce péché une âme blesse à chaque instant son bienfaiteur infini, elle lui fait injure en sa présence, ce qui n'est pas moins répréhensible que si un courtisan commettait mille petites impolitesses devant le roi qui s'en offusquerait. 11 prive aussi l'âme de la ferveur de la Charité, c'est à-dire de l'amour, qui faisait que l'on ne voulait point déplaire à Dieu dans la plus petite chose. Et comme cette ferveur est le plus vif éclat de la charité, sa privation est une espèce de péché.

(t) De BeiMfic. Craeis. Parte 2. hrl, 20.

326 LA TOÉOLOGIE AFFECTIVE.

Enfin I comme U péché mortri, taot qu'il u'm point edM par la pénilence» ei-réfwri ptf Vinfoiion cto la grAce^itiM un âme aouiUée) wom Mi le péché téniai, tant qu'eUê j {Peniste, fiane se corriger. Une âme belle eeiAme le soleil n'en fefoil (Ni moifls de laideur que le tirage d'mie belle pritteaMW n'es !•*• cevreit d'une affreuse lèpre f qui la rendrait en bom«r è M époux« Le Mcond effet du pédié Téniel est qti'il rend Pâm diftie de plusieurs grandes peines : c'est pour cela que l'fieri^ luro sainte mHia montre plusieurs punitions très-grsves exércéét contre les bommea pour des péchés Téfliels. Molée ne pécha qttè vénielIeBsenl) quend il diéncela Un peo^ et qu'il douta eux eetit de contradictiea (Déut. 94); il mourut néânmohis pottf èe péchét et n'entra pas datls la terre promise. Qzâ, par tme d^ iectidâ indiscrète pour l'm^he d'Alliance, qu'il voulut soutenir de son épaule^ lorsquelle était en péril de tomber, fiit fhqipé de Dieu, et modrut sur place (il Hois^ 6). Les Dethsamites, poof avoir jeté les yeux avec trop de curiosité sur celte même arche, moururent la nuit suivante au nombre d'environ einqttftnte mflié (i. RoiSf 6). David, pour aVoir Mt le dénombrement dé âoft peuple par une légère vanité, eut i silppOHef le fléeu dé Dieu, qui ôla la vie à plus de soitante-dit Mille dé Ml enjets (u. Rois, S4). Un Prophète^ dont l'Ecriture sainte i^ dit pas k nom, pour avoir été surpris par un autre Prophète, qui l'in^vita de la part de Dieu à prendre son repas^ con(^E{ la défense qu'il en avait reçue lui-même , fut sur-le-chémp étranglé paf un lion en punition de sa désobéissance qui semblait si excusable (iiL Rds^ 13) Que dirai-^je des Isra^itës», qui furent trils k mort par l'ordre de Dieu, pour avoir ramassé quelques mer* ceaux de bois la jour du sabbat (Num. 15)? Ces exemptes tiôtlâ font voir que le péché véniel mérite toutes les aflfictiOfts dé cette vie, et la mort même) à tel point qti^witàttt de foie qtfé nous pédions véniellement, si nous ne perdons pas là Vie, notté en sommes redevables à la miséricorde de Dieu, et si toutes \éti afflictions de ce monde ne fbndent pas sur nous, nous en devons des actions de grâces à sa bonté qui notls favorise Âtt reste, c'est peu de ces peines au prix de celles de Tautre vie ; car si l'âme se trouve avec les seuls péchés véniels , elle est condamnée pour un temps à la peine du dam, qui est la privation de la vue de Dieu, et à la peine du sens dans le Pur*

Mi ACTE» tlUlliUfKS. tft

piékê , o>* to ftd ne le cèd« en rien à celui dad enfer». SA 9m le» pécbéi vioiels eHe en a atissi de ffloHels, elle souffri im tae enfets éCernelltfMnl pour les péchén tétiiels qui né M eMmi jattaie perdennétr; ear en enfer il n'y a ttitcune ré-> iisÈfAon (t). Qttelquei ihéologimis portât plus loin defte pétt^ aài el fieiftt 4M pluiteors damnés sont aussi erdellemetit tooN nentA» fmt plusiieuni pécbée témeis, qtte pour un èeiil pé(ïbé mortel; bi taieon en eel que la peine da péehé mortel étant Aeie, ^ie peut être égidée per plusieurs péchés téniels jointe eRMaUe, ec laftoe *tfie Mirpassée. Le troisiénie effet du péché véBiiri est de dhpdSef Tètne an péché mortel, en raleritissafnt Si tlgueiir, en l'haMtnanl et en Tenhardlssant au mal, en la reiident moini babllé à bien faire, comme une maladie qui klieé hHutmp de Mbtesse après là guérison , et en la rendeni indigne de plusieurs grâces actuelles plus spéciales et plus ^Deaces , qnl lui sont soutent refusées psir Dieu , en pdnifion de êok infidélité, et enfin €^ Tempéchant de produire Pacte trAs^peifiit de FAmour de Dien par^^dessus tentes choses ; d'érutant nrietur qde, quand une âme comrtiet lé péché téniel, et y a de rutfaelié, elle ne petit pas dire qu'èlfe aime IMeu actuellefflént paf^désstiÉ to«H^ il i'éii fkm qdelqne choeei. Par ces moiife, lé pédié fètM û commencé la réprobation dé pltisicWâ âmei^ qtil iOfli ddomées poiir des pécbèi mdrtels térftabfes^ mais qtti ont pris naissance des péchés véniels, et même âéÈ intperfbctiens volontaires qu'elles ont négligé de corriger. Et c'est en ce sens que saint Augustin (2) compare plusieurs péchés véniels à plusieurs gouttes d'eau, qui entrant peu à peu dans un navire, le font périr; et à plusieurs abeilles, qui, par leurs piqûres, peuvent causer la mort. C'est pourquoi il dit (3) : Ne méprisez pas les péchés véniels ; si , en les examinant , vous les estimez peu, au moins redoutez-les en les comptant : plusieurs légers péchés en font un grand , comme plusieurs grains font une masse.

Par ces considérations, appréhendez l'énormilé du péché véniel. Sans doute, puisqu'il fait injure au meilleur ami que nous ayons , puisqu'il enlaidit une âme prédestinée , puisqu'il lui re-

(I) D. Thom. Qu. 87. Art. 1. Ad.2. ~ (2) L. de Decem Chordis, c. 11.— ;3) Tracl. 1. In Ep. D. Joan.

tranche l'exercice de l'amour divin ; puisqu'il Texpose à tant d» peines extraordinaires , dont Dieu méine doit être l'exécuteur, puisqu'il ouvre la porte de la damnation éternelle, il faut que ce soit quelque chose de plus grave qu'on ne le pense ordinairement. C'est pourquoi les saints les plus éclairés en ont eu des frayeurs inouies à l'heure de leur mort, comme Arsène, saint Hilarion, qui frémissaient en mourant, bien qu'ils n'eussent cpie des péchés véniels à redouter. Etonnei-vous et humiliez-vous de ce que jusqu'à présent vous n'avez pas bien compris cette à importante vérité , de sorte que vous avez ftit vos exameos de conscience et vos confessions avec fort peu de douleur, sous prétexte que vous pensiez n'avoir que des péchés véniels; c'est pourquoi vous y êtes toujours retombé, et à cent reprises vous avez méprisé Dieu, votre plus généreux et votre plus fidèle ami. Vous n'avez pas quelquefois daigné faire un pas , ni vous abstenir de dire une parole pour ne point lui déplaire, et votre opiniâtreté y a été incroyable; 6 queUe horreur! Repentez-vousen donc avec une grande amertume. Faites un ferme propos pour l'avenir d'être plus exact dans vos examens et vos conte* sions, et plus constant dans vos résolutions contre les rechutes qui vous sont si ordinaires. bonté infinie, que vous m'aves longtemps supporté dans mes dérèglements ! mon Dieu , je m'en corrigerai dorénavant ; oui, mon Dieu, c'est une chose Àsolument résolue.

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