M$ LOIS
d'être gouTernées par cdai qui les regarde comme l'œu^e de ses mains et comme son propre bien ; et puisque votre sagesse est infinie , votre puissance est sans bornes, et votre miséricorde incomparable, tout y sera maintenu dans le devoir et conduit à bonne fin. Les êtres, môme les plus minimes, ne seront point cachés à votre sagesse, ni méprisés à cause de votre bonté admirable. Oh! que toutes les créatures se réjouissent de cer que vous prenez soin de les conduire. Le Sdgneur a régné , que la terre tressaille de joie (Ps. 96). Maître suprême, que toutes les créatures honorent par leur obéissance , puisse ma vo* lonté vous obéir et ne jamais vous résister dans les actions moraies I Que toute créature rende un hommage perpétuel à votre domination I
IL Considérez que, de toute éternité, Dieu ayant à gouverner le monde, fit certains décrets , et qu'en son esprit infini il se . proposa certaines maximes pour son gouvernement, c'est ce qu'on nomme la loi étemelle. Pour entendre ce point, il faut suppo- • ser qu'autre est la loi, lorsqu'elle est seulement dans l'esprit et la pensée du prince qui se dispose à la publier, autre, lorsqu'elle est publiée de vive voix ou par écrit aux peuples de son obéissance. Or, ces décrets de Dieu et ces maximes qu'il se pro* posa pour le bon gouvernement du monde, s'appellent la loi éternelle, prenant le nom de loi, comme les décrets que le prince prémédite, sont communément appelés des lois, quoique, à la rigueur, elles n'en aient pas les conditions. Cet exemple rend cette considération plus facile à saisir ; car celui qui est destiné à gouverner un peuple, s'il est sage et prudent, avant d'entrer en exercice, forme en son esprit l'ordre et les lois d'après lesquelles il se propose de conduire ses sujets. Il établit en lui-même certaines maximes de police et de gouvernement. Il établit qu'il ne &ut pas réduire un peuple à l'extrémité. Qu'il ne faut point permettre qu'un des sujets s'agrandisse jusqu'au point de contrebalancer sa puissance ; qu'il ne faut déclarer la guerre que pour de grands et très-justes sujets; qu'il, faut être doux envers les vaincus, sans les désespérer par une poursuite à outrance ; qu'il ne faut user de violence que par nécessité; qu'un prince fait plus par son exemple que par toutes les autres voies ; qu'il faut dissimuler pour un temps certaines fautes, sans &ire semblant de les voir; qu'il fout conserver plusieurs bonnes villes dans mi
fU LA THÉOL0Oa iiTECTIVE.
«tat, mm Im Êffm^ } qu'il fa«l mék dgwd mk iMfficai im plut ffranAi; 91'tt teit confier \m cbwget M» piraMiM kê {riot ai|MUet} qud le bien pobUc mi préftnble m pârttouiier; qu'il M fani poiiit déimer d'entrée i l'taérèiie; qui k nUpm doU être dane la ploi grande comidérâtioa. Ififle, Il •• prépaie tout m que lea pius lages poMiqvee enaeigiieal devefr Itue olM eervé pour gmiterBrr ia§eiiiail el beuréuaeiliMt. El ce qu'il pnH pose âinal s'appeUe M. Ainsi Keti de totfte étenité eymt réaota la créalioii de l'osivere ^ et cotmaieMot qu'OnsttUo il le déveH gouvenierf fli plusieora déereCs qui doraietity Mm gariéi eoléiir tempe» et se proposa planeurs grandes nmii6e% dont tt ûtnH se servir pour le Goâduire coBDme il edmrenait à dtie sàgMé infinie. Entre autres choses il décréta de maintenir le moâtre^ manl do soleil ol dee astree toojcmrs dans lo néfllé état ; de faire sncGidér les seisons l'une à l'autre ; d'outretenir les éidments dans un antagonisme perpétuel f mm que l'tfli défruiaiil l'autre entièremeni; de consenrer toutes les espëoee desf eréti' turoS) et d'en faire paraître les individus les tins aprêl tel âtt^^ tres) comme dee personnages sur un tliéàtre , les premiers pêf leur ÉltérMion faisant place à ceux qui Tiendront iprjê eux. B se propoea de concourir aux moufementa el aut aetiotts éê toutes les crtataies» sans détruire la nature de dnctfne^ ftiienl agir néeéssairement les agente natureM, et Ubremenl^ tes ageirtï ia)re8. U se proposa de laisser agir rhomme selon ses fotem êl sa tiberUy «fuoiqa'il en dikt arrhf«r ^ de ne lui point doMer te Pafadis, «'il ne. s'en rendait dignet après lui avoir d^rnâé m gràeee el see commandemenle ; de le laiiMr tomber on ielf pédiée qu'il f Oudraii, sans forcer sa liberté ; iliaii dé tirer le bien du nMl^ et de fure un jnite (Ëseomeoieâl pe*r Jugnr fontes lee ectione libres des homnMs« il se pf^pasa de tàifê rouler lui eieux oC diMr le mOnde^ Jnsqn'à ce quo le tombfè dO see éloè fftt nceoi}ipU# Ainsi il se proposa mille anims mmSÊim que son esprit infini Ini repiésénta comme très^proprâl et irê$^ convenables » pour conduire le monde saginMil el dignement. Or, ces maximes et ces décrets, qui sont pouf le gdUVerneâierrf, étant ainsi considérés dans Tesprit de Dieu ou dans sa volonté, s'appellent la loi éternelle. Loi^ parce qu'avec ces décrets il ré-^ gil le monde \ el loi éternelle, parce qu'il les a formés éternelle* •ont ai mif^mèm^f et ka entretiendra perpétueUeioent. Quand
Bftfr um. 980
la plopeft de» hommes devrtiem dtffMif fff«t^ par l'éxcéa dé la lonnère, quand d'autres defraiéirt étfo giaeés par I*excèe dd trMy le eeleil aaKra aou ee«rt ordinair»y s'approchant de ceiif-M et ^ëmigimt de eeifx*^. Dttsaent piiwieitra hominei abo^* Mf de leur libellé poor kuf propre danmallofi , il ne la dé^ inrim pas. Dftt le Paradis être ddseri, il ne le donnera qu'à ceui qui' s'en raidrmM dignes par une bonne Yie, Ce sont des ordres étemels que sa sagesse inAnie loi a dictés, comme étant propres à bien gouverner ee monde, quoique en jugent plusieun esprits fluperfleiels.
Soigneur I f adore ces lois étemelles , ces décrets et ces maskDM trés^bautes et trfts-^sublimes, qui vous ont semblé justes 6t propres à gouverner et ft conduire tout à la fin dernière que vous aves marquée. Seigneur I quoique mon esprit ne conçoive point entièrement les raisons de toutes choses, je veux pourtenl confesser qu'elles sont trës^parfiiites, très-saintes et tris^ irrépréhensibles, puisqu'elles paraissent telles 1 votre esprit. En effet, mon Dieu I votre conduite ne peut être que très«douoe et très-'Suave, donnant à tous les êtres les puissances et les incline^ lions de parvenir A leur fin sans violence; mais d'eut-mémes, et oonftrmément i leur nature). Elle ne peut être que très^^juste, donnant i chaque être ce qui lui est convenable Elle ne peut être que très-pro0teble, ne visant point A votre propre utilité et A votre prefit, nûds seulement A ce que chaque créature parfiemie A sa fin et A sa dernière petfection. Spécialement votre conduite ne peut éM que très-admirable A l'égard de Tbomme, A qui vous donntîS la liborté, comme une prérogative de son être, en même temps que vous lui dennes vos commandements et la grâce su^ âsence pour les idiserver, et que vous lui prt^osez le même Paradis pOuf l'aitifsr davanU^e A vous obéir, et le menaces de l'enfer pour le détourner du péché. Rd admirable I j'appi*Ofm vos lois éternelle, 01 votre conduite sur moi et sur toutes les créattms! Seigneur! je m'assujettis A votre gouvernement, et je mV ratdrai (ri^ssant jusqu'au dernier sotçir et dans l'é^ ternlté.
III. Gonisklérez la fot^ce et la puissance de la loi éternelle qui gouverne toutes les créatures, et qui donne viguetir et autorité à toutes les autres lois. Premièrement, la loi éternelle gouverne toutes les créatures; car, comme elles sont toutes soumises A
Dieu, il les conduit toutes à la fin qu'il s'est proposée de toute . éternité. Car ce que Dieu fait dans le temps, n'est autre chose * que ce qu'il a conçu et destiné de foire dans l'éternité. Par cette loi, le Sage dit qu'il atteint depuii une extrémité juiqu*à Fautre^ et ditpote tout tuavetnent (Sag. 8). Le Prophète dit : // faf a étaUu éternellement^ et dam les tièdei des siècles, il leur a posé un précepte qui ne sera pas outrepassé (Ps. 148). Les démons mêmes et les damnés ne sont point exempts de cette loi, qui a posé pour ceux qui se sont opiniâtres dans le péché des limites étemelles,, dans lesquelles ils sont renfermés comme dans un cercle; fuyant le Ciel d'un côté, ils le trouvent de l'autre, et voulant se soustraire à sa conduite, ils retombent sous sa main vengeresse. Au reste, comme Dieu veut relever certaines créatures entre les autres, par cette même loi, il en a choisi quelques-unes pour leur donner une partie de ce gouvernement. Non qu'il eût besoin de leur aide, car il est sage, puissant à l'infini, et capable de gouverner par lui-même une infinité de mondes sans fotigues. Mais ça été pour rendre certains anges et certains hommes plus honorables parmi leurs semblables, et pour leur donner sujet d'exercer h vertu , afin que , par défaut d'exercice , ils ne se ralentisseat pas. De là vient qu'il y a de l'ordre, de la différence et de la su* bordination parmi les créatures; celles-ci sont inférieures et dépendantes, celles-là sont supérieures et gouvernent les autres, auxquelles elles donnent des ordres et des lois. Parmi les anges et les hommes, il y a une hiérarchie pour purger, illuminer et perfectionner; et une hiérarchie sujette à la première. Tout cela fut arrêté éternellement dans les décrets divms, et marqué dans la loi éternelle, qui arrêta que quelques créatures auraient l'autorité sur les autres, pour leur donner des lois; c'est pourquoi cette loi est la source et l'origine des lois humaines. Elle en est aussi l'exemplaire et le modèle ; car, dit saint Augustin (1), l'auteur des lois temporelles, s'il est homme de bien et sage» consulte cette loi éternelle, afin que suivant ses règles immuables, il discerne ce qu'il faut commander, et défendre selon le temps. La loi naturelle elle-même, et les lois divines positives, ont été inspirées et arrêtées par cette loi éternelle, qui est la source de toutes les autres lois. De là vient que les bonnes lois étant la
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use de tous les biens dont les hommes jouissent sur la terre, la loi étemelle étant la première source de toutes les bonnes is qui maintiennent les peuples et les états, et qui les condui- Ht au bonheur éternel, il faut conclure que tous les avantages 1 monde, et tout le bien qu'il possède, est le fruit de cette loi emelle, à laquelle, dès lors, il faut en rapporter la gloire, et i donner l'honneur, et ainsi la traiter avec tout honneur et lute révérence.
Je veux donc honorer cette loi, comme celle qui a une puisince universelle sur tout l'univers. Je la veux honorer comme origine première de toutes les bonnes lois, et la règle générale ir laquelle toutes les choses bien ordonnées ont place en ce londe. Je me ressouviendrai de ce que dit saint Augustin. Il est ermis aux purs esprits de connaître la loi étemelle, il ne leur st pas permis de la juger. Je ne murmurerai donc jamais contre is décrets de Dieu. Si les hommes conservent leur liberté , si vec cette liberté ils commettent mille désordres contre la reliion et la charité, si ensuite plusieurs d'entr'eux se damnent, j'adoerai Dieu dans tous ces événements, je dirai qu'il ne devait pas foncer à ses desseins étemels, ni renverser les lois publiques e la nature pour les inconvénients qu'y rencontrent les choses larticulières : pas plus qu'il ne doit arrêter le cours du soleil, lu empêcher le flux et le reflux de la mer , à l'occasion de [uelque vaisseau qui y périt. Enfin, puisque cette même loi irdonne de tirer le bien du mal, et de tout rapporter à sa :loire , qui est la fin de toutes ses œuvres , je demeurerai plus ranquille à la vue de tant de misères qui sont au monde, ainsi [ue tous les bienheureux du Ciel, qui ne s'irritent et ne se roublent pas de quoi que ce soit. Dieu infini I tout est bien, ;t votre loi est pleine de justice, il n'y a point de politique qui ipproche de votre sagesse. Vos pensées me semblent tout admi- 'âbles, et vos desseins éternels très-dignes d'être adorés; si je es veux raconter, ils surpassent en nombre les grains de sable de a mer. sagesse immense et étemelle! que je m'humilie profondément devant vous, et que j'anéantisse tous mes propres raisonnements en présence de votre sagesse; car, ô Seigneur ^ votre jugement est jmte (Ps. il 8)!