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UnxùoM dtot Terreur de qudq«ee-iui| une exeeUaoce de la loi durélienne par-dessua la loi Mosaïque» en ee que celle-ci conduiaaît les honunea comme dea aerviteursi par la voie et l'ea* prit de crainte; et celle-là conduit lea chrétiena comme dea enfantai par la voie et l'eqNrii d'amour» plus que par la crainte. Sttnt Paul a reconnu cette diff&reoce, lorsqu'il a dit : Voui n'élus jMia fifu i'aipril de êenitude pour t/ivre dam la crwnUj mmê Fi^frit d'udofti$n fUiak^ pêr Uquel nom erionê : Abba, Pin (Rom. 8). Par là nous ressentons pour Dieu une tendresse et une affection filiale» qui nous rendent témoignage, et nous donnent confiance» que nous sommes les enfants de Dieu. Saint Augualin a suivi la pensée de saint Paul» quand il a dit {{) que c'est une folie de soutenir que Tamour n'a pas été dans l'Anden- Testament» car la crainte et l'amour étaient dans l'une et l'autre loi; maie avec cette distinction que la Im évaingélique a plus d'amour que de crainte» et la Mosaïque plus de crainte que d'à* mour : cari dès le commencement» quand Dieu donna sa loi aux braélitesi il se rendit terrible et formidable, paraissant au milieu ,dea foudres et des tonnerres» et fiûsant publier sa loi par la voix tonnante d'un ange, qui remplissait leurs âmes de frayeur» si bien qu'ils disaient : Q»e Dieu no nent fork pa$^ de peur quê nsuà m tÊUiurriêne (Bxod. 90) » tant sa voix était terrible. De plue, à chaque instant» cette loi imposait des peines corporelles» des fouets» dea lapidations» et autree scurtes de supplices, qui étaient rigooreusemeut exécutés sur ceux qui se trouvaient en faute; e'eat pourquoi encore que les Israélites reçussent la vraie grèœ sanctiSante; qui les metUut an nombre des enfints de Dieu» toutefois, parce qu'ils obéissaisDt plus par crainte que par amo«r» ik reasemblaient mieux à des serviteurs qu'à des en&ats, et leur état ressentait mieux la servitude que la filiation. U en va tout autrement de la loi évaagélique» laquelle» encore qu'elle excite ^pielqtiefois à la crante des jugements de Dieu» provoque nés»* moin» (kvantage à Tamour. Le Fils de Dieu l'a préchée le premier avec toute la douceur et la mansuétude imaginable, lorsqu'il a dit : Vouez à mot, voue tous qui travoiUez^ et étee ^argée^ et /a voue conmkroi : preuez mon joug eur vouo ; eotr mon joug eet muêoo, et mtt elmego ut légère (Matth« U). C'est pour ce siifet qu^
(i)L*»l.*tilorib.BtAc as.
est dit qu*il a écrit sa loi, non sur les pierres de marbre , comme Moyse, mais dans le$ eomrt et âaru les entrailki dés chrétiens, parce qu'il Ta fait entrer dans les ftmes à force de grâces, d'amour, jde douceur et de miracles, par lesquels il faisait dn bien aux hommes pour les soumettre suavement à sa loi. Car le Fils est apparu au monde avec mille traits de bénignité, faisant du bien à tout instant, et attirant tout le monde par ses caresses et sef paroles ravissantes. Ce qu'il continue de faire par la multitude de ses miséricordes et les attraits indicibles de sa grâce, par lesquels il prévient les cœurs et les invite à Tobéissance de sa loi, afin de les élever jusqu'à son trône, dans la gloire où il est. Tout cela considéré, et quoiqu'il y ait dans la loi évangélique des sacrifices plus pénibles peut-être que dans la loi Mosaïque, comme l'obligation de croire h des mystères plus profonds, de se maintenir dans une. plus grande pureté pour la réception de la sainte Eucharistie, de confesser tous ses péchés au prêtre, et de garder l'indissolubilité du mariage , toutefois , la loi chrétienne est estimée plus. douce et plus suave, parce qu'elle donne l'esprit de grâce et d'amour, qui rend aisées les choses les plus pénibles, car on les fait volontiers et de bon cœur pour Tamour de Diea, sans regarder à ses propres intérêts. Tel est en effet le vrai esprit de Jésus-Christ, qui servait Dieu son Père avec un amour vraiment filial ; car ce qu'il faisait, ce n'était point par crainte et par espérance, mais par pure charité désintéressée, pour plaire à Diea son Père et procurer sa gloire. De là, nous ayant communiqué son esprit avec sa loi, il s'ensuit que le véritable esprit dn christianisme est l'amour filial, qui ne s'arrête pas à l'intention servile et mercenaire, comme l'esprit du judaïsme.
Désu'ez cet esprit de grâce et d'amour, qui est plus propre aux chrétiens. Jésus, l'unique Fils de Dieu par nature , qui avez aimé et aimerez éternellement votre Père étemel, qui avez manifesté au monde par vos grandes actions l'amour filial que vous lui avez porté, comme vous l'avez dit vous-même : Afin que le monde connaisse que j'aime mon Pèrey et que je fais toujours les choses qui lui plaisent (Jean, 14) ; qui n'avez pas dédaigné de nous prendre pour frères, et de nous élever â la dignité d'enfants de Dieu par grâce et par adoption smguUère â l'héritage du Paradis, donnez-nous aussi la vertu de correspondre à cet état sublime de dignité , afin que nous observions votre
ainle loi, et servions noire Père célesle par un ardent désir de ai complaire en toutes choses. Faites, 6 Seigneur I que nous accomplissions de bon cœur, sans esprit servile, toutes vos volontés, dlement que, quand nous n'aurons pas de crainte d'être punis, lous n'omettions rien, pour vous donner toute satis&ction posâble parce que vous méritez tous les amours et tous les respects imaginables, à cause de votre très-douce bonté et de votre suavité plus que paternelle. Donc, très-aimable Seigneur, que nous commencions à vous senàr par amour filial, ainsi que le Père et le Saint-Esprit, tous trois un seul Dieu, duquel nous espérons pour notre félicité la jouissance étemelle. Ainsi soit-il.
SEPTIÈME MÉDITATION
QUELQUES ERREURS DES PERSONNES PRÉTENDUES SPIRITUELLES SUR LE SUJET DES LOIS.
I. Considérez que quelques personnes regardées comme spi* rituelles et fort dévoles se sont lourdement méprises sur le sujet des lois. Et premièrement, l'abbé Joachim, qui a distingué trois états de l'homme, le premier, où les hommes ont vécu selon la chair, qui aurait duré depuis Adam jusqu'à Jésus-Christ; le second, où les hommes ont vécu partie selon la chair, partie selon l'esprit, qui aurait duré depuis Jésus-Christ jusqu'à saint Benoît, de l'ordre duquel il était; et le troisième, depuis saint Benoît jusqu'à la fin du monde, auquel on vivra selon l'esprit, et selon la loi de Jésus-Christ , entendue spirituellement. Car, il croit que Jésus-Christ et les Apôtres n'ont prêché l'Evangile que selon la lettre, et non pas selon le sens véritable et spirituel, lequel aurait été déclaré par saint Benoît dans sa Règle. Cette même opinion est attribuée à un autre religieux de Saint-François, lequel écrivant sur l'Apocalypse, aurait soutenu les mêmes choses, avec cette seule différence, que ta loi spirituelle aurait seulement commencé en saint François, comme si l'esprit et le vrai sens de l'Evangile y était tout compris , et non ailleurs. Considérez que II. 18
274 LA TUÉOLOGIE AFFECTIVE.
cette opinion est pleine d'erreurs et d^absurdités insupportables. % Car, de dire que les hommes depuis Adam jusqu'à Jésus-Christ ij n'auraient vécu que selon la chair, c'est condamner tous les saints i^ de TAncien-Testament, dont saint Paul loue si hautement les i saintes œuvres et les actions héroïques. Plusieurs d'entre eux ont |i aussi vécu très-saintement et très-spirituellement, dans la pratique des vertus de la Foi. de l'Espérance, de la Charité, de la justice, de la force, de la tempérance, de l'humilité, de la mansuétude, de la patience ; dans l'exercice de l'oraison, de la mortification, de la dévotion, et en toute sainteté ; si bien que leur vie a vraiment été spirituelle et non selon la chair, c'est-à-dire dans le vice et le péché. Dédire aussi que depuis Jésus-Christ • jusqu'au temps de saint Benoît ou de saint François, les hommes ont vécu seulement partie selon la chair, et partie selon ^esprit, c'est blâmer les Apôtres qui ont été les modèles de la vie parfaite et toute spirituelle, autant que k eondition humaine en est capable. Us sont pour ce sujet appelés par Jéius«Ghrist le sd de la terre et la lamière du monde. C'est diminuer extrêmement la gloire des premiers chrétiens , qui vivaient en une très-sublime perfection de vie, et en une très-haute charité, étant tous les jours préparés à la mort en présence du martyre C'est, en somme, ternir la réputation des saints anachorètes qui ont peuplé les déserts avant la venue de saint Benoit, y menant une vie plus angélique qu'humaine. De soutenir encore que la loi évangéÛque n'ait été entendue et prèchée selon l'esprit, que depuis la fondation des mùnastères du grand patriarche saint Benott, ou saint François; c'est se méprendre lourdement. Car, il &udrait ou que les Apôtres n'eussent pas entendu le mystère de l'Evangile , bien que le Saint-Esprit les ait instruits de tout , que saint Jean qui reposa sur la poitrine de Jésus-Christ, que saint Paul qui fut ravi jusqu'au troisième ciel, n'en eussent pomt pénétré le véritable sens, ce qui est une proposition très-fausse ; ou bien il faudrait dire qu'ils l'eussent prêché autrement qu'ils ne le concevaient , qui est les faire envieux du bonheur des hommes, auxquels ils n'eussent pas voulu communiquer la vraie connaissance de l'Evan* gile Enfin, saint Paul combat cette erreur, lorsqu'il dit : // nous a rendus propres à être les ministres du Nouveau^Teslament ^ non selon la lettrey mais selon Vesprity car la lettre tue et l'écrit vivifie (n. Cor. 3).
Àpprenes de eette considération que les hommes spirituels , ou Htti font profession d'être tels, ne sont pas toujours exempts f erreur. Apprenez que la trop grande estime de son Institut ou te son Ordre ne doit pas porter au mépris des autres Ordres et des autres états de religion, parce que ce mépris peut être la source de plusieurs erreurs et même d'hérésies , comme il est errivé à ces personnages, qui, pour trop fort rehausser par-dessus tout leur Règle ou leur Ordre, ont mis au mépris et au rabais tons les saints qui les avaient précédés. Si donc Dieu vous a appelé j( quelque Ordre approuvé de l'Eglise, estimez-le et chérissez-le de telle manière, que vous n*en méprisiez pas les autres. Faites-y votre salut avec crainte, tremblement et humilité, croyant qu'il y a d*autres sahits et d'autres saintes au monde qui mènent mieux que vous la vie spirituelle.
II ^ Considérez l'opinion de quelques autres personnes sur les lois, qui est, que toute l'obéissance que l'on rend aux lois par un autre mgtif que celui de la Charité, est péché. Si bien, qu'à leur avis, ce serait péché d'obéir aux lois par crainte de l'i^nfer ou par l'espérance du Paradis, ou par quelque autre motif moins excellent que celui de la sainte Charité. Cette opinion, quoique contraire à la vérité, a pourtant quelque chose de louable, en ce qu'elle provoque les hommes, qui la veulent recevoir et pratiquer, à purifier leurs cœurs par la plus haute pureté d'intention qui se puisse rencontrer. C'est pourquoi ce qu'a mis en avant un savant auteur, qu'il faut regarder comme un bienfait secret de Dieu que les hommes spirituels se méprennent et s'abusent quelquefois dans leur doctrine, et même abusent les autres sous prétexte d'une vie plus spirituelle , pourrait être ici considéré ; non-seulement parce que cette opinion sert à nous contenir dans les bornes de ji'humiiité, par cette pensée que dans la plus relevée dévotion, l'on n'est pas exempt de tromperie ; mais aussi parce que ceux qui en sont imbus, purifient mieux leurs œuvres de toutes intentions moins parfaites ou vicieuses. C'est la cause peut-être pour laquelle Dieu permet ces doctrines , permettant le mal pour en tirer quelque bien. Toutefois, parce que d'ailleurs, si le mensonge est l'occasion d'un bien, il cause plusieurs maux qui ont coutume de le suivre, il est important de réfuter cette doctrine pour ne pas donner lieu au scrupule à ce sujet. Avouons donc que ce serait le mieux et le plus parfait d'obéir à toutes
les lois par l'esprit et le motif de la seule Charité env^^ IKea; !^ toulefois nous soutenons qu'il n'est pas vrai que ce soit pédié -^ d'y obéir, ou par le motif de la crainte, ou par le motif de Cj l'Espérance. Car autrement il faudrait accuser de péché tous ceoi qui , se repentant du péché, se proposent d'observer les lois de Dieu, par crainte de la damnation, ou par l'espérance du salut; et ce serait condamner la plupart des saints, qui ont fait km noviciat dans la piété premièrement par ce motif. H faudrait appeler péchés l'attrition et l'espérance ; autant vaudrait dire qw le blanc est noir, et que le soleil est ténèbres et obscurité. Il faudrait dire que Dieu portant les hommes à se ranger sous ses lois par des menaces ou des promesses, les porterait à péchor, et ainsi que toute la loi ancienne donnée de Dieu avec menaces et promesses, n'aurait rien fait que porter les hommes au péché, ce qui est lui ravir le titre de loi mainte, que saint Paul lui atlribue (Rom. 7). Mais il suffit, pour décrédiler cette opinion, qui est spirituelle en apparence , de remarquer que le souverain Pontife de l'Eglise, Pie Y, Ta mise au nombre de^plusieoffi autres, qu'il condamne et réprouve, et appelle pleines de scandales et de péril, quoique défendues par des personnages de science et de vertu. Et cette condamnation a été réitérée et confirmée par trois autres souverains Pontifes, Grégoire XUI, Urbain Yin et Innocent X. Considérant les dangereuses conséquences de cette doctrine, qui oblige les âmes à une perfection qui n'est que de conseil, ils ont voulu le proclamer solennellement, afin que les âmes saintes ne fussent pas trompées sous ombre de spiritualité.
Apprenez de là qu'il y a des pièges dans la vie spirituelle, et qu'il est dangereux de s'écarter de la grande voie frayée et battue par tous les saints. Si donc Dieu vous fait la grâce de marcher par l'esprit de Charité dans la soumission que vous rendez aux lois qui vous sont prescrites, louez la miséricorde de Dieu à votre égard ; mais pour cela n'imitez pas le Pharisien qui jugeait et condamnait le pauvre Publicain tremblant de crainte pour ses péchés. Ne croyez pas que les âmes moins parfaites et moins élevées que la vôtre, qui obéissent par un motif qui n'est pas si éminent, mais pourtant qui n'est pas condamné de Dieu, soient en péché pour ce sujet. Ainsi vous marcherez en sûreté, et vous ne vous tromperez pas, désavouant une maxime que les Vicaires
e Jésus-Christ, auxquels vous devez toute révérence et obéisntice, vous défendent de soutenir.
in. Considérez encore quelle fut Terreur d'antres dévots et [évoles appelés les Bégards et Béguines. Ces Bégards se sont ncore abusés sur le sujet des lois humaines cl ecclésiasiiques , Toyant que les justes n'y étaient pas soumis. En suite de quoi, TOjant are justes, ils prétendaient que les lois du jeûne et nitres lois portées par les Papes et les supérieurs légitimes, ne es obligeaient pas sous peine de péché. Ainsi ils se donnaient licence de les enfreindre à leur discrétion, sans en faire aucun scrupule. Le Pape Clément V, dans le Concile général de Vienno, condamna cette erreur comme hérétique, et défendit à toutes personnes de la soutenir ou enseigner. En effet, ce serait ouvrir la porte à toute désobéissance et rébellion ; car si les justes et les plus saints, qui, par l'exemple de leur modestie, de leur piété et de leur grande humilité, retiennent les autres dans le devoir, contreviennent aux lois de l'Eglise et des supérieurs légitimes, ils ne serviront que de pierre de scandale et d'achoppement pour faire prévariquer les autres, qui ont moins de disposition à se soumettre aux lois , et qui renonceront facilement à toute sujétion, voyant que les premiers d'entre eux qu'ils doivent imiter, ne demeurent pas soumis. D'où proviendra le dérèglement et le désordre, si cette doctrine est suivie. Mais sans avoir égard aux inconvénients, il est aisé de combattre cette rêverie par la raison d'un ancien théologien, qui est, que l'innocence et la justice ne sont point des qualités suffisantes pour excuser personne des jeûnes et des lois ecclésiastiques. Parce que tout ce qui laisse dans l'homme la sujétion au législateur prochain et immédiat, y laisse pareillement la sujétion à la loi : or, l'innocence et la justice ne détruisent pas en l'homme la soumission qu'il doit avoir pour l'Eglise ou pour le souverain Pontife ; car , comme le juste est membre de l'Eglise, et n'est pas toute l'Eglise, ni chef de l'Eglise, il est nécessaire qu'il soit membre sous le chef de l'Eglise, et partant obligé à toutes ses ordonnances. Et puisque le juste cesserait d'être juste en contrevenant aux lois, il est donc obligé de s'y soumettre, nonobstant sa justice. Que si l'on objecte ce que dit saint Paul : La loi n'est pas portée pour le juste (i. Timot. 1), il est aisé de résoudre cette difficulté. Premièrement , saint Paul parle de la loi Mo-
278 LA THÉOLOGIE AITECTiVE.
saïque, laquelle n*est pas portée pour le juste, c'est-à-dire éta« blie pour obliger Thomme chrétien, qui est justifié par la loi chrétienne et par les Sacrements institués par Jésus-Christ, car il est affranchi de la loi de Moïse. En second lieu, saint Paul entend seulement dire que la loi n*est pas établie à Toccasioa des justes, mais plutôt des pécheurs et de tous ceux qui sont dans le désordre, qui ont besoin d'être contenus par la rigueur de la loi. En effet, la plupart des lois n'ont pris naissance que de la corruption des mœurs, auxquelles il fallait donner quelque frein. Et si tous les hommes se portaient au bien et à Thonnêteté, les lois leur seraient peu utiles, comme un pédagogue ne sert de rien à celui qui n'est plus enfant et qui est capable de se conduire lui-même. Or les justes, d'ordinaire, par l'impulsion de la grâce, se portent à l'exercice de toutes sortes de biens, ils évitent d'eux-mêmes les occasions du péché, et préviennent les intentions^ du législateur, faisant d'eux-mêmes tout ce à quoi il pourrait les obliger par sa loi : c'est pourquoi les lois ne sont pas tant établies à leur occasion qu'à l'occasion des k pécheurs et des libertins pleins de vice, qui ont besoin du freia des lois. Cela n'empêche pas néanmoins que la loi, une fois établie, pour quelque occasion que ce soit, n'oblige tous les sujets, et dès lors les plus justes qui sont enfants et sujets de l'Eglise. Je verrai par là combien l'obéissance est une grande vertu, puisque l'ennemi de notre salut suscite tant de sortes de moyens et use de tant d'astuce pour la faire perdre aux hommes justes, par quelque prétexte que ce soit. Abhorrant donc l'erreur qui est contraire à cette vertu, je me proposerai jusqu'à la mort de me soumettre aux lois, sans m'en vouloir jamais émanciper. Jésus l modèle de toute sainteté, qui avez été soumis à votre Père céleste, aimant mieux perdre la vie que l'obéissance à son égard, qui vous êtes aussi assujetti de plein gré à votre sainte mère, et à votre bienheureux nourricier saint Joseph, donnez-moi jusqu'à la mort l'esprit et la grâce de soumission entière à toutes les lois de ceux que vous avez mis au-dessus de moi, ensorte que je ne cherche point d'autre sagesse et d'autres instructions que leurs ordonnances, et qu'il me semble entendre les paroles de vie, quand ils commanderont, afin que je vous regarde en leur personne, et que n'improuvant jamais ce qu'ils approuveront, et n'approuvant jamais ce qu'ils improuveront, je vous demeure soumis en me soumettant à eux.