‹ La théologie affective: ou, Saint Thomas en méditationChapitre 40 sur 45 · W |A «MM · texte numérisé non relu

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l'Eglise, de prononcer un jugement si solennel et si sage. Je m.e âoufloifitirai hnmhlfimftnt k ce décret émané 4a succeseeur de saint Pierre et du Vicaire de Jésus- Christ, me gardant bien de croire autreiQ^I qm ce qu'il a d(Eter«iiné. M«9«, lumière du monde! confirmez-moi dans ces résolutions, détournez-moi de la voie des errants; que mon âme n'adhère jamais à leur conseil , et q«e ma gloire ne soit pas dans leur assemblée , mais plutôt dans l'assemblée des saints, que l'humilité chrétienne a exaltés en votre gloire éternelle. Et puisque maintenant chacun embrasse la vérité et condamne ces erreurs par une juste soumission à la Constitution des souverains Pontifes de l'Eglise , oubliant toutes paroles d'aigreur et de contestation, nous demeu- Tiffom fm v^ix, }^ fmff (deio ie recpi^fissaoce /^ fMti^é de jojif9 &fk ^4m^C;^ist n^e ^idefafimy Ao») h mm « M iifM^^ fA i$i féd»m]fim àm^^ i^ wv(ur4^^e bien étaWi«) (M! im

Jé^i^ d^fis t^us i(is çxeim d^ hfimmmf Vive «^ i^m k^ nêv^ )A Yrm inOliJgeii^e jat {« vi|r« ^oi i$ Ja iâde«w(bll <te t%M lu

i44 LkTBÈOMGIE AFraCTITB.

VINGT-QUATRIÈME MÉDITATION

DIEU PROCDBB SA GLOIRI 6AH8 NÉGB8SITBR LA LIBERTÉ HUMAINK QUI s'y oppose.

L CoDsidârez que Diea conserye iniriolaMement la Gberié de rbomme dans toate l'affaire de son salât on de sa perte, et dans tonte l'économie de la grftce et de la gloire finale qu'il s'est proposé de tirer de la création du inonde. H n'y avait que cette liberté qui semblât lui devoir fiiire obstacle et s'opposer à la gloire qu'il en attendait. Néanmoins , par un secret de sa sagesse et de son gouvernement, pour conserver inviolablement la liberté humaine dans l'affaire dii salut, sans lui Cure une violence trop grande, il balance les choses qui peuvent induire au bien ou au mal, afin que l'homme soit tellement entre deux , que la liberté ne se trouve pas anéantie par un parli , qu'elle puisse toujours se porter d'un autre côté, et qu'elle ait le libre exercice de ses actions. C'est ce qui a fait avancer à Salomon une parole qui semble choquante d'abord : Vous, Seigneur, vous disposez de nous avec une grande révérence (Sag. 12). Car on dirait que Dieu traite avec respect la liberté humaine, et qu'il s'abstient de faire plusieurs choses, comme il en fait d'autres exprès, afin que l'homme n'ait pas sujet de se plaindre qu'on ruine la liberté qui lui est naturelle. Si l'homme fidèle est poursuivi et entraîné au mal par ses concupiscences, la Foi des mystères sublimes de la religion lui offre un contrepoids suflSsant, pourvu qu'il s'y rende attentif et qu'il les médite un peu à loisir. Si l'infidèle, par la condition de sa naissance et les mœurs de sa contrée, est détourné de la Foi qui lui est prêchée et qui seule peut donner entrée à la justification, le bruit et la prédication d'une loi toute céleste qui promet une éternité de biens à ceux (jui la suivent, et menace d'une éternité de misères ceux qui la

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repoussmift, avec les inspiratiofu secrètes, qui sont comme des Toix intérieures dans le fond du cœor, tiendraient la chose en suspens, si le jugement de leur raison n'était perverti par les concupiscences déraisonnables de la volonté qu'ils peuvent réprimer et qu'ils ne répriment pas, ei qui, n'étant pas réprimées, lient le jugement de la raison, et l'empêchent de se porter au véritable bien par leur faute , et qui leur sera imputas. Si la Foi, par son obscurité, est difficile, tous les motifs de crédibilité persuadent les sages à y donner leur consentement, nonobstant l'obscurité de ses mystères. Kais celui-ci est empêché par son avarice, celui-là par l'amour des femmes auxquelles son ftme est collée; cet antre par une haine mortelle contre l'Église romaine et son chef, dont il est prévenu dès sa jeunesse, et un autre par quelque lien dont il ne se veut pas dégager pour recevoir le joug de Jésus-Christ. Et en effet, la mauvaise crainte et le mauvais amour sont les deux racines de tout péché et de toute perdition, auxquels Dieu oppose, par la prédication de rÉvaogile, l'amour du bien étemel et la crainte du supplice étemel, pour contrebalancer le mauvais penchant de la volonté. Aussi, dit saint Thomas, la providence divine a destiné de toute éternité la nature humaine, à l'acquisition de la béatitude par le libre arbitre. C'est l'ordre de son gouvernement. U ne veut pas sauver l'homme autrement que de son bon gré ; il ne veut pas le chasser vers le Ciel comme un criminel sans raison; il lui fait l'honneur de le laisser en quelque façon l'architecte de sa bonne fortune ; il permet qu'il soit tenté, mais jamais au-dessus de ses forces ; il sait modérer l'effort des tentations au besoin ; il lui envoie et lui fournit abondamment des secours de grâces, mais qui ne nécessitent pas la volonté, en sorte qu'elle ne puisse les fîrustrer du bon effet dont elles sont capables; et en effet, pourquoi nécessiter, dit->il, un homme à son service ? Si l'un ne veut de bon cœur et de franche volonté, il peut en créer d'autres qui s'estimeront trop heureux d'avoir le refus des premiers, et en feront meilleur usage. Les hommes ne lui sont point nécessaires, il est trop grand seigneur pour se sentir obligé à ces voies, qui ressentent quelque peu le besoin et l'indigence dans celui qui y a recours ; comme les maîtres qui mettent leurs esclaves à la chaîne, de peur d'en manquer s'ils s'échappeient. Dieu n'en est pas réduit là : c'est pourquoi son gouvernement à l'égard de l'homme est plein de

4M LÀ THÉOMQ» APnCTIVE.

(«némM/ Il li laisse 01 fcf eons«rv» fwjofuf» litMlf il « IW ii d^ f flirè fr s» «Itrélioii éfr prmdrer fMi et 1« hvty M Met Mi lé ttal, et iKâgféf dv 809 (BttVres dWWt é6vte tie^/ tJMI ^Ms <(ui |MtfMttt et m tfmltm ^Mité; e», ai ébM ms ^ 0^ Hm éO» ^ dmm y f^ ma m ù rê {m. Cei*/ 9).

RdfecuMftaiil et trat dé là ^réViééAcé et- m fKMfMi'fleiîMM d* Dievr je VcMéitaï MîgMNtbebientf su^ flta HMrlê, él âl je éïé mu fèMé et porl6 » «jwbI^ #eé M » 4a«l^é ffSéM* qiÉ* fiott^ Fiiv nNF ffSMHnier oe mv nir, je preMni garciB R couirepoRB (fBMf Mb* 1110 Acitm ^i ne ^ satfdSmUl' » h ftnMtM et 80i#d te pMl d0 Itf ihiiiiVMlib eé^iNBté } cilf ' ^éÉ sMnfêiif fii ffftnde leWNMT dv j^^^hé,^ ffixsià tfMf ndtts' y ééhtdtti écffibivi^, deUtoflfiilMhi^dé'^éAexioDr M^ le» cUbèe» tfA ndtrt en' diefvréSÉblt dét0«VMer e^ mm» eW denfi0r de rherretur. a SrigneAl^ l' (]^ viMfe eofidiittf à «etr« égaM ésl bonnet Sr le détnlM, si M dÉsff, si l0 flioBdè: tùië ttietfent en j^t et /ils me font etf m^bht fift l^éker aà am^, ^^éns Éi'èn a^^ Mtiré diterseHHfÉt; ^ (atitA ^6«i tfaveif MMtt» à' "Mttt ma^ ^ def àpiMlhen^ien», tenlM pilr Fé^iéraMte éas jHus g^hdis l^iétts ArGiH<; fttiiSK Totft affes mM en mu pèn8é0 \ê betfnté dé ta teflu otf laf diftnWilé' ék pédbé;, 0t' en' tne faiëaM éntendre^ ^(asm mffSX la Alpiifé^ dé miMf eiMMiti^,^ toùsl «^i^ red^Hssse ma' Alatf««^ MéRiHîtidVif , él venir m'a^ rament à ^fCAfé gi^ée ; tantM vous tfTavtaf iAnf^rimé ridAa de^^ votre sptéiidei# ina(scei^ble et de voflfe^^ {illMIé' itafittfe 4M nâ'a^ t0»u* dans «ne sainte' f]^eW el (fiîti!^ nA ^trëfbnd abâiv- Mnaeni. <Mi ! cottobfen de fois , par teS li«Hn»< alm)uftui^ êa vbft^ Parité ,> m-ave»-taua' fut itXémm à' vô^ns F CoMbieil' dé' Ibi^, ^ar la nouyetle de laf mort subi^ de ineë s^biïiMesf/ pêt fii Ihiyeor dé vofe^ jo^etbent et te toi»tnéiit d'une eonaieieiHie dtqniète, m'avei^vous^ écané êit menais ébéttiiit Hè féxtvi ati âi^ aetitief de" te' justice? Yons avete flrit t^uiî^ éèis (SUyisés, b Sëigneârf ponr déjoœr le» reâë» de l^aftauf, qttf yôtdatt OfifjiraoMr oon âme c^r^ k v^t^e image ef i^hetèa dif sadg pfHciëiâ de votre Fib. Yous l'afver fait nétt' tme foi^^ nMis plniSetars, p(fk me teissef toujours èa état, dnrsHit eeifé vie, dé tàié coodtdife à ma fin bieiibrareuse t Oh! tené^ » janMi' sMt te itegéteé et h dolMseor de vétire gouvememaltr

H. GoDsidéi^k (pie te bot de Meu, en «jeoMani fa W&Mr à fhotuiie» t» m é'^ Mirer «né eertafM uMMN de^ lîMM : k

moarie durfn^ tl !•» bmine» mntà aiasi knjontn dirigé» jwn lemr fia fc imi i i wi f i tt aw, jmqli'ir w frn M noisbra qw Diev s'eit pfopteé^ Mit aMetot Alors^ il inafbvèfiir la durée des gèAér#» ttons bonaiim , ii w s» piroéûn jlmé é& muvaMn bonm». De méDMi que le motovenenl cesety quMÉl le tenÉe est aequir} de mette qa'tme pierre eesae dm se moiaYoiry quand die a al» teint se» eentré ; DiM s'étont propesé d'étré gkniSé par m eer^ taiw nenftre de pfMeainé» qw doiveeA anrifer à W béalitade par dee (Bt/wm Kbrea et ihitiftto , ù contfaïuei^ sans cesse l'action de son gouvernement ef FéMicioe de aa direelion^ jiHK qaft^ ce qee eë nemlM sek eoinptel et adievé, sans qu'il y en mt un seul * ftiaMpier; el josqif* ce Mmps, les génératioa» âà BMnde se Miiinmt' eofMwe dès le eemmencemeiit ; et plus 'A y auffa de justes peov entver en ee nombre et aider à l'aeconi^ pHr, iMins durerai le monde; et pitts ii y aura de pécbeays et #iuMèlse aur la' terre qui se renéront kidignefei d'entrer en ce^ neaibrey. piM^ ce mondis dorera, et plue tes génératioRs btf^ mafaies eotttlmieront. 6e^ secret est beau et mérite d*Mré w pet édaircT da^ntage^ Âinar, il faut supposer que Dië» qei a Mt loiiii elioëes ai»ec noAibre, poids» et mesure^ s'est anssr proposé un neiabi^ flnii de prédestinés. Saint Augustin rassure (i) s> le nofnbWs At^iiv des prédeiMifiés est certain; il- ne peut éti^ aecru t (fiMÎÉué* Mm ThomlMi ea> eowfient eipreesénenl (3>. dr, Bîea pour ranplîr ce* nombre certain de prëdestinÉEr, voyant pdr su sdnacev' apiwiée de sisiple înteHigaite,' de» komnieB' possibles e» nendire- infini dans lise abtmes du^ nénit, réeohit pKnlèwmeSLt d^en tinr de se» aUmes et de leur A^maer Fétye 4e Ih Aaftnw libre et la* gràee ponl^ powv^r Érrh^er à la béatimde, aniint qn^il en faHait peur achefsr ce nembre, Vsf «rtent ttm à oeite intention- et ponr cette fin) s'A imaient bien de leiti^ fikerté; aMée de' ses gvàces aufBsaUtes. S'9 étt prévd que foeHs êes hommes eusseni bien «é de^ leiar MbeHéj? î se (M afrétié M^ et n'etit pas tiré plbe d'bonune^ du* néaur, et ainsi* le mende Mndt plus têt fini; niais fesîl tout pénétrant de sen^ entendement lui découvrant l'infidélité de plusieu» de oes^ hotUtnes , p» «[emple dee^ tro» quarts on oicere plus, i^yant ^e te nonlbre de seê^ pMMinés ne sertiit pee rempH' par ees premiers

hommes, dont plusieurs manqueraient à leur carrière, il résolut au même moment de réprouver tous ces défaillants à cause de leurs péchés, et de remplir le vide qu'ils laisseraient par un nombre pareil d'autres hommes qu'il se propose de tirer encore du fonds inépuisable des abîmes du néant. Hais, dans ce second nombre, il en voit encore une partie très-notable qui abusera de ses grâces et usera mal de sa liberté; il réprouve donc encore cette partie notable, approchant toujours en même temps du nombre des élus qu'il a déterminé, par c&xx qu'il voit devoir lui être fidèles et qu'il prédestine.

Ainsi, il va toiyours puisant dans l'abtme du néant autant d'hommes qu'il lui en faut pour accomplir son compte de prédestinés, substituant de nouveaux hommes au lieu et à la place de ceux qui perdent volontairement leur couronne. Si bien que, par ce procédé et cet ordre, qui est en Dieu, sans succession de temps, plusieurs hommes sont créés qui ne l'eussent jamais été, mais fussent toujours demeurés dans leur néant, si d'autres n'eussent manqué; plusieurs seront sauvés qui n'eussent jamais été au monde, si d'autres ne se fussent damnés et n'eussent laissé les places qu'ils devaient avoir au Ciel vides et désertes, pour être occupées par d'autres. L'Ecriture sainte en plusieurs endroits appuie cette vérité. Les paraboles des conviés aux noces et des vignerons homicides, l'appel des gentils, au refus des Juifs qui n'ont pas voulu croire à l'Evangile, la menace de Dieu à un grand pasteur de transporter son chandelier à un autre qui profiterait de sa rume, l'histoire du geôlier converti à la Foi par le manquement de courage de l'un des quarante martyrs de Sébaste, sont autant de preuves de cette vérité. C'est pourquoi Dieu conserve le monde et fait succéder sur la terre et dans l'Eglise, comme sur un théâtre, divers personnages l'un â l'autre, tous ayant la liberté et les grâces suffisantes pour bien faire, s'ils le veulent fortement et franchement, et ainsi en vertu de ses décrets , de sa prescience et de ses volontés éternelles , il fait rouler les siècles , dirige et fait tendre les hommes (toujours sauf leur liberté) à la béatitude.

secrets infinis de la divine sagesse! ô effets admirables de la puisssance, de la bonté et de la justice divine! ô gouvernement très-équitable adorable pour tous, qui ne peut être repris sans injustice , de quoi se plaindront les premiers appelés , s'ils

ne se trouvent pas dans le livre des prédestinés? Quel remerdment ne lui rendront pas les seconds appelés, se voyant par laveur substitués aux premiers? justes, craignez , parce que vous pouvez tomber et déchoir de votre gloire ! Pécheurs , ne perdez pas courage; il y a tant de justes qui se pervertissent, doni vous pouvez remplir les places. Pauvres séculiers, ne désespérez pas, tant de religieux se damnent, attrapez ces couronnes qui se perdent ; vous pouvez être substitués à la place de ces personnes sacrées qui pro&nent leur caractère et dérogent à leur dignité.

UI. Considérez pourquoi Dieu a créé les hommes, sachant bien qu'ils abuseraient de sa grâce et seraient damnés. Plusieurs se sont efforcés de répondre à cette question. Saint Jérôme dit (1) que Dieu juge selon que les choses sont pour le présent, sans avoir égard à l'avenir, et il a tant de bonté, que celui qu'il voit pour le temps présent en bon état, il le chérit et le favorise, et quoiqu'il prévoie qu'il doive être pervers, il lui donne le pouvoir de se convertir. Gerson dit qu'il l'a fait pour le bien de ses élus, ainsi qu'il a produit divers animaux pour le service de l'homme, ceux mêmes qui lui semblent plus nuisibles; car ils lui servent d*exercice pour la vertu. Ainsi les réprouvés ne sont pas inutiles aux justes, soit pour la vie temporelle, soit pour la vie spirituelle, car les tyrans ont fait les martyrs, les plus grands saints du Paradis. D'autres disent que Dieu use de son droit, qu'il a un tel domaine sur toutes les créatures, que quoique innocentes il les eût pu créer dans les tourments de l'enfer. De quoi nous étonnons-nous, si, par une volonté libérale, il en a créé quelques-uns qui devaient être toujours misérables, mais non aÎQn de les rendre misérables , et que sa justice condamne ceux qui ont abusé de sa miséricorde et de sa justice? Toutes ces réponses laissent encore quelque peine dans l'esprit et difficilement s'en contenterait-il. Si l'esprit curieux veut être raisonnable, il doit reconnaître que cette demande renferme deux questions différentes. La première , pourquoi Dieu a créé ces hommes ; la seconde, pourquoi il les a damnés. Or, des questions différentes demandent des réponses différentes ; car c'est le propre des sophistes de proposer tout à la fois plusieurs questions, et de se

(1)L. 8. Contra Pelag. ^

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