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gloire? Pourquoi, par les délours de celte vie, par les circuits de la naissance et de la mort, et par tant de chemins scabreux, nous mener là où il pouvait nous placer tout d'un coup? S'il l'eût ainsi arrêté; tant de créatures ne se Aissent pas perdues dans la poursuite de ce bien, s' égarant dans le vrai chemin. N'eût-il pas mieux pourvu par ce moyen à sa gloire et à la nôtre? Je ne le pense pas; car, où serait la gloire de la vertu? où serait pour nous l'honneur de mériter la gloire? et où serait ce si grand honneur de Dieu d'avoir bien récompensé? de s'être voulu obliger, et se faire redevable, lui qui donne toutes choses à tous, et à qui tout appartient? où serait cette grande confiance des justes en sa bonté, Tadmirotion de sa miséricorde, et Texpérience de sa sagesse? et pour le dire en un mot, où serait mon Jésus mort pour moi? où serait cette gloire de Dieu, que Jésus-Christ soit mort pour sa gloire, et cette gloire des hommes, que Jésus-Christ soit mort pour eux? Dieu en est plus honoré, et sa plus grande gloire est préférable à la perle de plusieurs hommes , qui est peu à son égard , comme l'écrasement d'un vermisseau , pour le plaisir d'un prince, n'est pas de grande importance. De plus , cette félicifé sera d'un plus haut prix, et aura d'autant plus de suavité, qu'il aui'a ftillu souffrir et s'exposer pour y parvenir. Les douleurs de l'attente la rendront plus délectable, et le ravissement des saints sera d'autant plus merveilleux, qu'ils se verront transportés des misères de cette vie dans le sein de la félicité. Ainsi, il était plus expédient de la remettre à ce temps. C'est pourquoi il feut donner du blâme à deux erreurs contraires et opposées. La première est celle de certains faux dévots et dévotes, dits bégards et béguines, qui croyaient qu'en celte vie l'âme pouvait arriver à un si haut comble de perfection , qu'elle pouvait jouir de sa vraie béatitude. Erreur que l'Eglise déteste , réprouve et condamne justement; car TEcriture sainte dit, sans réserve, que la vision de Dieu ne se peut acquérir en cette vie : Personne ne pourra me voir et demeurer en vie (Exod. 33). En effet, pendant cette vie , nous ne sommes que dans les ombres de la foi , et dans l'attente qu'entretient en nous l'espérance. Nous gémissoné m nous-mêmes j dit saint Paul, en attendant l'adoption des enfants de Dieu (Rom. 8). Et, ailleurs : Nous recherchons la dté à venir (Hébr. 4 S). Aussi, les misères qui accompagnent cette vie, de-
^ lA THÉOLOGI£ AFFECTIVE.
^uis le berceau jusqu'à la tombç, ne sont pas compatibles avec la vraie béatitude. L'homme né de la femme vit peu de temps , et est rempli de beaucoup de misères , dit le prophète Job (14). Si la béatitude existait en cette vie, elle bannirait ces misères, comme la clarté du soleil chasse les ténèbres, qui disparaissent à sa présence. Enfin, les désirs de Fhomme ne sont jamais si satisfaits dans cette vie, qu'il ne soupire ardemment après plusieurs biens, dont la privation lui cause des inquiétudes, et le provoque à s'estimer infortuné. Car , s'il est adonné au vice , il se passionne pour les biens passagers de cette vie; et, s'il est solidement vertueux, il se croit misérable, parce qu'il ne voit pas son Dieu , après lequel il soupire plus ardemment que le cerf chassé et poursuivi ne souhaite les eaux fraîches des fontaines. Il s'écrie lamentablement, comme saint Paul : Malheureux homme que je suis y qui me délivrera du corps de cette mort (Rom. 7) ? Toutes choses qui témoignent qu'il n'a point la satisfaction que donne la vraie béatitude. La seconde erreur, dont il faut encore ici se garder, est d'autant plus dangereuse, qu'elle a été soutenue par des personnages anciens et de grande autorité , qui ont cru que les âmes séparées du corps ne jouissent pas de leur béatitude; mais qu'elles doivent attendre le jugement et la résurrection ; et que, réunis à leurs corps, ellas ne doivent entrer qu'avec eux dans la jouissance de leur félicité. L'Eglise a encore condamné cette erreur dans ses Conciles généraux , et nous oblige de croire, qu'après que le Ciel fut ouvert par la triomphante Ascension de Jésus-Christ, les âmes qui ont entièrement expié leurs fautes , reçoivent sans délai la béatitude essentielle , qui est la récompense de leurs généreuses actions. C'est pourquoi le premier des martyrs, sous la grêle de pierres qui fondaient sur lui, s'écriait: Je vois les deux ouverts (Âct. 7.) Et saint Paul soupire après la mort, dans l'espérance qu'il a conçue d'être du nombre des bienheureux : Je désire d*être détaché des liens du corps^ pour être avec Jésus-Christ (Philip. 1) ; ce qu'il n'eût pas désiré si passionnément, si son âme eût dû attendre la fin du monde, après la révolution de plusieurs siècles, pour parvenir au bien qu'il désirait. Le Prophète royal déclare cette même vérité, en disant : Quand Dieu aura donné le sommeil à ses Uen-aimés^ ce sera l'héritage du Seigneur (Ps. 126). La raison en est, que Dieu est [beaucoup plus enclin à déployer les
richesses de sa miséricorde envers ceux qui le serrent, qu'il n'est prompt à exercer la rigueur de sa justice envers les pécheurs : cependant, nous connaissons sans doute qu'ils n'ont pas plus tôt la bouche close, que Tenfer s'entr'ouvre pour recevoir lem*s âmes abominables et leur faire subir leur peine étemelle. La seule histoire du mauvais riche, qui, à l'heure de sa mort, est enseveli dans ks enfers (Luc , 16) , rend cette vérité indubitable. Pourquoi donc différerait-il la récompense des âmes justes, qui ont travaillé fidèlement le long de la journée de cette vie? Pourquoi différerait-il le triomphe de celles qui ont combattu jusqu'à la mort? Ce serait sans raison leur faire souffrir des langueurs inconcevables. Ce serait retenir le salaire du mercenaire. Enfin le corps n'est point nécessaire à l'âme pour voir Dieu, les images corporelles n'y servent de rien, ni les sens extérieurs; c'est pourquoi saint Grégoire de Nysse compare la mort qui sépare Tàme d'avec le corps , à une sage-femme qui nous aide pour être enfantés et arriver à une meilleure vie (1).
J'attendrai donc le moment de ma mort pour être admis avec les bienheureux. Si je souffre en cette vie, je dirai comme saint Jérôme : Notre béatitude est pour l'avenir, tout ce qui nous est promis est pour l'avenir; que les autres régnent, qu'ils possèdent , nous sommes maintenant misérables , pour être heureux dans la suite. moment heureux, 6 instant désirable pour l'âme pure et sainte, où, se séparant du corps, elle s'unira à Dieu , et entrera en jouissance de sa fin dernière et du bien souverain pour lequel elle est créée I heureuse l'âme qui entendra alors : L'hiver est passé y la pluie a cessée lève-toi mon amie, ma colombe, et ma belle (Gant. 2). Quand viendra donc, mon Dieu , cette heure qui vous est connue , où je dois être rappelé de mon bannissement dans ma patrie céleste? ô Seigneur, je veux attendre tous les jours ce moment, et m'y disposer par une vie pure et sainte. Je vous loueraiy mon Dieu, je chanterai dans la voie immaculée, quand vous viendrez à moi (Ps. iOO).
IL Considérez par quels moyens l'homme peut acquérir la béatitude; car peu nous servirait d'entendre les douceurs et la beauté de cet état, si nous ne savions le chemin d'y arriver. Le Docteur angélique dit trois choses importantes sur ce sujet.
(1) Orat. de Mortuis.
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Premièrement, que rhomme, ptr les forces de sa nature, ne peut point acquérir sa béatitude parbite , pnrce qu'elle excède les puissances et les facultés, par lesquelles il peut agir. Et si les bétes peuvent naturelletnent arriver k la béatitude dont elles sont capables, elles n'ont point pour cela d'avantage sur lui, car leur béatitude est infiniment moindre que la sienne, et c^est chose plus noble pour lui d*ètre capable d'un bien très-parfiiit , quoique pour l'obtenir, il ait besoin d'un secours surnaturel, qu'il n'est honorable pour la bète sans raison, d'être capable d'un bien très-imparfait , sans avoir besoin d'aucun secours pour le posséder. Il dit secondement, qu'il ne peut en aucune manière, par les forces d'aucun agent naturel, arriver à sa parfaite félicité, parce qu'étant au-dessus de toute la nature créée, il faut que Dieu y opère immédiatement, comme dans la résurrection des morts, et l'illumination des aveugles. C'est pourquoi saint Ambroise dit (1), que personne ne peut donner la vie éternelle que l'auteur de rétemité. Que si les anges et les saints y peuvent contribuer en quelque chose, comme en Texhortant et en l'illuminant, ou autrement, ce n'est que pour lui donner quelques dispositions plus éloignées, après lesquelles il doit être illuminé et inspiré de Dieu même, pour entrer dans la félicité. Troisièmement, saint Thomas dit encore que l'homme doit arriver à sa fin par ses bonnes actions, non pas que Dieu ne pût bien, par sa toute - puissance , le rendre heureux, sans rien exiger de lui ; car il pourrait le béatifier dès qu'il est au monde; mais Tordre de sa providence veut qu'il travaille et agisse pour arrivera sa dernière perfection. Aussi, entre les êtres qui lont capables de posséder un bien par&it , les uns peuvent l'obtenir sans efi'ort , les autres par un seul acte, et les autres par plusieurs Dieu, à qui la béatitude est naturelle, n'a besoin d'aucune action pour l'avoir, mais la créature, au-dessus des forces de liaquelle la béatitude est placée, ne doit pas l'obtenir, si elle ne s'efforce et ne s'élance par de saintes actions pour y atteindre. L'ange , qui est supérieur à l'homme , l'a obtenu par un seul acte, et par une seule opération méritoire ; mais l'homme, qui a été créé au-dessous de l'ange, et qui est plus terrestre et plus éloigné de la vie bienheureuse par sa na-
(l)L.n, de Office.
m U BtATITUW. ttO
tare corporelle, ne peut l'obteoir ordinairement que ptr plasieiiri opératioQ« bites avec liberté, et qui soient réglées par lee lois, (KMsitées par la grAoe, et perfectioooées par les vertus. Aussi Pieu lui dornie «6$ lois, l'assiste de ses grftces pour cet effet, et lui doooe des secours surnaturels qui élèvent ses bonnes œuvras à la grandeur de la béatitude, à laquelle il monte par degrés, et par plusieurs travaux et exercices de piété, auxquels la sagesse divine Ta voulu assujettir, pour l'épurer davantage, *et la mieux préparer à la sublimité. Et certainement il ne doit pas trouver étrange qu'un si grand bien lui doive coûter quelques peines, puisque ceux de cette vie sont le plus souvent si difficiles k obtenir. L'expérience le fait voir dans les affaires de ce monde, dans les études de la philosophie, dans le combat des vertus, et dans ta discipline de la milice humaine. U n'y a point d'artisan qui arrive i la perfection de son art sans s'y occuper tous les jours. lia science ne s'acquiert que par de pénibles études, l'art militaîre ne s'apprend que par plusieurs combats (1). Donnezmoi un homme délicat qui n'ait soin que de nourrir son corps, à qui le travail soit en horreur, il n'en faut rien' attendre de grand et de généreux, il finira ses jours dans l'indigence des biens spirituels. Cela faisait dire à Philon le juif (2), que le travail devait être compté entre les meilleurs biens de l'homme ; que, pour en dire la vérité, il est le prince du bonheur et de la vertu, qu'il n'est pas moins nécessaire que la lumière pour voir ; que tout le bien de l'homme dépend du travail, comme la vie corporelle de la nourriture ; enfin, qu'il n'appartient qu'à Dieu seul d'être heureux sans labeur, et que cela ne nous est point accordé, afin que nous ayons de quoi glorifier son éminente félicité, et l'estimer infiniment au-dessus de nous.
Dieu très haut votre jugement est équitable, et votre pro-^ vidence est juste. Il ne serait point raisonnable, que les enfants d'Adam employassent tant de temps, souffrissent tant de travaux, répandissent tant de sueurs, et fissent tant d'efforts pour quelque bien périssable, et que, pour le souverain bien qui les doit contenter dans toute l'éternité, ils ne daignassent pas remuer les bras, et entrer en action avec grande ardeur. heureuse contrée des ^dvants, très-riche héritage du grand Dieu, mon cœur est
(1) Laurent Justin. 1. de Humil. c. 8. — (2>D0 fiâcrif. Ahd. al GUI.
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épris de vos richesses et de vos beautés inénarrables, et plus mon entendement s'applique à voir les trésors immenses de vos biens, plus je sens mon cœur fortement désireux de vous obtenir Hélas, les biens de ce monde, qui ne sont rien à l'égard des vôtres, sollicitent, pressent les âmes les plus fortes de s'y attacher, et vous, Ciié royale , qui êtes toute brillante de diamants et de pierres précieuses, qui êtes enrichie de l'or le plus pur, et rsryonnante de la clarté de l'Agneau sans tache, n'auriez-vous aucun empire sur nos cœurs, et n'exciteriez-vous jamais nos désirs ! maison de volupté, qui êtes élevée au-dessus du soleil et des étoiles, le travail que je ferai pour vous, se passera bientôt, et les biens que je trouverai en vous , dureront à jamais ; je ne veux rien épai^ner. Si je possédais des empires et des royaumes, je les quitterais plutôt que de renoncer à la place qui m'attend dans votre enceinte. région bénie de Dieu, et couverte de sa bienveillance immortelle, voire dignité est trop grande, et votre gloire trop éclatante, pour ne pas valoir les combats de cette vie ; je combattrai donc jusqu'à la mort ; je ferai jusqu'au dernier soupir tous les efforts possibles, pour être admis au nombre de vos heureux habitants. Dieu, ma grande espérance; fortifiezmoi de vos grâces, donnez-moi un courage magnanime pour exécuter la résolution qu'il vous plait de m'inspirer sur ce sujet, m. Considérez troisièmement, que la béatitude n'est pas égale pour tous , mais que tous y sont entièrement satisfaits (1) : l'Eglise, en effet, a défini que Dieu a plusieurs palmes pour en donner de plus belles aux plus généreuses actions , par lesquelles les hommes arrivent à la béatitude, et qu'il a plusieurs récompenses, pour établir divers ordres parmi les bienheureux, et pour donner, comme il est juste, les premières places aux plus grands mérites. C'est ce qu'annonce la vérité même : Il y a plusieurs demeures dans la maison de mon Père : comme une étoile est différente en clarté d*une autre^ ainsi il en sera dans la résurrection (Jean, 14, i Cor. 15). Les uns seront plus heureux, ayant une lumière de gloire plus grande, qui leur communiquera une vision plus claire , et causera une plus grande joie ; car elle rendra plus illuminé l'esprit, où elle sera plus grande, quand même par sa nature il serait plus imparMt, comme l'esprit de l'homme à
(i) Condliam Florent. In Definttioneb
DE lA BÉATITUDE. 61
l'égard de celui de l'ange. Au reste, cette lumière sera donnée à proportion des œuvres et des mérites, afin que ceux qui auront combattu plus vaillamment en ce monde aient un plus beau triomphe pour récompense. C'est ce qui donnera de l'avantage aux Docteurs, aux Martyrs et aux Vierges, qui auront des auréoles et des récompenses particulières ; parce que la nature humaine étant combattue par trois ennemis, le démon, le monde et la chair, il se trouvera à la fin que les vrais Docteurs par la siircérité de leur doctrine, auront mieux combattu le diable, qui s'efforce par mille artifices de corrompre la vraie doctrine et de surprendre les esprits ; que les Martyrs auront mieux surmonté le monde, qui employait ce qu'il avait de doux et de cruel pour les attirer «^ lui ; et enfin que les Vierges auront eu des victoires plus signalées sur la chair, pour lesquelles Dieu leur promet une meUkure place en sa maison, et un plus beau nom parmi tous ses enfants (Is. 56). Or, nonobstant cette diversité, tous ces esprits seront contents et satisfaits de la part que leur aura donnée la justice de Dieu, ils ne se piqueront pas de jalousie, et ne concevront pas de mécontentement contre ceux qu'ils verront plus heureux. Comme un enfant se contente de l'habit qui convient à sa taille, sans désirer celui d'un homme plus grand que lui; comme, dans un festin, celui qui mange moins que les autres, n'en est pas moins rassassié; de même dans la gloire, chacun ayant selon ses mérites, ne désirera pas la place d'un autre. Ce contentement dans l'inégalité proviendra spécialement de ce que l'objet béatifiant est infini et incompréhensible , et que par là même il remplit et comble tellement les puissances de l'âme, qu'elles en sont surabondamment satisfaites. Immortel, il ne diminue jamais, et dès lors elles y trouvent sans cesse de quoi se rassasier. Que si je ne vous savais infini et incompréhensible, ô mon Dieu, dit un docte cardinal (1), tout petit que je sois , je n'aurais mon contentement qu'à demi , car je soupire pour vous, et pour vous infini et incompréhensible! Ce qui rassasie l'âme, ou ce qui est sa fin , n'est pas ce qu'elle comprend, ni aussi ce qu'elle ne comprend en aucune manière. Car l'esprit n'est rempli et satisfait que lorsqu'il connaît une chose qui ne peut être comprise. En quoi il ressemble à quelque
(1) N. de Casa, de Vbi.Dei, c. 15.
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affamé, qui serait insatiable, et qui ne ponrraît se rassasier «Tim peu dé viande, qu'il pourrait dérofer en un instant. Il faudrait que les aliments fiissent inépuisables, sans quoi viendrait un moment où , dépourvu de nourriture , il sooffHrait les horreurs de la Mm. C'est par ce moyen que les bienheureux qui ont moins de gloire que quelques autres, en ont cependant plus qu'ils n'en peuvent supporter, car ils sont débordés par l'infinité de l'objet qui e<«t plus grand que leur cœur; ils n'en sont jamais privés, parce qu'il est immortel aussi bien qu'infini, et qu'il ne peut jamais ni s'altérer, ni s'épuiser. Or, il n'y a point d'esprit raisonnable qui ne soit satisfait de posséder le bien souverain, avec cet excès et sans fin.
J'admirerai l'accord merveilleux de cette inégalité de gloire avec la parfaite satisfection et l'entier contentement de tous. Une beauté admirable résulte de cette diversité dans la Cité du Paradis, et en même temps un bonheur parfait est le partage de tous les élus, qui tous sont pleinement heureux, quelle que soit la place, quel que soit le degré de gloire qui leur ait été donné. Cité de Dieu, on a dit de toi des ehoses merveilleuses (Ps. 86)1 Mais, hélas I les hommes d'ici-bas ne conçoivent pas la millième partie de tes félicités; c'est pourquoi ils poursuivent avidement les honneurs et les biens de la terre, mettant en oubli Texcellencé de leur fin. Déploroqs leur malheur et le nôtre, nous qui sommes de ce nombre. Formons encore une fois la ferme résolution de ne rien épargner pour arriver à cette fin, qui est la consommation et la perfection de tout, fallût-il souffrir toutes les austérités, toutes les privations, toutes les mortifications, et tous les martyres ties martyrs. Enfin , gravons dans notre mémoire, pour conclusion de ce traité , ces belles paroles d'une âme vraiment sainte : € créature raisonnable, je suis certaine que si tu considérais pour quelle fin (u as été bénignement créée, tout ce qui est au-dessous de Dieu , te semblerait si vil, que tu ne pourrais pas seulement le regarder ; mais tu le fuirais comme un trës'-grand ennemi; afin qu'il ne t'empêchât pas de parvenir à cet infini et éternel trésor. (1) »
(i) Sainte Catliertaie d« Gtosi en a vie, e. aS.
Pli in nn Mrt
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lis 7e ff