‹ La théologie de saint HippolyteChapitre 100 sur 210 · III. LUTTE COTRE l'aDOPTIANISME · texte numérisé non relu

III. LUTTE COTRE l'aDOPTIANISME

Parallèlement aux doctrines modalistes, qui menaçaient le dogme trinitaire, s'étaient développées d'autres doctrines, attentatoires à la divinité du Christ. Nous avons déjà nommé Théodote de Byzance, qui en fut à Rome l'ardent promoteur. Hippolyte rencontra plus d'une fois ces doctrines sur son chemin, et ne manqua pas de les combattre : parmi les réfutations d'hérésies particulières qu'il composa en divers temps ^," celle de l'hérésie adoptianiste mérite une attention toute spéciale.

Le berceau de cette hérésie, comme de l'hérésie modaliste, doit être cherché en Asie mineure. La croyance

1. Il semble qu'on ait parfois multiplie arbitrairement ces monographies : la plupart des allusions d'où l'on a conclu à l'existence de livres distincts se réfèrent à l'un ou à l'autre des ouvrages d'ensemble que nous venons de signaler. Rien n'oblige d'admettre un livre contre les Montanistes, un livre contre les Valentiniens, etc. — Mais le livre contre Marcion, signalé par Eusèbe, pourrait bien être identique au livre sur le bien et l'origine du mal, mentionné sur la statue : le traité de la Pàque renfermait une réfutation des Quartodécimans.

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au Verbe divin s'était heurtée dans ce pays à Topposition de sectaires qu'on nomma les Aloges^ ('Wo^oi). Recueillant l'héritage d'Ebion et de Cérinthe, les Aloges se multiplièrent en Orient durant le dernier quart du deuxième siècle; ils enseignaient que le Christ fils de Marie n'est qu'un homme-, élevé par l'adoption divine à la dignité de Fils de Dieu; cette adoption aurait eu lieu lors de la descente du Saint-Esprit sur le Christ baptisé dans le Jourdain. Le quatrième Evangile les condamnait évidemment : ils se virent amenés à le récuser, ainsi que les autres écrits joanniques, en tant qu'Ecritures divines. Ils s'efforçaient de mettre cet Evangile en conflit avec les synoptiques, et signalaient dans l'Apocalypse d'autres absurdités. Cet éveil de la critique textuelle ne devait pas laisser Hippolyte indifférent, et nous savons qu'il composa un livre pour la défense de l'Evangile de Jean et de l'Apocalypse 3. Mais les noms des adversaires qu'il visait ne nous ont pas été conservés ; peut-être étaient-ce des catholiques : nous aurons en effet occasion de signaler dans l'Eglise romaine elle-même l'infiltration de la critique scripturaire des Aloges.

Il ne devait pas tarder à se trouver en face d'un véritable hérétique. Théodote le corroyeur*, que saint Epi-

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