Voir ch. i, p
l'adoptiamsme. 107
La doctrine de Théodote le corroyeur, condamnée dès avant la fin du deuxième siècle par lo pape Victor, était néanmoins destinée à un assez long- avenir. Tout d'abord elle subit une métamorphose bizarre, grâce à un autre Théodote*, qui attribuait à Melchisédech, dans l'économie du plan divin, un rôle suréminent, bien supérieur à celui du Christ : ce fut la secte des Melchisédechiens. Entre 230 et 240, Tadoptianisme est représenté surtout par un certain Artémon, ou Artémas, qui forme transition entre les Théodote et Paul de vSamosate. Eusèbe cite', à la fin du cinquième livre de Y Histoire ecclésiastique, un écrit dirigé contre l'hérésie d'Artémon, ^r.z'AoLZ'^.x kv-x -v;; 'Apt£;j.a)vc; alpÉffcwç. L'auteur anonyme refait l'histoire de la secte, qui prétendait restaurer la doctrine primitive des Apôtres, conservée intacte jusqu'au pontificat de Victor (189-198/9), et altérée seulement sous Zépliyrin son successeur. Contre ces novateurs impudents, il fait
1. Pseudotertullien, Adv. omnes fiaei., « : Alter post hune Theodotus haereticus erupit. qui et ipse introduxit alteram sectam et ipsum hominem Christum tantunimodo dicit ex Spiritu Sancto et Virgine Maria conceptum pariter et natum, sed hune ial'eriorem esse quam Melehisedech, eo quod dictuni sit de Christo : Tu es sacerdos in aeternum secunduni ordinem Melcliisedech. Xamillum Melchisédech praecipuae gratiae caelestem osse virtutem, eo quod agatChristus pro hominibus deprecator et ad vocal us eoruni factus; Melchisédech facere pro caolestibus angelis atque virtutibus. Xani esse illum usque adeo Christo meliorem, ut àniTwp sit, ônriTwp sit, àytytoL).6yr,':oz sit, cujus neque initium neque finis comprehensus sit aut comprehendi possit. — Épiphane, Haer., 55. — Cette idée bizarre paraîtra un peu moins absurde, vue à la lumière de la tradition primitive, qui souvent a cru reconnaître dans lo mystérieux personnage de Melchisédech une théophanie proprement dite. Voir le très curieux fragment de saint Eustathe d'Antiocho sur les Melchisédechiens, découvert par M. Jules Lebreton et publii' par M. F. Cavallera, S. Euslntlin episcofjî Antioclieni in Lazarum, Mariamel Martham homilia clirislolofjica nimc pr'imum e codice gronoviano édita, cum commenlario de fraglWrniis eustathianis, Paris, 1905. p. xn-xiv.