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Impossible de méconnaître ici l'attestation d'un culte local. Ces murs qui s'élèvent, celte maison qu'on restaure, c'est la basilique et la crypte du martyr Ilippolyte, depuis longtemps honoré en ce lieu le 13 août. Le môme pape Damase, qui a composé l'épitaphe précédente, préside aux embellissements. L'affirmation énergique de ses droits au siège apostolique (y. 4) voile probablement une allusion aux épreuves de ce pontificat, troublé au début par le schisme dUrsin. Le nouveau sanctuaire rappellera des triomphes pacifiques et les gloires immortelles de la foi. Un prêtre Léon dirige les derniers travaux, et l'acrostiche, qui nous a conservé son nom, célèbre l'enthousiasme de la population romaine pour le développement d'un culte qui lui avait toujours été cher. Ne nous étonnons donc plus de voir saint Jérôme saluer, dans l'illustre écrivain Hippolyle, un martyr, qa'Eusèbc ne paraissait pas encore soupçonner : Jérôme connaissait trop bien Rome pour ignorer qu'Hippolyte y jouissait de ce titre, et il témoigne de ce qu'il a entendu. Cette conclusion paraît s'imposer, mais elle ne supprime pas toute incohérence dans les traditions relatives à Hippolyte, prêtre romain, schismatique et martyr. C'est bien néanmoins, selon toute apparence, le même personnage que l'on continue d'honorer au même lieu ; nous n'avons recueilli aucun indice positif qui nous autorise à le dédoubler.
Aux environs de Tan 400, Ilippolyte était encore, dans ces murs, en possession des mêmes honneurs. Le poète espagnol Prudence visitait en pèlerin le sanctuaire restauré par Damase, interrogeait ces lieux si riches en souvenirs ' :
1. Prudence, Perislephanon, 11, v. 17-18; éd., A. Dressel, Leipzig, 1860, p. 440 sqq.
Haec dum lustro oculis, et sicubi forte latentes Reruni apices veterum per momimenta sequor,
et, dans un poème de son Peristeplianon, amplifiait brillamment le thème de l'épitaplie damasienne. Voici les vers rela tifs au schisme ^ :
Invenio Hippolytum, qui quondam schisma Novati
Presbyter attigerat, nostra sequenda negans, Usque ad martyvii provectum insigne^ tulisse
Lucida sanguinei praemia supplîcii.
Nec mirer e senem per ver si dogmatis olim,
Munere ditatum catholicae fidei.
Cumjam vesano victor raperetur ab hoste.
Exultante anima, carnis ad exitium, Plebis amore suae multis comitantibus ibat.
Consultus quaenam secta foret melior, Respondit : Fugite, o miseri, execranda Noçnti
Schismata; catholicis reddite vos populis. Una fides vigeat, prisco quae condila templo est,
Quam Paulus retinet quamque cathedra Pétri. Quae docui, docuisse piget; venerabile martyr
Cerno quod a cultu rebar abesse Dei.
La réminiscence damasienne est évidente. Mais ce qui suit appartient exclusivement à Prudence. Il place à l'embouchure du Tibre la scène du jugement et du martyre '^.
Sistitur insano Rectori, Christicolas tune Ostia vexanti per Tiberina viras.
Protulerat rabiem Tyrrheni ad litoris oram Quaeque loca aequoreus proxùna Portus habet.
Hippolyte est présenté au tyran comme un chef, — sinon même comme le chef — du christianisme romain ; on imagine