Eusèbe, H. E
CANOX DES ÉCIMTURES. 117
règle de l'antique foi, méconnu le Christ. Au lieu de rechercher ce que disent les Écritures divines, ils s'évertuent à découvrir par (juelle figure de syllogisme ils pourront soutenir leur impiété. Si on leur propose une parole de l'Ecriture, ils se demandent quelle ligure de syllogisme, conjonctif ou disjonctif, on en peut tirer. Ils délaissent les saintes Ecritures de Dieu pour s'adonner à la géométrie, en hommes de la terre, qui parlent le langage de la terre et méconnaissent le langage venu d'en haut. Chez eux, on pratique assidûment la géométrie d'Euclide; on admire Aristote et Théophraste: tel semble même adorer Galien. Cependant ils abusent des sciences profanes dans le sens de leur hérésie, et empruntent à l'impiété ses artifices pour corrompre la foi simple des divines Ecritures. Qu'ils soient fort éloignés de la foi, cela va sans dire. Aussi ont-ils porté audacieusement les mains sur les divines Écritures, sous prétexte de les corriger. Je ne les calomnie point : chacun peut s'en convaincre en réunissant leurs exemplaires et les comparant entre eux : on verra combien ils différent. Asclépiodote diffère de Théodote : les copies ne manquent pas, car les disciples de ces deux maîtres s'employaient avec zèle à transcrire leurs prétendues corrections, c'est-à-dire leurs faux. A son tour, Hermophile diffère des précédents. Quant à Apolloniade, il ne s'accorde pas avec lui-même. Que l'on compare leurs premières édi-tiens à leurs remaniements postérieurs, et l'on pourra mesurer la différence. Ce crime suppose une audace dont eux-mêmes semblent n'avoir pas conscience. Car ou bien ils ne tiennent pas les Évangiles pour parole de l'Esprit Saint, et ils sont infidèles, ou bien ils se croient eux-mêmes plus sages que l'Esprit Saint, et que dire alors, sinon qu'ils sont fous? Quant à nier qu'ils soient les auteurs de ces attentats, ils ne le peuvent : on a leurs autographes. Les catéchistes qui les ont instruits ne leur ont pas transmis ce texte des Ecritures, et eux-mêmes n'en sauraient montrer les originaux. Quelques-uns n'ont pas même pris la peine de falsifier les Écritures : ils ont simplement renié la Loi et les Prophètes, pour eml)rasser une doctrine illégitime et impie, et, sous prétexte de répondre à la grâce, ils ont roulé 'jusqu'au fond de l'abîme de perdition.
Le premier tort de ces hérétiques fut donc de ne s'en pas tenir au texte traditionnel des Ecritures — lïap' wv 7.3i-r,yrfir,ijyy. [j/r, TciaÛTaç T.y.pi\xozy xiç Fpasâç. — Pour tran-
cher les doutes qui s'élèvent sur ce texte, Hippolyte renvoie simplement à la tradition authentique de l'Église.
Toute vérité salutaire arrive au chrétien par les divines Écritures; faute d'en méditer les enseignements, il s'expose à errer : Hippolyte confirme cette règle par des exemples récents 2; il met son disciple en garde contre les hallucinations de l'esprit personnel 3, et, pour y couper court, réitère la recommandation de s'en tenir aux Ecritures. D'ailleurs leur interprétation est chose délicate, et exige le secours d'en haut. Gomme les prophètes ont eu besoin de lumières spéciales — cjvsatç — pour parler au nom de Dieu, de même, proportion gardée, ceux qui entreprennent de redire et d'expliquer aux hommes les oracles des prophètes ne sauraient réussir dans cette tâche qu'avec l'assistance de l'Esprit divin; et pour les bien entendre, il faut aux fidèles eux-mêmes une certaine participation au môme charisme*. Aussi l'exégète invoque-t-il Dieu, et