Philosoph., 10, 34, p. 522, 4 sqq
intellectuelle. Ses allusions aux poèmes d'Homère, d'Hésiode, de Xénophane, d'Empédocle, d'Euripide, de Stésichore, d'Anacréon, d'Aratos, sont purement documentaires : nulle part on ne sent vibrer l'âme d'un Hellène, qu'il s'agisse de débris antiques ou des productions d'un art nouveau, comme ces deux nomes citharédiques en l'honneur d'Attis, qu'il avait trouvés dans un écrit naassénien et qu'il nous a conservés'.
Les penseurs ne seront pas mieux traités que les poètes. Le premier livre des Philosophumena passe en revue les plus grands d'entre eux. On peut pardonner à Hippolyte de n'avoir pas pris directement contact avec les représentants de l'antique école ionienne : le manuel assez médiocre où il a puisé l'a induit en des erreurs sans doute regrettables, mais relativement vénielles : au moins aurait-il dû ne pas tant appuyer sur l'influence de ces auteurs qu'il ne connaît pas. Le peu de profondeur de ses connaissances se manifeste plus gravement au sujet de la grande époque"-. Entre les philosophes, ses préférences iraient à Platon : il distingue ce génie d'exceptionnelle envergure, qui embrassa, dans une vaste synthèse, physique, éthique et dialectique. Mais les pages qu'il lui a consacrées", outre qu'elles ne procèdent pas d'une pensée bienveillante, sont peu dignes de Platon. Ce qui frappe tout d'abord, c'est l'étroitesse des horizons, l'absence de vues larges et sûres. Ni l'idéalisme de Platon, ni l'élévation de son spiritualisme, ni ses radieuses ascensions
1. M. de Wilamowitz-Moellendorff y voit des compositions asiatiques et rapporte le prcmiei- hvnine à l'époque dTladrien. Hernies, 37, 1902, p. 329.
2. Voir à ce propos J. Denis, La philosophie tVOrigène, p. 608 sqq. 3 Philosophumena, 1, 19, p. 32-39.