SCIENCE GRECQUE
vers la lumière ne semblent avoir été aperçues d'Hippolyte. Les Idées sont mentionnées une fois, comme types ayant sorvi au Démiurge. Sur les autres })oints fondamentaux de la doctrine platonicienne, on s'étonne de rencontrer tant d'indécision : la transcendance de Dieu, 4'immortalité de l'âme, la métempsycose : autant de questions où la donnée du maître est controversée entre ses disciples : Hippolyte se borne à noter la controverse, il n'intervient pas. Après avoir laissé la vraie pensée de Platon en suspens sur des points si graves, sur d'autres il la dénature étrangement. Il lui attribue la théorie éminemment aristotélicienne de l'acte et de la puissance, la distinction des objets [j.I'jol, à;j.î(ra, ï\).\).z<:a^ dont le vocabulaire platonicien n'a gardé nulle trace, la définition de la vertu comme un milieu entre deux extrêmes, idée que sans doute on voit poindre en telle page de Platon, mais qui n'atteindra son plein développement que dans l'éthique péripatéticienne, le concept stoïcien de Dieu pénétrant toutes choses. Il présente les relations de la science et de la vertu sous une forme tranchante, dont ne s'accommodent bien ni la liberté ni la moralité. Deux fois il se réfère expressément à des traités de Platon : la première de ces références, aux Lois, a pu être identifiée; la deuxième, à la République, ne s'est rencontrée que dans Clitophon, dialogue d'authenticité suspecte. Aristote, caractérisé plus brièvement ^ que Platon, ne l'est pas avec plus de fidélité. Après avoir résumé dans les dix catégories sa métaphysique, Hippolyte renvoie pour presque tout le reste à Platon, sauf pour la destinée de l'âme humaine et pour la conception de l'âme du monde : or