‹ La théologie de saint HippolyteChapitre 135 sur 210 · Phitosophumena, 1, -20, p. 3t · texte numérisé non relu

Phitosophumena, 1, -20, p. 3t

sur ces deux points il prête à Aristote le langage d'un stoïcien. De leur côté, les stoïciens^ auraient enseigné la métensomatose des âmes et la résurrection des corps : toutes choses étrangères à leur panthéisme émanatiste. Le scepticisme de Pyrrhon vaut à ce penseur d'être classé parmi les Académiciens -. Tant de confusions nous inspirent pour l'érudition philosophique d'Hippolytc une invincible défiance, et nous obligent de réduire à sa juste valeur le prologue solennel des Philosophumena. Il est clair qu'au lieu de préluder par de vastes lectures à la Réfutation des hérésies, l'auteur a puisé dans des manuels sans valeur le plus clair de sa science.

On sait avec quelle irrévérence Hippolyte a traité les astronomes alexandrins : assez peu lui importent les noms illustres d'Apollonios, d'Archimède et d'Hipparque; après avoir indiqué, sur l'autorité de ces anciens maîtres, diverses mesures astronomiques, il conclut son développement par une boutade à l'adresse d'un maître plus récent, Ptolémée '^ :

Qui n'admirerait des recherches si laborieuses? J'estime Ptolémée, pour y avoir appliqué son esprit; mais c'est dommage qu'il soit venu si tard en ce monde. Il aurait pu rendre service aux fils des géants, qui, faute de connaître ces mesures, croyant le faîte du ciel tout proche, se lancèrent follement dans la construction d'une tour : s'il eût été là, il eût arrêté l'entreprise. Que si quelqu'un refuse de l'en croire, il n'a qu'à reprendre les mesures pour s'en convaincre : Ptolémée n'a pas de meilleure preuve à offrir aux incrédules. 0 vaine enflure d'esprit! ù mauvaise foi, bonne seulement à conquérir pour Ptolémée le renom de savant près de ceux qui ont cultivé la même science !

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