‹ La théologie de saint HippolyteChapitre 136 sur 210 · SCIENCE GRECQUE · texte numérisé non relu

SCIENCE GRECQUE

Ce trait permet de juger combien peu de prix Hippolyte attache aux recherches exactes ^ Sans doute l'astronomie géocentrique de Ptoléméc jouissait alors d'une faveur excessive, ^'ulg•arisateur <les travaux d'Uipparque plutôt que savant original, l'auteur dut à son talent d'exposition le meilleur de sa gloire. Sa Syntaxe de l'astronomie-, hérissée de postulats, tissue de conceptions enfantines, après avoir défrayé les écoles byzantines et, sous le nom à' Aima geste y les écoles arabes du moyen âge, devait faire place à des ouvrages plus solides. Mais les critiques d'Hippolyte ne renferment pas même le germe des rectifications à venir : ce ne sont que railleries sans portée, par où il manifeste son dédain de toute science. Déjà nous l'avons identifié à ce docteur anonyme qui déplorait l'intrusion de la dialectique, de la géométrie et de la physique dans les études scripturaires, et reprochait à l'école théodotienne de ne jurer que par Euclide, Aristote, Théophraste etGalieu'^. On ferait la même constatation dans divers domaines : les noms d'Hérodote et d'Hippocrate, de Pline et de Plutarque, apparaissent dans ses écrits sans qu'on surprenne chez l'auteur ombre d'émotion scientifique. On sait ce qu'il doit à Sextus Empiricus, à Josèphe, à saint ïrénée, à d'autres auteurs encore : le sans-gêne avec lequel il emprunte des documents, qu'on

1. On relève d'ailleurs chez lui d'utiles observations. Par exemple il n'ignore pas que le son met un temps appréciable à se propager dans l'air, et il cite l'exemple du bûcheron, dont on voit la hache s'abattre bien avant d'entendre le coup. Mais cela était fort connu, près de six siècles après Aristote.

i. Voir Paul Tannery, L'Astronomie ancienne, Paris, 1893, ch. 4, p. <S7 sqq., ch. 0, p. 122.

Page 1