‹ La théologie de saint HippolyteChapitre 138 sur 210 · Philosophumena, 5, 8, p. 157 sqq · texte numérisé non relu

Philosophumena, 5, 8, p. 157 sqq

MYim: NAASSÉNIEN. 143

tiationélousinienne; les petits mystères avaient pour objet la génération charnelle. L'homme d'en haut, l'être invisible et iiiolTable, c'est encore, selon les Phrygiens ^ le Fruit de l'amande : car ils représentent le premier principe sous la forme d'une amande, qui s'ouvre pour donner issue à son fruit. C'est encore le Joueur de flûte: car, semblable au souITlo invisible qui fait résonner la fhUe, l'être vers qui tendent tous les êtres est un principe d'harmonie.

Ceux mêmes qui divaguent sur le compte de ce grand être ne le font pas sans obéir à une secrète providence, qui les guide, même à leur insu. Parfois sur un théâtre, devant le peuple assemblé, un cilharède s'avance, dans sa robe éclatante, pour célébrer les grands mystères : interprète d'une pensée qui le surpasse, il chante, en s'accompagnant de la cithare ^ :

« Heureux fils de Kronos ou de Zeus ou de la grande Rhéa, salut Attis, nom cruel au cœur de Rhéa; toi que l'Assyrie nomme le très désirable Adonis; l'Egypte entière, Osiris; la sagesse grecque. Croissant céleste de la Lune; Samothrace, Adam le vénérable; l'Hémos, Corybante; la Phrygie, tantôt Papas, tantôt Cadavre, ou Dieu, ou Stérile, ou Chevrier, ou Epi vert moissonné, ou Fruit de l'amande féconde, ou Joueur de flûte... »

Ce mythe anthropologique, présenté par Hippolyte comme le fond commun des mystères païens, n'est pas seulement attesté par le document naassénien des Philosophumena : les livres hermétiques en particulier, et d'autres débris de l'antiquité égyptienne, lui rendent également témoignage 3. Ce serait en exagérer l'importance que d'y voir la preuve d'un commerce personnel d'Hippolyte avec les diverses civilisations qu'il effleure : ici, plus que jamais, sa science est toute de seconde main; reconnaissons du moins qu'il a eu la main heureuse, et que notre indigence rehausse le prix dé cette synthèse mythologique. La médiocrité ordinaire de l'information d'Hip-

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