Voir Reitzenstein, Poimandres, p
poiyte quant aux choses grecques ne permettait pas d'en attendre une pièce exotique aussi rare. S'il ne nous a pas légué une encyclopédie des sciences religieuses dans l'antiquité, il a du moins montré quelque souci de s'instruire, et nous devons lui savoir gré de ce regard curieux sur les arcanes du paganisme.
L'analyse complète du syncrétisme naassénien présenterait sans doute des difficultés insolubles : sans vouloir les affronter, nous nous permettrons d'attirer l'attention sur ridée centrale du mythe. Ce désir tyrannique asservissant l'esprit à la matière d'une part, d'autre part cette aspiration commune de tous les êtres vers une harmonie supérieure, terme d'une purification laborieuse, cette captivité de Thomme, nouveau Prométhée, dans les liens du corps, n'est-ce point le cachet authentique de l'esprit grec sur les éléments un peu confus qui nous sont présentés comme d'origine babylonienne ou égyptienne? On en retrouverait d'ailleurs la trace chez plus d'un penseur grec, interprète de la même légende ^. Le document naassénien ne renfermât-il que ce trait, il ne serait pas une contribution négligeable à l'histoire de l'hellénisme.
1. Voir entre autres, Œuvres deValchimiste Zosime, publiées et traduites parMM. Berthelot et Ruelle, Collection des anciens alchimistes grecs, t. 2, Paris. 1888, 3, 49, G. 7: p. 224 de la traduction : L'Adam charnel sous sa forme apparente, est appelé Toth; mais l'homme spirituel contenu en lui porte un nom propre et appellatif... C'est celui de çw; (lumière, feu) : c'est pour cela que les hommes sont appelés «poire; (mortels). Lorsqu'il était dans le paradis sous forme de lumière (ow;), soumis à l'inspiration de la destinée, ils lui persuadèrent, en profitant de son innocence et de son incapacité d'action, de revêtir le (personnage d') Adam, celui qui (répond) aux quatre éléments. Lui, à cause de son innocence, ne refusa pas; et ils se vantaient d'avoir asservi en lui l'homme extérieur. C'est dans ce sens qu'Hésiode a parlé du lien avec lequel .Jupiter attacha Prométhée. — Voir encore Plotin, Ennéad., 2, 9, p. 209 C, Ficin.
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Hippolyte eut donc, au moins cette fois, la main heureuse. Ne nous hâtons pas de généraliser : sa documentation se présente d'ordinaire avec de trop faibles garanties pour <[u'on puisse en général se reposer sur sa seule parole. Peu d'érudition, peu de critique : si l'on défalque tout ce qui ne lui appartient pas en propre, ses mérites dans le domaine de la science profane paraîtront assez restreints.
Nous ne nous attarderons pas aux parties de son œuvre qui intéressent plus indirectement encore la théologie. L'astrologie chaldéenne, entrée au troisième siècle avant Jésus-Christ dans le courant de la science hellénique, avait subi depuis Bérose des travestissements et des accroissements dont le détail nous échappe, et peut-être nous échappera toujours *. Dès le temps de César, les Chaldéens de race grecque aflluaient sur les bords du Tibre ; peu importe à qui d'entre eux Hippolyte s'était adressé : les documents relatifs à la divination contenus dans les Philo sophumena ne représentent qu'un chapitre quelconque de cette confuse histoire.
Quittons enfin le domaine profane pour suivre notre auteur sur le terrain de son choix, celui de la doctrine chrétienne.