‹ La théologie de saint HippolyteChapitre 140 sur 210 · II. — LE BAPTÊME ET l'eUCHARISTIE · texte numérisé non relu

II. — LE BAPTÊME ET l'eUCHARISTIE

La vraie science d'Hippolyte. la seule originale et profonde, fut la science sacrée. Nous devons en définir l'étendue et le caractère.

1. Voir Bouché-Leclercq, L' Astrologie grecque, Paris, 1899, ch. 2 et passim. — On consultera aussi avec fruit le cliapitre de M. Franz Cumont sur L'astrologie et la magie dans le paganisme romain, paru dans la Revue d'histoire et de littérature religieuses, 11, janv. f^vr. 1906, p. 40 sqq.

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En vain chercherait-on, dans ce qui nous reste de ses écrits, les éléments d'une Apologétique^ si par là on entend une démonstration de la religion chrétienne. Il ne semble pas avoir eu besoin de conquérir sa foi; tout porte à croire qu'il la tenait de sa première éducation, et, dans ses ouvrages conservés, il s'inquiète peu d'en rendre compte. Un tempérament chrétien formé dès l'enfance explique seul la sécurité avec laquelle il se repose dans la possession d'une vérité si combattue, et cette persévérance à s'enfermer dans la doctrine révélée, comme dans la citadelle de toute science. Le traité De l'Univers, contre les Grecs et Platon, nous eût sans doute appris sur quelles bases rationnelles il faisait reposer son chris tianisme, et quelles réponses il donnait aux objections des philosophes. Faute de pouvoir lire cet ouvrage, nous sommes réduits aux déclarations des Philosophuniena contre toute sagesse humaine, déclarations bien sommaires, et plus remarquables par l'assurance hautaine du docteur que par son intelligence des pensées d'autrui. Le fragment Contre les Juifs engage tout naturellement la lutte sur le terrain de l'Ancien Testament, et montre Taccomplissement des prophéties messianiques en Jésus de Nazareth : le commentaire du psaume 68, appliqué à la Passion, en occupe la meilleure partie. Mais presque tout ce qui nous reste d'Hippolyte suppose faite la preuve de la divinité du christianisme.

Il associe volontiers le Baptême et l'Eucharistie, comme les deux sources de la vie chrétienne. Cette double institution du Christ pourrait offrir un point de vue favorable pour ramener à l'unité sa théologie mystique, si nos documents étaient plus abondants et plus sûrs. Mais l'exhortation baptismale intitulée EL -zx y.^;ix bzo^h-ix, et qui s'est

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égarée parmi ses œuvres, paraît décidément en devoir être retranchée ^ Sur TEucharistie, on trouverait sans doute sa pensée dans l'écrit où il traitait, au témoignage de saint Jérôme, de la communion quotidienne -. Ici encore nous sommes réduits à déplorer une perte peut-être irréparable. Des textes épars nous permettent seulement d'entrevoir, dans la pensée d'Hippolyte, la préparation prophétique des deux sacrements, leur rôle dans l'économie du christianisme, enfin la portée du mystère eucharistique ^.

Le baptême, dont on peut voir une figure dans le bain de Suzanne ^ (Dan., 13, 15), est le sceau, aspaytç, que le Christ donne aux siens^, et auquel l'Antéchrist opposera un autre sceau. En aucun cas il n'est permis de le réitérer ^.

Un fragment sur la Genèse commente en ces termes la bénédiction de Jacob à Issachar ' (Gen. 49, i5b) :

1. Inconnue d'Eusèbo et de saint Jérôme, cette homélie, qui nous est parvenue en grec et en sjTiaque, est d'un style bien fleuri pour l'austère Hippolyte, et quelques traits semblent postconstantiniens, par exemple cette allusion aux baptêmes princiers, 5. éd. Achelis, p. 260, 10 : le Christ se fait baptiser par Jean-Baptiste, ïva \u\oe\i SauiXéuv y^ -JTiepexovTtov ôiaTmiar, îtTzo îrsvf/poù Upso); pa7mff6f,va:. M. Achelis, T. U., IG, 4, l'attribue à un évoque du quatrième ou du cinquième siècle. M»' Batiffol a prononcé le nom de yiestovius (Revue Biblique, 7, 1898, p. 119-121; 9, 1900, p. 339-342). Bardenhewer, p. 544, et Harnack, Chronologie, p. 217, renoncent à défendre l'autlienticité.

2. Saint Jérôme, Ep. 71, 6, Ad Lucinium : De sabbatho quod quaeris utrum jejunandum sit, et de Eucharistia an accipienda cotidie,... scripsit quidem et Hippolytus vir disertissimus, et carptim divers! scriptores e variis auctoribus edidere. — Voir Addenda.

3. Voir surtout A. Struckmann Die Gegemvart Christi in der hl. Eucharistie nach den sckriftlichen Quellen der vornizoenischen Zeil. Wien, 1905, p. 211-223.

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