‹ La théologie de saint HippolyteChapitre 15 sur 210 · Voir Achelis, Ilippol y Is Indien, p · texte numérisé non relu

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L'Hippolyte d'Antioche figurait déjà, à la date du 30 janvier, dans le martyrologe syriaque, rédigé probablement sous le pontificat de Damase; c'est de là qu'il dut passer dans le martyrologe hiéronymien, car on ne le retrouve à cette date ni dans les documents de provenance romaine ni dans le martyrologe carthaginois du sixième siècle. Donc, selon toute apparence, THippolyte d'Antioche doit être distingué de THippolyte romain, l'été le 13 août. Mais il ne tarda pas à être confondu avec lui. En effet", nous remarquons d'abord que l'Hiéronymien présente le nom d'Hippolyte à trois jours consécutifs : 29, 30 et 31 janvier. Ce faitn'a. par lui-même, rien que d'ordinaire : il arrive souvent, dans les anciennes copies, qu'un nom empiète sur plusieurs jours. Mais il se trouve, de plus, qu'au 29 janvier Hippolyte est désigné comme un évêque d'autrefois : episcopi de antiquis. Cette désignation convient très bien à l'Hippolyte romain, qui, nous le savons, en Orient, passa de bonne heure pour évêque, et, par ailleurs, nous ne connaissons aucun autre personnage du troisième ni du second siècle, à qui elle puisse convenir. Il semble donc que, dès le stade hiéronymien, une confusion tend à s'établir entre l'Hippolyte oriental et l'Hippolyte romain. Nous verrons cette confusion s'aggraver au cours des temps.

L'association de saint Hippolyte à saint Laurent se reproduit, dans le martyrologe hiéronymien, jusqu'à trois fois, aux dates des 2 février, G août et 2 novembre. De cette association, nous n'avions trouvé nulle trace dans les documents du troisième ni du quatrième siècle ; et pourtant saint Laurent fut martyrisé sous V^alérien, en 258. On peut expliquer cette anomalie de plusieurs manières. Tout d'abord il est possible qu'un Hippolyte distinct du célèbre écrivain ait suivi saint Laurent au martyre; et cette opinion s'autorise de divers documents postérieurs au quatrième siècle. Dans un sermon parfois attribué à saint Augustin ', Hippolyte est un soldat chargé de garder saint Laurent : son captif le convertit et l'entraîne au martyre. Saint Laurent est lionoré le 10 août; Hippolyte, le soldat, suit de près : nous le retrou-

]. Pseudo-Augustin, Sermon 31G. P. L. 39, 2351 sq.

I>TnODUCTION. XXI

vons à la dnte du 13 août, déjà marquée par la depositio du jiremier llippolyte. Mais cette coïncidence de dates éveille notre défiance; d'autant que la basilique de saint Laurent hors les murs était conliguë au cimetière d'Hippolyte * : les deux martyrs étant honorés au même lieu et presque en même temps, la juxtaposition des deux cultes n'a-t-elle pas provoqué dans l'imagination populaire le mélange des deux souvenirs, et, en dénaturant, par le contact de saint Laurent, le personnage traditionnel d'Hippolyte, préparé son dédoublement? De fait, nous voyons transporter au nouvel llippolyte des données fournies par l'histoire de l'ancien. L'Hippolyte que Prudence faisait traîner par des chevaux furieux, ne se rattachait pas encore à l'histoire de saint Laurent : dans le martyrologe de Bède (huitième siècle), c'est rilil)polyte compagnon de saint Laurent, qui expire traîné par des chevaux; avec lui, sa nourrice Concorde expire sous les bâtons plombés; dix-neuf autres chrétiens périssent par le glaive. Tout ce groupe de chrétiens devint l'objet d'un culte collectif. Nous les retrouvons à Rome, à la date du 2 novembre; à Fossombrone, en Ombrie, à la date du 2 février et du 6 août; et nous pouvons, le martyrologe en main, rendre raison de ces dates. Le 6 août rappelait la passion du pape saint Xyste, le chef de toute la troupe des martyrs immolés sous Valérien; le 2 novembre et le 2 février rappelaient la dédicace de deux basiliques en leur honneur, l'une au Champ Yéran et l'autre à Fossombrone. A la faveur de ces multiples anniversaires, le nom d'Hipolyte reparaît plusieurs fois dans nos calendriers. Désigne-t-il un seul personnage ou plusieurs? Le martyr associé à saint Laurent par une tradition relativement récente, n'est-il pas une simple métamorphose de celui que nous avons vu exilé avec Pontien? Et l'idée d'un Hippolyte soldat ne serait-elle pas née simplement d'un rapprochement fortuit avec saint Romain, honoré au même lieu le 9 août, et dont le nom — Romanus miles — aura été pris pour une qualification d'Hippolyte^? Nous n'avons ni le besoin ni les moyens

1. Marucchi, Éléments d'archéologie chrclienne, t. 3, p. 476 r-q.

2. A saint Laurent hors les murs, une inscription peinte au dou-

de résoudre complètement ces questions, mais il était légitime, nécessaire même de les poser, pour indiquer toutes les ramifications possibles d'une tradition qui apparaît plus complexe à mesure qu'on s'éloigne des origines.

L'HippoIyte de Rome, exilé avec Pontien, avait, nous le savons, dès le milieu du quatrième siècle, et sans doute beaucoup plus tôt, sa fête assignée au 13 août '. Il y fut rejoint ultérieurement par des martyrs mis à mort sous Dèce^, et passa lui-même pour une victime de cette persécution.

Quant à l'Hippolyte de Porto, nous le trouvons dans le martyrologe hiéronymien à la date du 22 août, avec cette désignation : Ippolitus qui dicitur Nonnus; et à la date du 11 septembre. L'appellation de Nonnus, doit retenir notre attention. Nonnus, ou Nonus, est honoré d'un culte local à Ostiele20mai, à Porto le 21 août; il est entré dans l'orbite de la vierge Aurea, martyre très populaire à l'embouchure du Tibre, et Hippolyte lui-même a subi celte attraction. Dans la passion grecque d'Aurea, on voit ^ que le prêtre Nonus, ou Hippolyte — 'O (i-axapuiTaTOî Novoç ô xal {/.STOvoiJLaaOsiç 'iTCTrdXuTo;, ô (jiaxapiojTaTOç 'IttttôXuto; ô TrpEdêuTepo; — donna la sépulture à la vierge martyre, et reprit publiquement le préfet Ulpius Romulus, auteur de sa mort : ce magistrat fit noyer le saint devant Porto. Dans la passion latine d'Hippolyte ^, celui-ci passe au premier plan : Ypolitus qui et Nonus dicitur. Il vient d'Alexandrie, après avoir converti cette ville par sa prédication; sa mort

zième siècle, mais qui peut-être reproduit un texte plus ancien, porte :

CV XISTO lACET HIC LAVRËTIVS IGxXE CREMATVS. ET PTOMARTYR STEPHANVS LEVITA BEATVS. POST nos IPOLITVS COLLIS RELIGATVS EQVORVM CVM NVTRICE SVA CVM CVNCÏA PLEBE SVORVM ROMAN VS 5IILEX...

Marucchi, Élémenls d'arch. chrét., t. 3, p. 485. — Lightfoot, Apostolic Fathers, I, 2, p. 351, 472-474).

1. Voir August Urbain, Ein Martyrolofjium der chrislUchen Gemeinde zu Rom am Anfang des V Jahrhioiderts; dans Texte itnd Unters., N. F., 6, 3, Leipzig, 1901, p. 180.

2. Acta Sanclorum Martii, t. 2, 1865, p. x.wn. — Martyrologiam Bedae, cité par Achelis, p. 50.

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