I.A CHRONIQUE DHIl'POLYTE
On ignore qui rédigea ce périple, qui résume l'expérience nautique de nombreuses générations, et complète utilement Strabon et Ptolémée. M. Otto Cuntz, qui l'a étudié de près, ne le croit pas antérieur au troisième siècle'. Les nombreuses allusions aux sanctuaires païens suffiraient à prouver qu'Hippolyte Ta emprunté; il n'y a introduit qu'un mot chrétien, dans le prologue : To çiXop-aGèç xaî (jzcucaîcv àvâjjLsvcç -zf^q (jtJç àvaTcr^ç, àoeXçè TijxHÔTa-ic. Au début, l'auteur annonce l'intention de décrire toutes les côtes de la grande mer (Méditerranée), en allant d'abord d'Alexandrie vers l'Ouest jusqu'aux colonnes d'Hercule, puis d'Alexandrie vers l'Est jusqu'à Dioscuris dans le Pont, enfin du Bosphore vers l'Ouest, en suivant la côte d'Europe, jusqu'aux colonnes d'Hercule. De ce travail très considérable nous n'avons probablement que la moindre partie, comprenant la côte de Libye jusqu'à Utique, et les côtes de Phénicie, de Syrie et d'Asie mineure, jusqu'à Rhodes et la Crète. On y trouve l'évaluation des distances maritimes en stades — de là le titre — , l'énumération des ports, rades, abris, mouillages, falaises, l'indication des vents par lesquels on aborde chaque station navale, les avantages qu'elles offrent soit en été, soit en hiver, leur richesse en eau douce, la profondeur de la mer, les bancs de sable et les écueils, etc.. L'étendue du Stadiasmos, peut-être supérieure à l'ensemble de la Chronique, montre quel intrépide compilateur fut Hippolyte. Les vulgarismes de style, révélés par la dernière collation du manuscrit 2, donnent à penser qu'il n'a pas même r emanié la rédaction. Ce périple n'intéressait pas égale-