‹ La théologie de saint HippolyteChapitre 161 sur 210 · TertuUien, De jejunio · texte numérisé non relu

TertuUien, De jejunio

mal satisfaite, en dépit des espérances excitées naguère par un document célèbre, où l'on a cru retrouver toute la discipline de l'Eglise romaine au début du troisième siècle.

Les canons disciplinaires connus sous le norade Canons d'Hippolyte demeurent hors du cadre de notre étude, car on ne saurait déterminer la part qui peut revenir à Hippolyte dans leur composition. Ecrits primitivement en grec, traduits probablement du grec en copte, puis du copte en arabe, ils nous sont parvenus dans cette dernière langue, et sont maintenant accessibles dans des traductions latines ^. La suscription qui les attribue à Hippolyte n'est sûrement pas primitive, et plusieurs de leurs dispositions constituent, à l'égard de la discipline occidentale au début du troisième siècle, des anachronismes manifestes : notamment celles qui concernent le sousdiaconat, et le jeûne quadragésimal. On sait d'ailleurs combien d'apocryphes orientaux se réclamèrent du nom d'Hippolyte : l'appel fait à sa mémoire par le texte arabe de ces canons peut être aussi gratuit que l'appel fait à la mémoire du pape saint Clément par le texte des Constitutions apostoliques.

Il n'en est pas moins vrai que par bien des traits précis les canons d'Hippolyte rappellent la discipline occidentale au début du troisième siècle ~, telle qu'elle apparaît notamment chez Tertullien. Notons : la constitution de la hiérarchie ecclésiastique, comprenant aux trois degrés

1. La première traduction (1870) est dueàDom Ilaneberg, 0. S. B., depuis évêque de Spire. La meilleure est celle d'Achelis : Die Canones Hippolyti, dans T. U.,6. 4, Leipzig, 1891. Ms' Duchesne l'a reproduite dans la 2° édition de ses Origwes du culte chrétien, Paris, M)8, p. 504-521.

2. Voir Achelis, T. U., 6,4, p. 217-235, que d'ailleurs nous ne suivons pas sur tous les points. — Le même (réponse à Funk), Hippolytus im Kirchenrecht, dans Zeitschrift fvr Kirchengeschichte, t. 15. Gotha 1895, p. 1-43.

LES CAXOXS D HIPPOLYTE. 171

supérieurs des évêques, des prêtres et des diacres, admettant aussi des lecteurs, faisant une place dans l'Église aux veuves et aux vierges; les égards particuliers témoignés aux confesseurs, notamment pour le recrutement des clercs; les dispositions relatives au choix des évoques et à leur consécration ; l'usage de célébrer l'Eucharistie même en dehors du dimanche; le rite de la communion; les collectes pour les pauvres; l'agape, nettement distinguée de l'Eucharistie; l'administration de l'Eucharistie parles diacres, à défaut de prêtres; la concentration, entre les mains de l'évêque, de presque tout le ministère sacerdotal; diverses rencontres avec l'usage africain sur des points particuliers, tels que le voile des femmes, la couronne, le jeûne, les précautions matérielles dont en entourait l'Eucharistie, les heures canonic[ues de la prière, l'ablution avant la prière, le rituel du baptême. Ces traits, qui rappellent l'antiquité occidentale, proviennent-ils d'un fonds primitif, ou bien renferment-ils une part d'interpolations récentes, destinées à vieillir le document qu'on voulait faire passer sous le nom d'Hippolyte? Les deux hypothèses ont leurs partisans.

Tandis que M. Achelis, éditeur des Canons d'Hippolyte^ fait remonter jusqu'à notre docteur la rédaction primitive, et croit la reconnaître dans un écrit mentionné sur la statue de Latran, sous ce titre : ' Xr,zG-o\iy,r, ■:rapâoo7i; ^M. Funk, éditeur des Constitutions apostoliques, croit à la priorité de ce dernier ouvrage, et abaisse jusqu'au cinquième et sixième siècle la date des Canons d'Hippolyte -. D'autres

1, Achelis, T. U.. 6, 4, p. 247 sq.

2. Funk, Die Apostolischen KonslUulionen, Rottenburg, 1891. — Articles dans Theol. Quarlalschrift, t. 74, 1892. p. 2% et 438, et t. 75, 1893, p. 594- 666, surtout p. 637 ii 066. où Funk répond point par point à Achelis.

écrits, manifestement apparentés à ceux-là, servent de termes de comparaison, et forment les anneaux d'une chaîne qui relie Tun à l'autre. Ce sont : VOrdonnance de l'Église d'Egypte^ conservée en copte et partiellement dans des versions latine et éthiopienne ; puis les Constitutions par Hippolyte, extraites presque textuellement des Constitutions apostoliques ou peut-être d'un original plus ancien i. Ces deux derniers documents occupent dans la série une place intermédiaire, et l'on n'hésite guère sur l'ordre dans lequel il faut les ranger. Mais tandis que pour M. Achelis les Constitutions apostoliques représentent le dernier anneau de la chaîne, pour M. Funk elles sont au contraire le premier; voici donc les schémas de leurs conclusions respectives :

KchQlis : Can. Hipp. Ord. Eg. Const. par Hipp. Const. ap.

Funk : Consl. ap. Const. par Ilijjp. Ord. Eg. Can. Hipp.

Un point demeure ferme : c'est l'âge des Constitutions apostoliques, rédigées en Syrie vers l'an 400, selon les conclusions, aujourd'hui presque universellement admises de M. Funk ~. Mais la discussion n'est point close, malgré diverses péripéties et les éléments nouveaux introduits dans la question par de récentes découvertes.

Parmi ces découvertes, la plus intéressante fut la publication, en 1899, parM^ Rahmani, patriarche syrien d'Antioche, d'un document syriaque intitulé Testament de Notre-Seigneur 3, que l'éditeur put croire un instant des-

1. Voir les textes disposés en colonnes parallèles chez Achelis, T. U.,Q, 4, p. 38-137.

2. Voir notamment Harnack, Theologische Stvdien und Kriliken, 1893, p. 403-427.

3. Teslamenlum Domlni noslri Jesu ChrisH, nimc prinuim edidit, latine

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