Fickcr, Sludien zur HippolylsfraQe, p. 59 sq
que nous connaissons déjà : ceux de Rome, celui d'Anlioche, celui de Porto. C'est ainsi que le martyrologe d'Adon ' (neuvième siècle), par un emprunt manifeste à la tradition damasienne, fait du martyr honoré à Antioche le 30 janvier, un prêtre jadis engagé dans le schisme novatien. Le calendrier copte- assemble, à la même date, des éléments de toute provenance : Hippolyte est un pape de Rome; il a été jeté à la mer avec une pierre aux pieds — ceci est un écho des souvenirs de Porto — ; six jours après le supplice, le corps s'est retroussé miraculeusement sur le rivage — détail qui ne figure ni dans la passion latine d' Hippolyte, ni dans la passion grecque d'Aurea. Le même prodige est relaté, à la date du 31 janvier, dans les fastes de l'église éthiopienne^.
Pour achever de décrire cette végétation de la légende, il faudrait interroger les diverses traditions locales qui conservent le souvenir d'Hippolyte, parfois sous des déguisements étranges, car les métamorphoses de son nom le cèdent à peine à celles de son personnage. Abùlîd en Egypte, Sankt Poelten dans la vallée du Danube, Sand Boelden, Sanpuelt ou Sankt Pilt dans la vallée du Rhin, sont des répliques de Santo Ippolito, et la légende, déjà si toufïue, n'a pas manqué de pousser de nouveaux rameaux en diverses directions.
Est-il besoin d'ajouter que, plus on s'éloigne des origines, moins on a de chances de ressaisir la donnée primitive?
La tradition hagiographique relative à saint Hippolyte offre donc un rare exemple de confusion presque inextricable. Sans prolonger une étude sans bornes et probablement sans fruit, nous aborderons une dernière source, qui nous réserve quelques renseignements nouveaux.