‹ La théologie de saint HippolyteChapitre 184 sur 210 · CD., 4, 23, p · texte numérisé non relu

CD., 4, 23, p

4. CD., 4, 24. — Encore un souvenir de saint Irénée, fr. 8, 2, p. 479 Harvey.

5. On retrouve cette idée dans VÉvanglle de Nicodème, 2, 12, Tischendorf, p. 390.

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assignée à la crucifixion du Sauveur par lo l'écit de saint Jean (Joan. 19, 14) : environ la sixième heure, soit 5 heures et demie : chaque heure correspond à mille ans de la vie du monde. Par ces étranges calculs, Hippolyte arrive à conclure que l'heure du jugement est encore éloignée de plusieurs siècles. En effet, la création ayant rempli six jours entiers, un autre symbolisme veut que la vie du monde remplisse six mille ans ' : avec le septième millénaire s'ouvira Tère du repos, le sabbat cosmique. Or le début du sixième millénaire a coïncidé à peu près avec le début de la domination perse. L'hégémonie perse a duré 230 ans ; rhégémonie grecque, plus robuste, en a duré 300; à l'hégémonie romaine, qui porte en soi des promesses de plus longue durée, on peut assigner 500 ans. Au terme du sixième millénaire paraîtra l'Antéchrist; l'humanité a donc encore devant elle près de trois siècles. A défaut d'autre mérite, ce raisonnement offrait l'avantage de rassurer la génération présente ~.

1. CD., 4, 23, p. '242, 8 : Asïouv i% àv^YXir,; Ta é;axnT/j).ia sty] TrXripwOrjvai, r/a è/.ôiri TÔ criêSaTOv ■fi xaTanayatç , rj àyta T;[j,£pa, sv -J xaTiKaij<7£v 6 0eè; àTrô uâvTwv Twv êpYwv'aOTOù. — Cf. Irénôo, //«<??•., 5, 28, 3; Ep. Barnabar, 15,4-8.

2. Comme Clément trAIexandrie, Tertullien, et autres, Hippolyte a commenté la prophétie des soixante-dix semaines [CD., 4, 28 35). Mais tandis que Clément et Tertullien voient l'accomplissement de la prophétie dans la ruine de Jérusalem, Hippolyte, fidèle à la tradition d'Irénée, rejette cet accomplissement à la fin des temps. Les soixante-dix semaines se décomposent en 7 -f 62 -f 1 : Hippolyte place les deux premiers groupes avant Jésus-Christ, et réserve la dernière semaine pour la consommation du monde. II a lu dans Jérémie (25, II) que le sanctuaire serait désolé soixante-dix ans : à cette période de désolation appartient le premier groupe de sept semaines d'années, soit quarante-neuf années; pour parfaire le nombre de 70, Hippolyte suppose que la vision de Daniel a lieu la vingt-et-unième année de la captivité. Dans le christ nommé par Daniel (9, 25) il reconnaît Josué fils de Josédec, destiné à relever le temple et à restaurer le cuite divin. Entre cette restauration et la venue du Christ Fils de Dieu, s'écouleront encore soixante-deux semaines d'années, soit

Le traité Du Christ et de l'Antéchrist nous a montré ^ l'âme du Sauveur pénétrant dans l'Hadès, pour y visiter les âmes rachetées par son sang. Un fragment Sur la Pâque^ conservé en grec et, plus complètement, en syriaque, ajoute que l'âme du Christ allait convaincre, par sa prédication, des âmes incrédules. Il n'est pas question d'une libération immédiate, mettant les saints en possession du royaume de Dieu : ce doit être l'œuvre du dernier jugement. Mais déjà une certaine béatitude a commencé pour les saints. La suite de notre exposition mettra ce point en pleine lumière. Dans la résurrection corporelle du Christ, Hippolyte se plaît à montrer avec saint Paul (1 Cor. 15, 20) les prémices de notre propre résurrection -.

Le traité Du Christ et de l'Antéchrist ne présente pas trace de millénarisme. Les fantaisies chronologiques du Commentaire sur Daniel pourraient seules faire planer quelque ombre sur la pensée de saint Hippolyte '■^: mais

434 années. On peut donner de ce chiffre une raison mystique : Israël avait attendu l'ancienne Loi 430 ans (Exod. 12,41; cf. Galat. 3, ITj; il convenait que la Loi nouvelle fût attendue un laps égal de temps. Quoi qu'il en soit de ce sjmbolisme, la chronologie d'Ilippoh'te est trop courte : il n'admet que cinq siècles environ (70 -f 431 = 504 années) du commencement de l'exil à la naissance du Christ : historiquement il faut compter un siècle de plus, l'exil ayant commencé en GOG. — Voir d'ailleurs, sur le comput d'Hippolyte,Fraidl, Die Exégèse der siebzig Wochen Daniels, Gra,z, 1883, p. .39-45; Schlatter, DcrCIn-onograph ausdem zehnlenjahre Anlonins, dans T. U., U. 1, Leipzig, \HV4, p. 20-25; Neumann, Hippolylus von Rom, p. 78-81.

1. Anl., 20, p. 19, 2 : Kai èv vE/poï: •/.aT£>.oYicrOr,, eùaYYS>.'.^ô[A£^o; xà; twv àytcov «^luxâç. Ibid., 45, p. 29, 7 : Tov Iwcr,(;a, ).'UTf,ov(Ji.Evov xàc Tàiv à^ttov ^Mykc, iv. XEtpôç Toù OavâTou. — Fragm. in Pascha, 3, éd. Achelis, p. 268 : Kcxc ISoù 6 Mûvoysvy;; tlartl^iw w.-. (J/yj^Y) (letà 4'UX*^'''' ©sô; AoYo; l\i-<^\iy,o;. — Rapproclierle fragment (authentique?) sur \& Résurrection de Lazare, éd. Achelis, p. 218. 24-33; p. 224, 19 sq.

2. Notamment, fragments Ilpè; px<n5.î2a Tivâ, 7 et 8. Ed. Achelis, p. 253.

3. On lit, CD., 4, 23, p. 244, 2 : To ffâêSaxov tj^to; èartv xai c'f/wv xf,z

niî l'authr monok. 190

un des fragments Adv. Caiuni ' vient fort à propos lu remoltro dans son vrai jour. On voit dans l'Apocalypst' (Apoc. 20, 2. 3) qu'après la victoire du Christ Tancien serpent sera enchaîné pour mille ans dans l'abîme; et quelques-uns, prenant ce chiffre au sens propre, croyaient devoir limiter à mille ans le règne des saints aussi bien que la captivité du serpent (Apoc. 20, 4 sq). Hippolyte rejette cette interprétation. Il admet que ce chiffre symbolique marque seulement la splendeur du règne éternel promis aux justes Js. 30, 26), de ce jour que le Seigneur a fait i^Ps. 117, 24 ; cf. 2 Petr. 3, 8). Après le dernier jugement, le démon et ses adeptes n'ont rien à attendre qu'un envoi définitif dans l'enfer de feu.

aÙToù krC oùfavwv, w; xaî IwctwTiî èv t^ *A7;oxa).04'Et aÙToO t\r\^€'\.\i\. — Neuniann. Hippobjtm von Ilom, p. 70 : Es ist das taiisendjahrischc, irdische Messiasreich, in dem die Heiligen gemeinsam mit Christus nach seinor Herabkunft vom Ilimmel herrschen werden: Gry, Le millénarisme, p. 94. — A Toncontre, Atzbérger, Geschichte der christl. Eschatologie, p. 279-280 ; Bar denhewer, Geschichte der A KL, 2, p. 553, et Theologische Revue, 1904, p. 20. Nous nous rangoons à cet avis.

1. Adv. Caium. fr. 7, p. 246,35-247, 10. Je traduis de l'alieniand : « Le nombre d'années ne doit pas s'évaluer en jours, mais il désigne une période glorieuse et parfaite, où le Roi viendra dans sa majesté avec ses martyrs, où la création rayonnera, selon cette parole: Le soleil rayonnera doublement; tandis que les justes avec lui mangeront et boiront du fruit de sa vigne. C'est là, pour parler avec David, le jour que le Seigneur a fait. Aussi Jean, contemplant avec les yeux de l'esprit la magnificence de ce jour, le comparait à une période de mille ans, selon le mot de l'Écriture : Un jour dans le monde des justes est comme mille ans ». — Également d'après le Commentaire sur Daniel, le dernier jugement mettra les justes en possession d'un règne éternel, CD., 4, 14, p. 222, 5 : 'G ^àp xaipô; ÉçÔaffEv, tout' ëertiv ô <T'j|j.7îa; XP°''°? énlriçxâbri, xai Tr)v oè Paoùsiav xaôc'- Ço'jijiv ol ayioi, TcapayivoiAÉvou Xo'.tiôv àT:' oùpavoû toû xpiToû twv xpiTwv v.cd toû Pa<ji).£to; Twv paffùiiov, ô; (j.îTaG'nQijE'. :;à(7av ttjv toù àvTix£i|j.£vou àfX'^'iV xai cOvaiAiv xa: xaxaçXeçci Ttâvxa; aîwvîw Trupt xo).ài[a)v toù; àSîxou;, toîç oà ôovXoi; aÙTO'j ■TTpofTjTat; te xal fiàpTUff'. xai irà^iv xoî; ooêoy[iÉvoi; aùxàv èutaei tô alwvtov ^aTiJ.E'.ov. — Cette page ne permet pas de revendiquer pour Hippolyte le fi-agment millénariste publit; par M. G. Mercati dans Sludi e Testi, 11, Rome, 1903.

Un fragment du traité Contre les Grecs — ou Contre Platon, ou De l'Univers, — conservé dans les Sacra parallela de saint Jean Damascènei, offre une description de lenfer — â'o-^c, — séjour commun de toutes les âmes qui attendent le dernier jugement. Ce lieu de ténèbres, situé sous la terre, renferme le lac de feu inextinguible où seront plongés les pécheurs : selon l'opinion d'Hippolyte, nul nV a encore été précipité 2. L'aBr,ç renferme encore deux demeures provisoires, l'une pour les justes, l'autre pour les pécheurs : demeures bien différentes. Les justes occupent la droite ; à leur mort, des anges les accueillent et les guident vers la lumière ^, jusqu'à ce lieu nommé sein d'Abraham, où ils vivent dans la jouissance des biens visibles et l'attente des biens éternels. Les pécheurs tiennent la gauche : à leur mort, les anges du châtiment ^ les entraînent aux abords de la géhenne : de là ils aperçoivent d'une part ces flammes qui doivent les torturer un jour.

1. Voir K. Holl. Fragment vornicânisclier Kirchenvûler aus den Sacra Parallela, T. U., 20, 2, Leipzig. 1899, p. 137-143. — Migne, P. G., 10, p. 795- 802. Le texte de Holl est très supérieur aux anciennes éditions.

2. Adv. Graecos, Holl, 1. 10 : 'Ev u> |i.£v oOSérru) Tivà xarapepiçôai Û7tei).i^ça(iev.

3. Ibid., 1. 23 : El: ôsÇià çyTaytoyoûiAîvot xai \i~b TÔiv £Ç£<jtwtwv xarà tottov àyyéXwv 0(j.voÛ[j.£voi, âvovrat etç -/wpiov çwxsivév. D'autres passages d'Hippolyte sembleraient indiquer rjue les justes sont déjà en possession du bonheur céleste. Ainsi, Ant., 31, p. 21, 2 : 'Ex^tî yàp fjôr; tôv tvjç Z.oif,z xa à<p8ap(7Îaç à7roxEt(i.£vov 0[itv èv toÎ; oOpavoïç (jTjçavov. Mais cette apostrophe, très oratoire, aux prophètes de l'A.-T., peut n'exprimer autre chose que la certitude du bonheur céleste, que ces prophètes possèdent déjà par l'espérance. On peut en dire autant d'un autre texte, Ant., 59, p. 40, 8 : TâEet; TtpoçriTûiv T£ xal àitOffiôXwv £i; pafftXeîav xpiirroù àva7tauô{j,£vat . Le fragment Contre les Grecs renferme l'expression la plus précise, et seule indiscutable, de la pensée d'Hippoh'te.

4. 'Ayyï)oi xo).a(iTai; cf. CD. ,2, 29, p. 98, 13 : ■;aLp-:apo\)yof. iyyzloi ; Philos., 10, 34, p. 523, 1 : raprapoûxot àyyeXo'. v.olaijiai. — Ces anges du châtiment ne doivent pas être confondus avec les démons.

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de l'autre les justes, dont ils sont séparés par un abîme et dont la vue accroît leurs tourments. Au jour qu'il a marqué ', Dieu ressuscitera tous les corps pour le jugement- Les Grecs qui croient, sur la parole de Platon, que l'àme, née de Dieu, est immortelle, doivent à plus forte raison croire que Dieu peut restaurer ce corps qu'il a formé. Comme une semence jetée en terre, le corps flétri refleurira et sera de nouveau réuni à l'àme -. Les corps des justes seront revêtus d'immortalité et de gloire; ceux des pécheurs renaîtront avec toutes leurs maladies et leurs mi sères, pour le châtiment. Il appartient au Verbe de Dieu-^ , investi de tout pouvoir par son Père, de juger tous les hommes; il enverra les pécheurs au feu inextinguible, et introduira les justes dans le royaume céleste pour y goûter ces biens que l'œil n'a point vus, que l'oreille n'a point entendus, qui ne sont point montés au cœur de l'homme. Si, comme tout porte à le croire, aucun trait essentiel ne manque à cette description de l'autre monde, Hippolyte avait des choses d'outre-tombe une idée moins complexe que tel de ses contemporains. On ne trouve pas dans son 7.zr,ç la place d'un purgatoire^ : il n'y a pas de milieu entre l'attente heureuse du royaume céleste et l'attente douloureuse de la géhenne. On ne voit pas non plus qu'il assigne

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