Philosophumena, 9, 7; Cruice, p
3. Philosophumena, 9, 11 : Cruice p. 434, 14 sq. ; 436, 2 sq. — 9, 12, p. 441, 10 sq.; 443,8sq.;15sq.; 44G, 1.
lui-même, par des discours perfides, se ménageait les bonnes grâces des deux partis. Aux orthodoxes, il assurait en particulier qu'il était de leur sentiment; et puis il allait en dire autant aux partisans de Sabellius; Sabellius lui-même était capable de marcher droit, si Calliste ne l'eût poussé hors du droit chemin ' : il acceptait assez volontiers nos observations, mais il suffisait d'un tête-à-tête avec Calliste pour le retourner et Fincliner aux idées de Cléomène...
Connaissant par expérience les desseins de Calliste, nous tenions bon, le réfutant et lui résistant au nom de la vérité : furieux de voir que, seuls entre tous, nous ne nous laissions pas prendre à son jeu, il nous traitait de dithéistes, vomissant malgré lui le venin qu'il avait plein le cœur...
A la mort de Zéphyrin, Calliste crut toucher au but de son ambition. Il excommunia Sabellius, en réprouvant .sa doctrine, car il avait peur de moi et sentait le besoin de donner le change aux Églises sur sa propre hétérodoxie. Parce charlatanisme, le misérable fit en son temps bien des conquêtes. Le cœur plein de venin, l'esprit plein d'idées fausses, n'osant plus dire vrai depuis qu'il nous avait traités publiquement de dithéistes, d'ailleurs en butte aux reproches de Sabellius, qui l'accusait constamment d'avoir trahi sa première foi, il inventa un nouveau système... et ne rougit pas de donner tantôt dans les erreurs de Sabellius, tantôt dans celles de Théodote. A force d'audace, le charlatan se fit une école, et enseigna contre l'Église...
L'indulgence qu'il affichait attira vers lui bien des gens à la conscience ulcérée, rebut de diverses sectes, quelques-uns dûment condamnés et chassés par nous de l'Église. Ces recrues remplirent son école...
Et c'est après de tels exploits qu'on a l'effronterie de s'intituler : Église catholique; et les bonnes âmes d'accourir...
Voilà les inventions du célèbre Calliste ; son école se maintient, fidèle à ses principes... ses disciples furent surnommés, en souvenir du maître, les Callistiem.
Ces paroles enfîellées par la haine nous en apprennent long sur l'auteur des Philosophumena. Calliste fut son ennemi personnel ; il a combattu ce pape avant et pendant son pontificat ; il l'a encore poursuivi après sa mort, car les derniers mots qu'on vient de lire prouvent à l'évidence que Calliste a déjà disparu de ce monde; mais son école n'a pas disparu avec lui, et c'est de quoi l'auteur ne se console pas. Lui qui prétend bien représenter l'Eglise, parler au nom de l'Eglise, chasser les gens de l'Eglise (tivè;.., £xêXy,Toi TÎiç IxxÀyjdi'a; ucp' :?iu(Jûv YEvojjt-evoi) ne pardonne pas à son rival d'avoir fondé une école contre l'Eglise (ouveoTTViuaTO StSaaxaXeîov xocrà tîjç 'ExxXvjfft'ai;), de donner à cette école le nom d'Eglise catholique (iautoùç oî d:tY)pu6pia(T{xévoi xaôo-
1. "Ov xat aÙTÔv èÇéffTTjoe 5yvâ{i.Evov xaTopOoùv (Ms. — Cruice : 5uvà(Jievoî)
INTRODUCTION'. XXIX
XucV 'ExxÀr,aîav (XTtoxaXEîv litrjieipoZtTi) , alors qu'elle n'est qu'une secte, la secte des Callisliens.
La conclusion de ces faits ne saurait être douteuse : l'altitude de l'auteur, depuis l'avènement de Calliste au trône pontifical jusqu'au jour où il consigna ses rancunes dans les Philosophumena, fut nettement schismatique; et dans ce schisme que son livre nous révèle, il eut personnellement le rôle d'un protagoniste, un rôle d'antipape.
Reste à découvrir dans le clergé romain le nom de cet antipape. Avant de passer en revue les divers personnages à qui pourrait convenir ce titre, achevons d'épuiser les renseignements contenus dans les Philosophuniena.
Au livre dixième, résumé de tout l'ouvrage, l'auteur se réfère à d'autres livres, où il a traité diverses questions d'archéologie biblique, se rattachant à la Genèse ' (tov Xoyov oùy. àuEXûjç — apïowxauev sv i-.i^o\.^ ^oyoïç. . . fà ovoixata IxTEÔsîuLsOa Iv ^Tipaiç ^lêXoiç... xaôtox; 'eKTtôeîaeQa)- Un peu plus bas, il renvoie le lecteur à son livre sur l'Univers ^ (eîdovrai Ivtu/o'vte; ïi u.wv ^l'oXw TrEpie/ouCTVi riepi TÎi<; Tot; ITavTOî oùsîa;). Voilà donc, outre une réfutation des hérésies, signalée plus haut, des écrits sur l'archéologie biblique et un traité sur l'Univers, enfin cette somme philosophique contre les hérésies. Quel sera l'unique auteur de tant d'ouvrages ?
Nous n'hésitons pas à nommer Hippolyte. Outre qu'on ne connaît, à cette date, dans le clergé romain, aucun écrivain aussi fécond, tous les livres dont nous venons de relever les titres dans les Philosophumena se rencontrent dans les catalogues de ses œuvres.
Le traité HEpi tyîç toù IlavTo; oôctaç paraît mentionné sur la statue, sous deux titres différents : Ilpbî "EXXrjvaç xat irpo; IlXa- Twva, ou : IlEpl Tou flavidç. Le seul fait qu'on avait le choix entre deux titres explique suffisamment la variante, d'ailleurs peu importante, qu'offrent les Philosophumena.
Sur l'archéologie de la Genèse, Hippolyte avait eu occasion de se prononcer dans les Xpovixâ, également mentionnés sur la
1. Philosophumena, 10, 30; Cruice, p. 509, 11 ; 511, 1 et 13.