Philosophumena, 10, 32; Cruice, p
statue, et dans le traité appelé par Eusèbe : Ek xà y.nct tïjv l^ai^- {xepov, par saint Jérôme : fn Genesim. Nous pouvons aujourd'hui, la Chronique en main, désigner tel passage auquel il se réfère ^ .
Contre les hérésies, nous trouvons dans la liste d'Eusèbe un traité ripoç àiràda; xàç aipéasiç, dans celle de saint Jérôme : Advej'sus omnes haereses. Ce titre pourrait convenir, soit au premier écrit contre les hérésies, mentionné au début des Philosophumena, soit au recueil beaucoup plus important des Philosophumena. En réalité, il désigne le premier écrit; car les Philosophumena n'ont laissé presque aucune trace dans la tradition. A part Théodoret, qui s'est servi du dixième livre 2, et Photius, qui cite ce même dixième livre et fait peut-être allusion aux autres, on ne leur connaît pas de lecteurs. Au contraire l'écrit plus court mentionné par Eusèbe et saint Jérôme a une longue histoire^. Saint Gélase, pape, le cite* sous ce titre : Memoria haeresium, le Chronicon paschale ^ sous ce titre : npoi; ocTTaffac Taç aîpeasiç (juvrayu-a, Pliotius® SOUS ce titre : Suvxayjxa
1. M. Adolf Bauer, Die Chronik des Hippolytos, p. 158-162, discute ces allusions faites par l'auteur des Philosophumena, 10, 30, à ses écrits antérieurs. La première concerne la géographie du pays de Chanaan, et M. Bauer n'ose pas la rapporter à la Chronique dllippolyte, par lui publiée. Ne pourrait-on cependant l'expliquer par le développement sur l'ethnographie de Chanaan, contenu dans la Chronique, c. 118 sqq.? La deuxième allusion concerne les 72 peuples issus de Noé : M. Bauerla rapporte très justement à la Chronique, 198-200. La troisième allusion concerne l'arche de Noé : on ne lui trouve pas de point d'appui dans la Chronique, il y a donc lieu de croire qu'elle vise le commentaire sur la Genèse, du même auteur.
— M. Bauer, p. 161, relève encore, Philosophumena, 10, 30, fin, et 31 début, p. 512, des traits qui répondent fort exactement à ceux de la Chronique d'Hippolj'te sur le Diamerismos (partage des peuples), 53 sqq.
2. Comparer Philosophumena, 10, 10, et Théodoret, Haerelic. fab. 1, 17 (sur les Pérates); Philosophumena, 10, 12 et Théodoret, Haerelic. fab. 1, 1. — Voir Jallabert, Examen du livre des Philosophumena, Paris 1853, p. 106-114.
3. Voir J. Draeseke, Zum Synlagma des Hippolylos, dans Zeilschrift f. wissenschafU. Théologie, 46, 1903, p. 58-80.
4. Saint Gélase, Teslimonium de duabus naturis in Christo, dans Thiel, Epislolae liomanorum Pontificum genuinae, t. 1, Braunsberg, 1868, p. 545.
— La citation se retrouve Adv. Noël., 18.
5. Chronicon paschale, éA. de Bonn, p. 12 sq. — Lightfoot, p. 344 ; Harnack, p. 614. La citation ne se trouve pas dans les Philosophumena.
6. Photius, Bibliolhec, 121 : 'AveyvwceTi PiêXiSâpiov 'ItîtioXvtov [iaÔTiTyi; Se
INTRODUCTIOX, XXXI
xati obïffEtov >p'. Ce petit livre — pi6Xi5otpiov — a servi de base au Pseudotertullien, à saint Epiphane et à Philastre dans leurs traités contre les hérésies '. Il s'ouvrait sur le nom de Dosithée pour se fermer sur celui de Noët : notre fragment Adi^. Noetum en formait probablement la conclusion ^.
Mais voici d'autres indications que l'on n'a pas toujours su identifier.
On a cru relever ^ une allusion à un écrit antérieur Contre la magie^ lequel ne figure pas sur nos catalogues. L'observation, fût-elle juste, ne serait pas décisive, car les auteurs de ces catalogues ne prétendaient pas être complets, eux-mêmes ont pris soin de nous en avertir. Donc la découverte d'un titre nouveau prouverait tout au plus que ce titre leur a échappé. Mais dans le cas présent, il n'y a pas lieu de chercher si loin. L'auteur se réfère simplement au livre quatrième des Philosophiimena, dirigé contre la magie et autres sciences connexes, et l'expression même dont il use (èv tvî xaTa ixotycov piêXo) TrpoïtKotxev) désigne très exactement un passage antérieur du présent ouvrage*.
On a vu dans un autre passage ^ l'annonce d'un traité contre
ElpTivaîou ô 'IiTTwôÀUTo;. ^[Iv lï tô (TÛvrayiia xaxà atpédewv X^', àpyiiv itotoij(ievov AooiBîavo'j;, xxl ia;-/!'' NoriToOxaî^JorjTiavàjv ôiaXau-Sivov. — A ce signalement il est impossible de reconnaître les Philosophumena, comme le voulait Bunsen. Outre que le mot pig).iôâptov convient mal à un ouvrage aussi considérable, les Philosophumena ne commencent pas par les Dosithéens, ni ne finissent par lesXoétiens. Enfin, de quelque façon qu'on y compte les hérésies, on en trouve ou moins ou plus de 32. Il est probable que l'auteur avait fait une place à part à l'hérésie de Noët; les autres développements étant moins considérables, l'ensemble pouvait encore s'appeler pt6),i5âp;ov.
1. Ceci a été établi par Lipsius (Quellenkritik des Epiphanios, Wien, 1865), qui retrouve dans Pseudotertullien, Adv. omnes haereses, toute la trame du Syntagma, avec le même nombre de 32 hérésies. Voir Lightfoot, Apostolic Fathers, 2, p. 415-417; et ci-dessous notre ch. II.
2. Telle est l'idée à laquelle s'arrêtent Draosoke dans l'article cité, Harnack, Chronologie der ACL., 2, p. 221. Cependant Bardenhewer, Geschichte der A KL, 2, p. 514, rattacherait le fragment Adv. Noelum au traité contre Artémon.