‹ La théologie de saint HippolyteChapitre 24 sur 210 · Photius Bibliolheca · texte numérisé non relu

Photius Bibliolheca

IMUODUCTION. XXXm

Malgré les doutes qu'il avoue ingénument, et les erreurs qu'il faudra probablement redresser, Photius nous instruit beaucoup. Tout d'abord il nous révèle cette appellation de Labyrinthe^ appliquée aux Phiiosophumena; car nous identifions très exactement sa citation, vers la fin du dixième livre *. De plus, il nous apprend que déjà de son temps on n'était pas d'accord sur l'attribution des Phiiosophumena, puisque quelques-uns, — mais quelques-uns seulement — , les adjugeaient à Origène. Il nous met en garde contre l'autorité de ces gloses anonymes qui, dès l'époque byzantine, trompaient le lecteur sur la vraie provenance des ouvrages. L'analyse assez détaillée qu'il donne d'un traité connu sous trois titres diflérents : flepi -zoZ TravToç, ou : Ilept TÎjç Toîi Ttavrôi; aiTÎa;, OU : IlEpi t^ç toïï iravTC); oÙTÎa?, permet d'y reconnaître presque avec certitude un écrit mentionné sur la statue d'Hippolyte : Ilpo; "EÀXrjVaç xat xpô; IlXocTiova y\ xai Tr$pi toû iravTo;, SOUS deux titres, dont l'un répond précisément à cette analyse et l'autre est l'un des titres donnés par Pbotius. Dès lors la glose anonyme qui désignait Caïus comme l'auteur devient très suspecte. Le lien établi, par le texte des Phiiosophumena, entre cet ouvrage et le traité flepi toû Ttavroç, paraît devoir entraîner l'attribution des Phiiosophumena à Hippolyte. Nous apprenons que Caïus passait aussi pour l'auteur d'un Traité contre Artémon et d'un Dialogue contre Proclus. Le Dialogue contre Proclus lui est effectivement assigné par une tradition ancienne ^, mais non le Traité contre Artémon. Eusèbe cite ^, sans nom d auteur, un ^^Troûûaaaa xa-cà xî)? 'ApT£(Awvo<; o'pscEwç, que Tliéodoret citera à son tour ^ sous le titre de

1. Phiiosophumena, 10, 32, Cruice, p. 515,5 : 'Ixavôvouv fioxet xoîç ei çoovoOff'.v àîtoxexpiffOa'., ot et çi).0!xa9;^aroy(7'. xal xà; toûtmv oùcia; xac Ta; aiTÎa; t^î xa"à Ttàvxa ôr,(i.ioypYia; èT:tïr(Xr|aou(jiv, eîcovTat èvx'j/ôvxe; vjaûiv ^I61u> uepiey o-JT»i rieot xf, ; toO Havre.; oùaîaç.

"2. Eusèbe, //. £".,2,25, 6 : 'Exx).r,(TiaaT'.xài; àvrip, râïo;ûvo|ia, xaTàZsçupïvov 'Pwfiaiwv YEYOvw; èntffxoTiov ô; Sr) npôx/.w xf,; v.axà <I>pOYa;Trpo'taTa!X£'vu) yv(j')[xïi; ÈYYpi^o); ûia>.ex^£t;... — 3, 31, 4 : Kai èv xw Faioy 6È, où npôaôev £|ji.vr,GÛYiiJL£v, ôia/ôfu) np6x).o;... — 6, 20, 3 : "[D.Oe Sa ei; -hii-ài xai Faiou ),oYtti)xâxou àvopô; 8'.i).0Y0;, ÈTCt 'Pwjir,; xaxà Zssypt'/ov ixpo; DpôxXov x-?;; xaxà 4>pyY*; atpédîw; i)T:ES|xaxoùvTa x£xivri(jLÉvo;.

3'. EÙsèbe, II. E., 5, 28.

4. Tliéodoret, Haeretic. fab., 2, 5. Malgré la diversité des titres, l'iden-

Petit Labyrinthe, ^aupoç AaSuptvôoç, en ajoutant que quelques-uns l'attribuent à Origène, mais que le style dément cette attribution. La citation ne se retrouve pas dans les Philosophumena. Donc nous connaissons deux Labyrinthes, un grand et un petit, et l'analogie des titres amène à supposer la communauté d'auteur. L'auteur de l'un et de l'autre Labyrinthe ne serait autre qu'Hippolyte, qui guerroya toute sa vie contre les monarchiens ou adoptianistes, tels qu'Artémon. La dénomination à'èvêqiie des gentils est fort étrange , et n'a pas reçu, jusqu'à ce jour, d'interprétation qui simpose. Ne renferme-t-elle pas quelque allusion à la situation irrégulière dHippolyte, après sa rupture avec la hiérarchie catholique ? Au sujet du dialogue contre Proclus , Photius note que l'auteur compte seulement treize épîtres de saint Paul, l'épître aux Hébreux n'étant pas comprise dans ce nombre. Ce détail n'a rien de très caractéristique, la même opinion pouvant être tenue pour commune vers cette époque, en Occident ^ : Irénée et Hippolyte ne voyaient pas non plus dans lépître aux Hébreux un écrit de saint Paul ^ ; elle ne figure pas dans le canon de Muratori; TertuUien la cite sous le nom de saint Barnabe; dans les œuvres incontestées de saint Hippolyte, elle paraît avoir laissé quelques traces ', mais non comme un écrit de saint Paul.

En somme, le Dialogue contre Proclus reste seul attribué à Caïus par une tradition non suspecte. 11 y a grande apparence que ce Traité de l'univers et les deux Labyrinthes doivent être restitués à Hippolyte. Photius nous met sur la trace du véritable auteur, en nous présentant ces trois ouvrages dans un même groupe, et en nous révélant le doute qui plane sur leur origine. Il suffit d'opérer en bloc la restitution

tité de l'ouvrage est garantie par l'identité des citations chez Eusèbe et Théodoret (Histoire du confesseur Natalis).

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