‹ La théologie de saint HippolyteChapitre 25 sur 210 · Voir notre Théologie de Terlullien, p · texte numérisé non relu

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2. Témoignage du monophysite Etienne Gobare (vi' siècle) chez Photius, Bibliolhec, 232 : "Oti 'Itîtio/utoi; xal Eîpy;vaïo;TTiv Ttpô; 'Eopsîou; èTtt(TToXr)v naij).ou oùx Èxeîvov) eivai çadi.

3. Sur les traces de l'ép. aux Hébreux dans le Commentaire sur Daniel, voir ci-dessous ch. III. — On n'a pas signalé de traces de la même épître dans les Philosophumena.

INTIiODUCTION. XXXV

pour expliquer d'une façon très plausible tontes les allusions faites par l'auteur des Philosophumena à sa propre activité littéraire, et pour éclairer d'un jour nouveau sa mystérieuse personnalité.

La notion d'Hippolyte antipape, due à la découverte des Philosophumena, est le fil d'Ariane qui permet de s'orienter à travers les énigmes de celte histoire. Les pages qui précèdent avaient pour but de mettre ce fil aux mains du lecteur. Il nous reste à dire un mot de plusieurs questions secondaires soulevées au cours de cette controverse.

Tout d'abord se présente la question des droits éventuels de divers écrivains sur les Philosophumena ^ On a mis en avant principalement Origène, Caïus, Tertullien, Novatien, sans compter les auteurs anonymes. Une série de contreépreuves est nécessaire pour rendre indiscutable l'attribution à Hippolyte.

Origène a pour lui la suscription des quatre manuscrits qui nous ont transmis le premier livre des Philosophumena : Mediceus, Ottobonianus, Taurinensis, Barberinus. Il a même pour lui, jusqu'à un certain point, le manuscrit de Mynas; car une note, en marge de la conclusion, désigne cette page comme la pensée personnelle d'Origène : 'ûpiYÉvvjç xal 'îiptyÉvouç od;ot. Malgré cet accord des scribes, la paternité des Philosophumena lui a été contestée presque dès le premier jour. L'unique livre connu du dix-huitième siècle lui était refusé par Huet et par Delarue, ces deux grands origéniens, qui pourtant ne possédaient pas toutes les ressources mises à notre disposition par l'éditeur des derniers livres ^. La con-

1. Sur cette discussion, voir en particulier : Doellinger, Hippolytus und Kallistus (1853), p. 1-27; R. P. de èmedl S. J. , Dissertaliunex sef^ctae in primam aelatem historiae ecclesiaslicae, 1876, Disserl. 3, p. 83-189; Funk, Der Verfasser der Philosophumena, dans Kirchengeschichtliche Abhandlungen und Untersuchungen, 2, Paderborn, 1899, p. 161-197.

2. Huet, Origeniana, appendice, 11 (ap. Migne, P. G., 17, 1282); Delarue, Origenis opéra omnia, t. I, Paris, 1733, p. 872.

XXXVl THEOLOGIE DE SAINT HIPPOLYTE.

fiance avec laquelle Miller inscrivit le nom d'Origène sur l'ouvrage qu'il était le premier à publier n'a pas convaincu le grand nombre des lecteurs. On ne reconnaissait pas dans ces pages la manière exubérante et diffuse du grand Alexandrin. Encore moins réussissait-on à encadrer dans sa vie les révélations que l'auteur des Philosophumena nous fait sur lui-même. Il est sûr qu'Origène vint à Rome sous le pontificat de Zéphyrin ^ ; il avait alors trente ans tout au plus, et ne fit qu'y passer. On ne peut admettre qu'il ait pris en face du vieux pape cette attitude hautaine et se soit posé devant lui en juge de la foi; d'autant qu'il ne devint prêtre qu'après la mort de Zéphyrin et de Calliste. D'ailleurs on ne retrouve, parmi ses nombreux écrits, ni un traité contre toutes les hérésies ni un traité sur l'Univers. Malgré le témoignage des scribes, et malgré certains plaidoyers chaleureux 2, surtout dans notre pays, l'attribution à Origène n'a pas compté beaucoup de partisans.

L'attribution à Caïus en a eu davantage ^, grâce principalement à Photius. Mais on remarquera que Photius lui-même hésite à se prononcer sur la seule autorité d'une glose anonyme ; et une glose byzantine est loin de valoir, dans l'espèce, un marbre romain du troisième siècle. Or nous reconnaissons, dans le catalogue de la statue, le traité Ilepl xoû TravTÔç, le même que Photius avait lu, et qu'il déclare inséparable des Philosophumena. L'embarras qu'on éprouvait d'avoir à mettre au compte de saint Hippolyte certaines pages des Philosophumena contribua sans doute à faire chercher un contemporain plus obscur.

1. Eusèbe, B. E. 6, 14 : Zeçupivou -/axà TouaSe tovç )^p6vou; ttjç 'Pwii,att<)v è-/./c),ï)(Tta; TiYO\;[A£Vou è7tt5r,[AYîaat tî) 'PwtJ.T] '/.al aÙTÔ; Ttou ■^çitfciHyu>v • eOÇifiEvo; Tr,'/ àpyatoTaTriV 'Pcou.aitov £x-/./-/;(7;av loEiv, Svôa où 7io),ù ô'.aTpt^'*? èîvàveiatv elç Tifiv 'AXEÇâvôpeiav.

2. Notons, cil particulier, celui de Charles Lenormant, répondant à l'abbé Freppel dans le Correspondant, t. 31, lOfévr. 1853, p. 521 sq., surtout p. 533-550. — Contre l'attribution à Origène, voir Jallabcrt, Examen du livre des Philosophumena, p. 24-48; de Smedt, Dissertaliones selectac, p. 106-107.

3. Anonjme, dans Ecclesiastic and Theologian, 1851; Fessier dans Theol. Quartalschrifl, 1852; Baur, dans Theologische Sludien mid Kritiken, 1853; Cruice, Éludes sur les nouveaux documents historiques empruntés aux Philosophumena, 1853 (hésitant).

IMUODUCTION. XXXVII

qui pût endosser la responsabilité de ce pamphlet théologique. Mais le souvenir de Caïus n'oiîre point de prise pour une telle hypothèse; on ne trouve point en lui le polémiste fécond, qui avait guerroyé déjà contre toutes les hérésies. Caïus n'est, pour Eusèbo ', que l'auteur du dialogue contre Proclus, qui réagissait contre le millénarisme jusqu'à sacrifier une bonne partie de l'eschatologie chrétienne, et présentait l'Apocalypse comme l'œuvre de Fliérélique Cérintlie -, au lieu que les Philosophitmena la revendiquent pour l'apôtre saint Jean 3. On a donc beaucoup de raisons de lui refuser les Philosophumena *.

On a prononcé le nom de TertuUien ^, et puisqu'on était en quête d'un écrivain puissant, exercé, capable de rompre avec Rome, il était naturel qu'on pensât à lui. Bien des traits lui conviennent, parmi ceux qu'on relève dans les Philosophumena. L'attitude de l'auteur dans la controverse avec Calliste répond assz exactement à celle de TertuUien dans VAdversus Praxeam, dans le De pudicitia et, au moins en partie, dans le De monoi^^amia. Même conformité de vues dans la question pascale, au sujet des Quartodécimans. Par ailleurs, on sait que TertuUien maniait aisément la langue grecque, puisqu'il la employée dans plusieurs écrits, aujourd'hui perdus. Il y avait donc là matière à revendication. Et pourtant la revendication devait nécessairement échouer. Car, malgré des points de contact nombreux, les deux auteurs diffèrent profondément par les principes et par l'àme. Par les principes d'abord, car on ne trouve pas trace, dans les Philosophumena, de cet illuminisme qui avait entraîné TertuUien à de si étranges excès. On

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