‹ La théologie de saint HippolyteChapitre 26 sur 210 · Voir Funk, Der Verfasser der Philosophumena, p · texte numérisé non relu

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5. L'abbé Cruice, Études sur de nouveaux documents historiqiies empruntés à l'ouvrage récemment découvert des Philosophumena, Paris, 1853, liésitait entre Caïus et TertuUien. Son élève, l'abbé Jallabert, prit parti pour TertuUien dans une thèse : Examen du livre des Philosophumena, Paris, 1853. Dans un ouATage MhériGxxv, Histoire de l'Église de Rome de l'an i92 à l'an 22'i, Paris 185G, Cruice abandonna son idée. Elle a été reprise par B. Jungmann, Dissertationes seleclae in historiam eccles.. 1, Ratisbonne, 1880, p. 173-262.

XXXVm THEOLOGIE DE SAINT HIPPOLYTE.

y trouve au contraire une réprobation formelle de bien des choses que les montanistes avaient fort à cœur : de leur littérature apocryphe, de leurs charismes suspects et de leur ascétisme. Peut-être on allég-uera qu'un homme peut changer d'avis, qu'effectivement TertuUien a changé, que les Philosophumena doivent être postérieurs de dix ou quinze ans aux grandes colères du De pudicitia, et que, dans l'intervalle, l'auteur a pu se détacher de l'orthodoxie montaniste, qu'effectivement il s'en détacha, d'après le témoignage de saint Augustin '' . Toutes ces observations sont fondées ; mais outre qu'elles supposent un revirement invraisemblable, delà part d'un homme si entier dans ses idées, elles ne suffisent pas à rendre croyable que TertuUien ait pu écrire les Philosophumena. Pour peu qu'on se soit imprégné de son génie, on refusera de reconnaître l'ongle du lion dans ce dernier ouvrage, dont l'auteur lui est aussi inférieur par l'éloquence et par le style qu'il paraît l'emporter par la possession de lui-même. Assurément la nécessité de s'exprimer dans une langue qui n'était pas la sienne devait mettre des entraves à sa pensée ; elle ne pouvait néanmoins amener ce changement complet de ton et de manière, qui décèle la différence, non pas d'une situation à une autre situation, mais d'une âme à une autre âme ^.

Reste Novatien et son école, dont les titres sont beaucoup plus sérieux, car, outre de réelles analogies de doctrines et de tendances, on invoque en leur faveur des témoignages positifs. Le traité de Novatien sur la Trinité rappelle par plus d'un trait la doctrine des Philosophumena ^. Le schisme de Novat, dont Novatien fut le personnage le plus marquant, a repris à son compte le programme rigoriste qui ralliait, trente ans plus tôt, les adversaires de Calliste. Ces rapprochements, très fondés, ont de bonne heure suggéré l'idée que l'auteur du livre mystérieux pourrait être Novatien lui-même ou du moins quelqu'un de son entourage. Homme de grande culture,

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