Voir notamment Novatien, De Trinilale
IXTnODLCTIO.V. XXXIX
Novatien, au témoignage de saint Jérôme, avait écrit beaucoup de livres, que nous n'avons plus. Sans aucun doute il possédait le grec, d'autant qu'il passe pour Phrygien d'origine. Qui donc pouvait, sinon lui, faire au catholicisme celte guerre savante? Les Philosophumena seraient donc le manifeste du schisme novatien, et ne remonteraient de trente ans en arrière que pour mieux faire comprendre, dès leur origine, ces trahisons envers le dogme et la morale chrétienne, dénoncées par l'opiniâtre sectaire. Ainsi raisonnait-on déjà dans les années qui suivirent immédiatement la publication de Miller ^. Ou bien, si l'on écartait Novatien lui-même pour s'en tenir au nom d'Hippolyte, on faisait d'Ilippolyte un membre de la secte : n'avait-on pas le poème de Prudence, où on lisait en toutes lettres qu'Hippolyte adhéra au schisme de Novat? -.
Rarement opinion douteuse fut mieux servie par les circonstances; car les découvertes de J.-B. de Rossi, en obligeant de reconnaître sous les développements poétiques de Prudence un fond incontestable de vérité historique, semblaient justifier d'une manière éclatante ceux qui déjà cherchaient Hippolyte dans l'entourage de Novat et de Novatien; et l'on comprend que l'auteur de ces découvertes se soit arrêté à ce parti ^. Toutefois nous devons dire les raisons qui, à notre avis, le condamnent et suggèrent une autre conclusion.
Les arguments proposés en faveur de Novatien lui-même se réduisent en somme à de pures possibilités; de plus, ils se heurtent à des impossibilités très réelles. Comment l'histoire du schisme novatien est-elle muette sur ces agissements, qui remonteraient à trente ans et plus? Comment le pape Corneille, dans sa lettre à Fabius d'Antioche, énumérant tous les torts de Novatien, n'a-t-il aucune allusion à l'état de révolte plus ou moins latente qui aurait fait de cet homme un schismatique durant cinq pontificats successifs? Comment saint Cy-
1. Armellini, S. J., De prisca refutalione haereseon, Origenis nomine ac Philosophumenon tilulo recens vulgala, cominentarius, Roraae, 1862; Grisar, S. J., Bedarf die Hippolytusfrage eine Révision^, dans Zeitschr, f. kalh. Théologie, 2, 1878, p. 505-533.