I. — THADITION LITTERAir.E
Au premier rang des documents littéraires figure la célèbre statue de ' marbre exbumée en 1551 dans le cimetière dllippolyte au champ Véran, sur la voie Tiburtine, et aujourd'hui conservée au musée de Latran. Elle représente un homme assis, dans une attitude majestueuse; sur les flancs de la chaire est gravé, en caractères grecs, un cycle pascal qui part de la première année dWlexandre Sévère (222), et embrasse une période de cent douze ans ; sur un des montants, un catalogue d'ouvrages. Le haut du corps manquait; nous ne connaissons donc pas les traits du personnage, mais nous verrons qu'on a pu l'identifier avec certitude.
Ce catalogue d'ouvrages, gravé sur marbre au troisième siècle, présente un intérêt exceptionnel pour l'histoire des origines chrétiennes. Souvent lu et transcrit depuis quatre siècles, il l'a été tout récemment encore, avec un soin admirable, par deux savants de grand mérite, M. Hans Achelis et Dom Germain Morin. Après eux, nous reproduirons la disposition des caractères onciaux, puis nous transcrirons la liste en cur sive, en adoplant les suppléments qui paraissent offrir de réelles Sfaranties,
J. B. Lightfoot, The Apostolic Fathers, part I, S. Clément of Rome, vo'. 2. London, 1890, p. 318 sq., par Harnack, Geschichte der AUchrislUchen Litteratur, 1, Leipzig 1893, p. 605 sq. — Voir encore Achelis, Hippolytsludien, Leipzig 1897. {Texte mid Untersuchungen, Ncue Folge, 1, 4). Gérard Ficker, Sludien zur Hippolytsfrage, Leipzig, 1893.
I. Voir H. Achelis, chez Harnack, Geschichte der ACL., 1, Leipzig, 1893, p. 606-610; et dans Hippolylstudien, p. 3-8. — Reproduction dans Jlarucchi, Éléments d'archéologie chrétienne, t. 1, Paris ltX)0, p. 337, ou t. 2, 1903, p. 296. — Dom Germain Morin, La liste épigraphique il(s travaux de saint Hippolyte au musée du Latran, Revue bénédictine, t. 17, 1900, p. 2i6-2ol.
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Avant de rechercher dans les fastes de l'Eglise romaine — ou de toute autre Eglise — l'auteur de si nombreux ouvrages, arrêtons-nous à ce canon pascal qu'on a gravé sur les flancs de sa statue, avec l'intention évidente de lui en faire honneur. Ce canon embrasse une période de sept fois seize années, soit cent douze années; de 222 à 333. Fort apprécié sans doute, lors de sa publication, à cause d'une conformité illusoire avec la réalité présente, il devait fatalement être bientôt discrédité. Car l'auteur avait admis sans vérification qu'un cycle de seize années, selon le calendrier alors en honneur, équivalait à un nombre entier de mois lunaires; en réalité, il s'en faut de trois jours, et la coïncidence entre les données du canon et les phénomènes astronomiques, établie artificiellement aux environs de 222, grâce à des observations récentes, devait cesser très vite. Au bout de quatre-vingts ans, l'écart atteignit la valeur d'un demi-mois lunaire, en sorte que les dates assignées par le canon aux pleines lunes, correspondaient effectivement aux nouvelles lunes. Il est clair qu'on ne pouvait songer alors à reproduire cette table, dont l'inexactitude était devenue flagrante; l'inspection du canon confirme donc le jugement d'historiens de l'art, tels que Winckelmann, qui n'ont pas fait difficulté d'attribuer au premier tiers du troisième siècle la statue découverte au champ Véran. Quand M. Albert Réville déclare^ que cette « tète belle et grave », que cette « pose noble » ne conviennent pas à un évêque ou à un presbytre, qu'après avoir représenté originellement quelque rhéteur ou