Funk, Der Verfasser der Philosophumena, p
THÉOLOGIE DE SAINT HIPPOLYTE. d
tiens qu'elles ne permettent d'en résoudre. A quels ouvrages rapporter telles et telles allusions? Comment vérifier l'authenticité des citations suspectes? L'extrême pénurie de nos documents oblige souvent à transcrire sans commentaire des renseignements dont la portée exacte nous échappe.
Dans la liste ci-dessous, nous signalerons d'abord les ouvrages dont la succession chronologique peut être marquée avec quelque vraisemblance ; puis ceux pour lesquels toute indication fait défaut.
Dans la première catégorie, nous rangerons, entre autres, les titres inscrits sur la statue; car il y a grande apparence que cette statue fut érigée du vivant dHippolyte, et même dix ou douze ans avant son exil en Sardaigne, et nous a conservé les titres d'écrits relativement anciens. Comme cette opinion n'est pas universellement admise \ nous croyons devoir en indiquer brièvement les fondements.
Tout d'abord on s'expliquerait difficilement cet hommage rendu à l'auteur du schisme, après la persécution de 235 et l'extinction du schisme, alors que la chrétienté romaine tout entière devait souhaiter l'oubli des anciennes discordes : ce monument provocant, élevé à l'homme qui avait pendant près de vingt années perpétué la division, n'avait plus aucune raison d'être, et eût semblé un défi porté à l'orthodoxie. Au contraire, quand le schisme battait son plein, on s'explique aisément que la cabale d'Hippolyte ait voulu glorifier son docteur.
Une autre raison d'attribuer aux premières années d'Alexandre Sévère la célèbre statue, est l'inscription du cycle pascal. Il commence précisément avec le règne d'Alexandre, en 222 ; et l'intérêt rétrospectif de ce canon était peut-être trop faible pour qu'on y fît place aux années déjà écoulées. Mais surtout il devait cesser très vite de répondre à la réalité. Nous aurons occasion de le montrer plus loin ^ , ce cycle avançait chaque année de cinq heures en moyenne sur le temps lunaire; dès
1. M. Harnack, par exemple, ne se rend pas aux raisons de G. Salmon Chronologie der ACL, 2, p. 234.