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LE SCHISMK D HllM'OLYTE.
i\i} bion, qu'il uo voulait j)oint avoir égard à son propre iutorèt, mais aux ciéaiict's engagées à cause de son nom : il délivra Calliste, non sans le l'aii-e observer de près. Les sommes (pie la rumeur publique affirmait être en la possession de Calliste ne se retrouvèrent pas. Exaspéré par la surveillance dont on l'entourait, il résolut, nous dit-on, de mourir en confesseur de la foi; et voici à quel étrange expédient il recourut. Sous prétexte d'affaire, il fit irruption dans une synagogue un jour de sabbat, troublant la lecture de la Bible. Roué de coups par les Juifs, et traîné devant Fuscianus •, préfet de la ville, il fut réclamé par son maître; mais Fuscianus ne voulut rien entendre, et, après l'avoir fait fouetter, l'envoya aux mines de Sardaigne. Cette île insalubre — iiisiila nociva — servait fréquemment comme lieu de déportation, et d'autres confesseurs de la foi s'y trouvaient réunis. Cela se passait au temps do Commode. Or Marcia-, maîtresse de l'empereur, était chrétienne et s'intéressait au sort de ses frères. S'étant fait remettre par le pape Victor la liste des détenus de Sardaigne, elle envoya l'eunuque Hyacinthe avec mission de les délivrer. 11 paraît qu'on avait eu soin d'oublier dans la lettre de grâce le nom de Calliste ; mais à force de prières, il obtint
1. Fuscianus tut prélet do Iîomk?, entre l!S<jet 180. Cf. Borghesi, (^Fuives;, t. 8, p. 532-536; 9, p. 322-3-25; de Rossi, Bullelino dl arch. C7-isl., 1886, p. 1, sq.
2. Philosophiimcna, 9, 12, p. -130, 12 : 'H Mapxîa,... ouca o'.),69co; ■zaXka.y.ri Ko|a6Sou.. Sur Marcia, voir Lampride, Commode, 'H. 11. 17; Dion Cassius, Epito- //'t',72, 13. 22; surtout Hérodien, 1,16. 17. Marcia avait presque rang d'épouse ii la cour de Commode. On ne portait pas le feu devant elle, comme on eut fait pour une impératrice; à cela près, rien ne lui manquait pour paraître officiellement unie à l'empereur. Ch. Lenormant a consacré à Marcia une notice intéressante. /îeuue numismatique, nouvelle série, t. 11, 1857, p. 212 sq. Voir aussi F. Bassani, Commodo e Maixia, Venezia, 1905, ch. 3.
d'être compris dans l'amnistie générale, et revint à Rome. Fort mal reçu par le pape, de plus poursuivi par son ancien maître^, il vécut retiré à Antium, où on lui servait chaque mois une modeste pension alimentaire. L'avènement de Zéphyrin au trône pontifical amena pour Galliste un changement de fortune : rappelé d' Antium, associé au gouvernement du clergé, nommé administrateur d'un cimetière, il ne tarda pas à devenir le personnage le plus important de l'Eglise romaine; car le pape ne pouvait plus se passer de lui. Les Philos ophiuuena présentent Zéphyrin ^ comme un homme d'esprit borné, aimant l'argent, complètement domestiqué par l'intrigant vicaire. Après l'avoir gouverné de son vivant, Galliste lui succéda. Hippolyte, qui sans doute devait à ses qualités personnelles l'appui d'une partie du clergé, demeura le chef d'une minorité, qui se donna pour la vraie Eglise. Il reproche au parvenu, d'abord sa fourberie et son ambition 3, sa duplicité dans la controverse de la Trinité, puis son laxisme en matière de pénitence, ses innovations dans le gouvernement des clercs et dans la discipline du mariage, sa complicité dans la réitération du baptême, enfin son
1. D'ailleurs Callistc, par le lait de sa déportation, était devenu servus poenae, et, comme tel, échappait au pouvoir de son maître. Ulpien, Dig., 48, 19, 8, 12 : Servos in metallum... dari solere nuUa dubitatio est; et, si fuerint dati, servi poenae efficiuntur nec ad eum pertinebunt cujus l'uerint antequam damnarentur. Denique, cum quidam servus in metallum damnatus essetjam poena liberatus, imperator Antoninus rectissime rescripsit, quia semel domini esse desierat servus poenae factus, non esse eum in potestatem domini postea reddendum.
2. Philosophumena, 9, 7, p. 426, 1 : 'AvSpà; Iôiwtou xal alffxpoxepSov; ; 9, II, p. 435, 1 : 'Avopa lûiwxriv xal àYpâ[jL(jiaTov xal aTreipov twv êvtxXïiaïaaTixwv ôpwv, 6v Ttttôwv Zu>^ri\i.^(s\ xal aTiaiTi^îeCTtv à7i£tprj|A£vat; ■^^ev eiç S ÈêouXexo, ôvra ôwpo)iii7rTyiv xat çtXdpyupov.
3. Philosoph., 9, 11, p. 434, 14 : KàX),i<TTo;, àvrjp év xaxîot ïtavoùpyo; xai notxtXo; npo; îtXâvriv, 6rjpw[A£voç tôv tvj; ÈTttffxeTrJj; ôpôvov.