‹ La théologie de saint HippolyteChapitre 42 sur 210 · LE SCHISME 1) HIPPOLYTE · texte numérisé non relu

LE SCHISME 1) HIPPOLYTE

attitudo schismatiquo, car il affoeto de no voir dans lo parti de Calliste qu'nne secte dissidente, celle des Callisîiens.

Cette narration renfernu' des données historiques dont on doit nécessairement tenir compte; mais les moyens de contrôle nous font entièrement défaut, et l'intention de dénigrement y est tellement manifi'ste qu'un extrême scepticisme s'impose pour tout ce qui touche à la personne de Calliste. A première vue, l'invraisemblance fourmille : cette banqueroute frauduleuse au début d'une telle carrière, cette soif subite du martyre, suivie d'humbles prières pour la liberté, cette élévation inexplicable d'un esclave fugitif et d'un homme taré, qu'on voit parvenir tout d'un coup au sommet de la hiérarchie ecclésiastique sans savoir comment il en franchit les degrés, tout cela forme un ensemble trop romanesque pour être cru sur la parole d'un ennemi personnel. Calliste a eu la mauvaise fortune de rencontrer deux historiens intéressés à noircir sa mémoire : c'est encore lui, selon toute apparence, que Tertullien malmène si fort dans le De pudicitia; mais les attaques de Tertullien contre le pontife romain, qu'il ne nomme pas, sont aussi justement suspectes que le récit d'Hippolyte. Il faut sans doute désespérer de restituer complètement cette figure calomniée; mais si beaucoup de traits nous échappent, on peut en letrouver quelques-uns sous la caricature. Assurément Calliste fut un habile administrateur, un remarquable manieur d'hommes, sinon toujours d'argent. Fut-il le maître fourbe qu'on nous présente ? Le rôle qu'il remplit comme chef d'Eglise ne permet pas de le croire, et nous devons à sa mémoire d'examiner avec quelque détail les autres accu-

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sations foriniilées par les Philosophuniena , en matière de dogme et de discipline.

Tout d'abord il est un point sur lequel nous pouvons compléter le témoignage d'Hippolyte. Il ne nous dit pas comment Galliste entra dans le clergé de Rome; mais on peut affirmer que ce l'ut à titre de confesseur de la foi. L'Église tint toujours grand compte, pour le choix des clercs, de ces épreuves éclatantes qui manifestaient hautement la foi et la constance de ses enfants. Vers le milieu du deuxième siècle, Valentin, le futur gnostique, se trouva, dit-on, sur les rangs pour l'épiscopat, avec un certain confesseur qui l'emporta grâce à son titre ' ; et le dépit de cet échec jeta Valentin dans l'hérésie. Parmi les contemporains de Galliste, Asclépiade^, évêque d'Antioche, et Alexandre 3, évêque de Jérusalem, avaient confessé la foi durant leur jeunesse. Un peu plus tard, nous voyons saint Cyprien, au lendemain de la persécution, appeler des confesseurs dans les rangs de son clergé^ : il ordonne celui-ci prêtre ; il confie à celui-là les fonctions provisoires de lecteur, lui destinant, pour un âge plus mûr, le presbytérat. Ceux qui avaient confessé le Christ dans les fers, et surtout au milieu des supplices, devaient être qualifiés pour conduire les fidèles, et cette prérogative, admise par l'opinion chrétienne, a été consacrée par des textes juridiques ^ sous une forme qui parfois nous surprend^'. Or Calliste, au

1. TertuUion, Adv. Valenlinianos, 1 : Spcraverat episcopaturn Valentinus, quia et ingenio poterat et eloquio. Sed alium ex martyrii praerogativa loci potitum indignatus de Ecclesia authcnlicae regulae abrupit.

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