‹ La théologie de saint HippolyteChapitre 54 sur 210 · Philosoj)/iu/nena, lU, oo, p · texte numérisé non relu

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i. Je m'étonno de voir ce fait contesté par Mgr Freppel, Origène, t. I, leçon 9, p. 200 sq. Les rencontres d'idées et de mots paraissent au contraire très remarquables. Que l'on compare par exemple Adv. j\oet., 10, et Philosophumena, 10, 33. Il est vrai que le Saint-Esprit disparaît presque entièrement dans ce dernier ouvrage; mais cette différence s'explique très naturellement par l'état différent de la controverse. En face de Noët, qui s'occupait seulement de la génération du Verbe, Hippolyte avait dû rétablir toute l'économie de la Trinité. En face de Sabellius, qui admettait la Trinité, mais en dénaturant les processions divines, Hippolyte insistera sur la gén(M-ation du Verbe. D'ailleurs VAdv. Xoetum est une rtH'utation théologique, basée sur l'Écriture; les Philosophumena sont un traité philosophique, destiné à un public très composite, comme le prouve l'adresse finale, 10, 34 : Grecs et Barbares, Chaldéens et Assyriens, Égyptiens et Libyens, etc.; il n'y avait pas lieu de s'étendre sur tous les dogmes chrétiens. — Le jugement de Doellinger, Hippolytm und Kallistus, p. 20Gsq., diamétralement opposé à celui de Mgr Freppel, parait beaucoup l)lus exact. — Nous reviendrons sur les allusions au Saint Esprit dans l'œuvre d'Hippolyte, p. 30.

On reconnait dans cette exposition les traits généraux d'une doctrine commune aux apologistes du deuxième siècle sur la génération du Verbe : distinction entre le Verbe immanent au sein de Dieu (Acvcç IvciâôîToç) et le même Verbe proféré dans la création, Parole illuminatrice, Voix du Père ('1^0) Vf,) ; assistant, conseiller, ouvrier du Père. D'ailleurs, en reprenant cette doctrine, Hippolyte l'amène à un degré supérieur de précision ; il nous faut marquer ici les traits qui le distinguent de ses devanciers.

Tout d'abord il détaille, plus qu'aucun d'eux, la théologie du Verbe, et marque dans son évolution trois phases distinctes. La première précède tous les temps : de toute éternité, le Verbe est en Dieu, au moins à titre d'attribut, et, ce semble, d'attribut distinct ; car son existence implique en Dieu une pluralité. Adv. Noet.^ 10, p. 50, 31 : A'jTCç ce iJ.6vcç (JL)V TCA'jç '/jV z'j~z Yap aKo^^oç z'j-t ào'jvaTOç O'jTî àScûXsuTcç v'. Mais pour dégager sa personnalité, il faudra une opération spéciale, une génération, qui produise hors de Dieu cette pensée immanente : ce sera la seconde phase. Le fragment contre Noët en donne une idée assez confuse, 10, p. 51,6 : Twv ce 7ivc;j.évwv xpyr,Y^v y.xi c7J[j-5c'jacv /.al èpYâT"/;v à^^wa Ac-^iv, cv Ai';^''' =-'/.^^'^ -'' éajTw, icccaTJv -i ovTa TÔi •/.Tuc;j.évw 7.co-;j.w, bpy~ow tcieT, r.po-épx^^ ç.wvr,v obi- •^^(b'f).t'?oz Y.y.l çwç Ï7. obi-oç ^^z^r^Ui^j, zpc-^y.îv t'^ vr.itjZi K'Jpicv. TGV i'cicv Ncjv, aj-Ç) i/ivto TrpcTîpcv cpaTCv jr.ipyz'ny., tÇ) ce Yivcp-évo) Y.ôz'fj.M àipy-z'f cvTa, cparcv ttc-îî. Les Philosophumena caractérisent plus brièvement cette génération divine du Verbe. Philos.^ 10, 33, p. 515, 13 : Outc; ojv )^'z^izç, y.al y.aTa TrâvTwv Qtzz Ac'/cv r.pZi-o-^ vt-tzrfiv.ç, OiT.o';vnoi., cù Ac^cv wç îo)vr,v, àX/.' èvciâOsTCv tcj Ilav-cç AC7i7[J.cv^. Tcutcv

1. 'Ev5iâ6£Tov Toù riavTÔ; Aoi-icjjôv. Hippolyte a pu emprunter aux stoï-

LE SABKLLIAMSMi:. 25

;ji.;v;v i^ cvtwv ÈY^wa' -ï ';'xz z't ajTbç z \\y.-r,z ly/, i; ;j z'z TCJ 7£vvr,6fiva'. a-Ticv xz\t V'.v;;jl£v;'.; Aiy;; v;. Déjà signalée par les apologistes chrétiens du deuxième siècle, la génération divine acquiert chez Ilippolyte un nouveau relief. Au terme de cette deuxième phase, le Verbe n'est plus ime pensée immanente — Ai^cç èvouOs-::; — , c'est une voix extérieure prête à retentir dans la création. — Philos., ibi(/, p. oiG, 5 : "AjAa 73:0 to) i/. -zj ^^'vriT,7T/-zq r.zzt'/.Hv.-^ -z^^)•:z-z7.zç -zù-z-j ';v/z\j.v/z; zmtc,; — c'est une personne distincte hors du Père. Adv. Noet., il, p. 51, 12 : K-A z'j-iùz r.y.z\z-x-.z xj-.m 'i'tzzz. L'instrument de la création est prêt^ Comme il porte en lui les desseins du Père, le Verbe se fera l'exécuteur du bon plaisir divin. Philos., ibicL.ip. 516, 6 : £-/£'. iv èau-rw 'cà; èv vtT) 7:x-pi.7M àvvcïjQîica? Izix:, 'o6sv v.tKtJZ'f'zz IlaTpb; Y^'^-'^^^' ■/■^'X-'V, -z -/.y-y. âv A^y^ç y.~-z.-.tL=\-z xzizv.ui-f Stw. Assister Dieu dans toutes ses œuvres, tel sera le rôle du Verbe divin. Fils premier-né du Père, Voix illuminatrice avant l'aurore des temps, ibicL, p. 519, 8 : Tàcî ~y.'i-y. ziz'.v.ti z \z';zz z QtzXt^ z 7:pii}~z\'zvzz Ily.-p'z: riaîr. r, -pz ko)7zzpzu çMzozpzz çiov^. Cependant il manque à sa filiation un titre suprême, qu'il doit tenir de sa génération humaine : d'où la nécessité d'une troisième phase, qui aboutit à sa naissance de la Vierge, par l'opération

ciens cette locution, qui pourtant no .se trouve pas, à ma connaissance, dans Philon. Le sens qu'il y attache n'a d'ailleurs rien de panthéiste; on peut la commenter par Adv. Xoet., Il, p. 51, 14 : AOvant; -^àp ixia f, ex toù navTÔ; • To ôà Ilâv TlaxTip, il oij ôûva[i.iî Aôyo;. On seia peut-être tenté de lire, dans le texte des Philosvphumena, IlaTpô; au lieu de Ilavrô:, mais IlavTo; est la leçon incontestable du ms. (p. 133 recto, 1. 2:3). — Hippolyte résumait ainsi, Philos., 9, 9, p. 428, 1, la pensée d'Heraclite : Aôyo; êctîv àel TÔ irâv xat ôtà Ttavxà; wv. Il est assez piquant de le voir parler comme ce philosophe, après avoir tant reproché à Xoët de s'en inspirer.

1. Comparer De Anlichrkto, 26, p. 18, 21 : Aoyo; iv. xapoia; Darpô; ■Tipô T:âvT(i)v YEyevvT,;a.Évo;.

du Saint-Esprit : phase nettement indiquée dans le fragment contre Noët, 15, p. 54, 12 : Hoiov ouvT'.bv Éauiou s ©es; su Tïjç Gccpy.oq 7.aT£7:£p-<i^sv, àWk -q tov Aôvov ; ov T'.cv 'i:poGr,^{ôpzui 3ià To (j.éXasiv ajTbv vivegOat,; /.a* to /.oivbv svsy.a t'^? eîç àv6pwTCC'j; s'.AssTopYia^ àvaAa;j.5xvci, o YIg? 7,7.ac'j;xîvcç. Outî y^P X70cpv.o: y.vX y.aO' èauTOv 6 Aôy;; téasicç r^v Tlbç, '/.«{toi XcAsio; Aôycç wv, MovcYcvrjÇ, c"J6' 'rj Qy.p\ /.a6' éaiirJjv oiya toj Asycu ÙTCaTYjvai */;5iivaT0, où xb Iv Aôyo) rijv c-jaxaatv lysiv. 0'jto)ç CUV stçT'.b; TÉXïisç 0£O'J èçavcptôQY;. — Dans cette christologie d'HippoIyte, relevons un trait de métaphysique profonde : l'humanité du Christ a dans le Verbe la raison de sa subsistance : otà Tb àv AsyM -r^v q-jz-xgv) £-/£tv. On s'étonne de rencontrer chez un Père aussi ancien cette analyse pénétrante de la personne du Ghiist ^ .

En second lieu, Hippolyte, ainsi qu'on vient de le voir, assigne à la filiation du Verbe un double fondement, l'un divin, l'autre humain, en rapport avec sa double génération. Ici encore, il complète la pensée des anciens apologistes '. Peu attentifs à la génération divine, ces Pères avaient envisagé le Verbe dans ses rapports avec la création. Ils avaient commenté ce titre de : Premier-né de toute créature^ qui implique une comparaison entre l'origine du Verbe et celle des êtres créés, et ils en trouvaient une justification suffisante dans la priorité, au moins ontologique, du Verbe à toute manifestation extérieure de Dieu.

I. Dans le Traité Du Christ et de r Antéchrist, Hippolyte compare lo Verbe à un fiancé, l'humanité du Christ à un vêtement nuptial. A^U., 4, p. 6,20 : 'O Aôyo; ô toù Qiov àaaç-Ao:, ù>i ÈvsSOaato xr)-; ày:av «xipxa ex tri; àYÎa; TtapôÉvov ôjç vuiispîo; IfiaTtov.

i. Qu'on nous permette de renvoyer à notre Théologie de Terlullien, où ce point de vue est longuement étudié, p. 85-96. J'ai eu le tort d'y citer p. 87, sous le nom d'IIippolyte, le traité Adv. Beronem, qui ne lui appartient pas.

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