‹ La théologie de saint HippolyteChapitre 55 sur 210 · I.K SAnEI.LIAMSME · texte numérisé non relu

I.K SAnEI.LIAMSME

Hippolype ilt3place le point de vue de deux manières. D'une ]>ail, il le recule vers l'éternitt'î : avant d'être l'instrument de la création, le Verbe était engendré, il était Fils. D'autre part, il l'abaisse jusqu'à la date de l'incarnation', et ceci nous étonne davantaji^e : car la théologie postérieure ne songe guère à chercher dans l'humanité du Christ le titre de sa hliation divine. Comment Hippolytc fut-il conduit à cette manière de voir.' Serait-ce par Lî besoin d'assigner à la personnalité distincte du Verbe le fondement qu'il ne trouvait pas dans la considération de l'essence divine? En ce cas, Hippolyte aurait subi inconsciemment l'inlluence du modalisme-.

Quoi qu'il en soit, cette idée, exprimée dans le fragment contre Xoët, ne lit peut-être que traverser son esprit, car on ne la retrouA'e pas dans les Philosophumena ^ qui nous ramènent au point de vue exclusif de la génération divine.

Une troisième différence, entre l'enseignement d' Hippolyte et celui des Pères antérieurs sur la Trinité, est ce caractère de liberté absolue, assigné à l'opération du Père dans la génération du Verbe. Vers le mêmetemps, Tertullien émettait des idées semblables 3; toutefois on peut ne voir dans ses paroles que le relief un peu fort de ce caractère éminemment raisonnable qui est essentiel à toute opé-

1. Môiiio doctrine à la fin de l'Épilre à Diognèle. 11, 0 : Gyro; o it\, o TTiixspov Tiè; Xoyiaitî^. Totto finale de l'ép. à Diognote (11 et liî) ne se rattache pas à l'ensemble. On a souvent cru, depuis Bunsen (Hippobjtus and his afje, l. London, 1S.')4, p. 414) y reconnaître la dernière page des Philosophumena. VoirDraeseke, dâna Zeitschri/'t f. irissenschafl. Théologie, 46, 1902, p. 275-287.

2. Voir Der monarchianismus und die roemische Kirche, p. 14-I.j.

3. Adv. Praxeam, 4 : Vide ergo ne tu potiusmonarchiam destruas, qui dispositionem et dispensationem ejus evertis in tôt nominibus constitutam in quot Deus vohnt. Cl", ibid., K>.

ration divine. Les expressions d'Hippolyte ne se prêtent pas à la même interprétation bénigne : il dit en propres termes que le Père peut faire un Dieu comme il fait un homme ^ . Toute la différence consiste en ceci, qu'il tire un Dieu de sa propre substance; au lieu qu'il tire du néant les éléments des êtres finis-. Hippolyte a-t-il mesuré la portée d'une telle assertion? En fait, elle constitue chez lui la trace la plus notable de cet esprit subordinatien qui affecte plus ou moins gravement une bonne part de la théologie anténicéenne.

Notons d'ailleurs qu'il a marqué excellemment, dans l'unique personne du Christ, la dualité de natures, attestée par la diversité des opérations : l'humanité d'une part avec toutes ses faiblesses, la divinité de l'autre, avec toutes ses sublimités. Cette conception, exprimée dans une page très connue de VAdv. Noetum •'^, se retrouve dans ce fragment sur le Psaume 2 ^ :

Étant venu dans le monde, il apparut Dieu et homme. L'homme est reconnaissable à bien des signes : la faim, l'abattement, la soif provoquée par la fatigue, la fuite causée par la crainte, l'affliction dans la prière, le sommeil qu'il prend sur un oreiller, le calice de douleur qu'il repousse, la sueur qu'il répand dans son agonie, le réconfort qu'il reçoit d'un ange, la trahison de Judas, les affronts

1. Philosoph., 10, o3, p. 517, 14 ; au sujet de la création de Thomme : OO 0eov 6É/WV Tzoïîtv £(Tçr,).cv, oCSà à'YyE/.ov ((j.r; itXavw), à),),' âvOptOTOv. El ^àp Ôeôv ce yjâé/r.ae 7toi»5aai, è&ûvaTo" l'/eiç toù Aôyou tô îtapâSeiYiJLa. — t'éjà, Adv. Noct., 16, p. 54, ;il : Y\tÇ\. Zï Aôy&u ^iveciv Çr,T£Î:, ôvuep po"j).7;6£Îç ô ©sô; Ilarôp èyÉvvrjffEv wç r/9£/r)a£v.

2. Ibid, p. 51G, 2. Tovtov [lôvov ï% ôvtwv Èyiwa, tô yàp ôv «ùto; o naTr,p y;v, 1% ow To Toù Y£vvrj6r,vat oIt'.ov toTç vivojjiévo'.; Aoyo; r;i..., p. 518, 5 : Toûtovi 6 Aéyo; (aôvo; èÇ aùxoy" cio xai 0£Ôç, oC^ta Û7idts/w/ 0£&v. 'O Zï xÔ(7jj.o; il oOSevo;' Sib où GeÔ:.

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