LA CUISE MORALE
liste a-t-il enseigné du même coup le concubinage et l'infanticide. Cependant, après do tels hauts faits on ne rougit pas de s'intituler : Église catholique, et l'on attire les bonnes âmes !
Hippolvte a mêlé dans ce réquisitoire plusieurs points qu'il faut examiner séparément :
1° La rémission des péchés;
2° La réconciliation des clercs coupables ;
3° La continence dos clercs;
4° La clandestinité du mariage.
On ne saurait apprécier équitablement l'attitude qu'il prit dans ces conjonctures délicates, à moins d'avoir présente à l'esprit l'idée très haute qu'il s'était faite de la vie morale dans le christianisme; nous sommes donc amenés à préciser la ligne de conduite qu'il avait coutume de recommander aux siens.
Dans son Commentaire sur Daniel ^, il définissait l'Église « la société sainte de ceux qui vivent dans la justice. » 11 la décrivait sous la figure du paradis, où croissent des arbres d'essences variées : patriarches, prophètes, apôtres, martyrs, vierges, docteurs, évoques, prêtres et lévites ; tous avec leur parure austère de fleurs qui ne se flétrissent pas, avec leurs fruits de doctrine, nourriture spirituelle des âmes. Un fleuve jaillit du paradis, qui se partage en quatre branches et arrose toute la terre : c'est le Christ, qui donne naissance aux quatre courants de l'Évangile et baigne tous les fidèles. Comme Adam, pour avoir goûté du fruit défendu, fut chassé du paradis et condamné à retourner à la terre, ainsi l'homme qui s'abandonne au péché est-il dépouillé du Saint-Esprit, chassé du paradis, réduit à la condition d'homme ter-