CI-ANDESTINHK DU MAHIAGE
Hippolyte lui en Ht d'amers reproches. En homme de tradition, il protesta contre une innovation de si grave conséquence, et ce qui donnait à sa protestation un certain poids, c'est qu'il la formula au nom de l'Evangile. Car ces unions clandestines eurent plus d'une fois — nous pouvons bien l'en croire — de fâcheux effets. Sans doute on ne se pressait pas toujours de les déclarer à la face de l'Église, et souvent elles pesaient comme une honte, sinon comme un remords, sur la conscience de celles qui les avaient contractées. Plutôt que d'avouer une mésalliance, on recourait aux pratiques les plus criminelles
àvaïîoj, T] éauTÛv à^îav [xt) Po'jXoivto xa8a;p£'.v, SiaTOÙTo vo|Jiî[i.w; yct^i.rfiri'ia.: èxEtvtp ôv àv alp^^ffwvTai (rJyy.oixo\. — Bunsen : El âvavôpoi e'iev xal ■qïi-A.la yt èxxaîotv- To (àvà^iai aï ia-j-wv à$tav [ir, ^oûXotvro xa6aip£ïvj, cià toùto vo(j.i'(ia); Yajjir,6r,vai ê/£'. êvî ôv âvalpT^îtùv:»'., x.t.X. — Doellingor : Eî âvavSpot îTev y.aî r;),ixiaxaîovTai (OU xaîoiTo). àvilia, Tr;v lauTwv àS;av fjv [xr; ^ovàO'.vto xa6atp£t/. Aià x.t.X. — Roeper : Eî àvavôpot sTîv xal r/txia Ttvô; xaîotvTo iva|îou Trj; èa-jxwv à;{a;, r,v jxr, 3oO>0'.vTO xabaipeïv Sià toOto, vo|Jii[ia); Ya[xr)6ï;vai éy.îiv ivi ov àv... x.t.).. — Duncker : El âvavSpoi elev xal T,/'.xi'a ve èxxatotvro avaria, •?) éauTcov à^t'av [i-/; PoûXoivTO xa6aip£ïv ôtà to v&[jiÎ(ji(i); Ya[xr|6y,vat, £y Eiv x.t.).. — Cruice est revenu à la leçon de Koeper. — Le lUv[Élwli's reli[/icuses, nouvelle série, t. 8, 1805, p. 278) : Kai yàp xal ^yvai^lv iV à^t'a è7î£Tp£^î;îv, tl âvavôpoi £l£v xal r./.ixt'a cï ixxaîoiVTO, ti^jv éayxûv àHlav ry lOU sij [Af, ^O'JXo'.vto xaôaipcîv oià xô vo(JLt|xa); Ya[ji,r(6r;vai, Ëx.eiv £va x.r./.. — Neurnaiin : ... xal r,).ixia tivôç xaioivTo <;t(Jjv o-Jx> Èv à^ia ri <Cf^i'']> fauTÛv àÇîav £l (j.ri PoO/.oivto xa8aip£ïv ôià toO^to] vo[jiî[jia); yatxriOrivai, é-/£tv Eva ôv àv x.t.X. — Draeseke [Zeilschnfl f. loiss. TtieoL, 47, 1904, p. Iu6) adopte la leçon de Itoeper et Cruice en modifiant les derniers mots : ... Ya!Ar,9r,vai, xal éyEiv ôvxiv' àv x.t.X. — La correction essentielle a été réalisée par Duncker, Le Ilir et Neumann : elle consiste à lire, au lieu du démonstratif toûto (d'ailleurs fort douteux dans le manuscrit, et qui semble être une dittofrraphie), un article, soit xô soitxoù. Les éditeui-s qui lisent xoûxo rapportent votAtuw; à une loi ecclésiastique, posée par Calliste, tandis que vô[ia), à la fin de la phrase, désigne la loi roniaine. Cela nous parait inintelligible; nous tenons que vo(iî(Aa); se rapporte, ainsi que v6[i,<i), à la loi romaine. D'ailleurs, pour la première partie de la phrase, nous avons cru devoir revenir à peu prés au manuscrit. 'H).tx;a xaÎEaôat ne pcutsignilier que : être consumé par l'ardeur de la jeunesse; (juand xaUcôai a un sens objectif (cf. Virgile : Formosum pastor Corydon ardebat Alexin), il se construit avec le génitif.
pour faire périr avant le terme un enfant dont on eût rougi de nommer le père.
Si regrettables qu'ils fassent, de tels faits n'en constituaient pas moins de purs accidents, en regard d'une mesure générale impérieusement réclamée par les circonstances 1 ; et il y aurait injustice à méconnaître la hauteur de vues dont Calliste fit preuve, cette fois encore, en prenant parti pour la liberté des consciences contre la lettre du droit. L'heure semblait propice, alors que Garacalla venait d'accorder à tous les sujets de l'empire la cité romaine, pour faire pénétrer dans les masses les principes sociaux de l'Evangile, Calliste eut cette hardiesse, et l'avenir devait lui donner raison. Pourtant la réforme inaugurée par lui ne s'acheva que lentement. Quand on songe à la gravité des intérêts enjeu, on a peine à comprendre que les entraves mises par la loi romaine à la liberté du mariage aient pu se maintenir, en plein christianisme, plus de deux siècles après l'édit de Milan. Il était réservé à Justinien d'éliminer par un acte législatif ces restes de paganisme. La question juridique attachée au mariage lui dut une solution longtemps attendue : un pontife obscur avait eu le mérite de poser cette question dès le troisième siècle, à l'encontre de préjugés tout puissants.
1. Nous ne voyons donc pas qu'il y ait lieu de se voiler la face devant les révélations des Philosophumena^ comme fait M. A. Réville, Revue des Deux-Mondes, t. 57, 15 juin 1865, p. 919.
LA QUESTION lîAPI ISMALl- . 59