‹ La théologie de saint HippolyteChapitre 83 sur 210 · II. — LES PHILOSOPHUMENA. — DOCUMENTATION" D HIPPOLYTE · texte numérisé non relu

II. — LES PHILOSOPHUMENA. — DOCUMENTATION" D HIPPOLYTE

La Réfutation de toutes les hérésies, plus connue sous le nom impropre de Philosopluiinena, destinée à confondre l'Eglise catholique comme secte callistienne, semble avoir été surtout, dans la pensée de Fauteur, une machine de guerre, savamment adaptée à ce but secret. Pour la postérité, elle présente un intérêt d'un autre ordre, à cause de la somme considérable de documents nouveaux qu'elle verse au dossier de la gnose. Dès leur apparition, les Philosophuinena furent interrogés avec ardeur par les historiens des origines chrétiennes, et quelques-uns en firent très grand cas, notamment Baur et Jacobi. Des études ultérieures ont bien modifié ce premier jugement, en restituant à Irénée et à Clément d'Alexandrie une autorité prépondérante quant à l'histoire des sectes issues du christianisme 1. Avant d'indiquer l'état présent de la controverse, il est nécessaire de caractériser brièvement la documentation de ce livre célèbre.

On sait qu'il renferme deux parties, dont la première seule mérite le nom de Philo sophumena. Cette première partie débute par un tableau d'ensemble de la philosophie

1. Voir surtout : Lipsius, Zur Quellenkritikdes Epiphanios, Wien, 1865 Die Qucllen der aeltesten Ketzergeschichte neu untersucht, Leipzig, 1875 Harnack, Zur Quellenkritikder Geschichte des Gnostizismus, Leipzig, 1873 cf. Zeitschrift f. die hislorische Théologie, t. 44, 1874, p. 143-226; Hilgeafelcl, Die Ketzergeschichte des Urchristenlums, Leipzig, 1884: I. Kunze, De historiae gnosticismi fontibus novae quaestiones criticae, Leipzig, 1894; Anz, Zur Frage nach dem Ursprung des Gnosticismus, T. U. 15, 4. Leipzig, 1896 ; E. de Faye, Introduction à l'histoire du GnosHcisme, dans Revue de l'histoire des religions, t. 4o et 48, 1902,

LES PHILOSOPHUMEXA. 79

grecque. L'auteur distingue trois écoles principales * : l'école physique, inaugurée par Thaïes, l'école éthique, ou de Socrate, et Técole dialectique, ou d'Aristote. La manière dont il les caractérise ne dénote pas une science profonde, ni une connaissance directe des maîtres. En soumettant à une analyse aussi pénétrante qu'érudite le premier livre des Philosophumena, M. H. Diels^ y a décelé l'influence de deux manuels, où Hippolyte a dû puiser le plus clair de ses notions historiques sur les philosophes. Le premier est un recueil biographique fort insignifiant, le second un abrégé des Aora-. de Théophraste, dont on retrouve encore la trace chez Plutarque iStroniates), chez Diogène Laërce et chez Aëtius, En utilisant la première source, Hippolyte n'a pas su toujours en redresser les erreurs, si même il ne les aggrave par sa propre maladresse. C'est ainsi qu'il présente Empédocle et Heraclite comme des disciples de Pvthagore^, qu'il attribue à Empédocle une doctrine propre à Heraclite, celle de l'embrasement final^. Les extraits de Théophraste lui ont permis de caractériser avec assez de précision les philosophes de l'école physicienne, notamment Anaximandre, Anaxiraène, Anaxagore, Archélaos, Parménide, Leucippe, Démocrite, Xénophane. Parmi les autres, Platon est le seul auquel il consacre une notice assez étendue 5, d'ailleurs remarquable par l'imprécision

1. Pliilosoph.. 1, prooem., p. 6, 14 : 'Ap?â[i£vûi to-vuv èpoùjiev tiveç o'. nao' 'EXXifiin itpwTov 3i).o(7oçîav 5"j(Ttx/;v £irt5et;avTe;... 5, p. 16, 7 : (Aoxsî t,!aîv;.., èXQsîv èTiî T£ xriv YjO'.xriV xaî ),OY'.xy;v çiXoffOçiav^ tov -rip^av Sw/.pitr,; (ikv r;6'.x-?;;, 'Api<TTOT£>.r,; Ô£ cia).£XTtx^;.

2. II. Diels, Dojcographi g}'aeci,BovVm, 1879, p. 133 sqq.: 144 sqq.

3. Philosoph., 1. 3, p. 15, 1 : *0 toOtwv oiSâdxa/o; II'jôaYÔpa;.

4. Philosoph.. 1, 3, p. 14, G : Tô t?,; |xovà6o; voEpov TtOp tov 0îôv xai tjvst- Tavai èx irjpô; là Ttâvra xal £Î; îtùp àvaXuOYJïETOa'..

Page 1