‹ La théologie de saint HippolyteChapitre 86 sur 210 · Philos., 1, prooem., p · texte numérisé non relu

Philos., 1, prooem., p

THhOLO(JlE DE SAINT HIPI'OLYTE. 6

Outre ce programme initial, nous pouvons interroger, pour connaître le contenu primitif des Pldlosophumena, le résumé final, qui remplit le dixième livre. Il y a longtemps qu'on y a cherché le sommaire des livres II et III, et l'on s'est étonné de ne l'y pas rencontrer, non plus que celui du livre IV : après une énumération des philosophes, qui répond au contenu du livre I, l'auteur passe immédiatement à l'énumération des hérésiarques, qui répond aux livres V et suivants. De là on a parfois conclu à une mutilation de ce résumé final. Hypothèse bien fragile, et nullement nécessaire : au lieu d'imaginer un arrachement invraisemblable dans un tel contexte, n'est-il pas plus simple d'admettre que l'auteur n'a pas éprouvé le besoin de récapituler ce qu'il croyait avoir suffisamment caractérisé d'un mot, -.7. p.'jcTTiy.â ? En somme, on ne peut rien tirer de ce résumé final pour élucider la question présente.

D'autre part, il y a lieu d'observer que ce soi-disant livre quatrième est un des plus longs des Philosophumena, malgré des mutilations évidemment fort considérables. Il remplit en effet, dans le manuscrit, les vingtcinq premiers folios, et le recto du vingt-sixième, soit 51 pages d'écriture. Les livres suivants comptent respectivement : livre V, 65 pages ; livre YI, 53 pages ; livre VII, 33 pages ; livre VIII, 15 pages ; livre IX, 29 pages ; livre X, 22 pages. J'ai dit qu'il y avait des lacunes dans ce livre IV. Et en effet, le manuscrit se compose de cahiers de huit folios; le premier (fol. 1-4) manque des quatre premiers folios; entre le deuxième (p. 5-12j et le troisième (fol. 13-20), il manque au moins un cahier, car le deuxième cahier finit avec le folio 12, au milieu d'une phrase, en plein développement astrologique; le troisième cahier commence avec le folio 13, également au milieu d'une

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phrase, et en plein développement magique. Miller n'a pas tenu compte de ce fait, et c'est pourquoi il a pu affirmer que le manuscrit, dans son intégrité, n'avait pas contenu les premiers livres des Philosophumena : en réalité, nous n'en savons rien; car l'assertion de Miller ne se fonde que sur la numérotation des cahiers ^ : de ce que le cahier portant le numéro 2 commence avec la cinquième page du manuscrit, il a conclu que le manuscrit avait perdu seulement quelques pages au commencement du premier cahier. Mais cette conclusion ne résiste pas à un examen attentif. Car du rang que les divers cahiers occupent dans notre manuscrit mutilé, on ne peut déduire celui qu'ils occupaient dans le manuscrit intact. Ces cahiers portent aujourd'hui une double numérotation : l'une en chitîres arabes, elle-même remaniée à une date récente, et sûrement postérieure à l'exécution du manuscrit : on peut en faire abstraction; l'autre, d'ailleurs incomplète, en chiffres grecs, qui commence par des lettres v, S, £, Ç", Z, r,, 0, et se continue par des nombres écrits en toutes lettres : celle-ci mérite seule de fixer l'attention. Mais on s'aperçoit bien vite qu'elle n'est pas de la même main que le manuscrit : elle peut être postérieure à la détérioration, et cette possibilité se transforme en certitude quand on constate immédiatement avant le troisième cahier, marqué y, la disparition d'un cahier entier. Ce fait ne comporte qu'une explication : le manuscrit, déjà fortement mutilé, fut numéroté par ceux-là mêmes qui prirent soin d'en recueillir les débris.

1. Celle de Jallabert a encore moins de poids, d'autant que cet auteur semble n'avoir pas vu le manuscrit. Il parle (p. 2) des « indications qu'on trouve au haut dos pages », alors que ces indications se trouvent au bas.

Ceci posé, tirons des observations précédentes toutes les conclusions qu'elles comportent. Notre livre quatrième va prendre des proportions gigantesques. Si l'on restitue au commencement quatre folios, puis entre le deuxième et le troisième cahier au moins un cahier, soit huit folios, le total s'accroît de douze folios, soit vingt-quatre pages d'écriture, et l'étendue de ce quatrième livre s'élève, au minimum, à soixante-quinze pages, chiffre qui dépasse, non seulement le plus long des livres existants, mais la somme des trois derniers livres, car en additionnant le nombre des pages, on ne trouve pour ces trois livres, pris ensemble, que soixante-trois. Le chiffre anormal de soixante-quinze pages paraîtra peu croyable pour un simple Hatc d'introduction, d'autant qu'à ce taux l'introduction égalerait ou dépasserait en étendue la partie essentielle du livre : le résumé final ne laisse pas supposer une telle disproportion.

Nous sommes donc conduits à nous demander s'il n'y a pas lieu de subdiviser ce bloc, jusqu'ici considéré comme livre quatrième; et là encore nous arriverons à des conclusions plausibles.

On a depuis longtemps signalé, au sixième livre des Philosophiimena , une allusion à un livre du même auteur sur la magie ^ : Ta ce cuvâij.sva tcjto r.7.^aayEl^ Ç'âp[jLa7.a èv zr^ y.aTa jj-âytov ^îêÀw xpc£i7:c[j.ev. Il s'agit de la pseudoeucharistie célébrée par l'hérétique Marc, qui, au moyen de substances chimiques, faisait apparaître dans le calice une couleur sanguinolente; et, faute d'avoir assez présents les développements précédents des Philosophumena, on a fait crédit à Hippolyte d'un traité distinct sur

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