Philosoph., G, 37, p
Quoi qu'il en soit des hypothèses imaginées sur l'origine précise des documents d'Hippolyte, la discussion semble avoir mis hors de doute plusieurs faits notables, qu'il importe de recueillir. Tout d'abord le caractère syncrétique de ces documents, dans lesquels nous n'entendons pas l'écho direct des patriarches, mais des voix plus ou moins confuses, celles des épigones de la gnose . Puis, par voie de conséquence, leur origine récente : M. Staehelin observait déjà que tous ont dû être composés vers le même temps, et M. de Faye s'accorde avec lui pour les dater du troisième siècle ^. Enfin leur valeur douteuse quant à l'histoire de la gnose primitive : c'est un point qu'on ne discute plus guère, et il est entendu que nous avons affaire à des pièces de seconde main. Il y aurait donc inconvénient à surfaire les Philosophunieiia; mais il y en aurait plus encore à les négliger, car nous y atteignons les premiers gnostiques du deuxième siècle à travers saint Irénée, et leurs disciples immédiats à travers d'autres auteurs.
On peut même espérer remonter plus haut encore. Tout récemment, M. Reitzenstein - a cru pouvoir retrouver, sous l'écrit naassénien utilisé par Hippolyte, un fonds de o-nose païenne, et il nous semble y avoir réussi. Qu'à la base du pseudochristianisme des Naassènes, tel du moins qu'il nous apparaît dans les Philosophumena^ il y eût des éléments païens, il est superflu de le prouver, d'autant que l'auteur met sous nos yeux deux hymnes en l'honneur d'Attis. Le doute ne saurait porter que sur la possi-