‹ La théologie de Saint PaulChapitre 101 sur 630 · ME D · texte numérisé non relu

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terrain, sûr de la sympathie, de la docilité, de la soumission et de l’obéissance de ses enfants spirituels, il se retourne contre les agitateurs et, écrivant désormais en son propre nom 1 les accable de ses sarcasmes, les menace de ses représailles et lance sur eux ses foudres. On a constaté dans le Discours pour la Couronne une marche analogue 2 : ce qui, chez Démosthène, était un procédé raffiné de l’art est, chez saint Paul, l'inspiration spontanée d’une nature éloquente.

Quels étaient donc ces intrigants qui couraient sur les brisées de Paul pour lui ravir le fruit de son apostolat? C'étaient avant tout des étrangers, puisqu'ils avaient besoin de lettres de recommandation pour se faire admettre*, L’Apôtre a toujours grand soin de distinguer ces intrus de la communauté de Corinthe. Bien que leurs menées suffisent à troubler l’église entière, ils ne forment qu'une infime minorité dans la masse des fidèles; ils ne sont que « quelques-uns { »; la désignation vague et collective de « celui qui vient » accentue” encore davantage leur origine étrangère. Ils usurpent « le travail d'autrui » et s’en vantent comme de leur bien propre; ils s'installent dans les églises déjà fondées et envahissent « le domaine occupé par d’autres ». Ce sont « de faux apôtres, de perfides ouvriers, qui se travestissent en apôtres du Christ; des ministres de Satan qui se transfigurent en ministres de justice, comme Satan leur chef se transfigure en ange de lumière® ». Leur caractère spécial semble être l'amour du lucre. Ils exploitent l'Evangile. Ils frelatent la parole de Dieu, moins sans doute par plaisir de la corrompre que par désir d’en faire plus d'argent”. Ils pillent, grugent, tondent et dévorent le

1. La lettre est écrite (1!) au nom de Paul et de Timothée. Mais, 101, Paul reste seul en scène : Aûtoc Ôë ëy& Ilad)dos.

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