Quand l’objet tombe, de sa nature, sous le domaine de
1. 1 Thess. 218 : mapaha6ôvres Aéyov dxoñç map” Au@y To Ocoù (qu'on traduise : « Ayant reçu la parole de Dieu prêchée par nous », ou : « Ayant recu de nous l’annonce de la parole de Dieu »; peu importe) édé£aofe où A6yov &v6ponuv, NM xañwc ab éotuv X6yov Oeoù. 1 Thess. 415 : « Si enim credimus quod Jesus mortuus est, et resurrexit. » Rom. 109 : « Quia si confitearis in ore tuo Dominum Jesum, et in corde tuo credideris quod Deus illum suscitavit a mortuis, salvus eris. » Dans ce dernier exemple, il n’y a pas à objecter le mot « cœur »; on sait assez que dans la psychologie biblique le cœur est le siège des pensées aussi bien que des sentiments. — Le caractère intellectuel de l’acte de foi ressort encore de ce fait qu’il est mis en contraste non pas avec le manque de confiance mais avec lincrédulité (Rom. 420 : où Gtexpiôn tn ämotia) et qu’il à souvent pour objet une chose inanimée sur laquelle ne peut pas se porter la confiance, 2 Thess. 212-13 (mioreterv rh ddnôeiæ, miorie &Anpeiac), Col. 212 (la foi en la puissance de Dieu qui ressuscite Le Christ); cf. 1 Cor. 15°; Rom. 1016 ; etc.
l'espérance, il est difficile que la foi, si elle est sincère, ne soit pas confiante. La foi et l'espérance sont deux sœurs presque inséparables; quand l’une trébuche l’autre chancelle aussi, et l’on a peine à imaginer un cas où l’espérance défaille seule. Spontanément la foi est confiante, comme l'espérance est fidèle. Mais, si la confiance se surajoute naturellement à la foi des promesses, elle en est plutôt une modalité qu’un élément intrinsèque. Ce qui le prouve, c'est que l'espérance est si souvent énumérée à côté de la foi et qu’elles forment ensemble, avec la charité, le trio des vertus qui demeurent, par opposition aux charismes qui passent !.
3. Il y a de plus, dans la foi, un double acte d’obéissance : obéissance de la volonté inclinant l'intelligence à accepter le témoignage de Dieu; obéissance de tout l'homme au vouloir divin connu par la révélation. Voilà pourquoi dans saint Paul « croire » et « obéir à la foi » sont deux expressions synonymes : l'incrédulité est décrite comme un manque de soumission, comme une révolte?. L’obéissance est un élément si essen-
tiel que sans elle la foi, dont l'objet garde toujours une certaine obscurité et ne force pas l'entendement, ne saurait se produire. À plus forte raison la foi active, la foi normale, qui se traduit par cette demande : Domine quid me vis facere ? ou par cette autre : Quid faciemus piri fratres ? contient-elle nécessairement un acte d’obéissance, puisqu'elle renferme le vœu implicite de faire tout ce que Dieu ordonnera : c'est la foi dont la
1. Il est possible de découvrir, au fond de tout acte de foi, un sentiment de confiance, mais ce n’est pas la confiance des protestants. Ilfortic vient de æeifeuwv, « persuader, chercher à convaincre » et répond à la voix moyenne etfecôar, « se laisser convaincre ou persuader ». Cette disposition exige nécessairement que le croyant ait confiance en celui qui parle, qu’il l'écoute avec confiance. Quelques protestants de nos jours expliquent ainsi la confiance inhérente à l'acte de foi. Ce n'est plus l’orthodoxie protestante, mais — et cela vaut mieux — c'est l’orthodoxie paulinienne. La confiance, entendue de la sorte, n’est pas la foi; elle sert de préliminaire à l'acte de foi : pas plus que l'espérance n'est la foi, alors même qu’elle accompagne la foi. :
2. Les Actes, 67, disent « obéir à la foi » üraxoüerv t% tiore. Paul parle de « l’obéissance à la foi » ei dtaxonv mictew:, Rom. 15; 1626; ef. 1518; 617. Le crime des Juifs est de ne pas s’être soumis (oby dreréynoav, Rom. 105), de n'avoir pas obéi (Rom. 1016) à la foi. Cf. Rom. 28; 1180-31,
charité est la forme, la foi qui opère sous l'impulsion de la charité, la foi qui justifie !.
Comment cette foi, appelée indifféremment foi de Jésus- Christ, foi au Christ, foi dans le Christ Jésus, ou simplement foi, produit-elle la justification? Paul affirme que l’homme est justifié par la foi (àà niorews où misra), en vertu de la foi (êx riorews), sur la foi (èrt riova) : la première locution désigne le moyen ou l'instrument, la seconde le principe, la troisième le fondement de la justification. Une fois justifié, l'homme continue à vivre dans la foi (èv mioxa), comme dans une atmosphère surnaturelle dont sa vie a désormais besoin, et de la foi (êx rioreux), comme d’une force dont l'énergie est durable et
toujours agissante?. Toutes ces locutions désignent déjà une causalité instrumentale de l’ordre moral. Les textes qui suivent nous permettront de spécifier davantage.
Foi et œuvres. — La justification de l’homme par la foi a deux expressions différentes 5. La plus simple est celle-ci « L'homme est justifié par la foi sans les œuvres de la Loi. » Le